Paul Delaroche

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Paul Delaroche fut le portraitiste des grands de ce monde. Il fut aussi l'inventeur du genre historique, en recréant des pages d'histoire dotées d'une sensibilité théâtrale qui fit sensation auprès du grand public. Associé au règne de Louis-Philippe, et spécialement à la monarchie de Juillet (1730-1848), Delaroche fut en revanche diversement apprécié des critiques de son temps. Sa peinture fut remarquablement servie par la gravure et, fait marquant, sa diffusion bénéficia des tout débuts de la photographie. Cet ouvrage invite à (re)découvrir une authentique culture visuelle populaire.
Publié le : mercredi 15 juin 2016
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EAN13 : 9782140011719
Nombre de pages : 268
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enammaient le XVIII
(1797-1856), afîrmant des goûts plus respectables.
portraitiste des grands de ce monde. Il fut aussi
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diversement apprécié par les critiques de son temps. Sa peinture fut remarquablement servie par la gravure et, fait marquant, sa diffusion bénéîcia des tout débuts de la photographie.
invite à (re)découvrir une authentique culture visuelle populaire. Il engage aussi le lecteur à reconsidérer les limites îxées de manière conventionnelle entre l’académisme et la modernité.
T. Thoré, Paris, Rue Montmartre, 1848.
Olivier DESHAYES
PAUL DELAROCHE
Peintre du justemilieu ? (17971856)
Histoires et idées des Arts
Paul Delaroche
peintre du juste-milieu ?
(1797-1856)
Histoires et Idées des Arts Collection dirigée par Giovanni Joppolo Cette collection accueille des essais chronologiques, des monographies et des traités d'historiens, critiques et artistes d'hier et d'aujourd'hui. À la croisée de l'histoire et de l'esthétique, elle se propose de répondre à l’attente d’un public qui veut en savoir plus sur les multiples courants, tendances, mouvements, groupes, sensibilités et personnalités qui construisent le grand récit de l'histoire de l'art, là où les moyens et les choix expressifs adoptés se conjuguent avec les concepts et les options philosophiques qui depuis toujours nourrissent l'art en profondeur. Dernières parutions Peggy BONNET VERGARA,Wifredo Lam et l’éternel féminin, 2015. Jean-Claude CHIROLLET,photographique des arts. Histoire, L’interprétation technologies, esthétique, 2013. Jocelyne CHAPTAL,Renaissance et Baroque, tome 1 et 2,2012. Pierre BERGER et Alain LIORET,L’Art génératif. Jouer à Dieu... un droit ? un devoir ?, 2012. Denis MILHAU,Du réalisme, A propos de Courbet et Baudelaire, mais aussi de Cézanne, Kandinsky, Apollinaire, Picasso et quelques autres,2012. Olivier DESHAYES,D’Eros à Agapè ou la correspondance de Mme Deffand avec Horace Walpole, 2011. Jean-Claude CHIROLLET,La question du détail et l’art fractal (à bâtons rompus avec Carlos Ginzburg), 2011. RIBON Michel,L’art, miroir de vies et créateur de mondes, Essai sur la peinture, 2010. Sonia DELEUSSE-LE GUILLOU,Eugène Ionesco, de l'écriture à la peinture, 2010. Océane DELLEAUX,Le multiple d'artiste. Histoire d'une mutation artistique. Europe-Amérique du Nord, de 1985 à nos jours, 2010. Olivier DESHAYES,Le désir féminin ou l’impensable de la création,2009. Isabelle DOLEVICZENI-LE PAPE,L’esthétique du deuil dans l’art allemand contemporain. Du rite à l’épreuve, 2009. Dominique DEMARTINI,Le processus de création picturale. Analyse phénoménologique, 2009. Aline DALLIER-POPPER,Art, féminisme, post-féminisme. Un parcours de critique d’art, 2009. Nathalie PADILLA,L’esthétique du sublime dans les peintures shakespeariennes d’Henry Füssli (1741-1825), 2009.
Olivier DESHAYESPaul Delaroche
peintre du juste-milieu ?
(1797-1856)
Du même auteur aux éditions L’Harmattan : me Le destin exceptionnel de M de Genlis (1746-1830). Une éducatrice et femme de lettres en marge du pouvoir, 2014.
D’Éros à Agapè me ou la correspondance de M du Deffand avec Horace Walpole, 2011.
Le désir féminin ou l’impensable de la création. De Fragonard à Bill Viola, 2010.
e Le corps déchu dans la peinture française du XIX siècle, 2004.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09124-2 EAN : 9782343091242
INTRODUCTION
La tentative de porter un regard sans passion, mais non sans conviction, sur l’un des artistes les plus académiques de e l’histoire de l’art du XIX siècle est sans doute celle qui permettra d’échapper en quelque sorte à l’hégémonie des peintres sacrés et consacrés. Non que je mette en cause leurs réputations qui n’ont rien d’usurpé. Mais il est légitime de penser qu’en Paul Delaroche se fait jour la force d’une évidence longtemps ignorée : une inspiration personnelle hors du commun, une originalité picturale qui s’épanouit dans des mises en scène historiques mais aussi en elles et par elles, mises en scène dont la résolution est toujours renvoyée sine die. En effet, il s’agit de démontrer, chez ce génial inventeur d’images, ce qui constitue de véritables innovations stylistiques ; je m’attache également à mettre en lumière son sens de l’histoire qui reste l’une des conceptions les plus novatrices de son temps ; je rends compte de son sens aigu et décisif de l’instant suspendu,invention que ni Delacroix ni Ingres ne sont jamais parvenus à atteindre.
Pour ce faire, il m’a fallu replacer l’œuvre et l’artiste dans cette « continuité » des évènements artistiques et historiques qui leur étaient contemporains. Jean Clair rappelait naguère l’importance que forme cetissu continuqui environne l’œuvre 1 en un lieu et un temps uniques .
Dans les années 1980, Delaroche, comme d’autres artistes académiques, fit déjà l’objet d’une éphémère réhabilitation qui rendait justice à leurs talents. De grandes redécouvertes permirent ainsi d’exhumer nombre de créateurs jusque-là méconnus. Après d’intenses débats sur l’intérêt de certaines de ces exhumations et, plus généralement, sur les enjeux mêmes de ce mouvement qui apparaissaient à certains comme incongrus, tout a repris sa place dans unstatu quo1 Jean Clair,L’hiver de la culture, Paris, Flammarion, 2011.
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généralisé. C’est précisément à l’encontre de ce consensus que s’inscrit ce livre qui contribue à renouveler la connaissance d’un art qui parle directement au spectateur en lui racontant des histoires, souvent cruelles mais toujours sur le mode du merveilleux. Riche en termes de bénéficeet de plus-value esthétiques, l’œuvre de Delaroche est unepeinture narrativequi sollicite cette faculté d’imagination en chacun de nous.
N.B. J’ai eu recours dans certains chapitres à des citations plus ou moins longues. Elles ne se résument pas à des procédés et n’ont pas pour dessein de suppléer artificiellement ce qui manquerait au texte. Elles ne prétendent pas non plus à l’érudition mais offrent au lecteur des fragments originaux, parfois savoureux, toujours instructifs, riches enfin de cette « couleur locale » qui confère aux propos leurs tonalités si caractéristiques.
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POUR UNE RÉVISION e DÉPASSIONNÉE DU XIX SIÈCLE ?
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Delaroche est d’abord et avant tout victime de sonsuccès populaire. J’insiste sur les deux derniers termes car je suis persuadé que leur combinaison constitue une insulte proférée à l’encontre des critiques de l’époque pour lesquels il ne peut y avoir de salut hors de leurs jugements esthétiques. Il n’est pas bon de conquérir tous les suffrages, surtout quand ceux-ci représentent un très large éventail de la population. La raison invoquée pour expliquer le divorce entre les critiques qui 2 font autorité à chaque Salon et les simples amateurs serait l’inculture de ces derniers. Cette lacune les rendrait incapables d’apprécier la création sous toutes ses formes et dans toutes ses subtilités. Tout au plus sont-ils séduits par les narrations picturales adroitement mises en scène par des artistes rompus aux ficelles de la dramaturgie. L’argument tourne court et la mauvaise foi n’est pas exempte de considérations méprisantes.
Théophile Gautier avoue un épisode de sa vie qui, s’il n’est pas glorieux, est toutefois d’une grande honnêteté rétrospective. Dans sa jeunesse, ses compagnons et lui n’hésitèrent pas à éreinter Delaroche par des propos outranciers alors même qu’ils n’avaient jamais vu aucune de ses toiles ! Ce qui comptait avant tout, selon l’auteur de Mademoiselle de Maupin, c’était la polémique que l’académisme
2 Il s’est tenu seize Salons sous la monarchie de Juillet, de 1831 à 1847. D’après Pierre Vaisse, ce n’est pas la sévérité du jury qui est la cause du déclin de cette institution mais, entre autres raisons, sa propension à accepter un nombre trop important d’œuvres sans critères de sélection. e Voir P. Vaisse, « L’esthétique XIX siècle : de la légende aux hypothèses », inLe débat, n°44, Paris, Gallimard, 1987, p. 92. À titre d’exemple, le Salon en 1800 ne présentait que 542 œuvres alors que celui de 1848 en exposait plus de 5000 !
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