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Sous la direction de François Fronty et Delphe Kifouani
La diversité du documentaire de création en Afrique
Images plurielles
LA DIVERSITÉ
DU DOCUMENTAIRE DE CRÉATION EN AFRIQUE
Collection Images plurielles dirigée par Olivier Barlet (cinéma) et Sylvie Chalaye (théâtre) Face à la menace de standardisation occidentale, la collectionImages pluriellesse donne pour but de favoriser la recherche, la confrontation et l’échange sur les scènes et écrans œuvrant de par le monde, dans les marges géographiques aussi bien que dans la marginalité par rapport aux normes dominantes, à une pluralité de l’image. Elle est ouverte aux champs de l’écriture, de l’esthétique, de la thématique et de l’économie pour le cinéma, l’audiovisuel et le théâtre. Elle privilégie, hors de toute chapelle de pensée, la lisibilité du texte, la liberté des idées et la valeur documentaire. (liste des ouvrages parus en fin d'ouvrage)
Sous la direction de François Fronty et Delphe Kifouani LADIVERSITÉ
DU DOCUMENTAIRE
DE CRÉATION ENAFRIQUE
UNE PUBLICATION DUGRECIREA (GRoupe d'Étude CInéma duRÉel Africain)
Photo de couverture : © Annejo Brigaud, 2014 © L'HARM ATTAN, 2015 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06986-9EAN : 9782343069869
INTRODUCTIONFrançois Fronty  Le but du GRECIREA (GRoupe d'Étude CInéma du RÉel Africain) est d'élaborer une réflexion théorique sur les nouvelles pratiques des cinémas documentaires en Afrique. Parce que ces pratiques coïncident avec l’apparition des outils numériques, donc des conditions techniques et économiques de fabrication des films inédites dans l’histoire du cinéma. Parce que depuis les années 2000 une nouvelle vague de réalisateurs apparaît, qui est aussi une nouvelle génération où les femmes sont beaucoup plus nombreuses qu’auparavant. Parce que la mondialisation audiovisuelle impose une uniformisation des représentations du réel qui rend plus urgente encore, tout particulièrement en Afrique, l’existence d’un cinéma indépendant, notamment documentaire. Notre objet d'étude est donc marqué d'emblée du sceau d’enjeux esthétiques et politiques décisifs.  La spécificité du Grecirea est d'avoir été fondé par des enseignants-chercheurs à l'université qui sont aussi des 1 cinéastes . Considérant que praxis et pensée sont indissociables du geste cinématographique, nous assumons la difficulté d'être dans certains cas sujet et objet de notre propre recherche. Nous considérons que le genre documentaire appartient au cinéma du réel auquel fait référence l'intitulé du Grecirea ; il est caractérisé par une hétérogénéité formelle qui le situe dans un espace allant de l'oeuvre d'art au produit culturel voire au produit d'information, situation commune à toutes les régions du monde. Depuis son origine, le cinéma n'est-il pas à la fois une découverte scientifique, un art, et une industrie ? Il n'est donc pas surprenant que la recherche sur le cinéma documentaire occupe à l'Université un espace situé à l'intersection des Arts du Spectacle, des Sciences de l'Information et de la
1. Depuis sa création en 2006, le groupe a réuni jusqu'à douze chercheurs.
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Communication, ou même des Études Visuelles. Le Grecirea entend participer de façon innovante à l'évolution des études universitaires sur le cinéma, lesquelles traversent actuellement 2 en France un questionnement fertile.  Le Grecirea est un réseau international de chercheurs, aujourd'hui rattaché en tant que groupe de recherche à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal). Il est associé au Master 2 Documentaire de Création de l'UGB, première formation universitaire de ce type en Afrique, elle-même issue du Master 2 Réalisation Documentaire de création co-produit en France par l'École Documentaire de Lussas et l'Université Stendhal 3 de Grenoble.  Le Grecirea est un espace de recherche ouvert aux doctorants venus de toute l'Afrique francophone, où il n'existe pas encore de directeurs de recherche compétents en cinéma. Le Grecirea serait naturellement partie prenante dans la création d'une école doctorale pour l'Afrique de l'Ouest. Une perspective renforcée par les cadres de coopérations inter-universitaires et de co-tutelle actuellement à l'étude avec des universités 3 françaises . C'est dans ce cadre international pluridisciplinaire que le Grecirea élabore la problématisation de son champ de recherche.  La question qui anime notre propos, relativement simple à l'origine, constitue un programme théorique complexe : comment fonctionne la mise en scène cinématographique du réel africain aujourd'hui ? Notre but est d'établir un champ de recherche prenant pour objet ce mouvement, après une décennie d'existence. Nous proposons d'explorer, de la façon la plus approfondie possible au regard de l'ambition scientifique du projet, des problématiques plus ou moins inédites qui constituent, de façon non limitative, autant d'axes possibles de recherche.
2.Cf.Écran/écrans,première Journée nationale d'étude sur l'enseignement du cinéma à l'université, Lyon 21 mars 2014 ; les numéros 676 et 698 des Cahiers du cinéma,consacrés à l'enseignement du cinéma. 3. L'Université Stendhal3 de Grenoble et l'Université Paul Valéry Montpellier3
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 La réflexion sur l'esthétique et l'analyse filmique nous semblent les ferments irremplaçables de la formation des cinéastes, des chercheurs et des enseignants en cinéma, 4 notamment dans le champ du documentaire de création . Constatant que l'offre en cinéma des troisièmes cycles universitaire reste à développer en Afrique, nous souhaitons poursuivre et développer l'offre existante à l'UGB, notamment en histoire du cinéma documentaire, en esthétique, en théories sur le son et sur la voix. Le « nouveau » documentaire africain est-il porteur d'un « nouveau » style cinématographique, voire d'un nouveau langage artistique ou d'une sémiotique propre ? Quelle serait la (nouvelle) place pour la subjectivité de l'auteur contemporain ? Après la modernité, comment situer le cinéma documentaire actuel sur le territoire de l'intertextualité et des migrations artistiques contemporains ? Quelle serait la portée théorique d'une conceptualisation critique de ce que l'on pourrait nommer la « non-africanité du cinéma en Afrique » tout en embrassant ses spécificités ?  Ce champ doit s'articuler avec un nouvel effort critique. Or il nous semble que les instances critiques existantes dédiées 5 aux « cinémas africains » et la production internationale déjà
4. Documentaire de créationest un terme apparu en France dans les années 80 quand la Sept Arte lança une politique ambitieuse de soutien et de diffusion de ce genre. La dénomination, et ses frontières avec le reportage, est l'objet constant d'un débat. Le COSIP (Compte de Soutien à l'Industrie des Programmes audiovisuels créé en 1986 et réglementé par les décrets n° 95-110 du 2 février 1995 et n°98-35 du 14 janvier 1998 modifiés) géré par le CNC a proposé une définition qui fait référence sans toutefois clore le débat : « Le documentaire de création se réfère au réel, le transforme par le regard original de son auteur et témoigne d'un esprit d'innovation dans sa conception, sa réalisation et son écriture. Il se distingue du reportage par la maturation du sujet traité et par la réflexion approfondie la forte empreinte de la personnalité d'un réalisateur et /ou d'un auteur. » cette définition est complétée par le caractère patrimonial des oeuvres soutenues, dont les producteurs « doivent être en mesure d’assurer une exploitation durable de l’oeuvre en cohérence avec sa vocation patrimoniale » (Article 3 du décret n°2011-364 du 1er avril 2011 modifiant le décret n°95-110 du 2 février 1995) 5.Cf. la Fédération Africaine de la Critique Cinématographique (FACC) créée en 2004 pendant les Journées Cinématographiques de Carthage et son site qui recense plus de 14000 films http://www.africine.com Cf. aussi le siteClap Noir cinémas et audiovisuels africainshttp://www.clapnoir.org/
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