Papa Wemba

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Résolument avant-gardiste en même temps qu'il est attaché à la tradition musicale de son pays, Papa Wemba enrichit la musique congolaise moderne par des emprunts aux musiques des terroirs et par l'introduction d'instruments traditionnels tels le lokolé. Créant la rumba-rock, une fusion de rumba et de pop-rock, il sort la musique congolaise des sentiers battus et devient le porte-étendard de la culture congolaise sur la scène internationale.
Publié le : samedi 1 novembre 2014
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EAN13 : 9782336361222
Nombre de pages : 278
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Papa Wemba Anicet ETOU NIANGA
La voix de la musique
congolaise moderne
En 1969, aux côtés de Pépé Fely Manuaku et de Jersy Jossart Nyoka, Papa Wemba
Papa Wemba est l’un des membres fondateurs de l’orchestre Zaïko
Langa-Langa : c’est le point de départ de la Troisième École de la musique
congolaise moderne. Résolument avant-gardiste en même temps qu’il La voix de la musique
est attaché à la tradition musicale de son pays, il enrichit la musique
congolaise moderne par des emprunts aux musiques des terroirs et par
l’introduction d’instrument traditionnel tel le lokolé. Créant la rumba- congolaise moderne
rock, une fusion de rumba et de pop-rock, il sort la musique congolaise
des sentiers battus et devient le porte-étendard de la culture congolaise
sur la scène internationale, marquée des empreintes de cette dernière.
Sachant se départir des thèmes habituels de la rumba congolaise, Papa Contribution et odyssée
Wemba n’hésite pas à scruter son temps avec une acuité de sociologue.
En témoigne la chanson « Esclave » composée pour soutenir la lutte
contre l’apartheid.
À travers ce livre sans complaisance présentant de manière vivante
la carrière de Papa Wemba, le lecteur comprendra pourquoi depuis
quarante ans, ce chanteur, par son style, sa personnalité et sa voix
parmi les plus belles d’Afrique, ne cesse de susciter l’admiration des
mélomanes du monde entier.
Anicet Etou Nianga est un passionné de musique, qui livre à travers
cet ouvrage son analyse de la carrière musicale de l’artiste Papa
Wemba, qu’il a découvert à l’âge de treize ans lors de l’éclosion de
l’orchestre Zaïko Langa-Langa. De nationalité congolaise, père de
famille et comptable-assistant en gestion immobilière locative, il vit
en France métropolitaine.
CULTURE
AFRICAINE
Cette collection regroupe des monographies et travaux d’études divers sur la
vie culturelle en Afrique. Organisée par thèmes, elle concerne l’ensemble du
continent africain du nord au sud.
CULTURE
AFRICAINE
ISBN : 978-2-343-03074-6
Série28,50 € Études Musicales
Papa Wemba
Anicet ETOU NIANGA
La voix de la musique congolaise moderne

Papa Wemba
La voix de la musique congolaise moderne

CULTURE AFRICAINE



Cette collection regroupe des monographies et travaux d’études divers sur la
vie culturelle en Afrique. Organisée par thèmes, elle concerne l’ensemble du
continent africain du nord au sud.



Déjà parus

Ali Mhoumadi (Nassurdine), Réception de Léopold Sédar Senghor. Pour une approche
sociologique des littératures africaines, 2014.




















Anicet ETOU NIANGA




Papa Wemba
La voix de la musique congolaise moderne





Contribution et odyssée















































© L'HARMATTAN, 2014
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-03074-6
EAN : 9782343030746
En mémoire de :
Souamy Laure Titi, Miénagata Aubin Ludovic, Oddet Ida, Etou Anzia, Zédé
Judith Euphrasie, Massengo Parfaite, Etou Lina Noelle, Nianga Guy
Francis, Ibara Eliane, Nianga Abraham, Oko Valère.
Sincères remerciements à Papa Wemba qui s’est ouvert en toute humilité
à ma curiosité ; j’y associe également Auguy Ibanga et Bayer (Ya Zaza), ses
principaux collaborateurs.
Ma profonde gratitude s’adresse à : Fabrice Stanislas Kamba, Estelle
Louzenza, René Nkala.
Merci de tout cœur à Anicet Mobé Fansiama et à Kalonji Zézézé Martin.
A tous ceux, nombreux, anonymes ou non, qui par leur contribution ont
aidé à la réalisation de cet ouvrage.
A tous ceux des miens, morts ou vivants, très souvent réunis dans la
même passion musicale pour les œuvres de Papa Wemba.
A Okemba Jérôme Aboussou Dexter : Grand Jhérus … c’est vrai…"liwa
ya somo"…
A Tom Perkins Lugwila Ngayami Jean-Jacques… n’est ce pas
"Kashamakoy" ?
A mes enfants, ma famille. PAPA WEMBA

La voix
de la musique congolaise moderne


J’ai voulu dégager la profonde
unité culturelle restée vivace sous
des apparences trompeuses d’hétérogénéité...

1Cheik Anta Diop


























1
Cheik Anta Diop, L’unité culturelle de l’Afrique Noire, Présence africaine, 1959, p.
7.

9 PREFACE

Comme il est fabuleux, l’univers musical congolais ! Exhalant un charme
envoûtant, il offre à ceux qui le fréquentent un plaisir exquis à travers
l’esthétique des trésors culturels dont il regorge.

S’il est vrai qu'une œuvre musicale reste imprégnée des valeurs
socioculturelles d'une époque, il s’avère aussi que certains artistes tentent
d'aller plus loin que d'autres, car ils sont plus sensibles aux données de leur
époque. Papa Wemba est assurément de ceux-là, depuis ses premières
brillantes prestations au sein du groupe Zaïko Langa-Langa. En 1969-1970,
sortant des sentiers battus, et stimulé par le succès des "Los Nickelos et Yéyé
National", Zaïko Langa-Langa explore d'autres voies de la création musicale.

Refusant l’acculturation, les étudiants congolais en Belgique conjuguent
leurs talents au sein de Los Nickelos et Yéyé National. Le succès est
foudroyant. Ainsi s’esquisse un courant musical qui suscite maintes
vocations artistiques dans les milieux scolaires kinois. Le groupe « Is Boys »
de l'athénée de Kalina se scinde en deux branches : Les « Saphirs », autour
de Jacky Pélasimba, restent fidèles à la pop music ; tandis que « Thuzaïna »,
autour de Kelly, répercute la démarche novatrice des « Belgicains ».

En 1970, aux côtés de Pépé Fély et de Jersy Jossart, Wemba est un des
éléments constitutifs du socle sur lequel repose l’édifice Zaïko. Quarante ans
plus tard, il continue de fructifier cet héritage qu’il a eu l'occasion d'enrichir
lors de son passage au sein de l'Afrisa de Tabu Ley.

Les amateurs des musiques africaines sauront toujours gré à Monsieur
Anicet Etou Nianga, auteur de cet ouvrage retraçant remarquablement bien
la carrière artistique, pleine de succès, de Papa Wemba en qui se
reconnaissent deux générations de mélomanes. Celle de 1969-1980 pour
laquelle leur idole reste le charmant Jules Presley de Zaïko Langa-Langa.
Celle des années 90, admiratrice du chef coutumier du célèbre village de
« Molokaï ». Les mélomanes sauront toujours gré aussi à Monsieur Anicet
Etou Nianga dont le livre ajoute un diadème étincelant à la fresque des
chroniques musicales congolaises, un genre littéraire qui a déjà conquis ses
lettres de noblesse dans les champs littéraires africains.

Alors que l'univers musical semble menacé de désertification culturelle,
les récents succès de nombreux artistes congolais dans les salles mythiques
parisiennes (Olympia, Bercy, Zénith…) témoignent au contraire de la vitalité
de la chanson congolaise. Papa Wemba a contribué à ce triomphe musical
comme il avait déjà contribué au succès de deux films de Mwaze Ngangura
11 « La vie est belle » et « Pièces d'identités » primé au festival du cinéma
africain à Ouagadougou en 1999.
Deux de ses chansons portent à merveille la griffe de chef d’œuvre
résistant à l'usure du temps. Liwa ya somo en 1973, œuvre dédiée à la
mémoire de sa mère tant aimée, se prête à une lecture plurielle dans l'analyse
qu’en fait le professeur Tshonga. Il cite la chanson dans trois thématiques :
"nkisi (fétiche), nganga (guerriseur), et ngangankisi (féticheur) dans la
musique zaïroise moderne de 1960 à 1981", Zaïre-Afrique n° 169, Cepas,
nov 1982, pp 555-566 ; "L'Homme vu par l'homme dans la musique zaïroise
moderne", Zaïre-Afrique n° 186, juin-juillet 1984, pp 357-365 ; "Famille et
individu", Zaïre-Afrique n° 217, Cepas, sept 1987, pp 429-438.
Au milieu des années 80, Papa Wemba compose Esclave, inspiré d'une
visite, quelques années auparavant, sur l’île de Gorée, plaque tournante de la
traite des Noirs en Afrique de l’Ouest. Stigmatisant l’odieux commerce des
esclaves, l’artiste revivifie la mémoire historique des peuples noirs et avoue
sa confiance en l’avenir. Il évoque les figures emblématiques de Desmond
Tutu, de Nelson Mandela, Martin Luther King,… Mandela croupit dans les
geôles du régime d'apartheid qui se croit éternel… L’avenir a donné raison à
l’artiste. Mandela a été libéré, il a présidé une Afrique du Sud multiraciale et
a assuré avec doigté et lucidité la transition démocratique. Les
parlementaires français ont adopté en 2001 "une loi reconnaissant
l’esclavage comme un crime contre l’humanité".

Le livre de Anicet Etou Nianga nous propose des points de repères
lumineux permettant d'apprécier à leur juste valeur - inestimable - les
multiples talents d'un artiste confirmé.
Anicet Mobé
Chercheur en Sciences sociales,
Membre du Comité de rédaction de L'Africain (Belgique), et
de L'Année Francophone Internationale (AFI, Université de
Laval - Québec -)
AVANT PROPOS

En abordant la carrière musicale de Papa Wemba, j’ai vite été confronté à
deux problèmes : celui de la chronologie et celui des dénominations.

Papa Wemba, chanteur exceptionnel, a dû embrasser plusieurs
expériences professionnelles qui se chevauchent ou s’entremêlent. Dès lors,
il pourrait se dégager l’impression de privilégier tel moment de sa vie
d’artiste, occultant par là-même tel autre. Néanmoins, le fil conducteur est la
volonté de respecter le déroulement chronologique de sa non moins longue
carrière musicale.

Papa Wemba est citoyen d’un pays qui, pour des raisons historiques et
politiques, a connu des dénominations officielles différentes. Il m’a semblé
utile, pour la clarté du texte, de retenir la dernière en date pour le situer.
Quand la nécessité l’obligera, la dénomination prévalant au moment des faits
sera celle retenue. En 1971, le pays de ce dernier, suite à une directive
politique, a connu une « débaptisation » collective des patronymes. Cette
« débaptisation », se mêlant aux caprices des artistes qui déclinent souvent
pour des raisons de contrat et de protection de leur vie privée plusieurs
noms, ajoute donc une difficulté supplémentaire de désignation. La mémoire
collective (nationale et internationale) connaît cet immense chanteur comme
étant Papa Wemba ; c’est donc sous cette facette qu’il sera le plus souvent
désigné.

Il est évident qu’en Afrique, plus que partout ailleurs, les régimes
politiques ont influencé la vie des artistes. Papa Wemba est né sous la
colonisation de son pays par le Royaume de la Belgique. Il a connu la
période de l’indépendance jusqu’à l’évolution sociopolitique actuelle de son
pays. Cela l’a sans doute beaucoup marqué. Il m’a paru difficile de parler de
sa carrière musicale en la dépouillant des événements politiques y ayant une
incidence directe ou indirecte. Il a eu à composer des thèmes fortement
politisés dont Esclave, mais il n’est nullement concerné par les propos se
référant à la politique dans cet ouvrage.

La vie d’artiste entraîne quelques rivalités générant des rumeurs de toute
sorte. L’objet de mon investigation sur l’œuvre de Papa Wemba ne s’étendra
pas à ce genre de considération. Toutefois, sans aller dans les bassesses de
l’âme, il se pourrait que j’en fasse état quand cela est abordé de manière
thématique par l’artiste lui-même. Il ne me revient pas non plus le rôle de
choisir les bonnes ou mauvaises œuvres de Papa Wemba. Je me limiterai
dans la mesure du possible à les analyser dans leur globalité.
13 Ce principe vaut aussi pour la vie privée de ce dernier. Les éventuelles
références à celle-ci seront, le cas échéant, celles faites publiquement ou
dans une œuvre musicale par l’artiste lui-même.
Le phénomène de la prolifération pamphlétaire des œuvres attribuées à
plusieurs auteurs est fréquent dans les deux Congo. Sans m’immiscer dans la
querelle des auteurs, je ne citerai que les références officiellement connues.
Il pourrait y avoir, dans l’exposé des faits, un aspect lexical des intitulés des
œuvres musicales de Papa Wemba ou de celles auxquelles il a participé,
mais cela est inévitable et permet à chaque lecteur de mieux se situer. Je
m’efforcerai d’en limiter au maximum la portée afin de ne citer que les
œuvres reconnues comme majeures. Cet état d’esprit vaudra aussi dans les
aspects techniques musicologiques. Cela facilitera certainement la
vulgarisation et la compréhension des propos.
La précision des dates est à considérer dans sa valeur relative car la
plupart des artistes musiciens congolais ne les consignaient pas. La tendance
semble actuellement être inversée.
Papa Wemba a travaillé avec plusieurs artistes. Il m’a été difficile, pour
des faits de droits de citation, de tous les contacter. Leurs collaborations et
participations artistiques faisant partie de notre environnement culturel, je les
évoquerai dans leurs quintessences sans ingérence dans d’éventuels
différends personnels entre artistes.
Je voudrais particulièrement insister sur le fait que ce cheminement
analytique dans la carrière musicale de Papa Wemba ne revêt nullement, de
ma part, un caractère biographique.

Pour la commodité de lecture, les intitulés des œuvres sont écrits en
italique.

Je voudrais me faire excuser des lecteurs non initiés à la musique
congolaise car il y a ici, comme un peu partout dans la littérature musicale,
une profusion de noms d’artistes. Croyez que je me suis efforcé d’en
atténuer la liste au risque de dissiper toute exactitude de leur contribution
respective.
Enfin, je sollicite l’indulgence des lecteurs car la carrière musicale de
Papa Wemba est dense et pleine d’enseignements ; il serait prétentieux, le
temps d’un ouvrage, de l’aborder intégralement. Que mon investigation
puisse simplement être considérée comme une petite et modeste contribution
à la propagation de l’histoire de la pensée musicale congolaise.
HOMMAGE

En hommage à Papa Wemba, j’ai choisi ces quelques vers extraits de
2Hommage au griot , un poème d’Elenga Ngaporo écrit à Paris en 1964.


Fidèle enfant de l’Afrique invaincue,
Tu es rythme et cadence, tu es chant.


Pour toi tout est,
Danse au son du tam-tam,
Le soir quand s’éveillent,
Flottantes et vibrantes,
Les ombres aïeules.
...























2
Elenga Ngaporo, Tourments, Editions Presse et Culture, 1992, p.50.
15
PREMIERE PARTIE

LA FONDATION ET L'ANCRAGE
A LA TROISIEME ECOLE
DE LA MUSIQUE CONGOLAISE MODERNE




























Chapitre I - PRESENTATION

Papa Wemba est présenté de la manière suivante dans la version
universelle du dictionnaire Larousse éditée en 1988 : Papa Wemba (Shungu
Wembadio) né en 1949. Musicien et chanteur zaïrois, il est attaché à la
culture bantoue. Il a su associer Rumba, musique afro-cubaine et
3instrumentation traditionnelle ; jouant du lokolé , tambour du Kasaï et de
l’ondolé, tambour des griots. Album : Papa Wemba (1987), film : La vie est
belle (1987)

Il n’y aurait aucun risque à ajouter, de manière sommaire, qu’il ne se
contente pas seulement d’évoluer dans sa culture bantoue, mais qu’il est
aussi un musicien ouvert à différents styles musicaux. Papa Wemba est un
chanteur vrai et réel. Il ne cesse de faire de son mieux pour transmettre les
émotions, les peines, les joies, les malheurs, les nostalgies dans leur pleine
exactitude. Il le dit lui-même si bien dans l’autographe dédicace de son
album Pôle position : « Tant que j’aurai des frissons pour la musique, je
resterai son fidèle serviteur...»

1949 : naissance le 14 juin à Lubéfu, province du Kasaï, de Papa Wemba,
sous le patronyme de Shungu Jules.
1966 : il intègre la chorale de la paroisse Saint Joseph à Kinshasa. Il en est
l’une des voix masculines les plus hautes et évoluera dans le pupitre des
ténors.
1969 : 31 décembre, il commence sa carrière musicale dans l’orchestre
Zaïko Langa-Langa sous le pseudonyme de Jules Presley. C’est peu après
cette période qu’il rencontre Marie-Rose Bibi qui deviendra sa femme.
1971 : le 29 octobre, son pays devint le Zaïre. Suite à une directive nationale
de « débaptisation » des noms, il devient officiellement Shungu Wembadio
Péné Kikumba.
1973 : il quitte, avec certains de ses collègues, l’orchestre Zaïko
LangaLanga. Ils formeront ensemble l’Isifi Lokolé.
1975 : il participe à la formation de l’orchestre Yoka Lokolé.
1977 : il crée Viva La Musica, sa formation musicale, et devient pour la
circonstance Papa Wemba, le chef coutumier du village de Molokaï. On dit
qu’il est l’homme aux 3 Ï (tirés de Zaïko Langa-Langa, orchestre du début de
sa carrière musicale, de Kasaï, sa région de naissance et enfin de Molokaï,
son virtuel village coutumier)

3 L’excellent ouvrage de François-René Tranchefort passe en revue la plupart des
instruments traditionnels africains, il y définit le lokolé comme étant un tambour à
bois. François-René Tranchefort, Les instruments de musique - tome 1, Editions du
Seuil, 1980, pp. 27 à 46.
19 1980 : tout en étant chef de Viva La Musica, il collabore auprès du Seigneur
Rochereau Tabu Ley dans l’Afrisa International comme musicien
additionnel. Deux principaux enregistrements couronneront cette période :
Lèvres roses et Ngambo moko.
C’est à la même époque qu’il enregistre, avec Josky Kiambukuta de l’OK
Jazz, le titre Chérie Ndia mama.
Il retrouve, durant cette période, ses anciens collègues de Zaïko
LangaLanga qui lui demandent son amicale participation lors des enregistrements
de Ashida et Yuvisa.
Il va clore cette riche année en enregistrant avec Pépé Kallé, un autre
monstre de la musique congolaise, le titre Aména.
1981 : il enregistre, avec son orchestre Viva La Musica, Analengo qui
deviendra, au fil du temps, son œuvre mythique.
1982 : Papa Wemba séjourne en France. Son orchestre continue, pendant ce
temps, à exister sur la place de Kinshasa. Pendant ses multiples prospections
françaises, il enregistre la chanson Matébu. A son retour, il est accueilli
triomphalement à Brazzaville et à Kinshasa. Marqué par cet accueil
populaire, il compose la chanson Evènement.
1983 : plusieurs musiciens, dont son dauphin Eménéya, quittent Viva La
Musica. Papa Wemba procède à une restructuration de Viva La Musica en
recrutant des musiciens débutants. Il enregistre Malimba en collaboration de
Hector Zazou.
1984 : avec son orchestre renouvelé, Papa Wemba devient apôtre de la
religion « Kitendi » (étoffes ou tissus en fibres textiles, comprendre la sape).
La sape serait l’acronyme de la Société des Ambianceurs et des Personnes
Elégantes.
1985 : il devient le chantre d’un nouveau courant musical : la Rumba-Rock.
Il revient en France faire la promotion de cette philosophie musicale en
enregistrant l’album du titre Siku ya mungu. C’est sa première œuvre fusion
proprement dite.
C’est aussi dans cet environnement qu’il enregistre un album en
Belgique, le temps des retrouvailles, avec Bozi, et Lita Bembo.
Cette année est aussi celle des retrouvailles avec Nyoka longo et Bimi
Ombalé ; de leur jam session naît l’album Nybiwé (Nyoka, Bimi, Wemba)
avec les titres Lomami, Anoda, Loli-Andi et Ami-Mondzo.
1986 : il fait découvrir au pays du soleil levant la musique congolaise. Ce
voyage au Japon est important car il ouvre la voie du tourisme asiatique au
Zaïre. Afin de mieux étudier la musique congolaise, quelques jeunes
musiciens japonais le suivront jusqu’à Kinshasa. Il gardera une collaboration
artistique avec Keïko, jeune percussionniste japonaise, qui est toujours
présente lors de ses grands spectacles.
1987 : il est l’interprète principal du film La vie est belle. Bien qu’interprète
principal, il partage l’affiche de ce film avec Pépé Kallé et Emoro. Très vite
20 cette production devient un film culte dans les deux Congo et ceci toutes
générations confondues.
Il prône dans la chanson Proclamation, à l’endroit de la diaspora
congolaise en Europe occidentale, les vertus morales de l’humilité.
1988 : il chante avec le Ngantsié Niarcos, Bozi Boziana et Fataki les
louanges à titre posthume de son ami Kula Mambu. Il chante pour l’occasion
le jumelage entre les villes de Brazzaville et Kinshasa. Il enregistre sous la
direction de Martin Meissonier Le voyageur qui sera produit par Real
World.
1989 : il fait son premier engagement politique public en soutenant la lutte
antiapartheid menée par Nelson Mandela. Il est de toutes les consciences
artistiques qui, de par le monde, demandent la libération du leader de l’ANC
et l’abolition de la politique de ségrégation raciale en Afrique du Sud. Le
titre Esclave témoigne à tout jamais de ce combat politique. Il fait une
tournée aux USA.
1990 : il participe au printemps de Bourges en France.
1991 : il se produit au Japon et diffuse, depuis le pays du soleil levant, un
album noté Papa Wemba au Japon.
1992 : il voyage beaucoup à l’intérieur de son pays et en profite pour se
ressourcer.
1993 : il rencontre Peter Gabriel. Courant novembre, se produit en première
partie de celui-ci dans la salle de Paris-Bercy. Et, grâce à cette collaboration,
sa notoriété devient planétaire.
Il produit Foridoles, son album acoustique, en compagnie de Sam
Magwana et de l’arrangeur Maïka Munan. Le titre phare Référence est
pleinement consacré à la guitare acoustique.
1994 : il connaît la consécration internationale. Il reçoit le trophée
Kilimandjaro AMG production et Africa n°1 le 24-12-94 à la salle LSC de la
région parisienne. Son orchestre le Viva La Musica est récompensé lors de la
3ème édition des Africar Music Award comme meilleur groupe africain le
10-12-94 à Abidjan. Il est couronné à la même date comme consécration de
l’année. Né en 1949, il aime souvent dire que 94 est l’image dans un miroir
de 49.
Manu Dibango le sollicite pour l’enregistrement dans son album
Wakafrika de la célèbre chanson Ami oh ! de Manfred Ebanda, rendue
populaire par la chanteuse camerounaise Bébé Manga. Manu opérait dans
son choix une véritable sélection des meilleurs artistes musiciens africains.
1995 : il est élu, lors de la remise des Africar Music Awards à Libreville le
02 décembre, la meilleure voix masculine d’Afrique et des Caraïbes.
Il enregistre deux albums successifs - Viva la musica et Papa Wemba ;
pôle position. C’est l’album de Kaokokokorobo. On note la participation du
soliste de guitare Manuaku Pépé Fély dans Soul Gbémani. - Papa Wemba :
Emotion chez Real World. Le titre Show me the way de Lokua Kanza et
21 l’interprétation de Fa Fa Fa Fa de Otis Redding le révélèrent réellement, et,
plus que tout, au niveau international.
1996 : est l'année qui scelle ses retrouvailles avec Koffi Olomidé dans
l’album Wake up enregistré entre les mois de mai et septembre à Paris. Les
deux artistes sont alors dirigés par Souzy Kasséya, musicien guitariste
congolais, pour lequel ils manifestent une profonde gratitude.
Le clip de Kaokokokorobo est couronné comme meilleur clip africain de
l’année.
Papa Wemba est désigné par les Kora All Africa Music Awards comme
meilleur artiste africain de l’année.
1997 : il est une fois de plus désigné artiste de l’année. Cette deuxième
consécration successive lui est décernée par l’American World Music
Awards.
Il propulse au devant de la scène sa troisième formation musicale, Viva
La Musica La Nouvelle Ecriture. C’est en faisant un panachage de Viva la
musica (devenu pour la circonstance : Viva La Musica la Cour des grands) et
de La Nouvelle Ecriture qu’il produit l’album « Papa Wemba et Viva La
Musica ; La Nouvelle Ecriture » qui contient comme titres phares Saï-Saï et
la célèbre chanson Mama dédiée à la mémoire de sa mère.
Avec Youssou N’Dour, pour le Comité International de la Croix Rouge,
il enregistre So why.
1998 : avec Viva La Musica Nouvelle Ecriture, il édite l’album L’. Son
chant, solo, dans Safari y est l’incontournable point de repère. Il réenregistre
pour le compte de la Real World l’album Molokaï sous forme de CD.
1999 : c’est l’année de son cinquantième anniversaire. Il est anobli par le
peuple Anamongo dont il est originaire. Les cérémonies sont organisées
autour du Stade des Martyrs à Kinshasa. Elles vont se dérouler pendant une
semaine avec l’inauguration d’une statue en plâtre à son effigie.
Il se produit avec ses trois formations musicales au Zénith de Paris.
Pour pallier la désaffection de ses danseuses, il fait appel au chorégraphe
Lambio-Lambio. Un casting est aussitôt réalisé et voit la formation d’un
ballet de jeunes danseuses dites les Fioti-Fioti.
C’est en cette année que parait l’album Ya biso moko dans lequel il se
produit avec Madilu System.
L’an 1999 est décidément riche en événements et voit la parution de
l'album « bijou » M’zée Fula ngenge.
Il participe avec plusieurs musiciens congolais à l’hommage rendu à Pépé
Kallé qui a laissé, il y a peu de temps, la musique congolaise orpheline.
2000 : il organise, essentiellement avec son Viva La Musica La Nouvelle
Ecriture, une tournée en Europe nommée Tour d’Europe. Les Fioti-Fioti
émerveillent le public.
Il honore son rendez-vous avec l’histoire à l’Olympia Bruno Coquatrix de
Paris en interprétant Fétiche, un texte attribué à Léopold Sédar Senghor et
dont la musique fut composée par Le Seigneur Rochereau. Il commercialise
22 en cette même année son album fleuve A la une composé de deux CD. Il y
reprend la plupart des standards ovationnés lors de son Tour d’Europe.
2001 : au cours du dernier trimestre de cette année, le disque Bakala dia
kuba 100% star est lancé sur le marché. Ce disque sert également pour la
promotion du méga-concert envisagé que Papa Wemba organise à Bercy le
31 décembre 2001.
2002 : le 06 juillet, Papa Wemba renoue avec le grand public kinois. Il
organise un méga-concert au Stade des Martyrs de Kinshasa. Il profite de
l’occasion pour faire découvrir aux mélomanes congolais le pas de la danse
« Kila mokosso »
2003 : le 20 février, Papa Wemba est mis en examen et placé en détention
pendant trois mois et trois semaines par La Justice française à la prison de
Fleury-Mérogis pour «aide au séjour irrégulier en bande organisée » et
« falsification de documents ». A sa sortie de prison, il organise le 25
octobre un concert au Zénith de Paris. Durant cette prestation, il dit avoir
rencontré en prison Le Christ et proclame sa foi à faire désormais route avec
lui. Il adopte pour la circonstance un nouveau sobriquet, celui de Mangokoto
le Grand prêtre. Peu avant ce concert est promu sur le marché l’album Somo
trop (la forte intensité émotionnelle), un double CD contenant, outre les
œuvres proclamant sa foi, un hymne à la paix et à l’unité des deux Congo.
On le découvre adepte du Christ et chantre de l’unité africaine. Dans le titre
Congo moko, l’authenticité de son cri de cœur interpelle au delà de tous les
clivages. Modestement, selon sa nature profonde, il raconte sa vie de
prisonnier dans Numéro d’écrou.
Il est assigné à résidence en France métropolitaine. Un double CD est
réalisé en mixage studio des enregistrements kinois de sa formation musicale
La Nouvelle Ecriture et du nouvel ensemble musical qui désormais l’épaule
dans ses différentes prestations françaises à savoir : Le Viva Tendance.
Un nouveau ballet est promu : Les Bana oyo.
2004 : le mardi 16 novembre, Papa Wemba est condamné par Le Tribunal
Correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a trente mois de prison dont
quatre mois ferme et 10.000 Euros d'amende.
2005 : il chante avec Singuila de la r’n’b sur une compilation – Dis l’heure 2
afro zouk -
Il participe, avec tant d’autres, au Fespam à Brazzaville et est l’une des
plus grandes attractions de ce festival estival.
2006 : le 15 février, il est au New morning, salle parisienne, où il réalise un
concert époustoufflant. Un album live intitulé New morning est proposé
avec son DVD. Quelle vitalité scénographique ! C’est sa collaboration avec
Ophélie Winter dans le titre Yo té qui donne un nouvel éclairage sur ses
multiples orientations artistiques.
2007 : est l’année de la mise sur le marché de l’album Nkunzi Nlélé, produit
avec son Viva Tendance parisien. Il fait, une fois de plus, l’apologie des
griffes vestimentaires sans que cela ne bonifie son travail. Le 12 janvier, il
23 triomphe au Trianon de Paris en réalisant un majestueux concert
accoustique.
2008 : c’est l’album Kaka yo qui, pour l’artiste, est un nouveau concept
permettant à des jeunes musiciens d’avoir leurs premières expériences de
studio d’enregistrement.
èreMais tout est timoré en cette année au cours de laquelle Mère Malu 1
décède au mois de mars et Wendo Kolosoy au mois de juillet. Rien n’est
véritablement promu ; le deuil habite Papa Wemba.
ème2009 : il fête sur quelques scènes internationales son 60 anniversaire. Il
fait avec Zay-J un remix de la chanson Show me the way.
2010 : est l’année de l’avènement de l’album Notre père rumba. Il chante
avec Nathalie Makoma Six millions ya ba soucis, une œuvre colossale qui lui
redonne confiance et insuffle une nouvelle vitalité à sa musique. Comme
pour clâmer son enracinement à la rumba, musique de son terroir congolais,
il sollicite la collaboration de Kiamwangana Matéta Verckys. Hormis les
synthétiseurs, le saxophone de ce dernier draîne, ici, une nostalgie de grande
maestria.
Dans ce même album accompagné de Nash, un jeune ivoirien en devenir,
il chante de nouveau la sapologie. Une bande de jeunes sapeurs fait partie de
la distribution du clip vidéo. On les entend pêle-mêle parler du classicisme et
du modernisme vestimentaires. On assiste à l’éclosion du guitariste Olivier
Tshimanga.
Fidèle à ses imprégnations musicales, Papa Wemba propose une fois de
plus avec Kema Fumbe un folklore congolais magistralement interprété par
un griot du Kassaï.
Il y donne, avec Ophélie Winter, une seconde version de Yo té.
Néanmoins, malgré sa « rencontre » avec Le Christ, il confie dans Mitard
ses moments de solitude en prison. Il raconte combien, dans le noir de sa
cellule pénitenciaire, ses pensées revenaient toujours, inévitablement, à Mère
Malu et à son pote Niarcos.
2011 : cela fait un moment que l’Est de son pays est confronté à la guerre. Il
est de ces musiciens qui enfourchent de leur notoriété la musique pour
prôner la paix.
2012 : Papa Wemba et les siens célèbrent à la Fikin (Foire Internationale de
èmeKinshasa) le 35 anniversaire de l’orchestre Viva La Musica. Les standards
sont ovationnés par le public en liesse (Maria Valencia, Show me the way,
Awa yo okeyi…)
2013 : il se produit avec sa formation Molokaï à Bruxelles. Il fait découvrir
au public sa petite-fille Nsona qui surprend tout le monde, malgré son
entame toute timide, par une interprêtation magistrale du mythique Fa Fa Fa
Fa.
Durant ce concert, il abreuve le public, par le titre Tsunami, de la Norma
musique capverdienne popularisée par Césaria Evora. Quelques incursions
sont également proposées dans la Bossa nova brésilienne.
24 Le 30 novembre, Le Seigneur Rochereau (13 nov 1940 – 30 nov 2013)
est rappelé à Dieu. Au delà du deuil de la nation congolaise et de l’Afrique
musicale, Papa Wemba est orphelin de son idole.
2014 : le 13 février, son Dauphin Eménéya décède à Paris. Le choc est
profond pour Papa Wemba qui ne peut, suite à différentes médisances et
malveillances, assister aux obsèques qui ont lieu à Kinshasa. On se souvient
que quand Papa Wemba était en prison, Eménéya et Danos Nyboma
accompagnés de l’orchestre Africando lui ont rendu un vibrant hommage
artistique en enregistrant une interprétation magistrale du titre Référence.
(Eménéya Mubiala Jean-Baptiste ; 23 nov 1956 – 13 fév 2014).
Le 20 juin, c’est la date de la sortie officielle de son album Maître
d’école. On note un hommage au Seigneur Rochereau Tabu ley. Dans
Blessure, il dévoile son deuil en pleurant Eménéya et tous les musiciens, de
son aventure, Viva La Musica, qui ne sont plus de ce monde.

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