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Le récit d'une oeuvre

De
188 pages
Le parcours artistique d'Alain Snyers développe une œuvre polymorphe et polyvalente faisant appel à différents langages plastiques et protocoles d'interventions. Par jeu d'interpellation et de dérision, l'artiste questionne l'art action, les gestes dans l'espace public, les processus de communication par l'image et les manœuvres artistiques engagées dans l'urbanité. Recueil d'attitudes possibles face au réel, ce récit subjectif d'un itinéraire artistique se présente comme un cheminement dans la création.
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Alain Snyers
Le récit d’une œuvre
1975-2015
Cet ouvrage retrace chronologiquement le parcours artistique d’Alain Snyers
qui commença en juillet 1975 à l’occasion de sa première exposition à Nice Le récitchez Ben Vautier.
À partir de cette rencontre, se développe une œuvre polymorphe qui fait
appel à différents langages plastiques et protocoles d’interventions pour d’une œuvre
aborder et traiter diverses problématiques artistiques contemporaines.
Les questions relatives à l’art action, aux gestes dans l’espace public, aux 1975-2015processus de communication par l’image ou aux manœuvres artistiques
engagées dans l’urbanité sont ici présentées comme l’expression d’expériences
artistiques diverses et posées comme une matière à questionnement.
Par l’usage de l’interpellation, de la dérision, du contre-pied ou du burlesque,
l’œuvre polyvalente produite interroge les processus de création, les réalités
de la ville à travers ses codes et les outils d’expression et d’écriture.
Ce livre défi nit les bornes d’un itinéraire artistique et constitue un recueil
d’attitudes possibles face au réel.
En ouvrant des champs de réfl exion, le récit subjectif de cet itinéraire traverse
autant des périodes historiques récentes que des langages différents et se
présente au lecteur comme un cheminement dans la création.

Alain Snyers (1951), diplômé d’art mural de l’École nationale supérieure
des Arts décoratifs (Paris, 1976), est co-fondateur du groupe UNTEL (1975).
Issue de la peinture, sa pratique artistique est empreinte d’art sociologique,
de l’infl uence Fluxus et de questionnements critiques. Alain Snyers expose
régulièrement depuis 1975 en France et à l’étranger.
Photo de couverture : © snyers portrait - 2014
ISBN : 978-2-343-06443-7
18 €
Le récit d’une œuvre
Alain Snyers
1975-2015
Collection Eidos
Série ARTISTE









Le récit d’une œuvre
1975-2015


Dirigée par
Michel Costantini & François Soulages

Comité scientifique international de lecture
Argentine (Silvia Solas, Univ. de La Plata), Belgique (Claude Javeau, Univ. Libre de
Bruxelles), Brésil (Alberto Olivieri, Univ. Fédérale de Bahia, Salvador), Bulgarie
(Ivaylo Ditchev, Univ. de Sofia St Clément d’Ohrid, Sofia), Chili (Rodrigo Zuniga,
Univ. du Chili, Santiago), Corée du Sud (Jin-Eun Seo (Daegu Arts University,
Séoul), Espagne (Pilar Garcia, Univ. Sevilla), France (Michel Costantini & François
Soulages, Univ. Paris 8), Géorgie (Marine Vekua, Univ. de Tbilissi), Grèce (Panayotis
Papadimitropoulos, Univ. d’Ioanina), Japon (Kenji Kitamaya, Univ. Seijo, Tokyo),
Hongrie (Anikó Ádam, Univ. Catholique Pázmány Péter, Egyetem), Russie (Tamara
Gella, Univ. d’Orel), Slovaquie (Radovan Gura, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica),
Taïwan (Stéphanie Tsai, Unv. Centrale de Taiwan, Taïpei)

Série Artiste
50 Marc Giloux, Anon. Le sujet improbable, notations, etc.

Série Photographie
2 François Soulages (dir.), Photographie & contemporain
8 Catherine Couanet, Sexualités & Photographie
9 Panayotis Papadimitropoulos, Le sujet photographique
10 Anne-Lise Large, La brûlure du visible. Photographie & écriture
15 Michel Jamet, Photos manquées
16 Michel Jamet, Photos réussies
19 Marc Tamisier, Sur la photographie contemporaine
20 Marc Tamisier, Texte, art et photographie. La théorisation de la photographie
21 François Soulages & Julien Verhaeghe (dir.), Photographie, médias & capitalisme
22 Franck Leblanc, L’image numérisée du visage
23 Hortense Soichet, Photographie & mobilité
24 Benjamin Deroche, Paysages transitoires. Photographie & urbanité
25 Philippe Bazin, Face à faces
26 Philippe Bazin, Photographies & Photographes
27 Christiane Vollaire (dir.), Ecrits sur images. Sur Philippe Bazin
32 Catherine Rebois, De l’expérience en art à la re-connaissance
33 Catherine Rebois, ence à l’identité photographique
34 Benoit Blanchard, Art contemporain, le paradoxe de la photographie
45 Marcel Fortini, L'esthétique des ruines dans la photographie de guerre
47 Caroline Blanvillain, Photographie et schizophrénie
53 Rosane de Andrade, Photographie & exotisme. Regards sur le corps brésilien
54 Raquel Fonseca, Portrait & photogénie. Photographie & chirurgie esthétique

Suite des livres publiés dans la Collection Eidos à la fin du livre

Secrétariat de rédaction : Sandrine Le Corre

Publié avec le concours de
Alain Snyers








Le récit d’une œuvre
1975-2015
























































































































Ouvrages (non écrits et non édités) du même auteur


Atlas des terres inconnues avec un relevé topologique aléatoire,
Paris, éditions inconnues, circa 2004.
Précis d’imprécisions approximatives,
Paris, improbable auto-édition, 2005.
Mémoire sur l’amnésie,
Crémieu (38), éditions oubliées, 2006.
Livre blanc des idées noires,
Paris, éditions grises, circa 2007.
Traité de traîtrise des traitements traités,
Crémieu (38), éditions inconnues, circa 2008.
Manuel théorique des théories manuelles,
Crémieu (38), éditions pratiques, 2009.
Index des nouveaux index indexés,
Paris, éditions indexées, 2010.
Livre d’Or,
Crémieu (38), éditions endormies, 2011.
Le carnet des bonnes feuilles,
Crémieu (38), éditions inconnues, circa 2012.
Nouveau guide, tirage de tête,
Crémieu (38), à éditer au Pied levé, 2013




















© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-06443-7
EAN : 9782343064437 Introduction







Le récit d’une œuvre / 1975-2015 a pour projet
d’évoquer quelques moments d’un itinéraire artistique
personnel à travers mes notes d’atelier.
Mon engagement artistique interroge la place et
l’action de l’artiste, ainsi que les formes de la production.
L’art urbain, l’intervention publique et les différentes
pratiques d’art d’attitude ont été explorés à travers une
pluralité d’outils d’expression visuelle. Écrire ce livre a été
l’occasion de souligner l’importance de l’expérimentation
permanente, de l’action personnelle et de revendiquer
l’usage de la polyvalence des formes comme marque de
fabrique.
Au fur et à mesure de leur réalisation, les actes
effectués ont fait l’objet d’une documentation consistant
soit en avant-projets, en descriptions, en comptes rendus
ou en éléments textuels constitutifs des projets eux-mêmes.
Ces divers écrits personnels constituent désormais l’archive
d’une œuvre vivante qui a débutée en 1975. L’archivage
régulier qui documente des gestes performatifs, des
manœuvres d’art, des dispositifs d’installations, des mots,
des dessins ou des séries d’objets forme aujourd’hui un
fonds documentaire dont est extrait ce présent panorama
couvrant 40 années de pratique artistique.
Au fil des pages, la problématique art et société se
décline à travers le récit de multiples réalisations ou
propositions mais aussi et surtout en tant que matière à
réflexion, autant pour moi que pour le public. Les actes ici
5 décrits représentent des réponses possibles et personnelles
à des questionnements plus largement partagés. Réponses
qui interrogent le corps de l’artiste et l’usage de celui-ci à
travers des performances. Réponses ou pratiques qui ont
interrogé la vie quotidienne en milieu urbain et regardé
l’image de la consommation par les propositions du groupe
UNTEL. Pratiques qui ont interpellé le public et sa parole à
travers des manœuvres d’art sociologique. Pratiques qui
interrogent le traitement graphique du dessin, l’usage des
mots, le langage, des codes ou des stéréotypes par des
détournements de sens, d’objets ou d’images en recourant
au burlesque ou à la dérision. Pratiques plurielles qui, avec
plaisir, jouent avec les possibles de l’art.
L’organisation chronologique est ici choisie pour
dérouler dans le temps une œuvre relatée par des notes
d’intention (projets non réalisés), par des énoncés d’actions
avec leurs descriptifs, par des bilans documentés, mais aussi
par des extraits de courriers, de présentations (pour des
articles) ou des communications publiques lors de
conférences.
Si cet ouvrage s’ouvre sur une période historique
intense pour l’art-action (les années 70), il se poursuit
jusqu’aujourd’hui par de multiples développements qui
continuent de souligner l’importance de l’ouverture et de la
curiosité artistique à travers les principes d’expérimentation
et de recherche. Principes posés dès l’origine comme
moteur de création permanente. Le récit d’une œuvre /
19752015 invite son lecteur à parcourir une suite de
propositions dont le sens et les intentions doivent pouvoir
se prolonger et se réinterpréter au delà du moment de leur
réalisation par de nouvelles inclinaisons à se projeter dans le
futur.


6 Avertissement au lecteur






Cet ouvrage n’est pas

o un recueil de poèmes bucoliques,
o un guide touristique à sensations,
o un livre de recettes remarquables,
o un journal intime approximatif,
o une bande dessinée sans image,
o une leçon inaugurale caduque,
o un mode d’emploi pernicieux,
o un roman à dormir debout,
o une biographie ennuyeuse,
o un fourre-tout impalpable,
o une encyclopédie illustrée,
o un témoignage non vécu,
o un catalogue de jardinage,
o un essai du premier coup,
o un mémoire de potache,
o une fiction unijambiste,
o un almanach à suspens,
o un manifeste endormi,
o une thèse alambiquée,
o une saga sarcastique,
o un opus enchanteur,
o un registre annoté,
o un rapport fleuri,

Mais,
des mots pour …


7 SNYERS chez BEN
1Pour ou contre Snyers
Nice, 1- 15 Juillet 1975





En avril 1975, Ben Vautier, que j'avais déjà
rencontré l'été précédent chez lui à Saint-Pancrace (Nice),
me proposa d'exposer dans sa galerie Chez Malabar et
Cunégonde en juillet dans ce qu’il appelait à l’époque des
« Pour ou contre ». Cette exposition sera ma première
exposition personnelle. Lors de sa préparation, j’ai
demandé à Ben des conseils sur la sélection des pièces à
présenter parmi les différentes propositions que je lui avais
faites. Il me répondit laconiquement : "fais du Snyers".
Devant mon étonnement d’une réponse apparemment à
l’emporte-pièce, puis ajouta "c'est bien ton envie, n'est-ce
pas ?". Il n’en dit pas plus et je n’ai eu que cette réponse.
Nous en sommes restés là. Quelques temps plus tard, à sa
demande pour la communication de sa saison d’été 75, je
lui envoyai la liste et les titres des dessins et objets que
j'avais préparés pour cette première exposition.
Quelques jours avant mon exposition en juillet, je
découvris l'annonce que Ben fit de celle-ci : au centre d'une
page en papier glacé, il avait fait imprimer la phrase
suivante : "l'envie d'être Alain Snyers" ! Je fus très surpris en
découvrant ce document déjà largement diffusé et cette
phrase plutôt laconique à la fois titre et profession de foi.
Avec cette formule inattendue pour introduire une
exposition principalement de dessins, la question "qui est

1. Cycle d’exposition-débat nommées Pour ou contre organisé par Ben.
9 cet artiste ? " est évidemment revenue lors du vernissage
qui avait la forme d’un débat public. Les dessins que je
présentais ont été qualifiés par certains de « sous Titus-
Carmel ». Ce n'était pas totalement faux, j’aimais beaucoup,
à l’époque cet artiste, dont les dessins très réalistes en noir
et blanc m'ont marqué. Ma préoccupation de jeune artiste
était de s’éloigner de quelque référence que ce soit.
L’intention que Ben me prêta n’était en fait pas sans
fondements. Pour moi, comme pour n’importe quel
débutant, « être », en l’occurrence, un artiste, est un objectif,
un projet.


En fin de compte, Ben avait raison en me collant
cette affirmation un peu provocatrice car, in fine, le projet
qui se mettait en place à partir de ce moment-là, était celui
de construire une œuvre personnelle. Celle-ci s'est élaborée
au fil des années avec l'envie sincère d’être moi-même et de
réaliser un projet artistique qui me soit propre et singulier.

















(à partir d’une note d’atelier, Paris, 1976).
10 UNTEL
La création d’un groupe
Paris, 1975




Au milieu des années 70, à l'École nationale
supérieure des Arts décoratifs de Paris, nous étions
quelques étudiants en art, curieux de l'actualité artistique et
de l'art contemporain, champs qui étaient alors peu abordés
dans l'enseignement de l'école.
C’est dans ce bouillonnement d’étudiants que je
rencontre Jean-Paul Albinet, étudiant en sculpture. Les
discussions étaient vives et notre besoin de s’ouvrir vers
l’extérieur s’affirmait. Nous étions en contact avec le Salon
de la Jeune Peinture qui était le lieu d'accueil et la tribune
des artistes engagés. Les causes militantes étaient
nombreuses et mobilisaient activement le milieu artistique.
Le comité directeur nous proposa de participer au prochain
Salon qui devait avoir lieu en mai 1975 dans les sous-sols
du Musée d’art moderne de la ville de Paris. Chaque édition
avait à l’époque un thème. Après le Viêt-Nam, le Salon
antifasciste, le Salon entièrement rouge, le comité décide
que cette année, la thématique serait le collectif d’artistes.
Cette problématique nous convenait et nous décidions de
nous présenter en tant que collectif.
Avec Jean-Paul Albinet, nous constituions une
équipe de 5 étudiants de l’école. Contrairement à beaucoup
d’artistes engagés, surtout ceux qui gravitaient à la Jeune
Peinture, nous ne militions pas par notre production pour
des causes très identifiables et liées à des mouvements
politiques, des partis ou des syndicats. Nos travaux
abordaient le quotidien des gens qu’Albinet traitait à travers
la presse et moi par l’argent. Pour la première sortie de
notre collectif à 5 artistes, nous devions avoir un nom. Un
soir dans le sous-sol des Arts déco où nous travaillions,
Jean-Paul s’exclama « … mais comment donc, l’appeler ce groupe
machin, ce groupe truc, ce groupe untel ?... ». Aussitôt, je
11 l’interrompis et repris aussitôt « groupe UNTEL ! ». « Mais
bien sûr ! » répondit Albinet. UNTEL est ainsi né dans la
cave des Arts déco.
En tant qu’UNTEL, nous nous présentâmes au
Salon, au milieu des revendications politiques des peintres
qui étaient majoritairement figuratifs. Notre approche du
quotidien et de l’objet contrasta avec la peinture engagée et
la propagande ambiante. Fort de cette expérience, Albinet
et moi avons pensé trouver notre positionnement et avons
immédiatement eu le désir de continuer sur cet élan en
affirmant un travail plus en prise directe avec le quotidien.
Durant cette période, Philippe Cazal qui venait de
terminer ses études en communication visuelle aux Arts
déco, fréquentait aussi le sous-sol de l’école où il fabriquait
ses propres pièces. Il assista au démarrage de ce groupe. Au
cours de l’été 75, il est invité à participer à exposer à
l’automne à Bordeaux au festival Sigma 11. Il proposa à
Albinet de le rejoindre pour qu’il expose ses journaux aux
entrepôts Lainé. Puis, je les rejoins. Comme à cette époque,
je développai des interventions urbaines avec notamment
un bar portatif à bretelles et une toile aux usages multiples,
ma participation à Bordeaux y fut d’ordre performatif.
Sigma 11 fut le véritable lieu et moment de création
du groupe UNTEL. La rencontre et la complicité entre les
trois artistes se firent d’abord par des interventions dans
l’espace public. Pendant plusieurs jours, UNTEL se
manifesta quotidiennement dans les rues et places de
Bordeaux pour réaliser des actions alternant des
performances (Je vous offre un verre, déambuler avec le mot
FIN ou parader avec orchestre derrière une banderole : Le
bonheur, qu’est-ce que c’est pour vous ? …) à des pratiques
d’attitudes au cours desquelles, nous prenions des poses
dans la rue comme Être conditionné ou Appréhension du sol
urbain. Le film Le temps qui passe a été aussi tourné (sur la
plage de Lacanau) au cours de ce séjour bordelais.

L’intensité créative déployée à l’occasion de Sigma
11 a jeté les bases d’UNTEL.

12 BILLETS DE BANQUE SINISTRÉS
Billets rectifiés
1975 / 1989




2Rectification artistique de véritables billets de
3 4banque déclarés ZONE SINISTRÉE . D’authentiques
billets de différentes monnaies européennes ont subi divers
avatars graphiques, collages incongrus et écritures.

Ces « mauvais traitements » illustrent ceux que
l’argent peut subir comme par exemple par la spéculation.

Ces interventions provocatrices méprisèrent la
valeur fiduciaire, considérèrent le billet comme une feuille
de papier et lui donnèrent de nouvelles esthétiques en
devenant le support pour de nouvelles narrations.







5Note pour l’exposition Coup d’envoi ,
6Musée de la poste . Paris, 9 janvier - 25 mars 1989).

2. Allusion au « ready made rectifié » de Marcel Duchamp.
3. La première série, datée de 1975, fut constituée de 6 billets de banque
français et belges déclarés « zone sinistrée » et exposés au Salon de la
Jeune peinture en 1975 sur le stand du groupe UNTEL.
4. Zone sinistrée : déclaration d’un état de sinistre. La première
déclaration eut lieu à New-York le 04 août 1975 où, suite aux grèves
répétées de la voirie et de la faillite de la ville, Alain Snyers a déclaré sur
la chaîne Sterling Mahattan Cable TV que la ville était « zone sinistrée ».
La même déclaration peut s’appliquer à diverses situations ou objets.
5. Crucifixion de billets (francs français, francs belges, dollars US) sur
croix chrétienne en bois (hauteur : 70 cm.).
6. Commissariat : Jean-Michel Ribettes.
13












7Je vous offre un verre

7. Je vous offre un verre : intervention urbaine créée pour la première fois en
1975. Bar portatif à bretelles pour offrir dans la rue un verre (de vin) aux
passants. Intervention UNTEL (nombreuses sorties de rue).
Action de rencontres et de conversations improvisées.
14 Interventions UNTEL
Printemps 1975





 Paris
Le déjeuner sur l’herbe
Réactualisation live du tableau d’Édouard Manet.
Intervention sauvage du groupe UNTEL lors de
l’inauguration du Salon des artistes français.
3 personnes improvisent un pique-nique avec des aliments
ordinaires de supermarché, du vin et des cigarettes. Ils
lisent le journal, fument et écoutent fort la radio sur un
tapis vert (couleur d’herbe).
Exclusion par les autorités au bout de 26 minutes.
8Grand-Palais (Paris), 8 avril 1975 .



 Moscou
UNTEL sur la place Rouge
93 interventions sauvages devant le mausolée de Lénine .
Moscou, 26 avril 1975.

o Prélèvements urbains
Muni de sachets en cellophane, prélever des « petits restes »
oubliés par les passants.
Collecte de mégots de cigarettes, tickets, capsules, boutons,
épingles, briquet …
Instantanés sociologiques et reflets de la vie quotidienne
moscovite.
8 prélèvements effectués et répertoriés.

8. Le film (26’) de cette intervention est désormais présent dans la
BOÎTE UNTEL (éd. mfc Michèle Didier, Bruxelles, Paris, 2013). Ndla.
9. L’arrivée de militaires intrigués par ces « deux touristes » mit
rapidement fin aux interventions.
15 o Lire un journal blanc
(Proposition de Jean-Paul Albinet)
Lire debout au milieu de la place Rouge un journal blanc,
en papier non imprimé.
Allusion à la censure.

o Les numéros modifiés
À 4 jours du défilé du Premier mai sur la place Rouge, les
organisateurs avaient peint sur le sol des numéros pour
indiquer les emplacements des soldats pour la prochaine
parade militaire.
L’action a consisté à modifier à la craie quelques numéros
par un autre numéro comme par exemple, remplacer « 43 »
par « 48 », ou « 30 » par « 86 ».
Idée du brouillage de l’ordre militaire du défilé.



 Villes
Appréhension du sol urbain
Parcours physique par reptations sur le sol de différentes
rues les yeux bandés.
Idée de « sentir » corporellement la ville et de se déplacer
lentement. Mettre en contact le corps du citadin avec le lieu
de la ville.
Bordeaux : rue Sainte-Catherine le 18 novembre, Place
10Saint-Pierre le 19 novembre 1975 .




10. Les Appréhensions du sol urbain se sont poursuivies les années suivantes
pour entrer en contact avec les rues de différentes villes (Macon, Paris,
Lyon). Voir page 22.
16 Les prélèvements urbains
Exposition UNTEL à MACON
Galerie des Ursulines
Macon, 14 mai - 28 juin 1976



Le principe
Le prélèvement urbain est un geste qui « prend »
(ou prélève) des éléments ordinaires du contexte urbain.
L’action, répétée en diverses villes et rues, consiste à
ramasser des objets de petite taille qui jonchent les trottoirs.
Il s’agit de collecter des rebus, des oubliés, des jetés, des
restes d’objets hors d’usage, perdus ou abandonnés. Ces
éléments sont autant de témoignages, non seulement sur
leurs anciens possesseurs, mais plus globalement sur la
société qui les produit, les consomme et s’en sépare.
Ces objets « de peu » sont recueillis lors d’actions
de prélèvements et considérés comme des images de la ville
et des passants (habitants de la ville).
Telle une opération « médicale », le prélèvement
extrait du corps urbain se donne à voir comme les signes
d’une possible analyse du milieu ambiant. Une scrupuleuse
mise en sachet fermé isole l’élément prélevé à observer.
Chaque sachet (en cellophane) est légendé par la date, le
lieu du prélèvement et par quelques indications relatives à
l’action. Certains prélèvements sont validés par un témoin
présent sur place au moment du ramassage.


11Les prélèvements en exposition
Pour l’exposition UNTEL à MACON, j’ai
effectué 21 prélèvements dans les rues de la ville de Macon.
Chaque séquence prélevée comprend :
• Une photographie du prélèvement à Macon,

11. Note préparatoire d’avril 1976 destinée à Nicole Rousset-Altounian
pour l’exposition UNTEL à MACON (galerie des Ursulines).
17