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Pratiques performatives / corps critiques

De
284 pages
Nos relations au corps et nos « mises en geste » ne sont en rien des pratiques autonomes et autocentrées, déconnectées des transformations sociétales et culturelles vécues. Par essence, le corps dansant et l'art chorégraphique sont traversés par ces mutations et les pratiques performatives apparaissent comme régime de présence critique, expérience à être et à advenir. À la manière d'une constellation, cette série d'articles numérotés, initiée en 2007, explore les préoccupations performatives dans le paysage chorégraphique français de ces dernières années.
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Céline Roux
PRATIQUES PERFORMATIVES/ CORPS CRITIQUES # 1  10 (20072016)
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10260-3 EAN : 9782343102603
Pratiques performatives / Corps critiques # 1 - 10 (2007-2016)
Le Corps en questionCollection dirigée par Florence Braunstein « Le corps en question » aborde le problème du corps dans les sciences humaines aussi bien dans les domaines de la philosophie, de la littérature, de l’art ou de l’histoire et de l’anthropologie. Il n’y a pas de limites pour envisager le sujet dans le temps ou l’espace. C’est “un corps ouvert” à toutes les problématiques mais la collection privilégie les sujets de recherche originaux rarement abordés, les auteurs, les époques n’ayant pas fait l’objet de réflexion sur le corps. Les ouvrages de la collection ne répondent pas à d’autres exigences que celles de la grande qualité.Dernières parutions Graziela ANDRADE,Corpographie en danse, 2015 Edouard DE PERROT,Corps et psyché ou les illusions du corps augmenté, 2014. Bernard ROBINSON,Corps et psychomotricité, 2014. Stéphane HEAS,A corps majeurs. L’excellence corporelle entre expression et gestion de soi, 2012. Bertrand LANCON, Marie-Hélène DELAVAUD-ROUX, Anthropologie, mythologies et histoire de la chevelure et de la pilosité, 2011. Stéphane HEAS, Laurent MISERY (dir.),Variations sur la peau. Tome 2. B. GALINON-MELENEC, F. MARTIN-JUCHAT,Le corps communicant. Stéphane HEAS, Laurent MISERY (dir.),Variations sur la peau. Céline ROUX,Danse(s) performative(s).
Stéphane HEAS, Yannick Le HENAFF,Tatouages et cicatrices. Sylvain FEREZ,Le corps déstabilisé.
Céline Roux Pratiques performatives / Corps critiques # 1 - 10 (2007-2016)
Du même auteur Danse(s) performative(s),Paris, L’Harmattan, coll. Le corps en question, 2007.
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Avant-propos
En 2007, j’entamais cette série d’articles numérotés, sous le titre génériquePratiques performatives / Corps critiques,présumer de sa vie future mais en sans supposant que cette entrée permettrait de continuer mes recherches sur le sujet. J’espérais que, sur un temps assez long et en choisissant les lieux où ils existaient, ces articles pourraient exposer les déplacements des intérêts artistiques sur une période contemporaine ainsi que les mutations dans l’utilisation des vocables tout en faisant état des problématiques émergentes générées par l’évolution de ces pratiques et du contexte aussi bien pour les artistes que pour les chercheurs. 2007 est l’année de publication dePoétique de la danse contemporaine, la suite de Laurence Louppe. Je me souviens de la première phrase que celle-ci écrivait alors dans son introduction : « Entre 1991 et 1995, je 1 désespérais de la danse contemporaine » . Plus loin, elle se rappelait : « Mais au moment de la rédaction de ma premièrePoétique (1995-1996), différents signaux annonçaient un renouvellement étonnant du champ chorégraphique en Europe, m’apportant un grand 2 réconfort et une grande espérance » . Il n’en était alors rien pour moi : les années énoncées ici par Laurence Louppe étaient mes années de lycéenne, pratiquante de danse, en province, néophyte de ces questions. Mes 1. Laurence Louppe,Poétique de la danse contemporaine, la suite, Bruxelles, Contredanse, 2007, p.7. 2.Ibid., p.8.
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recherches sur le sujet ont commencé plus récemment, en 1999, à un moment où ces pratiques « renouvelées » se développaient, tout en n’étant encore que confidentielles dans les relais théoriques, notamment dans le champ de l’Histoire de l’art qui était le mien. 2007 était alors l’année de publication de ma thèse de doctorat, soutenue en 2005, sous le titre deDanse(s) performative(s), qui tendait à comprendre et à articuler les procédures et enjeux de ces pratiques pensées non pas comme genre esthétique ou comme nouveau style reconnaissable mais comme état d’être aux enjeux communs et contextuels. Loin d’en avoir fini avec ces questions, il me semblait alors nécessaire de continuer le travail au sujet de ces corps critiques qui n’ont cessé d’élaborer des pensées sur le(s) monde(s) – celui de la danse, mais aussi celui des arts vivants, du lieu théâtre, des institutions, de la politique, de la société, de la culture à des échelles variables et selon des régimes différenciés – et au sujet de ces pratiques comme expériences-proues à transformer le réel : Pratiques performatives / Corps critiques. Plusieurs de ces articles sont issus de journées d’étude ou de colloques et ont fait l’objet de publications antérieures. D’autres sont issus d’invitation dans des publications. D’autres encore voient leur première publication dans ce présent ouvrage. Si les articles publiés ont été remaniés – l’écriture et la pensée restant ainsi vivantes – ce projet a été gouverné par l’idée qu’ils devaient toutefois rester proches de leurs formes originelles pour qu’ils reflètent les modes de pensée et perceptions d’un instant T, si ce n’est le premier de la série qui revêt aujourd’hui la forme d’une introduction et offre une nouvelle perspective à son contenu. Aussi, nous pouvons trouver d’un article à l’autre, des formes de répétition qui n’ont pas été coupées et qui, en
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un sens, permettent aux articles de se reformuler / déformuler entre eux, choix qui peut m’être reproché mais que je valide comme effet de transformation et de transposition d’une pensée active. De plus, les articles sont ainsi suffisamment autonomes pour qu’ils puissent être lus indépendamment les uns des autres dans l’ordre choisi par le lecteur. Plusieurs d’entre eux possèdent une extension sous la forme d’entretiens d’artiste sur des projets spécifiques offrant plusieurs niveaux de focale et des paroles croisées. Les sujets, notamment ceux en lien avec des colloques, exposent plusieurs préoccupations prégnantes du champ chorégraphique de ces dernières années : - Une lecture de ces pratiques à partir des axiomes postmodernes de l’art contemporain ; - L’intégration de nouvelles relations à l’histoire par le champ chorégraphique favorisant une réflexion sur la notion de répertoire et la mise en œuvre dereenactments; - L’intérêt pour les cultures et discours dits « du minoritaire » ouvrant les voies à des histoires culturelles intriquées, non linéaires et plurielles ; - La problématisation de l’approche archivistique et muséale de la danse comme questionnement notamment des notions de présence, d’impermanence, de collection pour un art éphémère, contradictoire et vivant. Évidemment, les choix des sujets sont aussi le miroir de ma propre géographie – géographie physique et territoire de champ – et ne tendent pas à affirmer une exhaustivité mais plutôt à partager une parcellisation éclatée des régimes performatifs et ce qu’ils génèrent dans un espace-temps donné. J’ai privilégié le travail des artistes que j’ai eu l’occasion de voir régulièrement, même si je m’appuie aussi sur des projets que j’ai rencontrés de manière plus sporadique.
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