Indiens du Brésil

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Cet ouvrage interroge la circulation des images ambivalentes de l'indien du Brésil. A partir de l'analyse de films documentaires et de grands classiques de la fiction cinématographique brésilienne, l'auteur problématise l'écart entre la représentation stéréotypée et instrumentalisée de l'Autre et l'expression d'un Soi indigène qui questionne l'historiographie, l'ignorance de la société brésilienne et qui se constitue comme une quête de reconnaissance et de visibilité.
Publié le : lundi 1 octobre 2012
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EAN13 : 9782296506510
Nombre de pages : 204
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Indiens du Brésil (in)visibilités médiatiques
Erika Thomas
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AudioVisuel Et Communication Collection dirigée par Bernard Leconte « CHAMPS VISUELS » et le CIRCAV GERICO (université de Lille 3) s’associent pour présenter la collection AudioVisuel Et Communication (AVEC). La nomination de cette collection a été retenue afin que ce lieu d’écriture offre un espace de liberté le plus large possible à de jeunes chercheurs ou à des chercheurs confirmés s’interrogeant sur le contenu du syntagme figé de « communication audiovisuelle », concept ambigu s’il en est, car si « l’audiovisuel » – et il faut entendre ici ce mot en son sens le plus étendu, celui de Christian Metz, qui inclut en son champ des langages qui ne sont ni audios (comme la peinture, la photographie, le photo roman ou la bande dessinée), nivisuelsla radio) – est, on le sait, monodirectionnel (comme contrairement à ce que tente de nous faire croire ce que l’on peut nommer « l’idéologie interactive », la communication implique obligatoirement un aspect multipolaire... Dernières parutions Frédéric PUGNIERE-SAAVEDRA,Le phénomèneDeschiensà la télévision, 2011. Jean-Max MEJEAN,Almodovar, les femmes et les chansons, 2011. Jean UNGARO,Le corps de cinéma, le super-héros américain, 2010. Erika THOMAS,Art-Action : Pol’art Urbain, Didier Barros l’étranger, Des livres et des cendres, 2010. Erika THOMAS,Le cinéma brésilien ducinema novo à laretomada (1955-1999), 2009. Erika THOMAS,Ken Loach : Cinéma et société, 2008. Philippe GAUTHIER,Le montage alterné avant Griffith, 2008. Jean-Jacques LEDOS,L’Âge d’or de la télévision, 1945-1975, 2007. Jean-claude MARI,Quand le film se fait musique, 2007. Yves ALCAÏS,L’Atelier selon Luc – Réflexions et scènes de vie d’un peintre contemporain, 2006. Michel CHANDELIER ,Élection cinématographique. Le Président des États-Unis vu par Hollywood, 2006. Jean-Max MÉJEAN (dir.),Woody dans tous ses états, 2006. Jean-Max MÉJEAN (dir.),Comment parler de cinéma ?,2005. Yannick LEBTAHI et Isabelle ROUSSEL-GILLET,Pour une méthode d’investigation du cinéma de Laurent Cantet, 2005. Jacques DEMORGON,Le sport dans le devenir des sociétés, 2005.
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© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00289-7 EAN : 9782336002897
$YDQW SURSRVVers 1500 le Brésil, qui vient d’être « découvert », abrite une population d’autochtones estimée à cinq ou six millions d’individus répartis en différents groupes linguistiques. Quatre siècles plus tard, soixante-quinze à quatre-vingt-quinze pour cent des Indiens ont été éliminés. Des vingt pour cent restants, un tiers « disparaissent » durant la première moitié du XXe 1 siècle . Aujourd’hui, la population indigène est de 358 000 2 individus répartis en deux cent quinze groupes ethniques 3 représentant 2% de la population brésilienne . Entre la deuxième moitié du XVIe siècle et 1850, date officielle de l’interdiction de la traite brésilienne, le nombre de captifs Noirs introduit au 4 Brésil est estimé à environ 3 500 000. La « rencontre » historique entre les Indiens, les Blancs et les Noirs est le terreau 5 sur lequel s’élabore progressivement l’identité brésilienne . J’ai 1  D. RIBEIRO,Os Indios e a civilização, Libraria Civilização Brasileira, 1970. 2  Nous utilisons « groupe ethnique » ou « ethnie »dans cette recherche au sens où l’entend Barth (« catégorie de d’attribution et d’identification opéré par les acteurs eux-mêmes ») dans BARTH, « Les groupes ethniques et leurs frontières » in Poutignat Ph., Streiff-Fenart J.,Théories de l’ethnicité, Paris, PUF, 1999, p. 205, comme réponse à la notion d’ethnie en tant que catégorie coloniale. Pour une critique de cette notion voir A.C. TAYLOR dans BONTE-IZARDDictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie, PUF, 2000, p. 242-244 ainsi que J.L. AMSELLE et M’BOKOLOAu cœur de l’ethnie, Ethnie, tribalisme et Etat en Afrique, La Découverte, 1985. 3  Source : FUNAI 2005. Voir en annexe 1 quelques données relatives aux Indiens du Brésil. 4  K.M. de QUEIROZ MATTOSO,Etre esclave au Brésil (XVIe - XIXe siècle) L’Harmattan, Paris, 1979, p.58. 5  Les termes « Blanc », « Indiens » et « Noirs » sont simplificateurs : les Indiens étaient subdivisés en de nombreux peuples possédant des langues et cultures diverses, les Noirs provenaient de différent pays d’Afrique possédaient des langues et cultures diverses, les Blancs étaient des Portugais, Hollandais, Français, Espagnols...- mais, s’ils paraissent abusifs, nous ne conservons de cet emploi que ce qu’il suppose de rapport à une altérité vécue
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6 analysé dans mon doctorat la représentation cinématographique de cette identité collective et les traces que la rencontre historique et fondatrice de celle-ci laisse dans l’élaboration du cinéma brésilien contemporain soucieux de construire un discours sur labrésilianitécomme je l’ai alors démontré. Cette recherche est l’approfondissement d’un point soulevé dans ma thèse de doctorat. J’avais en effet établi que si l’identité collective brésilienne prenait naissance dans cette rencontre fondatrice, l’Indien et le Noir n’avaient pas la même place que le Blanc dans la représentation cinématographique de cette identité. Le Noir faisait, selon moi, l’objet d’unrefoulementet l’Indien, l’objet d’uneforclusiondans la mesure où l’image qui en était véhiculée dans le cinéma de fiction consistait en une élaborationexotiquesens premier du terme c’est-à-dire qui au vient du dehors, de l’extérieur. Il s’agira ici, d’étudier la place 7 occupée par l’Indien dans le documentaire et la fiction , et ainsi de mieux appréhender les composantes de cette assignation à comme fondamentalement différente au moment précis où prend naissance cette « rencontre » historique. 5 E.THOMAS, Figures de l’étranger : construction des identités et du rapport à l’autre dans le cinéma brésilien, (dir. M. MARIE), Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, juin 2001. 7 Rappelons quelques données économiques : le Brésil produit en moyenne quatre-vingts films par an, ce qui représente une augmentation depuis laretomada: de la fin des années 90 au début des années 2000 une moyenne de 30 films étaient produits par année. Depuis 2006, cette production tourne autour de 80/90 films (99 films produits en 2011 source : ANCINE). La production nationale draine un peu moins de 20% du public des salles (un peu moins de 10 millions de spectateurs) réparties en 2278 salles de cinéma distribuées sur le territoire national qui exhibent 92% de films nord-américains (faisant du cinéma national un cinéma de festival dans son propre pays qui en compte123 sur les 132 festivals consacrés au cinéma brésilien de par le monde). Dans cette production nationale, la part du documentaire a augmenté jusqu’en 2005 où il a connu une baisse avant de remonter (2 en 1998, 4 en 1999, 6 en 2000, 8 en 2001, 11 en 2002, 15 en 2003, 17 en 2004, 13 en 2005). En 2007, année exceptionnelle, les 32 documentaires produits ont constitué 30% des sorties cinématographiques nationales. Source : Agencia National do Cinema(ANCINE) :http://www.ancine.gov.br/.
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rester à la marge d’un discours cinématographique souvent centré sur une identité collective problématique puisqu’elle possède en elle une constante nécessité de se définir. Nous pourrons également ici, nuancer notre première approche en considérant les réponses audiovisuelles des communautés indigènes aux représentations dont elles font l’objet.
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