L'ART CONTEMPORAIN AU BURKINA FASO

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L'art africain bénéficie depuis quelques années d'un regain d'intérêt en Occident. Mais les pays africains n'en profitent pas tous également. Le Burkina Faso, qui est resté longtemps en marge de cette évolution, assiste aujourd'hui à l'émergence d'un véritable milieu de l'art. Ce livre, après l'analyse des conditions de cette évolution, se propose d'esquisser un état de la création contemporaine dans ce pays à travers la présentation de quelques artistes et de leur démarche.
Publié le : mercredi 1 janvier 2003
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EAN13 : 9782296302181
Nombre de pages : 159
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L'ART CONTEMPORAIN

AU BURKINA FASO

Collection Les Arts d'ailleurs Dirigéè par Dominique Berthet, Dominique Chateau, Giovanni Joppolo, Bruno Péquignot

Cette collection s'adresse à tous ceux qu'intéressent les formes d'art qui ont pu émerger ou émergent encore à l'écart du champ artistique dominant. Non seulement les arts dits premiers (africains, océaniens, etc.), mais toute manifestation d'art contemporain où une culture «non occidentale» s'exprime - art de la Caraïbe, d'Amérique du sud, d'Afrique, d'Asie... et d'ailleurs. Les livres de la collection, monographies ou traités, développent une approche ethnoesthétique, historique, philosophique ou critique.

Michèle TOBIA-CHADEISSON, Le fétiche africain. Chronique d'un « malentendu », 2000. Marlène-Michèle BITON, L'Art des bas-reliefs d'Abomey. Bénin / exDahomey, 2000. Dominique BERTHET (sous la dir.), Les traces et l'art en question, 2000. Jacques PIBOT, Les peintures murales des femmes Kasséna du Burkina Faso,2001. Dominique BERTHET (dir.), Vers une esthétique du métissage 1,2001. Diala TOURE, Créations architecturales et artistiques en Afrique subsaharienne (1948-1995). Bureaux d'études Henri Chomette, 2002.

LES ARTS D'AILLEURS

STEPHANE

ELlARD

L'ART CONTEMPORAIN

AU BURKINA FASO

L'Harmattan 5-7, rue de rÉcole-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L 'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino iTALlE

(Ç) L' Harmattan, 2002

ISBN: 2-7475-3215-1

A Emma.

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION I - LE CONTEXTE Les politiques culturelles au Burkina Faso Les arts plastiques avant les années 90 Le tournant des années 90 II - LES ARTS ET LES ARTISTES La peinture La sculpture Le design III - RECEPTION ET REFLEXION Le discours du refus Africains et contemporains? Les critères, entre universalisme et relativisme La caractérisation contemporaine Genres, thèmes et expression du Moi L'usage de la terre: enracinement et ouverture Le message social ou le contenu politique des œuvres L'imitation et l'authenticité La création face à la tradition et au sacré Du jugement bien tempéré INDEX BIBLIOGRAPHIE REMERCIEMENTS Crédits photographiques

Il 21 21 30 36 49 51 69 95 125 125 131 136 143 147 152 153 154 157 159 165 169 175 176

INTRODUCTION

L'art contemporain africain fait son apparition sur la scène mondiale depuis un peu plus d'une dizaine d'années. Il n'est plus exceptionnel que des artistes africains soient invités à participer aux grandes manifestations d'art contemporain et certains d'entre eux ont d'ores et déjà acquis une notoriété internationale. Mais ces quelques élus sont encore rares et la place de l'Afrique sur la scène de l'art contemporain mondial fait encore l'objet de débats où se cristallisent la complexité et l'ambiguïté des rapports entre l'Afrique et l'Occident. Dans ce contexte, Ousmane Sow, Chéri Samba, Frédéric Bruly-Bouabré et quelques autres, sont les arbres qui cachent la forêt. En effet, dans leur grande majorité les artistes africains sont encore trop peu connus, y compris des professionnels de l'art. Même ceux qui ont acquis une certaine renommée restent plus ou moins en marge du monde de l'art. « Il est certain, selon Joëlle Busca, que les artistes africains émergeants bénéficient, par l'intermédiaire des biennales (Cuba, Dakar, Johannesburg, Sao Paulo, Sydney...) et de quelques institutions, en particulier la Maison des Cultures du Monde de Berlin, de réseaux qui les conduisent à une notoriété rapidement acquise, mais fragile car agissant dans un milieu relativement fermé, hermétique. Ils existent dans les revues comme NKA, Revue Noire ou Atlantica, mais pas dans les médias de l'art contemporain 1.» Lorsque dans une presse artistique plus généraliste, on trouve des articles sur tel ou tel artiste en particulier ou sur l'art contemporain en Afrique d'une façon plus générale, ces textes analysent moins les conditions de production des œuvres que leurs conditions de réception par l'Occident. Tout se passe comme si sur les œuvres elles-mêmes il y avait peu à dire. Il est vrai qu'elles ressemblent parfois peu aux objets qui sont familiers à la critique de l'art contemporain2. La tentation est forte, pour une certaine critique, d'éviter cette altérité
1 Joëlle Busca, L'art contemporain Africain. Du colonialisme au postcolonialisme, Paris, L'Harmattan, 2000, p. 206. 2 Cependant, les deux dernières biennales de Dakar témoignent d'un alignement des pratiques artistiques africaines sur un modèle international privilégiant les installations, les environnements, l'usage de la vidéo, de la photographie, etc. ).

en reléguant ces œuvres dans des catégories qui ne dépendent pas d'elle (artisanat, art brut, art d'aéroport). Mais cette relégation n'implique-t-elle pas l'aveu implicite que les discours critiques fondés sur la théorie esthétique occidentale sont incapables de rendre compte des œuvres contemporaines africaines? Est-on en face d'objets que la pensée esthétique, autant dire la pensée philosophique occidentale, est incapable de saisir? Malgré la réponse négative qu'on est tenté d'apporter à cette question, il faut cependant constater que jusqu'à récemment cette pensée esthétique s'est assez peu penchée sur les œuvres contemporaines africaines. Il découle de ce manque d'investigation une difficulté théorique à appréhender et à évaluer ces œuvres, laquelle implique leur rejet a priori. En opposition complète avec cette logique, certains auteurs se sont assigné une double mission: porter à notre connaissance l'existence de ces artistes et poser les jalons d'une réflexion esthétique à leur sujet. Un certain nombre de livres, dont ceux de Pierre Gaudibert, André Magnin, Jacques Soulillou, Jutta StroterBender, Sidney Littlefield Kasfir, Joëlle Busca - la liste n'est pas exhaustive - défrichent pour l'esthétique un domaine encore peu exploité. C'est dans la voie ainsi ouverte que veut se situer le présent ouvrage. Mais, à la différence des textes de ces auteurs qui cherchent à englober l'ensemble du continent africain, celui-ci se concentre sur l'examen de la situation de l'art contemporain d'un seul pays: le Burkina Faso. Ce livre est le fruit d'une enquête réalisée à l'occasion de plusieurs voyages dans ce pays entre 1998 et 2001. Il se fonde sur des entretiens avec des artistes et des personnalités du milieu de l'art burkinabé, ainsi que sur l'observation de nombreuses œuvres. Le Burkina Faso est connu des cinéphiles grâce au Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) ; il est en revanche rarement cité dans les ouvrages traitant de l'art contemporain en Afrique3. L'objet de ce livre est
3 La Revue Noire lui a consacré une partie de son numéro 17 (juin, juillet août 1995). Un texte de Blaise Patrix lui est consacré dans Anthologie de l'art africain du XXe siècle, Paris, Editions Revue Noire, 2001, et un autre dans le n° 28-29, du second trimestre 1999, de la revue italienne Africa & Mediterranneo. Pierre Gaudibert fait mention de plusieurs artistes burkinabés dans son livre Art africain contemporain, Paris, Cercle d'Art, coll. Diagonales, 1994. A cette liste s'ajoutent

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donc de proposer un panorama de la situation des arts plastiques à travers la présentation d'une sélection significative d'artistes et du contexte dans lequel ils s'inscrivent. Or, la question du contexte se décline selon deux modalités: les conditions de développement de l'art contemporain internes au pays et les conditions de sa réception à l'étranger. La première - qui fait l'objet du premier chapitre concerne les circonstances historiques, sociales et culturelles de l'émergence de l'art contemporain au Burkina Faso. Cet aspect de la question impose de retracer l'histoire de l'espace que la société burkinabé accorde à la culture depuis son indépendance et d'analyser, à l'intérieur de cet espace, la manière dont se positionnent les arts plastiques. Cette approche de la question du contexte englobe encore les conditions matérielles de production des œuvres et celles, sociales et économiques, de leur réception locale ainsi que d'autres points relatifs à la formation des artistes, à la constitution du marché de l'art burkinabé, au rôle des institutions, etc. A cette analyse de leurs conditions d'émergence et d'existence, succède la présentation des artistes eux-mêmes et de leurs démarches. Le second chapitre porte donc sur les artistes ainsi situés dans une perspective historique, sociale et culturelle, mais aussi sur les trois disciplines selon lesquelles se développe la création plastique contemporaine au Burkina Faso: la peinture, la sculpture et le design. On n'y décèle pas encore d'autres modes d'expression artistique tels que la photographie, les installations et moins encore l'usage des nouvelles technologies. Le troisième et dernier chapitre porte sur la seconde modalité selon laquelle se décline la question du contexte: l'espace esthétique, discursif et évaluatif occidental dans lequel s'inscrivent les productions africaines dès lors qu'elles accèdent à une visibilité internationale. Ce livre se propose donc d'apporter un éclairage sur les œuvres contemporaines burkinabés en fonction, dans un premier temps, de leur contexte de production, dans un second temps, des démarches artistiques qui les fondent et, pour finir, de leur contexte de réception. Développons un peu ces trois points.

quelques articles dans la revue Africultures confidentielles.

et d'autres

publications plus

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L'art n'est pas, et n'a probablement jamais été, un système clos sur lui-même. Il traduit toujours, à de multiples niveaux, la réalité des cultures dans lesquelles il prend forme. Il est en cela un excellent moyen d'accès à la compréhension d'une société donnée, dans le cadre d'une approche anthropologique. Si l'art nous renseigne sur la société qui le produit, c'est justement parce qu'il est informé, de part en part, par celle-ci. Il y aurait donc une erreur épistémologique, en quelque sorte, à vouloir analyser sur un plan strictement esthétique l'art contemporain africain sans tenir compte de son contexte d'émergence. Afin de prendre la juste mesure de la situation de l'art contemporain au Burkina Faso, il convient donc, avant toute chose, de le situer dans un cadre historique. Or, l'histoire de l'art contemporain en Afrique est l'histoire chaotique d'un phénomène qui trouve ses racines dans la période coloniale mais ne se développe vraiment qu'avec les Indépendances. Comment passe-t-on d'un art traditionnel pré-colonial aux productions contemporaines? Comment ne pas penser que ce qu'on nomme aujourd'hui l'art contemporain n'est pas une idée d'importation en Afrique? De fait, la majorité des auteurs qui se sont penchés sur cette question retracent l'itinéraire de quelques pionniers occidentaux qui, durant la première moitié du XXe siècle, ont importé dans les colonies des tubes de couleurs, des chevalets, des pinceaux et certaines idées européennes de l'art. L'importance de ces gens est indéniable et les ateliers ou les écoles qu'ils ont fondées ont été des foyers de créations dont le rayonnement ne peut être mis en cause. Mais si l'apport de ces pionniers est un élément constitutif et déterminant de l'art contemporain africain, il n'est pas suffisant. On peut en isoler d'autres tout aussi importants. En effet, la période coloniale a introduit une rupture, certes violente, dans I'histoire africaine, mais qui s'est étalée sur près d'un siècle. Or, pendant ce laps de temps, la créativité africaine s'est montrée très réactive aux formes et aux idées importées par les occupants européens. L'art traditionnel, qui n'est pas immobile mais vivant et inscrit dans un régime historique d'évolution stylistique, s'est enrichit de nouvelles formes, de nouveaux objets, de nouvelles significations. Parallèlement, la constitution de grandes villes a entraîné l'apparition de formes inédites de créativité urbaine liées aux arts graphiques, à l'artisanat, etc. On a 14

vu se développer le souwère (sous-verre) au Sénégal, la photographie au Mali et différentes formes d'art populaire un peu partout. Avec les années soixante, lorsque les pays africains, issus des découpages et des partages européens, ont acquis leurs indépendances, tous ne sont pas face à l'art contemporain sur un pied d'égalité. La Côte d'Ivoire, par exemple, a hérité d'écoles bien rodées, elle s'est dotée de musées et il existait déjà des artistes ivoiriens renommés, comme Christian Lattier. Le Sénégal s'est donné pour président, avec Léopold Sédar Senghor, un homme de lettres décidé à favoriser le développement culturel de son pays. Concernant les arts plastiques, il a rapidement mis sa pensée en acte en 1966, avec le Premier Festival des Arts Nègres. La biennale de Dakar est l'héritage de cette volonté politique. La Haute-Volta (qui ne s'appelait pas encore Burkina Faso) a hérité d'une situation très différente lorsque son indépendance lui est accordée en 1960. Aucune école des beaux-arts, aucun centre de formation artistique notoire ne lui ont été légués par la période coloniale. Par ailleurs, les turbulences politiques et les coups d'Etat qui se sont suivis à un rythme soutenu n'ont guère laissé aux gouvernements successifs le loisir de développer de véritables politiques culturelles. La place accordée à l'art moderne par la société est donc quasi inexistante. Mais rapidement, la société civile a investi cet espace laissé vacant par les pouvoirs publics et on a assisté à la mise en place d'associations, de projets et de manifestations à visée culturelle. Ces associations, parfois sous-tendues par une logique de promotion des formes d'expressions traditionnelles et contemporaines, privilégient les arts vivants, le théâtre mais aussi la littérature et bientôt le cinéma avec le FESP ACO. Cependant, l'espace spécifique des arts plastiques contemporains a été laissé en jachère, si on excepte les Semaines Nationales de la Culture, qui priment un artiste tous les deux ans, et la création d'un centre national d'artisanat en 1967. Cela est resté vrai jusqu'aux années 90, malgré les impulsions étatiques qui verront le jour sous le régime révolutionnaire de Thomas Sankara. Est-ce à dire que l'art contemporain ne correspond à aucune réalité culturelle tangible au Burkina Faso et que faute de pouvoir y trouver un enracinement, il ne peut s'y développer? Et si c'est le cas, alors comment 15

interpréter les efforts réalisés en sa faveur à partir des années 90 ? L'art contemporain au Burkina Faso ne serait-il pas finalement une situation fabriquée de toutes pièces - donc inauthentique - par une poignée d'expatriés sensibles à la médiatisation dont bénéficie l'art contemporain africain depuis la fin des années 80 ? On serait tenté de le penser si on devait s'en tenir à l'importance du rôle joué par ces expatriés (acheteurs, collectionneurs, propriétaires de galeries et organisateurs d'expositions et de manifestations diverses) comparativement à celui tenu par l'Etat et la société civile burkinabé. Mais ce serait négliger plusieurs éléments importants. Il existait depuis longtemps un artisanat du bronze très développé qui, certes ne produisait que peu d'œuvres réellement originales, mais qui se révélait être un formidable creuset d'artistes prêts à faire évoluer leur pratique dès lors qu'un nouveau marché se constituait où il devenait possible de vendre des créations plus personnelles et plus audacieuses. Avec le Centre National d'Artisanat d'Art, le même phénomène s'est produit. Ce centre formait des artisans dans une logique de reproduction de formes stéréotypées et faiblement originales. Mais, à la faveur des développements auxquels on a assisté dans les années 90, comme les expositions et les manifestations du centre culturel français de Ouagadougou, l'inauguration de galeries et de fondations, des artisans sont sortis du rang et ont entrepris de défricher de nouvelles voies artistiques. En outre, on ne peut pas dire qu'il n'existait pas d'artistes plasticiens dans les années 70 ou 80, mais faute de marché et d'infrastructures suffisantes, ceux-ci, ne pouvant vivre de leur art, se sont reportés sur des activités liées aux arts graphiques (publicité, illustration de campagne de sensibilisation) ou se sont réorientés vers d'autres carrières. Au début des années 90 est donc apparue une génération d'artistes à la faveur de la structuration du milieu de l'art. Ils étaient jeunes pour la plupart, mais comptaient aussi dans leurs rangs des anciens, formés en Côte d'Ivoire ou en Europe, qui étaient déjà actifs du temps de Thomas Sankara (déchu en 1987) ou qui sont revenus au pays plus tardivement. On voit que le personnage de l'artiste plasticien contemporain burkinabé n'est surgie pas du néant au tournant des années 80-90. Cependant, la nouvelle configuration (multiplication des lieux d'exposition, 16

développement du marché local, apparition de collectionneurs, hausse du prix des œuvres) a constitué une formidable force d'appel pour de nombreux jeunes gens formés aux techniques artisanales ou simplement autodidactes. Ceux-ci se sont coulés rapidement dans un statut social d'artiste qui a progressivement trouvé ses marques. Mais on peut alors se demander si ce marché local sous perfusion étrangère et fondé sur les productions d'artistes peu ou fraîchement formés, n'a pas quelque chose de faussé? Comment sont évaluées ces œuvres du point de vue esthétique et d'une manière plus pragmatique, comment sont-elles cotées? Et surtout, comment s'articule le contact entre des expatriés qui, bien que n'étant pas nécessairement des amateurs d'art avisés, sont néanmoins porteurs de certaines attentes esthétiques, et des artistes sans doute tentés de répondre à ces attentes émanant d'une clientèle au très fort pouvoir d'achat? Comment juger la sincérité et l'authenticité de la démarche de ces artistes? Le fait qu'il y ait des interactions entre les attentes des collectionneurs et les productions des artistes ne doit naturellement pas étonner. La particularité de la situation burkinabé est qu'on ne trouve pas de médiateurs (presse spécialisée, critique d'art), entre des artistes et des collectionneurs qui se connaissent et négocient les ventes et les achats directement entre eux. Ceci, d'ailleurs, tend à rendre la situation des marchands très précaire. Quant à juger de la sincérité d'une démarche artistique, cela pose d'autres problèmes liés à la conception que l'on a de ce que doit être une œuvre d'art. Cela pose notamment des problèmes d'esthétique relatifs aux critères d'évaluation et de définition que l'on connaît très bien en occident. Que l'on se reporte à la fameuse crise de l'art contemporain et à l'accusation portée par certains à l'endroit des artistes supposés produire du n'importe quoi. Accusation qui revient à les considérer soit comme de mauvais artistes, soit comme des charlatans de l'art, quand on ne les soupçonne pas de n'être que des chasseurs de subventions. Autrement dit, la question de la sincérité, de l'authenticité des démarches artistiques ne se pose pas moins en Occident qu'en Afrique. Nombreux sont les artistes burkinabés qui, connaissant les goûts de leurs clients, réalisent des œuvres de moindre intérêt selon un objectif purement 17

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