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Nana Mouskouri, une fragilité fondatrice

De
136 pages
Comment se constuire en dépit de ce qui nous manque, en dépit des fêlures et des blessures du passé ? Comment transformer ses lacunes en forces créatrices, préserver sa profonde humanité quand on est née au sein d'un monde déshumanisé par la guerre, les violents conflits parentaux ? Comment s'incarner dans sa féminité tranquillement, quand on a tant déçu d'être née fille ? L'auteur se penche sur le parcours de Nana Mouskouri, pour en déceler les ressorts...
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Quelques notes éparses sur les lunettes de Nana Mouskouri

Audrey Poilly-Genoud

NANA MOUSKOURI, UNE FRAGILITÉ FONDATRICE…
Quelques notes éparses sur les lunettes de Nana Mouskouri

L’Harmattan

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12948-1 EAN : 9782296129481

À Mademoiselle Annie, ma maîtresse de maternelle aux lunettes rectangulaires bordées de noir qui me fit aimer l’école avec à sa guitare et « L’enfant au tambour ». À ma mère qui m’offrit mon premier 33 tours un soir de Noël 1970. À mon père qui m’a transmis l’amour des mots par ses poèmes qu’il écrivait pour pouvoir dire et se dire, à ses « racines » auxquelles il redonnait vie. À mes sœurs, à Ariane ma grande fille, à Baptiste mon fils, qu’ils continuent à chercher et trouver leurs propres illusions créatrices. À René qui supporte les miennes depuis vingt ans… À mes patients et tout ce qu’ils m’enseignent. À toi petit Tom, qui tente de te créer sur ce qui te manque, … Et à Madame Mouskouri, pour ce que sa voix et ses mots ont amené, grâce à ses chansons, ces « illusions créatrices » qu’elle sut si bien porter.

« Quand l’homme naît, il est souple et faible. À sa mort, il est rigide et dur. Les plantes à leur naissance sont souples et fragiles. À leur mort elles sont sèches et dures. Ce qui est dur et fort va vers la mort. Ce qui est souple et faible va vers la vie. » Lao Tseu, cité par Gougaud, H., dans Le livre des chemins

SOMMAIRE
Avant-propos ……………………………….……………………….…..….. Introduction ……………………………….……………………….………. I. DÉFINIE PAR CE QU’ELLE N’EST PAS : quelques anecdotes signifiantes pour commencer ……………………… 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. Pas un look de chanteuse : « on n’a jamais vu une chanteuse à lunettes ! » …………………….… Pas La Callas, pas Édith Piaf, pas Tina Turner …………………….…. Pas une cover-girl, pas un sex-symbol, pas une actrice de cinéma ……. Pas une chanteuse à la mode, de tubes matraqués à outrance, pas n°1 au hit-parade ………………………………………….….…… Pas engloutie dans la sphère publique, pas assignée à la sphère privée ………………………………….…….. Pas complètement déterminée de l’extérieur …………………….….… Pas un ange, pas un diable ……………………………………….……. Pas une Pasionaria, pas de prises de position spectaculaires …….…... Se reconnaître, pas seulement être reconnue ……………………..…… 13 17

25 27 30 31 37 39 45 48 52 54 57 60 61 64 71

II. DES FÊLURES CRÉATRICES D’UNE VIE ………………...…….... 1. 2. 3. 4. 5. La première défection, première « fondation », 13 octobre 1934, La Canée …………………………………….….…… Deuxième « fondation » : renoncer à combler le désir de l’autre et n’être pas tout à fait ce qu’il attend ……………….………….……... Troisième « fondation », quand les éléments se déchaînent, créer ses fondations …………………………………………….…….... Crises, fractures et « refondations » créatrices ……….……….….....…. Renvoyée du conservatoire à quelques mois de l’examen final mais une « dette fondatrice » qui oblige et porte vers des restaurations symboliques « créatrices » …………….…….…. Porter, réhabiliter « Le Nom du Père » et s’accrocher à la lignée paternelle ……………………….….……….. Se fonder sur des manques, en dépit de ce qui manque : renoncer à l’illusion de toute puissance pour une « illusion créatrice » ………..… Se tenir à l’écart de ce qui blesse ou contraint, trouver des issues pour échapper à la pulsion de mort ……………….….………………...

74 78 83 88

6. 7. 8.

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III. QUELS PROCESSUS CRÉATEURS ? ………………….…………… 91 1. 2. 3. 4. 5. Désir, besoin, contrainte à créer ou capacités à créer ? ………..………. L’accès à une culture « Autre », à la métaphore ………………………. Ces fêlures fondatrices et une illusion créatrice pour mieux « être et être trouvé » ……………………………...………. Les lunettes de Nana Mouskouri et être réfléchi en miroir dans une relation d’amour ………………………………….….………. Le sens du rite, du symbole dans un moment esthétique qui se termine où tout avait commencé ………………………..………. 94 103 107 110 113

ET POUR FINIR, Hartino to fengaraki ………………………...………… 123 POST-SCRIPTUM, Moni Perpato (je marche seule) ………..…….…..… 127

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AVANT-PROPOS

C’était lors du concert final au Théâtre Hérode Atticus. Le vent emportait sa voix comme un voile de lin. La foule, dans un murmure, lui faisant écho, la portait aussi un peu pour la dernière chanson du dernier concert : Hartino to fengaraki, en français, « La lune de papier 1 ». Hartino to fengaraki, ces mots chantés, presque « dits » par une voix qui s’en va, une voix qui ne s’envole plus tout à fait comme au temps de la jeunesse, de la plénitude, de la force de conviction qu’aucune fragilité ne pouvait freiner… et pourtant la même voix. Ce soir, c’est sa fragilité qui lui donne toute son intensité, quand elle se brise parfois, tremble un peu, sans doute aussi parce que c’est la dernière fois qu’elle s’exprime là, sur cette scène du Théâtre Hérode Atticus d’Athènes, lors du Farewell tour, la tournée d’adieu de la chanteuse grecque Nana Mouskouri. La limite est là, reconnue et la voix s’élève pourtant, libre de toute fioriture, comme quelques semaines auparavant, à Barcelone a cappella, juste la voix ou presque… et le souffle suspendu du temps pour celle qui chante devant son public encore une fois, une dernière fois.

1

Musique de Manos Hadidakis, paroles de Nikos Gatsos, 1959

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