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La réception de la comédie musicale de langue française en Corée

De
232 pages
Cette enquête, portant sur la réception de la comédie musicale de langue française en Corée, interroge les interactions et les échanges culturels entre deux pays que tout semble opposer. En introduisant une méthodologie d'analyse liée au domaine du marketing, l'auteur questionne une réception culturelle dont les stratégies sont largement élaborées en amont. Une étude de cas minutieuse permet de mettre à jour les mécanismes de ces échanges.
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Ji Eun Min
La réception de la comédie musicale de langue française en Corée Échanges culturels dans une économie mondialisée
Études culturelles
La réception de la comédie musicale de langue française en Corée Échanges culturels dans une économie mondialisée
Collection Logiques Sociales Série : Études Culturelles Dirigée par Bruno Péquignot Le champ des pratiques culturelles est devenu un enjeu essentiel de la vie sociale. Depuis de nombreuses années se sont développées des recherches importantes sur les agents sociaux et les institutions, comme sur les politiques qui définissent ce champ. Le monde anglo-saxon utilise pour les désigner l’expressioncultural studies. Cette série publie des recherches et des études réalisées par des praticiens comme par des chercheurs dans l’esprit général de la collection. Dernières parutions Nadine BOUDOU,Les imaginaires cinématographiques de la menace. Émergence du héros postmoderne, 2013. Laetitia SIBAUD,Les musiciens de variété à l’épreuve de l’intermittence. Des précarités maitrisées ?, 2013. Christian APPRILL, Aurélien DJAKOUANE et Maud NICOLAS-DANIEL, L’enseignement des danses non réglementées en France. Le cas des danses du monde et des danses traditionnelles, 2013.Christiana CONSTANTOPOULOU,Barbaries contemporaines, 2012. Barbara LEBRUN (éd.), Chansonet performance. Mise en scène du corps dans la chanson française et francophone, 2012.Isabelle PAPIEAU,Du culte du héros à la peoplemania, 2012. Frédéric GIMELLO-MESPLOMB,L’invention d’un genre : le cinéma fantastique français, 2012. Frédéric GIMELLO-MESPLOMB,Les cinéastes français à l’épreuve du genre fantastique, 2012. Raphaële VANÇON,Musicien amateur ou professionnel? La construction identitaire musicienne, 2011. Yves RAIBAUD,Géographie socioculturelle, 2011. Françoise CARECCHIO,La culture des jeux. Une poétique enfantine, 2010. Steve GADET,La Culture hip hop dans tous ses états, 2010. Marie-Claude ROGERAT,Les biographies d'artistes. Auteurs, personnages, public, 2010. J. de M. PESSOA et M. FELIX,Les voyages des Rois Mages. De l'Orient jusqu'au Brésil, 2010. Irène JONAS,Mort de la photo de famille ? De l'argentique au numérique, 2010. Martine MALEVAL,L’émergence du nouveau cirque. 1968-1998, 2010. Yvonne NEYRAT,Socio-anthropologie culturelle de l’univers étudiants, 2010. Isabelle PAPIEAU, DeStarmania àMozart (« Musical »pop-rock). Les stratégies de la séduction, 2010. Gilles VIEILLE MARCHISET (dir.),Des loisirset des banlieues. Enquête sur l’occupation du temps libre dans les quartiers populaires, 2009.
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Ji Eun MINLa réception de la comédie musicale de langue française en Corée
Échanges culturels dans une économie mondialisée
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01674-0 EAN : 9782343016740
Sommaire Introduction .......................................................................................... 7Première partie : Étude du marché du spectacle et de la comédie musicale en Corée................................................. 19 Chapitre I. Évolution du marché du spectacle en Corée .................... 21 Chapitre II. La comédie musicale en Corée ....................................... 63 Deuxième partie : Réception en Corée, deux points de vue.......... 85 Chapitre III. Étude de la comédie musicale de langue française........ 87 Chapitre IV. Un rai de lumière ; un point de vue général ................ 125 Chapitre V. La réception de la comédie musicale et les enseignements d’une approche marketing.............................. 153 Conclusion générale ......................................................................... 183 Sources et bibliographie................................................................... 191 Annexe.............................................................................................. 207 Table des matières............................................................................ 221
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Introduction L’histoire des relations culturelles internationales à travers l’étude des circulations et des transferts culturels, dans un contexte de mondialisation, est un sujet de plus en plus fréquent. Samuel Huntington, dans son ou-1 vrageThe Clash of Civilisation and the Remaking of World Order ,se de-mande« Si les conflits à venir, au sein des États nations, pourront avoir une origine culturelle, dès lors que les idéologies identitaires semblent peu à peu disparaître ». L’auteur américain insiste en effet sur le fait que les civilisa-tions de la fin du siècle dernier, bien qu’elles se soient confrontées les unes aux autres, n’en participent pas moins à un processus de mondialisation cul-turelle. Cette thématiue sembleréoccu erde uisde lonues années les cher-cheurs ainsiue lesraticiens de la dilomatie culturelle, à l’imae d’Albert Salon uien 1981 traite cela dans une thèse intituléeL’action culturelle de 2 la France dans le monde : analse critiue .Selon cette étude, l’action cul-turelle française à l’étraner aurait débuté bien avant la Révolution. De nos 3 ours, la ma eureartie des établissementsrivés etublics français sont les rinci auxacteurs et coordinateurs de ces actions. Fran ois Roche, sécia-liste en iconoraphie, insiste sur le fait que la diplomatie culturelle française a une lonue histoire et une véritable traditionui remonte à l’Ancien Ré-4 ime. Demême, ainsiue le note Jean-François de Ramond, de nombreux ème èmeème di lomates des XVI, XVIIet XVIIIsiècles étaient également des 5 hommes de lettres.
1 Samuel Huntin ton, The Clash of Civilisation and the Remaking of World Order, New York, Simon and Schuster, 2007.2 Albert Salon, L’action culturelle de la France dans le monde, p.2015,Thèse : Doctorat d’État ès lettres, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 1981.3 Les missions catholiques, les missions protestantes, l’alliance Israëlite Universelle, l’Alliance Française, les associations pour la diffusion de la langue et de la culture françaises, pour la promotion des échanges culturels. Association de solidarité, d’entraide d’accueil des étrangers, etc.4 François Roche et Bernard Pigniau, Histoires de diplomatie culturelle des origines à 1995, Paris, La documentation française, 1995.5 Depuis le Moyen-Âge, la peregrinato academica est menée dans les grandes universités d’Europe, de la Sorbonne ou de Montpellier, de Leyde, Groningue ou Uppsala, de Pise, Bo-logne ou Padoue, professeurs et étudiants dont la mobilité (organisée de nos jours par des programmes européens) leur a permis de se frotter aux coutumes étrangères, d’apprécier les différences de conceptions, de méthodes et de références…voir Jean-François de Raymond, L’action culturelle extérieure de la France, Paris, La documentation française, 2000, pp. 15-23.
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La brochure officielleui, en 1985, fait le bilan de l’action menée dans le domaine des relations internationalesar le Ministère de la Culture établit un lien entre une politique culturelle ambitieuse et l’attractivité nouvelle de la 6 France. Récemment,de nombreux raorts arlementairesont été émis sur des uestionsconcernant laoliti ue culturelle internationale, comme le 7 Ra ortd’Information d’Yves Daue en 2001 , àro osdu réseau culturel 8 extérieur, ou le raort d’Adrien Gouteron en 2008 , leuel visait à établir le constat d’une dilomatie culturelle en crise. Le réseau culturel extérieur com rend les services de coo érations et d’actions culturelles des ambas-sades, les centres et instituts culturels français à l’étranger, ainsi que les al-liances françaises.
La France semble alors déveloer tout un aareil étati ue en vue d’élar ir la représentation de sa culture à l'étran er. Les «Alliances fran-ème çaises » sont créées au XIXsiècle et continuent àouer un rôle imortant 9 dans la diffusion de la lanue et de la culture franaises à l’étraner. Sidonc la France diffuse sa lanue et ses idées dans les circuits cultivés deuis le ème e XVII siècle,elle exorte son savoir-faire en termes deeintures au XIX e siècle, ses films au XXsiècle et la diffusionrécoce de ses institutions cul-turelles à l’étranger dès 1914. Jusqu’aux années 1960, elle fut, peut-être,« la nation lalus aréciée et lalus admirée au monde en vertu de 10 l’universalisme de son message politicoculturel. »
Officiellement, les relations culturelles franco-coréennes semblent dater de 1886. L’année suivante, la France envoie ses premiers représentants offi-ciels, Victor Collin de Plancy, ainsi qu’un traducteur, Maurice Courant. À partir de cette époque, pendant plus d’un siècle, la présence de la culture française en Corée s’élargit au travers de la diversification de ses activités, notamment par le biais de l’éducation, de la culture et du commerce.
L’adaptation et l’action de la culture française se sont concrétisées près d’un siècle après, grâce à la présence à Séoul en 1964 de l’Alliance Fran-çaise. L’étape suivante consistait alors en l’établissement du centre culturel français, fondé à Séoul en 1968. La mise en place du centre constitua un
6 « La politique culturelle 1981-1985 : bilan de la législature », Ministère de la Culture, Ser-vice information et communicationParis 1986.7 Yves Dauge, « Rapport Information, Assemblée Nationale, Commission des affaires étran-gères sur les centres culturels français à l'étranger », N° 2924, 7 février 2001. Disponible sur http://www.assemblee-nationale.fr/legislatures/11/pdf/rap-info/i2924.pdf8 Adrien Gouteyron, « Rapport d'information, Sénat, Commission des finances », n° 428, 30 juin 2008.9 François Chaubet, La Culture française dans le monde 1980-2000, Les défis de la mondiali-sation, Paris, L’Harmattan, 2010, p. 25.10 Ibid., p. 11.
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temps fort dans la réception de la culture française en Corée, et a contribué à une meilleure connaissance mutuelle. Le rôle le plus représentatif du centre reposait sur la diffusion du cinéma français auprès du public coréen. Il anime le cœur de Séoul par le biais de sa mythique « Salle Renoir », cinémathèque des années 70. Cela a joué un rôle de guide pour les cinéastes coréens. Tou-tefois, comme il n’y avait pas de sous-titres en coréen, cela a fini par rebuter le public local.
11 L’histoire de la réception du cinéma de langue française en Corée, liée à ème celle du théâtre, remonte à la fin du XIXsiècle. Ces deux domaines sont les premiers et les principaux éléments participant à la réception des biens culturels de langue française par la société coréenne.
Peu après le cinéma, les pièces théâtrales françaises commencent à s’inscrire au sein du théâtre coréen. Depuis la représentation deLes Misé-rablesde Victor Hugo par la troupe «Mudaegeuk Recherche» en 1920, près de deux cents pièces de théâtre français sont mises en scène en coréen, ceci à partir de cinq cent cinq programmations jusqu’en 1995.
Les auteurs les plus représentés sont Albert Camus, Anatole France, Jean-Paul Sartre, Molière et Victor Hugo ; de même, des œuvres d’écrivains tra-vaillant l’absurde, notamment Eugène Ionesco, Jean Genet et Samuel Bec-kett ont été traduites et représentées par des troupes coréennes. Dans les années 60 et 70, des pièces de langue française parviennent au sommet dans le domaine du théâtre coréen, les auteurs les plus connus auprès du specta-teur coréen sont Molière, Ionesco et Beckett.
En revanche, à la fin des années 80, le succès des comédies musicales implique un contexte différent, si ce n’est difficile, pour le théâtre traduit. La demande pour ce type de spectacle diminuant, seules douze nouvelles pièces de langue française sont représentées à cette époque.
Considérant l’ensemble des œuvres théâtrales, la plupart des grands ro-ème ème manciers français du XIXet du début du XXsiècle sont traduits. Citons Albert Camus, Alexandre Dumas, Émile Zola, Honoré de Balzac et Victor Hugo. Les premières pièces s’orientaient initialement, après la réforme de
11 Le premier film diffusé en Corée fut un court métrage de Pathé produit par Esther House en octobre 1897, peu après la mise en place de la convention culturelle entre la Corée et la France. Esther House a ainsi importé des films français, à l’image du Mousquetaire de la Reine, film de Georges Méliès datant de 1909.En 1907, le théâtre Wonkaksa a pu diffuser un court métrage de Gaumont. Un peu plus tard, en 1910, Woomikwan a diffusé au moins une quinzaine de films européens. Cité dans Kim Jong Won et Jung Joong Hun,우리영화100(Cent ans de cinéma coréen), Séoul, Hyunamsa, 2001, pp.16- 25.
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