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Télévision française La saison 2009

De
400 pages
La saison 2009 propose un panorama critique d'une année de télévision à travers fictions et documentaires avec de nombreuses photos en noir et blanc. On y trouve aussi une rubrique télévision en livres, revues et DVD, les coups de coeurs cinéma, et les listes et index des fictions et documentaires traités.
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télévision française : la saison 2009
une analyse des programmes du 1er septembre 2007 au 31 août 2008

Légendes des photos de couverture de 1 à 12 (de gauche à droite et de haut en bas) 1. Hard, © Xavier Lahache, Canal + 2. Mister Mocky présente, © J.P. Mocky, 13 ème Rue 3. Elle s’appelle Sabine, © S.Bonnaire,Mosaïque Films, France 3 4. Marie Humbert, © Christophe Chevalin, TF1 5. Sous les bombes, © Fadi Ramadan, Arte 6. Les Prédateurs, © Jean-Claude Lother, Canal + 7. Maman est folle, © Jean-Claude Moireau, France 3 8. Empreintes : Aimé Césaire, un nègre fondamental, © Magnum Photos, Paul Fusco, France 5 9. Fais pas çi, fais pas ça, © Gilles Schremp, France 2 10. Le Pendu, © France 2, Gilles Schremp, Arte 11. Cellule identité, © Renaud Corlouer, M6 12.Chez Maupassant : Une Soirée, © Jean Pimentel, France 2

Dirigé par Christian Bosséno

Télévision française : la saison 2009
une analyse des programmes du 1er septembre 2007 au 31 août 2008

La Saison Télévision, édition 2009

© François Catonne. Canal +

Les Prédateurs de Lucas Belvaux

© Jean-Claude Lother. Canal +

Les Prédateurs

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• Annus horribilis ? (The Great TV Robbery)  
8 janvier 2008. On attendait une déclaration de Nicolas Sarkozy, sur le pouvoir d’achat, par exemple. Mais, ô surprise, sans en avoir débattu, ni avec le chef du gouvernement, ni avec la première concernée, la ministre de la culture, sans même les en avoir avertis, le prince, ravi de son « coup », annonçait tout de go sa décision de supprimer, partiellement jusqu’en 2011, totalement ensuite, les messages publicitaires sur les chaînes publiques (voir L’Écume des jours). En fait cette déclaration « spontanée », qui allait soulever un tsunami médiatique, n’était, on le saura plus tard, pas aussi impromptue qu’elle avait pu paraître. Une recommandation en ce sens, figurait en effet dans le dossier blanc que Martin Bouygues, patron de TF1, avait fait remettre au cours du dernier trimestre 2007 à son ami, le président de la République. Cette suppression de la publicité sur les chaînes de France Télévisions eût dû nous combler car nous l’appelions de nos vœux. En effet, la fin de la pression des annonceurs ne pouvait que favoriser la création qui allait pouvoir désormais s’exprimer librement dans des programmes moins consensuels et plus ambitieux. À la hantise de la consultation quotidienne et compulsive de l’audimat pourrait se substituer une recherche de qualité sans entraves. Mais pour que cette réforme longtemps préconisée, à gauche notamment, s’accomplisse dans de bonnes conditions, encore eût-il fallu donner directement à France Télévisions des moyens de financement suffisants et pérennes. L’augmentation de la redevance, très largement inférieure en France au niveau qu’elle atteint en Grande Bretagne et en Allemagne, paraissant être la meilleure solution. Mais c’eut été trop simple, aussi imagina-t-on de créer pour les trois années à venir, deux taxes (voir L’Écume des jours) au rendement par nature aléatoire et transitant pour leur recouvrement par le budget de l’Etat avec tous les risques que cela comporte : modification des taux et surtout captation de ces nouvelles ressources pour un tout autre objet. L’histoire budgétaire en abonde ! La première illustration de ce péril n’allait pas tarder et le taux de l’une de ces deux taxes était, peu après, divisé par deux. Il ne fallait pas se leurrer, cette réforme s’analysait comme un formidable cadeau pour les chaînes privées, au premiers rangs desquelles, TF 1 et M6. Insuffisantes, précaires, ces ressources étaient d’autre part limitées dans le temps. Qu’adviendra-il lorsque la manne publicitaire sera totalement supprimée ? Très vite il est apparu à beaucoup que le véritable motif de la réforme était d’offrir un beau cadeau aux chaînes commerciales et singulièrement à TF1 et M6. La Bourse d’ailleurs ne s’y était pas trompée qui vit, le jour même de l’annonce présidentielle, l’action de TF1 grimper de 12%. La suite a été du même tonneau. Avec l’autorisation d’une coupure publicitaire supplémentaire dans les films et téléfilms sur les chaînes commerciales. Puis avec la nomination du président de France Télévisions par l’exécutif, par le président de la République. C’est-à-dire le retour à une télévision d’État que l’on croyait pourtant à jamais révolue. Avec quelques garde-fous, certes… mais quel recul ! Et pour « bien » achever cet annus horribilis, un camouflet fut infligé au sénat. Les débats ayant été plus longs que prévus pour l’adaptation de la réforme à l’assemblée nationale du fait de la roborative résistance des élus de gauche et d’une partie du centre, l’actionnaire enjoignit au président de France Télévisions, pour permettre la suppression de la publicité entre 20 heures et 6 heures du matin, à la date prévue, c’est-à-dire le 5 janvier 2009, de faire voter cette mesure par son conseil d’administration et avant même que le sénat n’en ait délibéré ! O tempora, o mores ! Dans tous les cas la résistance la plus farouche s’impose. Déterminée et sans faille. La télévision publique appartient à tous les Français, elle doit rester libre, indépendante du pouvoir, financée directement et à la mesure de ses ambitions. En œuvrant pour des jours meilleurs, votre vaillante Saison propose son désormais traditionnel survol critique  d’une année de programmes. Dans le tout venant consensuel, ce robinet d’eau tiède souvent vilipendé, le téléphile orpailleur est assuré de trouver de belles pépites, des œuvres fortes, qui, tant dans le domaine de la fiction que du documentaire, montrent que la télévision d’excellence existe. Nous la célébrons, cette année encore, dans cette nouvelle saison. Bonne lecture ! Christian BOSSÉNO

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La Saison Télévision, édition 2009

©J-P Robin/Storybox Photo. M 6

Aïda Touihri, 66 minutes

© France 3

Plus Belle la vie

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L’écume des jours

L’ÉCUME DES JOURS Petite chronologie du 1er septembre 2007 au 31 août 2008
par Christian Bosséno

2007
3 septembre. Direct, le Ruquier nouveau est arrivé sur France 2 ! Exit donc On a tout essayé.  Après six  saisons à l’antenne, cette émission quotidienne (lundi au vendredi) de « pre-prime time » disparaît. Introït on n’a pas tout dit, une  émission quotidienne de plateau très voisine et sur la même tranche horaire, mais retransmise en direct pour mieux coller à la réalité et doper l’audience. Pourtant l’expérience du direct ne durera pas longtemps… 6 septembre. Série, retour. Lancée en mai 2006, pour quatre épisodes seulement, la nouvelle série policière,  créée et produite par Dominique Lancelot, Section de recherches (TF1) qui avait alors « cartonné » avec une audience de 8,4 millions de téléspectateurs, et mettait en scène, à Bordeaux, le quotidien d’une unité d’élite de la gendarmerie, revient à l’antenne avec une seconde saison de 8 épisodes de 52 mn. Gérard Marx a signé les deux premiers sujets, Apparences et Camping. 7 septembre.  Ovalie. Démarrage de la Coupe du monde de rugby, organisée en France cette année. 12 septembre. Abyme. Avec Séries TV, l’autre Hollywood, documentaire de Didier Allouche, Canal+, propose une enquête sur la place considérable, et aujourd’hui dominante par rapport au cinéma, prise par l’écriture et la production des séries télévisées aux Etats- Unis. 15 septembre.  Media.  Paul  Amar  anime  sur  France 5, le magazine Revu & corrigé, commentant et auscultant l’actualité et la manière dont les medias la présentent. Série. Affaire Clearstream, seconde saison. Dominique de Villepin : la revanche. Il multiplie ses présences sur les plateaux. Jouit-il, tel un super héros, du don de se dédoubler ? Le suspense continue : qui manipule ? Qui est manipulé ? Qui est la victime. Qui est le chevalier blanc ?

19 septembre.  Nec  pluribus  impar  ?  William  Leymergie,  inventeur, producteur et grand maître des cérémonies du magazine vedette de France 2, Télématin,  mais aussi nouveau « péteur de plomb » cathodique, aurait  tenté  d’étrangler Jean-Philippe  Viaud, son chroniqueur pour le théâtre. Séries. Première. Démarrage attendu sur M6 d’une nouvelle série policière (et oui, encore une !), Les Bleus, premiers pas dans la police (v. fiche), dont le pilote avait été mis à l’antenne, avec succès, en 2006. Cette saison comportera 12 épisodes de 52 mn. 22 septembre. Abyme. Paris Première lance Pif paf, un magazine conçu par Philippe Vandel, et consacré à la télévision, ses programmes, ses animateurs. Son initiateur connaît la musique pour avoir collaboré pendant trois ans à Arrêt sur images, le très précieux magazine de décryptage de Daniel Schneidermann, retiré pour d’obscures raisons de la grille de France 5 (et désormais proposé sur internet). Dans un entretien publié dans le quotidien gratuit Métro, Philippe Vandel rappelle la double référence de Pif paf, le titre de son émission : le paf évidemment pour paysage audiovisuel français, mais aussi pif-paf, un terme qui dans le jargon des courses automobiles de formule 1 signifie « deux virages serrés avant une ligne droite, à fond » On souhaite à ce magazine culot et pugnacité ! 24 septembre.  Leur  histoire. On s’en souvient, France 3, à la recherche d’idées neuves lançait une sorte de concours parmi les téléspectateurs en leur demandant de raconter leur expérience d’un évènement extraordinaire de leur vie. Parmi 3500 histoires vécues dont les récits ont été reçus, la chaîne en a choisi 4 pour sa série C’est votre histoire et les a adaptées sous forme de fictions présentées par Mireille Darc, la « marraine » de cette expérience. Présentation des deux premières avec d’abord Double face, écrit et réalisé par Philippe Lefebvre, d’après une lettre de Caroline Guilbert, ou comment une belle femme qui mettait son physique au service de sa réussite, défigurée à la suite d’une intervention chirurgicale doit réapprendre à vivre. Au bout de mon rêve ensuite, réalisé par Christophe Otzenberger et écrit par Anne-Marie Cétois d’après la lettre de Barbara

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La Saison Télévision, édition 2009

Périnnot : une jeune femme traitée pour une sclérose en plaques tombe amoureuse d’un patient amnésique rencontré au centre de rééducation… 26 septembre. Exploration. Karine Le Marchand  lance le nouveau magazine de société France 2, Les Tabous de… qui  se propose d’explorer les tabous des Français. Et cela démarre avec un sujet sur l’homosexualité. « Les gens ont tous une histoire, parfois avec le poids de secrets de famille » commente Karine Le Marchand qui entend les décoder. 28 septembre.  Coucou…  le  revoilou ! Viré de Canal+, Karl  Zéro revient, sur 13éme Rue, avec deux programmes en alternance : Les Faits Karl Zéro, L’Émission et L’Enquête. Série. Démarrage de la cinquième saison de Central Nuit, une de nos meilleures séries policières, programmée en milieu de soirée et encore largement méconnue (v. notule). 1er octobre. Au piquet ! William Leymergie, « l’étrangleur »  de  Télématin (voir 19 septembre)  est sanctionné par 15 jours de privation d’antenne pour agression sur son chroniqueur Jean-Philippe Viaud. C’est Thierry Beccaro qui assure son remplacement. Gourmande. Parcourant la France et ses spécialités gastronomiques, une cuisinière autrichienne, Sarah  Wiener, établie à Berlin, va de découvertes en découvertes, gourmandes, cela va de soi, mais aussi sportives quand il faut découvrir les terres de production et s’essayer aux travaux agricoles. D’étape en étape, 30 au total, voyageant dans sa coccinelle rouge, elle est accueillie par un chef qui lui apprend une spécialité régionale dont il possède les secrets. Ainsi, à Nice, les « petits farcis » de Marco Folicaldi, en Savoie, les « crozets ». Dans l’île d’Oléron, Sarah embarque avec le capitaine Papineau sur le chalutier « Majestic », avec au bout de la pêche, une poêlée de langoustes. De quoi se lécher les babines, à raison d’un épisode quotidien (du lundi au vendredi). Jusqu’au 9 novembre. La série Les Aventures culinaires de Sarah Wiener (26 mn. par sujet, Arte), réalisée par Nathalie Steinbart et Volker Heise est une coproduction franco-allemande. 3 octobre.  Castagne. Pugilat dans les studios de la plaine Saint Denis, lors de l’enregistrement d’une émission du magazine Ça se discute de Jean-Luc Delarue, sur le thème « Célébrités traquées : victimes ou consentantes ? ». Le combat a opposé, à ma gauche, Jean-Claude Elfassi et, à ma droite, Daniel Ducruet, ex-époux de Stéphanie de Monaco. 8 au 12 octobre.  Supermarché.  Pendant une semaine se tient  à Cannes le  Marché international des programmes audiovisuels et de la communication

(Mipcom)  réunissant plus de 13000 professionnels. Avec, cette année, un coup de projecteur particulier sur les medias et leur industrie en Inde. 8 au 16 octobre. État des lieux. Arte dresse un bilan de la démocratie dans le monde au travers d’une série de dix documentaires tournés dans plusieurs pays : Russie, Etats-Unis, Libéria, Pakistan, Chine, Inde Japon, Bolivie, Danemark, avec des exemples qui en montrent notamment les dérives et les lacunes. Édifiant ! 10 octobre. Histoire. France 3 ose. La chaîne lance, en début de soirée, un magazine mensuel dédié à l’histoire contemporaine, Droit d’inventaire. S’appuyant sur des archives inédites et des témoignages, alternant reportages et débats, ce magazine voudrait apporter un regard nouveau sur de grands événements ou personnages. Il est présenté par Marie Drucker et produit par Emmanuel Chain et Élephant et cie. De Gaulle est le sujet du premier numéro. Avec Jacques Vergès, Max Gallo, Charles Pasqua, Line Renaud… 12 octobre.  Géant  ! Que les aveugles qui ne verraient aucune différence entre télévision publique et chaînes privées considèrent l’événement ! Après le formidable projet Un siècle d’écrivains (France 3, 19952001) mené à son terme par son initiateur, le regretté Bernard Rapp, France 5 met en route une collection imposante de 120 documentaires, dirigée par Annick Cojean, Empreintes, consacrée à 120 personnalités vivantes, de tous horizons qui ont marqué notre époque. C’est Caroline Huppert, avec un portrait de Simone Veil, Simone Veil, la loi d’une femme qui inaugure cet ambitieux projet, qui doit, à côté des images d’archives, donner le plus possible la parole à la personnalité à laquelle le film est consacré. 14 octobre. Gai savoir. A l’occasion de la Fête de la science, C’est pas sorcier (France 3), le toujours remarquable magazine de vulgarisation scientifique, nous emmène au Pérou dans la cordillère des Andes au cœur de l’empire inca. Avec pour passeurs, François Beauchard (Cnrs) et les indispensables Fred (Frédéric Courant) et  Jamy (Jamy Gourmand). 18 octobre.  Série.  Mise à l’antenne en septembre 2002, la populaire série Alice Nevers : le juge est une femme (TF1, Pascale Breugnot), revient transformée pour sa nouvelle saison. Sa durée passe à 52 mn, contre 90 précédemment, adoptant ainsi le format standard du marché. Nouveau générique, nouvelle musique et nouveaux comédiens. Côté flics, fugit Arnaud Binard et Alexandre Brasseur, « remplacés » par Jean-Michel Tinivelli et Gregory Baquet.

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L’écume des jours

1er novembre. Surprenant ! Sophie Davant présente sur France 5 un nouveau magazine de 55 mn, Au-delà dont le thème est la mort, sujet, on le sait, largement tabou. Le premier invité est le comédien Roland Giraud dont la fille a été assassinée en 2004. Série. Jivajo. Jalousie, l’épisode diffusé ce soir, et réalisé par Jean-Marc Seban, avec Isabel Otero (Diane) et Carro (Laurent Gamelon), son chef et époux à l’écran, dans la série Diane, femme flic (TF1) sera l’un des derniers numéros réalisés dans le format classique de 90 mn. À son tour la série adoptera le format « court » de 52 mn. 3 novembre. Tabac pour Le Théâtre en direct et pari réussi pour France 2 qui présentait en prime time et en direct, depuis le théâtre Edouard VII, à Paris, Faisons un rêve de Sacha Guitry, mise en scène par Bernard Murat, avec Michèle Laroque, Pierre Arditi. Sortir des sentiers battus s’est avéré payant puisque – divine surprise – la part d’audience s’est élevée à 24,9 %, plaçant la chaîne ce soir là pratiquement à égalité avec TF 1. Vive le théâtre ! 5 novembre.  Bougies.  Délire et dérision.  Pour célébrer le quinzième anniversaire de la « présipauté » de Groland et du  Journal de Groland, de Moustic sur Canal+, Michel Royer (réalisateur, avec Karl Zéro de Dans la peau de Jacques Chirac, césar du meilleur documentaire), a réalisé, avec BW productions, un documentaire de long métrage, Groland land. Décalage. Second prime time de l’année sur M6 pour le lancement de la seconde partie de la cinquième saison de Kaamelott, cette bien réjouissante série iconoclaste cultivant le non sens et l’anachronisme, écrite, réalisée, jouée et mise en musique par Alexandre Astier. 25 novembre. BD. La chaîne Public Sénat fête le centième numéro de son magazine, unique et passionnant, consacré à la bande dessinée, Un monde de bulles. 10 décembre. Seniors. Naissance de Vivolta, une nouvelle chaîne (câble et satellite) dédiée aux plus de 45 ans. Avec une belle brochette d’animateurs : Philippe Gildas, Marie-Ange Nardi, Jean-Pierre Gaillard, Vincent Ferniot, Jacques Pradel, etc. 18 décembre. Prime time. Pour la seconde année, le très populaire feuilleton quotidien de France 3, Plus belle la vie (voir Saisons 2007 et 2008), produit par Telfrance et Rendez-Vous Productions Séries, s’offre une soirée en prime time avec, la diffusion de trois épisodes inédits réalisés cette année par Jérôme Navarro. Suspense et surprises garantis dans ce triptyque où nous retrouvons les personnages désormais familiers de cette série à l’extraordinaire succès : Estelle (Elodie Varlet), Blanche (Cécilia Hornus), Roland Marci (Michel Cordes), Mélanie (Laetitia Milot),

le machiavélique Charles Frémont (Alexandre Fabre), Johanna Marci (Dounia Coesens), Thomas Marci (Laurent Kérusore), Ninon (Aurélie Vaneck), Rudy (Ambroise Michel), Rachel (Colette Renard), Mirta (Sylvie Flepp) et tous les habitués du Mistral. Un scénario original d’ Olivier Szulzynger, le directeur d’écriture de la série, d’Isabelle Dubernet et d’Eric Fuhrer, une musique de Carolin Petit, Hugo Ripoli, Maïdi Roth et Franck Pilant. La soirée a réuni 5,8 millions de téléspectateurs. Le thème : une fête organisée par Estelle est bientôt troublée par de bien étranges et très inquiétants événements. 28 décembre. Série. Bavards. Démarrage sur France 2 de la onzième saison de la série de seconde partie de soirée Avocats et associés, créée par Valérie Guignabodet et Alain Krief (v. précédentes Saisons), avec l’épisode L’Émotion de censure. Série. Exit. Pour P.J. (France 2, toujours), la série de première partie de soirée ; l’épisode de ce soir est d’importance puisque l’on y apprend enfin ce qu’il est advenu du commissaire Meurteaux (Marc Betton), le patron (depuis l’origine de la série, en septembre 1997), de la P.J. Saint Martin, depuis qu’il était parti en vacances (pour ne plus reprendre son service), en… mai 2007 (c’était le 93ème épisode). La sévère commissaire Chantal Saboureau (Nathalie Cerda) qui remplace le placide Meurteaux vient bousculer la vie tranquille du commissariat.

2008
7 janvier. Séries. C’est reparti ! Seize ans déjà et septième saison (trois épisodes) pour Une famille formidable (TF1), réalisée par Joël Santoni et dont le premier épisode avait été mis à l’antenne en 1992. Indéracinables, les piliers de la famille Beaumont, Catherine (Anny Duperey), et son époux Jacques (Bernard Le Coq), leur nombreuse progéniture, Richard l’ami fidèle (Philippe Khorsand), et tous les autres, n’ont pas fini de nous venir visiter. 8 janvier. Prince (fait du). Surprenant tout le monde, Nicolas Sarkozy annonce la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. Cette mesure, associée à un relèvement de la redevance (plus faible en France que chez nos voisins) était souhaitée par beaucoup, afin de libérer les chaînes de leur dépendance financière à l’égard de la publicité, de l’obsession de l’audience et de leur redonner une véritable liberté créatrice. Mais l’annonce du président de la république apparaît plus ici comme un beau cadeau à ses amis propriétaires de chaînes privées (Bouygues et consorts). D’où un très grand sentiment d’inquiétude et l’organisation de la résistance. Car aucune ressource pérenne, directement perçue par France Télévisions, n’est

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La Saison Télévision, édition 2009

prévue pour compenser le manque à gagner des chaînes publiques et leur permettre de poursuivre une politique ambitieuse de création. Corbeille. Bond (CQFD !) du cours des actions de TF1 et de M6. 24 janvier.  Séries.  Recrue.  Déclinaison française du concept de la série américaine Les Experts, la série R.I.S. Police scientifique (TF 1)  démarre sa  troisième saison  (10 épisodes). Au programme de cette rentrée,  deux  sujets signés Christophe Dauchand (réal.), Emilie Clamart Marsollat, Quoc Dang, Laurent Vivier (sc., adapt. et dial.) : La Piste aux étoiles et Faute de goût. Acteur familier du petit écran, Philippe Caroit, dans le nouveau personnage du capitaine Gilles Sagnac, assure désormais le commandement de l’unité. On a apprécié la qualité des scénarios et les décors signés Valérie Chemain. 6 février.  Séries.  Baptême.  Mise à l’antenne sur M6 d’une nouvelle série (policière, comme il se doit ), Cellule identité, réalisée par Stéphane Kappès (v. fiche). 11 février. Information. Estelle Denis présente 100% mag, magazine quotidien (du lundi au vendredi) d’information et de reportages de M6, comblant ainsi le vide laissé par l’arrêt du JT Six minutes. Série.  Lancement sur  Canal+ de  Jekyll, série britannique de Matt  Lipsey et Douglas  Mackinnon, produite par la BBC, adaptant pour le moderniser le célèbre roman fantastique de Robert Louis Stevenson. Avec James  Nesbitt (Murphy’s law, Cold feet…) dans le rôle principal. 8 février.  Leurre  ?  Nicolas Sarkozy installe une commission pour la nouvelle télévision publique sans publicité.  La présidence en est confiée à  Jean-François  Copé, président du groupe UMP à l’assemblée nationale. Composée de 33 membres, elle comprend deux collèges : des parlementaires (9 députés et 6 sénateurs) et 17 professionnels. Elle démarre ses travaux le 27 février. On sait que doutant de son utilité et après cogitations vaines et débats multiples, les parlementaires socialistes et les deux parlementaires communistes (dont le sénateur Jack Ralite), la quitteront avant la fin des travaux. 28 février.  Lifting.  Julie à Paris,  réalisé par Eric Summer, sur un scénario d’Alexis Lacaye, est le premier épisode de la 17ème saison de l’indéboulonnable série à succès Julie Lescaut (TF1) avec son infatigable et populaire interprète Véronique  Genest  dans le rôle titre.  Un bon  coup de neuf cependant puisque divorcée et quittant son commissariat des Clairières dans la banlieue, la doyenne des fliquesses cathodiques, entame une nouvelle vie, loin des siens. Elle travaille désormais à Paris dans une division de la police judiciaire réunissant plusieurs brigades dotée de locaux up to date à faire pâlir de jalousie une entreprise

du top 40. Deux fringants et beaux jeunes hommes, Gilles (Guillaume Gabriel) et Roland (Jean-Charles Chagachbanian) et une enquêtrice, Claire (Isabelle Vitari), relayant les mulets de naguère. Le format traditionnel de 90 mn. est, en revanche, conservé. 13 mars. Série. Exit. Avec le téléfilm de Marc Seban, co-écrit par Eric Kristy et Corinne Touzet L’Ange noir, et après douze années d’antenne, c’est la fin des aventures d’Isabelle Florent, la gendarmette héroïne de la série de TF1, Une femme d’honneur, grande habituée des pics d’audimat et interprétée par Corinne Touzet. Dans ce dernier épisode, au dénouement surprenant, on remarque François-Éric Gendron dans un emploi de « méchant ». 29 mars.  Révérence. Après quinze ans de boutique, Laurent Cabrol quitte le Téléshopping de TF1 31 mars.  Come  back.  Coucou la revoilà ! Dix ans après l’arrêt de son émission, le Club Dorothée (TF1), le 1er septembre 2007, retour de Dorothée sur IDF1 (TNT). À 54 ans, l’ex-idole des bambins revient comme animatrice de Choisissez votre animateur. Séries. On ferme ! Clap de fin annoncé pour une des meilleures séries françaises à laquelle nous avons, par le passé, consacré plusieurs fiches, Avocats et associés (France 2), lancée en 1998. Aujourd’hui devrait en effet démarrer le tournage de la douzième (épisodes 110 à 115) et ultime saison de la chronique tumultueuse du cabinet Zelder-Carvani. 2 avril.  Tournicoti,  tournicoton  !  Bienvenue à Zébulon, Pollux (chien très british), Ambroise, Margotte et Azalée ! c’est en effet le grand retour sur M6 d’un classique cathodique de l’enfance, Le Manège enchanté, dans une version nouvelle, produite par Serge Rodon, mais fidèle à l’esprit de son créateur Serge Danot, disparu en 1980, réunissant 52 épisodes de 11 minutes chacun, retravaillés en 3D. 5 avril Abyme. Ou quand la télé se regarde. Jimmy propose un documentaire consacré à Thierry Ardisson :  Ardisson : 20 ans d’antenne(s). 6 avril.  Relève.  Fils de Marion Tran Van Huu et de Nicolas Bosséno, voici Maxim Bosséno, un futur saisonneur ? Long de 44, 50 cm., il pèse 2,77 kilogrammes. 14 avril. Dix-sept! La  Saison nouvelle est arrivée. Présentation – débat à la librairie Teknê de l’opus 2008 de la saison (voir photos). 19 avril.  Séries.  Dérivé. La mode est de se couler, pour en réaliser des versions françaises, dans le moule de séries américaines à succès.  TF1 et M6 ont déjà donné,

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L’écume des jours

© Jean Rabinovici

Présentation de la saison 2008, à la librairie Tekhnê, avec Raoul Sangla

© Jean Rabinovici

Le même jour, Catherine Humblot, Michel Hamousin

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La Saison Télévision, édition 2009

© Jean Rabinovici

… ainsi que Jack Ralite

© Jean Rabinovici

… et Jean-Claude Bringuier

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L’écume des jours

c’est maintenant au tour de France 3 avec Adresse inconnue (v. fiche), version française de Without a trace : FBI : portés disparus. 21 avril. Course au scoop pour la camarde !  Europe 1 (Jean-Pierre Elkabbach) annonce le décès de Pascal Sevran, une fausse information reprise, avant d’être démentie par Laurent Ruquier (On n’a pas tout dit, France 2) et Jean-Marc Morandini (Morandini !, Direct 8). 22 avril. Promotion. Grand beau pour la charmante et pugnace Aïda  Touhiri. Devant le succès rencontré, son magazine dominical d’informations de M6, 66 Minutes, passe en prime time, le mardi. 5 mai. Bougies. Dans un numéro spécial de son magazine Vie privée, vie publique (France 3), Mireille Dumas autocélèbre ses 25 années de carrière de journaliste, d’animatrice et de réalisatrice de documentaires. « J’ai le sentiment, déclare-t-elle dans un entretien publié dans Le Figaro, d’avoir semé des petits cailloux et participé à une certaine libération de la parole, tout en évitant les clichés ». 6 mai. Relève. Et de deux ! Arrivée d’un nouveau futur saisonneur ? Pierre-Joseph Colombani, fils de Françoise et de Philippe Colombani, il mesure 50 cm. et pèse 3,4 kg. 10 mai.  Grand  écran. Antoine  de  Maximy, auteur réalisateur et interprète de la réjouissante série documentaire J’irai dormir chez vous (France 5), présente à Saint Malo, au Festival Étonnants Voyageurs, son premier film pour le grand écran, J’irai dormir à Hollywood. 12 mai. Séries. Seconde saison de la série Engrenages (v. fiche) sur Canal+. Une fois n’est pas coutume, la première série (v. Saison 2008), s’exporte bien, jusqu’en Australie et au Japon et a notamment rencontré outremanche, un succès considérable sur BBC4. Le premier épisode (sur 8) de la nouvelle saison, a été réalisé par Gilles Bonnier. 15 mai. Grève ! Les journalistes de France 3 cessent le travail, la commission Copé, ayant évoqué la fusion à terme des rédactions de France 2 et de France 3. Or l’indépendance de la chaîne des régions passe par l’indépendance de sa rédaction nationale. 18 mai. Bougies. Quinze bougies pour Zone interdite le magazine d’informations dominical de M6 un dimanche sur deux (en alternance avec Capital) et à la tête duquel se sont succédés Patrick de Carolis, aujourd’hui PDG de France Télévisions, de 1993 à 1997, puis Florence Dauchez, Bernard de La Villardière Anne-Sophie Lapix,

et enfin Melissa Theuriau qui présente cette émission spéciale. Au total, le magazine a diffusé 400 « histoires de vie ». 21 mai. Fricum. La commission Copé préconise des hypothèses de financements alternatifs et notamment une augmentation très modeste (4 euros) de la redevance qui passerait ainsi à 120 euros par an (contre 178 en Grande Bretagne et 204 en Allemagne). 24 mai.  Guignolade.  53ème  concours  Eurovision. Sébastien Tellier représente la France avec Divine, chantée en anglais. On le retrouvera dans les profondeurs du classement. Une soirée pensum-institution, tocarde, sans aucun intérêt et qui se traîne, pour n’en finir jamais. 1er juin.  Abolition. Un mois durant, Arte célèbre le 160ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage, avec toute une série de programmes nouveaux et, cerise sur le gâteau, offre la rediffusion de la remarquable série en douze épisodes Roots (Racines), saga sur sept générations, de l’esclavage en Amérique, d’après le livre monumental d’Alex Haley, produite (sept premiers épisodes) en 1977 par la chaîne américaine ABC dont il avait fallu vaincre la frilosité. Un succès sans précédent avec une audience s’élevant jusqu’à 130 millions de téléspectateurs, neuf Emmy awards et le Golden Globe de la meilleure série. En France, la série avait été diffusée en 1978 par France 2. 2 juin.  Manifestation.  Alerte  générale. 34 associations regroupant producteurs, réalisateurs, auteurs, etc. (dont le Syndicat Français de la Critique de Cinéma et des films de télévision) se réunissent aux Folies Bergère à Paris pour une soirée de résistance et répondent à l’appel du 2 juin pour la défense de la télévision publique. 5 juin. Série. Adieu Commissaire ! Avec le tournage de La Dernière affaire, réalisée en 2006, par Yves Rénier  (scénario cosigné par Jean Falculète), et diffusée ce soir, s’est achevée, définitivement, après 32 ans d’antenne, la longue aventure de la très populaire série  Commissaire Moulin, police judiciaire ( 51 épisodes, TF 1) qui avait elle-même succédé à la série Commissaire Moulin (19 épisodes, 1976-1982). Sept épisodes restent inédits, dont deux jugés « maudits » : Illégitime défense (1966) montrant un policier abattant en totale impunité un voleur de scooter et Sang impur, inspiré de l’affaire du sang contaminé. 8 juin. Spalding je vous chasse ! PPDA viré ! Patrick  Poivre  d’Arvor est, sans autre forme de procès, remercié par le directeur de TF1, Nonce Paolini. Il était à la tête de cette grande messe médiatique depuis le 31 août 1987 et avait annoncé qu’il mettrait fin à ses fonctions en 2012. Après 21 ans d’antenne et plus de 6200 JT, l’« icône

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électroménagère » comme l’ami Raoul Sangla a qualifié les « stars » du petit écran, PPDA a appris la surprenante nouvelle… sur les ondes de RTL, après avoir assisté à la finale du tournoi de tennis de Roland Garros! Est-ce pour crime d’impertinence et pour avoir trouvé Nicolas Sarkozy « excité comme un petit garçon » ? Il est remplacé par Laurence Ferrari, débauchée sur Canal+. 12 juin. Série. Recrue.Une nouvelle partenaire pour la série Femmes de loi (TF 1), mise à l’antenne en juin 2000. Noémie Elbaz campe le personnage du lieutenant Emilie Jeanson. Elle, succède à Ingrid Chauvin (lieutenant Marie Baladère), et à Alyn Prandi (lieutenant Elena Cortes) qui avaient auparavant et successivement tenu le rôle de la fliquesse formant un duo de choc avec Natacha Amal (Élisabeth Brochède, substitut du procureur), Noémie Elbaz. D’une durée de 90 mn. à l’origine, la série passe au format réputé plus « tonique » de 52 mn., deux épisodes étant diffusés par soirée. 13 juin. Brisons là ! PPDA prend les devants, et, choqué par la mesure d’éviction du JT qui l’a frappé, publie, sans attendre la confirmation officielle de son remplacement, un vigoureux communiqué dans lequel il déclare prendre acte de la décision de TF1 de l’écarter du JT de 20 heures et stigmatise la brutalité d’une décision qu’il estime incompréhensible. 14 juin. Live. Beau succès pour le concert gratuit M6 Live, donné dans le parc de l’île Saint Germain à Issy-lesMoulineaux qui a réuni quelques 20.000 spectateurs. 17 juin.  Et  si  l’on  parlait  d’autre  chose  ?  Au lieu d’épiloguer sur le calamiteux parcours de l’équipe de France de football, éliminée dès le premier tour, Raymond  Domenech l’entraîneur des bleus s’adresse, sur M6, à Estelle Denis, avec laquelle il a deux enfants, pour… la demander en mariage. 22 juin.  Facétieuse  Joconde.  Elle cligne de l’œil, Mona Lisa (la célèbre Joconde), dans le générique de D’Art d’art comme pour nous dire qu’il ne faut pas redouter les musées, que les œuvres d’art parlent à tous. D’art d’art (France 2), concocté et présenté par Frédéric Taddéi, invite à leur connaissance. Rendre les oeuvres d’art des musées ludiques et accessibles pour tous, est l’ambition de ce magazine dominical d’une minute et demie qui a séduit entre 6 et 8 millions de téléspectateurs. Ce Palette en pilule, remarquablement construit, ludique et pédagogique à la fois, passionnant et drôle, décrypte un tableau, une œuvre, l’inscrit dans son contexte et son époque, ne résiste pas à narrer une anecdote. Lancé en septembre 2002, le magazine célèbre son 200ème numéro. On applaudit.

23 juin. Et plus si affinités. Troisième saison sur M6  de L’Amour est dans le pré,  une sorte d’agence de mariage cathodique pour agriculteurs célibataires, qui régale les télévoyeurs spectateurs du spectacle des péripéties d’approches amoureuses diverses autant que variées. En supplément au programme, Que sont-ils devenus, un « documentaire » sur le sort des cultivateurs qui avaient « joué » dans la précédente édition. 25 juin.  Pour  du  beurre  ? Remise du rapport de la commission dirigée par  Jean-François  Copé sur la réforme de la télévision publique. Nicolas Sarkozy annonce « son » plan ; le manque à gagner de France télévisions à la suite de la suppression des publicités après 20 heures le 1er janvier 2009 (suppression totale le 1er janvier 2012) serait compensé par deux taxes : l’une de 0,9 % sur le chiffre d’affaires des opérateurs de mobiles et les fournisseurs d’accès Internet, l’autre sur les revenus publicitaires des chaînes privées. La redevance croîtrait du taux de l’inflation, soit de… 4 euros (voir 21 et 27 mai). Retour à la case télévision d’Etat enfin puisque c’est désormais l’exécutif (le président de la république) qui, en conseil des ministres désignera, après avis du CSA, et sous réserve qu’une majorité qualifiée de parlementaires n’y fasse pas obstacle, le président de France Télévisions : « Je ne vois pas pourquoi, l’actionnaire principal de France Télévisions, en l’occurrence l’État, ne nommerait pas son président » ; La commission Copé préconisait une nomination par le CSA. 30 juin. Bronca. Lors de son arrivée à France 3 où il doit prendre la parole sur la présidence française de l’Europe, Nicolas Sarkozy est conspué par les personnels regroupés sur les escaliers de l’entrée de France Télévisions.  « Plus belle la vie sans Sarko » lit-on sur un calicot.  Scrogneugneu  !  Un «  off » savoureux a été filmé pendant que le chef de l’État, ignorant qu’il est enregistré se prépare et, se plaignant de ne pas avoir été salué par un technicien, indique « que ça va changer ! »… 2 juillet. Gueule (coup de). Patrick de Carolis a fait preuve d’une belle pugnacité pour la défense de la télévision publique.  D’abord en dénonçant la modicité des ressources prévues pour compenser la suppression de la  publicité : « J’estime aujourd’hui que le compte n’y est pas  (…) que  nous n’avons pas les moyens de nos ambitions futures (…) À la fin de l’été, nous verrons si le compte y est (…), s’il n’y est pas, je prendrai mes responsabilités ». Ensuite en s’inscrivant vigoureusement en faux contre les propos du chef de l’État estimant qu’il n’y avait pas de différences entre les programmes des chaînes publiques et des chaînes commerciales : « Lorsque l’on dit qu’il n’y a pas de différence entre la télévision de service public et les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide et je trouve cela profondément

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injuste. ». Ushuaïa Nature (TF1) poursuit, sur les pas de son cicérone Nicolas Hulot, une quête de la nature qu’il faut à tout prix préserver. Il séjourne cette fois quelques jours dans la petite tribu des Indiens Zo’és, découverte récemment au coeur de la forêt amazonienne dans une zone inaccessible, sinon par les airs et restée à l’écart du monde. Écologie. Mise à l’antenne de Attention fragile sur France 5, une « pilule » quotidienne de moins de 2 mn. dédiée à l’écologie. 7 juillet.  Rendez-vous  en  terre  inconnue. Le filon de cette curiosité, créée voici deux ans, coproduite par France 2 et Bonne Pioche ne semble pas épuisé et c’est au tour de la charmante Adriana  Karembeu,  après Bruno Solo en Mongolie et tous ceux  qui  avaient précédé cet acteur, de se retrouver… chez les Amharas, des hauts plateaux du Nord de l’Ethiopie (4000 mètres d’altitude !), cornaquée par l’animateur Frédéric Lopez. On sait (voir Saison 2007) que le principe de ce programme consiste à immerger , une quinzaine de jours durant, une personnalité, dans une région du monde peu visitée et de la faire vivre, en famille, parmi des habitants qui ont pu préserver leurs traditions. La destination est, jusqu’à l’arrivée, tenue secrète. S’il s’apparente à la télé réalité, ce dispositif s’avère riche, par-delà le divertissement de découvertes et de connaissance des autres. Coucou,  le revoilou. « Evidemment je suis très heureux de vous retrouver » ; A 57 ans, Patrick Sabatier, arrive sur France 2. Il remplace Nagui, cet été, à la présentation de l’émission quotidienne de jeux N’oubliez pas les paroles, du lundi au vendredi à 18 heures 50 ; C’est le retour sur une grande chaîne, après 15 ans d’absence, d’un présentateur vedette des années 1980, sur TF1, alors chaîne publique (Avis de recherche, Porte bonheur, Le Jeu de la vérité…). Sa disgrâce avait commencé en 1990, après qu’il eut accueilli, sur le plateau de Et si on se disait tout, un prétendu guérisseur qui affirmait soigner le sida à distance. Vinrent ensuite ses ennuis avec le fisc. Débarqué de TF1 en 1992, il officie sur TMC, puis, récemment sur Cap 24, une nouvelle chaîne de la TNT. 8 juillet.  Musique. Ancien mannequin, égérie des seventies et « reine du disco », Amanda  Lear, après le succès, l’année précédente du Summer of love, présente sur Arte, huit soirées intitulées Summer of the 70s : Love, Dylanmania, Black is beautiful, Sur la route, Provoc’, Vie en communauté, Disco, Du glam au punk. Un survol, en musique d’une folle décennie de révolutions en tous genres. Une révolution permanente.

10 juillet. À Dieu vat ! C’est par cette expression familière en Bretagne que PPDA a conclu le dernier JT qu’il présentait sur TF1. Avant de rappeler « le lien tissé ensemble », depuis 21 ans, avec sa rédaction et les téléspectateurs « et que personne ne peut détruire », il avait, auparavant, présentant le dernier sujet du journal, la naissance de deux girafons au zoo de Vincennes, rappelé que ces « bébés » chutaient de deux mètres lorsque leur mère leur donnait naissance. Et il ajoutait : « parfois on croit chuter, mais pour rebondir très vite ». 11 juillet.  1000  !  Formidable  !  Plus belle la vie,  le feuilleton quotidien de France 2, qui avait connu pourtant des débuts difficiles fête son millième  épisode et réunit chaque jour de semaine six millions de fidèles. Quel est donc le secret de ce succès qui fait beaucoup d’envieux et que l’on brûle, sur d’autres chaînes, de copier ? Passeur.  Retour pour l’été, pour huit leçons jubilatoires, de La Boîte à musique (France 2), le magazine de découverte et de désacralisation d’une musique classique pour tous, conduite par Jean-François Zygel. Pour cette première, le maître des lieux parle Musique et cinéma. Avec un invité toujours apprécié et disert, Jean-Pierre Mocky. 8 août.  Starter  !  JO. Avec les Jeux Olympiques de Pékin, voici trois semaines de retransmissions sportives en toutes disciplines, de la cérémonie d’ouverture à celle de clôture, le 24 août. Sportifs, cinéphiles, à vos fauteuils ! Le spectacle d’ouverture, est mis en scène par le grand cinéaste chinois Zhang Yimou. 24 août. Portrait.  En  l’attente de ce qui s’annonce comme le grand feuilleton de l’automne, l’élection présidentielle aux Etats-Unis en novembre, France 5 propose Obama, la ruée vers l’espoir,  un documentaire inédit et signé Hervé Cohen et Guetty Fellin sur  Barak  Obama,  le candidat démocrate  qui bénéficie d’une formidable cote d’amour hors les Etats-Unis, mais peut-être aussi, les urnes le diront, en son pays. 26 août.  Convention. La chaîne Public sénat diffuse de deux heures à quatre heures du matin et en direct les travaux de la Convention démocrate, depuis Denver, dans le Colorado, avec en intégralité, le discours de Barack  Obama, avec traduction simultanée. Série. Central nuit (France 2), série policière française interprétée notamment par l’excellent Michel  Creton (Franklin, le chef de l’équipe de nuit), entame sa cinquième saison.

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Théâtre du Rond Point. Raoul Peck reçoit le Prix Télévision de la critique (fiction)

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et Gérard Mordillat (ex-aequo avec Patrick Rotman, v. p. 322), le Prix télévision du documentaire

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Que la fête commence

QUE LA FÊTE COMMENCE Chronique des festivals et manifestations du 1er septembre 2007 au 21 septembre 2008
par Christian Bosséno

La Saison rend compte ici des festivals et manifestations auxquels elle a été invitée : pour les autres on trouvera l’essentiel des palmarès

29 octobre au 4 novembre 2007. 13ème édition à  Genève du Festival Cinéma tout écran, à la Maison des arts du Grütli. C’est, avec celle de Lussas, la manifestation préférée de Catherine Humblot qui n’a pu, cette année s’y rendre. Un festival exemplaire due à l’initiative roborative de Léo Kanemans, un passionné des images, quel que soit le media, cinéma ou télévision, voire nouveaux supports. Il déclare : « – Ce qui nous intéresse, c’est la qualité du film et le talent du réalisateur. ». Genève, Saison : même combat ! Cette année les séries étaient à l’honneur comme Life on Mars, Breaking bad, Heong Hva Gwan (série coréenne). Au palmarès, La Pluie des prunes (voir fiche) de Frédéric Fisbach a obtenu le Reflet d’or du meilleur film ; Les Prédateurs (voir fiche) de Lucas Belvaux, le Reflet d’or de la collection ; Boldog Oj Ele, le Reflet d’or de la meilleure réalisation. 19 au 25 novembre 2007. Festival Traces de vie à Clermont-Ferrand et Vic-le-Comte. Ce festival très axé sur les faits de société a décerné son grand Prix à Où sont nos amoureuses de Robin Hunzinger. Le Prix de la création revenant à Scènes de chasse au sanglier de Claudio Pazienza (voir fiche). 22 janvier au 27 janvier 2008.  21ème  édition  du  Festival International des Programmes Audiovisuels  à  Biarritz.  Le Fipa, généralement reconnu comme le plus important festival de télévision dans le monde par la qualité de la sélection de Pierre-Henri Deleau et de son équipe et le nombre de programmes représentés, n’a pas failli à sa réputation d’excellence pour cette 21ème édition. Cette année près de 1800 programmes, en provenance de 65 pays, avaient participé à la sélection. 162 films ont été effectivement retenus représentant 31 pays, auxquels s’ajoutent les 242 programmes présentés dans le cadre du FIPATEL, un espace ouvert aux professionnels et qui constitue un véritable marché

du film fréquenté notamment par quelque 250 acheteurs venus du monde entier et qui savent qu’ils trouveront au Fipa, dans la sélection comme au FIPATEL, le nec plus ultra des meilleurs programmes de télévision du monde. Côté débats, la SACD et la SCAM n’avaient guère le choix, les deux sociétés se trouvant confrontées à la stupéfiante décision de Nicolas Sarkozy qui venait de faire un coup médiatique en annonçant, tout à trac, quelques jours plus tôt (le 8 janvier, voir L’Ecume des jours) la suppression des ressources publicitaires pour le service public. Pour Patrice Duhamel, directeur général de France Télévisions, la société dans l’œil du cyclone, pour Christine Miller, scénariste et co-présidente de la commission télévision de la SACD, pour Guy Seligman, auteur, réalisateur et président de la SCAM, pour Jacques Peskine, directeur général de l’USPA, une question se posait, ainsi crûment exposée : à l’exception culturelle qui caractérisait notre pays, va-t-il succéder une exécution culturelle ? Ambiance ce 25 janvier au matin dans la salle archicomble des Ambassadeurs, au Casino Municipal ! Et inquiétude des professionnels qui, s’ils ne s’opposent pas à une suppression de la publicité sur les chaînes publiques, factrice de plus de liberté et de la libération de la tutelle contraignante des annonceurs, s’interrogent sur la mise en place des ressources pérennes nécessaires, comme, à l’exemple de nos voisins, une augmentation de la redevance. La sélection française pour la fiction marquait le grand retour de Marcel Bluwal, 82 ans, mais toujours aussi pugnace, qui signe son 110ème film avec A droite toute, mini série en 4 épisodes, présentant à travers l’histoire d’un industriel de l’automobile et de sa famille, la montée de l’extrême droite française et de la Cagoule, de 1935 à 1939, à la veille de la seconde guerre mondiale. Marcel Bluwal cosigne, avec Jean-Claude Grumberg, le scénario de cette mini série produite par la Compagnie des Phares et Balises avec la participation de France 2, France 3 et TV5 Monde. Clémentine de Denys Granier-Deferre, sur un autre scénario de Jean-Claude Grumberg, met en scène le destin d’une jeune fille, prostituée par son frère qui, arrêtée au cours d’une rafle, allait faire preuve durant sa déportation en Allemagne, d’un dévouement et

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d’une abnégation exemplaire avant d’être condamnée, à son retour, pour voie de fait sur un policier et détournement de mineur. Le Septième juré (France 2, voir fiche) d’Edouard Niermans sur un scénario de Didier Le Pêcheur, retrace le moment de folie de Grégoire Duval, respectable pharmacien, qui viole et assassine une jeune fille avant, ironie du sort, d’être désigné comme juré au procès d’un ouvrier arabe, dernier amant de la jeune fille et coupable idéal. Avec un formidable JeanPierre Daroussin dans le rôle d’un homme en proie à un terrible conflit de conscience. Dans la catégorie Documentaires de création et essais, le film de David Korn-Brzoza, revient sur L’Affaire Finally (voir fiche), pathétique histoire de deux enfants juifs recueillis pendant la guerre par une directrice d’école maternelle qui, après la guerre, tente de les soustraire, avec la complicité de l’église catholique, aux survivants de la famille en Israël. Etaient également sélectionnés Sonder Kommandos, Auschwitz, Birkenau d’Emil Weiss, Enfances massacrées de Remy Burkel (France/Etats-Unis), La Cigogne et l’éprouvette de Jérôme de Missoltz sur la fécondation in vitro, Roubaix, Commissariat Central (voir fiche) de Mosco-Boucault et Ndrangheta (voir fiche) de Corradino Durruti sur un clan de la mafia calabraise qui représentaient la France au titre de la section Grands reportages et faits de société. Dans la section Musique et spectacle, la sélection française présentait six films sur les 13 en compétition avec Accentus, Laurence Equilbey d’Andy Sommer, Baroque Académie de Priscilla Pizzato et Martin Blanchard, deux films consacrés à des ensembles choraux ; David Murray : I am a jazz man de Jacques Goldstein ; Nuba d’or et de lumière de la réalisatrice marocaine Izza Génini, Eldorado Preijocaj d’Olivier Assayas, Passion Boléro (voir fiche) de Michel Follin. Trente six programmes (fictions documentaires) avaient été retenus dans la section Situation de la création française dont, au chapitre des fictions, (voir fiches) Opération turquoise d’Alain Tasma, Les Prédateurs de Lucas Belvaux, Scalp de Xavier Durringer et Jean-Marc Brondolo et Tamanrasset de Merzak Allouache. Autour de trois documentaires : Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudi, J’ai très mal au travail de Jean-Michel Carré (voir fiche in Saison 2008) et La mécanique du pire de Gilles Balbastre, était proposé un passionnant débat conçu et animé par Hugues Le Paige sur « l’image et le travail ». Pas de festival sans palmarès : Fictions. FIPA d’or : Le Septième juré, d’Edouard Niermans, France 2 ; FIPA d’argent : Franz Fuchs, ein patriot (Autriche) d’Elisabeth Scharang ;  FIPA d’or d’interprétation féminine : Claudia Michelsen (Bettina dans 12 Heifetz : ich liebe dich de Connie Walther, Allemagne) ; FIPA d’or d’interprétation masculine : JeanPierre Daroussin (Grégoire Duval dans Le Septième

juré, France) ; FIPA d’or meilleure musique originale : Bernard Grimaldi (Clémentine de Denys Granier-Deferre, GMT, France). Séries et feuilletons : FIPA d’or : Upp till camps de Michael Marcimain (Suède), produit par le service public suédois, FIPA d’argent : A droite toute de Marcel Bluwal (France). FIPA d’or Meilleure interprétation masculine : Bernard-Pierre Donnadieu (A droite toute, France). Meilleure musique originale : Antoine Duhamel (A droite toute, France). Documentaires de création et essais. FIPA d’or : Sam Dillemans de Luc Lemaître (Belgique). La folie du détail chez un peintre. FIPA d’argent : To die in Jerusalem de Hila Medalia (Etats-Unis). Lorsqu’une fille Palestinienne de 18 ans décide de se faire exploser. Grands  reportages et faits de société. FIPA d’or : Hospedes da note, Les hôtes de la nuit de Licino Azevedo (Mozambique). FIPA d’argent : Three times de Ibtisam Mara’ana (Israël). Portrait d’une femme palestinienne divorcée d’un Israélien, luttant pour la garde de ses enfants. Musique  et  spectacles. FIPA d’or : El Otro camino de Gabriel Szollos (Espagne), FIPA d’argent : Vastuvlesaal de Pritt Valkna (Estonie). Prix Michel Mitrani. Rappelons que ce prix distingue un premier, second ou troisième film français choisi dans l’ensemble des sections : Les Demoiselles de Nankin (voir Saison 2008) de Camille Ponsin. À l’année prochaine ! 4 février 2008. Prix  Télévision  2007  de  la  Critique. Pour la troisième fois depuis leur refondation, les Prix Télévision décernés par le Syndicat Français de la Critique de Cinéma et des films de Télévision, ont été remis, avec les prix cinéma, devant une assistance nombreuse, lors de la très conviviale soirée organisée, pour la cinquième année, au Théâtre du Rond Point, dans la salle Jean Tardieu, en présence du maître des lieux, Jean-Michel Ribes. Le jury constitué autour de Christian Bosséno, délégué du SFCC pour la télévision, réunissait dix-huit journalistes, Nadine Bucharles (Télé 7 jours), Colette Chaduteau (la saison), Emmanuelle Giuliani (La Croix), Caroline Gourdin (Le Soir, Bruxelles), France Hatron (Famille chrétienne), Catherine Humblot (Le Monde), Nathalie Jacquet (Télé Cable Satellite), Marjolaine Jarry (TéléCinéObs), Macha Séry (Le Monde), Nathalie Simon (Le Figaro), Karim Tshidimba (La Libre Belgique), Catherine Wright (Le Film français), Claude Baudry (L’Humanité), Christophe Bottéon (Ecran Total), Jean-Paul Combe (Jeune Cinéma), Jean-Marie Durand (Les Inrockuptibles), Bernard Hunin (Famille et éducation), Eric Pavon (Télé Poche). Le Prix du meilleur documentaire a été attribué, ex-aequo, à Gérard Mordillat pour La Forteresse assiégée (Arte, voir fiche, saison 2008), et à Patrick Rotman pour Chirac, film en deux parties, Chirac, le jeune loup / Chirac le vieux lion (France 2, voir fiche,

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saison 2008). Le Prix de la meilleure fiction a été décerné à Raoul Pecq, pour l’Affaire Villemin (France 3, Arte, voir fiche saison 2008). Pascal Bonitzer, co-auteur du scénario était lui aussi de cette belle fête qui s’acheva, dans la plus sympathique tradition, avec un chaleureux cocktail. Champagne ! 6 au 9 février 2008. Festival du Film de Télévision  de  Luchon. Le rachat, par un professionnel réputé, Jean Cressant (Netmediacom) de cette manifestation dédiée à la fiction française, et l’implication de la jeune Association Festival de Télévision Comminges Pyrénées, ont considérablement, en dépit d’un profond différent sur la propriété du festival, accru l’intérêt et l’impact de cet évènement. Le palmarès a distingué : Le 7ième juré (France 2, voir fiche) d’Edouard Niermans, Grand Prix ; pour le même film, Isabelle Habiaque reçoit le prix d’interprétation féminine ; A.D. la Guerre de l’ombre (TF1) de Laurence Katrian remporte le Prix de la mini série ; Merci, les enfants vont bien (M6, voir fiche) de Stéphane Clavier, celui de la série ; Papillon noir (TF1, voir fiche) de Christian Faure, gagne le Prix de la réalisation ; Nicolas Gob et Michael Cohen, se partagent le prix d’interprétation masculine pour Sa raison d’être (France 2, voir fiche) de Renaud Bertrand ; Le Prix de la réalisation couronne Sous les bombes (Arte, voir fiche) de Philippe Aractingi et Michel Léviant, film également distingué par le prix « Coup de cœur du jury », le Prix de la musique originale, René Aubry et Lazare Boghosian et le Prix du public ; le Prix du scénario est attribué à Marcel Bluwal pour A droite toute (France 3). 26 au 30 mars 2008. 21èmes Rencontres Internationales de Télévision de Reims (RITV). Événement culturel majeur et de renommée internationale, les RITV consacrées à la fiction télévisée, présentent une sélection originale, fruit d’une longue recherche, comprenant une quarantaine de programmes dont dix-huit en compétition. « Nous créons pour quelques jours – commente Maurice Frydland, réalisateur et délégué général des Rencontres – une chaîne virtuelle où le public découvre de beaux films et de belles histoires ». Les RITV s’attachent à faire découvrir ces histoires venues de tous les pays du monde. Elles contribuent à les promouvoir, avec l’espoir (hélas souvent déçu) d’intéresser à leur diffusion, des chaînes françaises trop souvent timorées (sauf Arte qui n’oublie pas de venir faire son marché aux RITV). L’exemple de la chaîne à péage CinéCinémaCulte qui programme des œuvres primées à Reims est, en ce domaine, encourageant. Mais cette initiative reste limitée. Tête chercheuse, à l’écoute de la création, les RITV constituent aussi, en liaison avec les écoles et l’université, un moment privilégié d’échange entre les

créateurs (scénaristes, compositeurs, réalisateurs, producteurs) et les jeunes. Elles proposent aussi un apprentissage du décryptage des images. Enfin pendant ces cinq jours, les RITV qui ont su trouver un public (plus de 10 000 entrées), permettent de fructueux dialogues entre le public de La Comédie (lieu des projections) et les professionnels de la télévision venus de différents pays et riches d’autres cultures. Ainsi, cette année, pouvait-on rencontrer aux RITV, et débattre avec eux, Khalo Matabane, réalisateur Sud Africain de When we are black, Hua Zheng, réalisateur chinois de Wait for the birthday of the husband et quelques autres encore. En dehors de la compétition, un coup de projecteur était porté sur l’œuvre de Bernard Stora. Diplômé de l’IDHEC, ce réalisateur, après avoir été l’assistant, au cinéma, d’auteurs aussi prestigieux que Jean-Pierre Melville, John Frankenheimer ou Jean Eustache, passe indifféremment du grand au petit écran et touche aussi bien à la comédie qu’au film historique ou à la biographie. En avant première était projeté Elles et moi, une mini série retraçant le destin édifiant d’une famille de républicains espagnols contraints à l’exil en France après la chute de Barcelone et de la République espagnole en 1939. Les hommes, désarmés, sont internés dans des camps de transit comme celui d’Argelès. Les femmes doivent alors assumer la responsabilité de la famille. Nous suivons Pilar, une mère courage, et ses enfants, Isabelle et Ignacio, dans la tourmente de 1939-1945. Soixante ans plus tard, Isabelle devenue une vieille dame et une célèbre styliste à Paris, présente, sous les applaudissements, sa prestigieuse collection de grande couture et revit, à travers ses créations, son passé. Quatre autres films de Bernard Stora complétaient cet hommage : Sixième classique (1995), Six crimes sans assassins (1996), Demain et les jours d’après (2002) et L’Inconnu de Vienne (1996) qui donnent une bonne idée du talent éclectique d’un réalisateur connu pour les deux grands succès qu’il a récemment signés: Le Grand Charles (voir Saison 2005) et Suzy Berton (voir Saison 2004). Une autre rétrospective, thématique celle-là, était consacrée à la guerre de 1914-1918 dans la fiction télévisée. Ont été notamment présentés : deux épisodes du formidable feuilleton Les Dames de la Côte, réalisé en 1980 par Nina Companeez, qui présidait cette année le jury professionnel, et La Main coupée (1978) de Jean Kerchbron, d’après le livre de Blaise Cendrars. Egalement avec le concours de L’Institut National de l’Audiovisuel, partenaire des Rencontres, était proposée une rétrospective Maupassant avec trois films de Claude Santelli, Histoire d’une fille de ferme (1972), Histoire vraie (1973) et Madame Baptiste (1974), Yvette (1971) de Jean-Pierre Marchand et Armand Lanoux, Pierre et Jean (1973) de Michel Favart. Dans le cadre de la compétition, nous avons notamment apprécié (oublié du palmarès) Opération Turquoise (2008, voir

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fiche) d’Alain Tasma, un film courageux, réalisé dans le cadre de la collection de téléfilms que Canal+ consacre à des événements récents et qui ne sont pas particulièrement glorieux pour notre pays. Ici la position des troupes françaises, sous mandat de l’ONU, engagées au Rwanda pendant le génocide qui fit 800 000 morts et la nature de leur responsabilité. Cette année encore, les RITV qui n’ont pas leur pareille pour dénicher outreManche d’époustouflants chefs d’œuvre du petit écran, ont réalisé une belle moisson d’œuvres britanniques et la Grande-Bretagne a été la grande triomphatrice du crû 2008. Avec Mark of Caïn, d’abord qui a remporté trois récompenses (Le Prix Claude Santelli du meilleur téléfilm décerné par le jury professionnel, le Prix du meilleur comédien attribué, ex aequo, à Gérard Kearns et à Matthew Mc Nutty, le Prix de la mise en scène attribué à son réalisateur Marc Monden et décerné par le groupe 25 Images). Ce film, produit par Channel 4, constitue un implacable réquisitoire contre les exactions de l’armée britannique en Inde, mettant en accusation un gouvernement qui a envoyé en pays hostile des blancs-becs de 20 ans... La Grande-Bretagne, encore et avec deux trophées pour Stuart : a life of backward de David Attwood (ou comment on devient SDF et alcoolique), produit par BBC 2 et qui glane : le prix SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) décerné à son auteur, Alexander Masters et le prix du meilleur téléfilm (ex-aequo avec le film sud-africain When we were black, voir infra) décerné par CinéCinémaCulte. Grande- Bretagne toujours avec le prix de la meilleure musique, pour le compositeur Magnus Fiennes pour Five Days, produit par la BBC. Pour couronner la meilleure série, les deux jurys, professionnel et public (patronné par TéléObs) ont été unanimes, décernant leurs prix respectifs à Pushing Daisies de Barry Sonnefeld, (ABC, Etats-Unis), une comédie décapante et culottée puisque tournant autour de la mort. Son héros, Ned, connaît depuis l’enfance son pouvoir : il a le don, par le simple toucher, de ramener un mort à la vie. Et par un autre toucher dans la minute qui suit, de le renvoyer ad patres. Ce délai dépassé, c’est une autre personne qui meurt. Pour retrouver un criminel, il suffit de ressusciter sa victime et de la renvoyer une minute plus tard d’où elle vient après qu’elle eut dit qui était son assassin ! Mais que faire quand Chuck a ramené à la vie son amour d’enfance ? Captivant et drôle. Yuan Zhibo a obtenu le prix de la meilleure comédienne pour son personnage dans Wait for the birthday of the husband de Hua Zheng, saga fascinante filmée dans un décor naturel et rural étonnant (Chine, CCTV6). When we were black de Khalo Matabane (Afrique du Sud, SABC) obtenant ex aequo le prix CinéCinémaCulte. Tout festival organise son grand débat. De quoi pouvait-on parler cette année, surtout après l’annonce surprise de

Nicolas Sarkozy, le 8 janvier ? De l’absolue nécessité, une fois la manne publicitaire supprimée, de doter la télévision publique d’une ressource pérenne : une redevance augmentée au niveau de celle de nos voisins européens, par exemple ? Le titre de la conférence (trouvé avant le 8 janvier, prémonition ?) était judicieux : La télévision publique, combien ça coûte ? Le débat fut pourtant décevant, la tribune monopolisant la parole ! J’allais oublier une autre avant-première avec le film de clôture signé François Luciani Inéluctable, sur la probabilité d’un accident survenu (à survenir ?) dans une centrale nucléaire ! Inquiétant, non ? Un programme bien choisi pour le « dernier » film de ces Rencontres. Nouvellement élue, la maire socialiste de Reims, toute émoustillée de recevoir quelques temps après les RITV, le Congrès du parti socialiste, donnait au public rendezvous pour les RITV de 2009. La suite, pourtant s’avèrera lamentable (voir encadré).   Pour que vivent les RITV ! C’est, d’abord avec incrédulité (un très mauvais canular ?), puis, hélas, avec consternation que nous avons appris la calamiteuse décision de la municipalité (socialiste !) de Reims de supprimer Les Rencontres Internationales de télévision (RITV) de Reims, une manifestation exemplaire et prestigieuse, qui, pendant plus de vingt ans, a défendu et promu une télévision populaire et de qualité. Un formidable événement culturel est ainsi éffacé. Les RITV, attendues chaque année avec impatience, avaient su trouver un public nombreux qui se pressait à la Comédie de Reims, ravi de partager pour quelques jours une télévision idéale. Ces Rencontres, aujourd’hui sacrifiées, permettaient la projection sur grand écran du meilleur de la production télévisuelle et ouvraient de passionnants échanges entre le grand public et les auteurs et les réalisateurs. Cette décision aussi atterrante que lamentable illustre un « spoil system » imbécile qui veut que, parfois, quand une municipalité change de couleur politique, la nouvelle équipe fasse, sans inventaire et par principe, table rase des réalisations culturelles existantes aussi prestigieuses, remarquables et populaires fussent-elles. Paradoxalement, une municipalité de droite, ouverte, a accueilli à Reims, pendant plus de vingt ans et sans état d’âme ni censure, une grande manifestation culturelle animée par des artistes qui ne cachaient pas leur sensibilité de gauche et qui mettait plutôt en avant, dans les œuvres sélectionnées, des valeurs que l’on attribue généralement à ce courant de pensée. Et c’est cette belle réussite, qu’à peine parvenue au pouvoir, une maire socialiste s’empresse, revenant sur ses propres déclarations lors de l’ouverture des 21èmes RITV, d’abattre. La saison déplore cette décision incompréhensible et forme le vœu que, très rapidement, les RITV trouvent une ville ouverte à la culture populaire pour

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reprendre le flambeau d’une manifestation vivante et indispensable. Il importe que Maurice Frydland, l’initiateur de la belle aventure rémoise, retrouve au plus vite une grande structure qui puisse poursuivre le bel ouvrage entrepris à Reims. 27 au 31 mai 2008.  27ème  Festival  du  Premier  Film, La Ciotat. Lieu de résidence des Frères Lumière, c’est à la petite gare de cette ville qu’avait été réalisé le célébrissime Arrivée d’un train en gare de La Ciotat (1895), un des premiers films de l’histoire du cinéma. C’est à La Ciotat, aussi qu’avait été ouverte en 1899 une salle de spectacle, L’Eden, dans laquelle s’est installé, dès le 21 mars 1899 un artisan qui y projetait des films en alternance avec d’autres divertissements. L’Eden qui devrait être bientôt restauré, est officiellement la plus ancienne salle de cinéma encore existante. Nulle ville mieux que La Ciotat qui associe à son nom le terme de Berceau du cinéma, n’était plus désignée pour accueillir un Festival du Premier Film. Conviviale, riche par son contenu et les échanges qu’elle suscite, cette manifestation, encore trop peu connue est, sur plusieurs plans exemplaires. D’abord, et le fait est encore assez rare, ce Festival a pris l’excellente habitude de ne pas oublier la télévision dans sa programmation. Côté télévision l’événement a été cette année la présence de Marcel Bluwal, réalisateur emblématique de la télévision française (Le Mariage de Figaro, Le Scieur de Long, Les indes Noires, Dom Juan ou Le Festin de pierre, Beaumarchais ou Les 60000 fusils, Vidocq et Les Nouvelles aventures de Vidocq, Antoine Bloyé, Mozart, Les Ritals, pour ne citer que quelques titres dans une oeuvre riche de plus de cent dix films), venu présenter en avant-première, et avec la fougue de ses 82 printemps, la mini série qu’il vient de réaliser, A Droite toute ! Cette fiction, à travers l’histoire d’un industriel, personnage principal, fondateur des automobiles du même nom, brosse la chronique, de 1935 à 1939, de la montée de l’extrême droite française, avec notamment, dirigée par Eugène Deloncle, la création d’une société secrète La Cagoule dont le but était le renversement de la République alors dirigée par Léon Blum et le Front Populaire honni. Persuadés qu’ils obtiendraient le soutien de l’armée française, les conjurés avaient commencé à s’armer pour initier le complot. Pour obtenir des armes, les nervis n’avaient pas hésité à exécuter les basses œuvres de l’Italie fasciste en organisant l’assassinat de deux opposants à Mussolini, réfugiés en France. Longuement, Marcel Bluwal a dialogué avec un public nombreux et passionné. L’une des réussites de ce festival, en dépit des faibles moyens dont il dispose est, en effet, de savoir faire se rencontrer de manière très conviviale les réalisateurs, les artistes qui sont présents et le public. Ainsi cette année, outre Alexandre Arcady, président d’honneur de la manifes-

tation (il succédait à Claude Lelouch), qui présentait un de ses anciens succès, K, tous les réalisateurs en compétition étaient présents et ont pu ainsi échanger avec l’assistance : Stéphane Allagnon (Vent Mauvais), Marc Fitoussi (La Vie d’artiste), Olivier de Plas (Tel Père, telle fille), Lola Doillon (Et toi, t’es sur qui ?), Alfred Lot (La Chambre des Morts), Laurent de Berthillat (Ce que mes yeux ont vu), Stéphanie Duvivier (Un roman policier), enfin Anne Le Ny, la comédienne signait sa première réalisation et son premier scénario (Ceux qui restent) et Marion Laine (Un Cœur simple). Quel Festival peut se targuer d’un pareil sans faute ? Comme chaque année il faut rendre hommage à l’excellence d’une sélection de films originaux opérée par Yves Allion, critique de cinéma et qui a aussi été rédacteur en chef de l’Avant Scène Télévision. Trois films ont particulièrement retenu l’attention. Le premier, Un cœur simple (voir fiche Coup de cœur cinéma), a remporté deux prix : le Prix du public et le Prix de la meilleure réalisation décerné par le jury professionnel présidé par l’actrice Alexandra Stewart, une habituée des RITV de Reims. L’écrivain Gilles Perrault, la comédienne Delphine Chuillot (A Droite, toute ; La Question humaine, etc.), le scénariste Claude Scasso, auteur de nombreux téléfilms, dont La Nourrice complétaient ce jury. Ceux qui restent (voir fiche Coup de cœur cinéma) d’Anne Le Ny était couronnés par le Grand Prix du Festival. Interprété par Emmanuelle Devos et Vincent Lindon, ce beau film intimiste retrace la rencontre dans l’hôpital où leurs conjoints se font soigner, de Bertrand et Lorraine, sur la même galère, « ceux qui restent » et se retrouvent chaque jour dans les couloirs, la cafeteria, le kiosque à journaux de l’hôpital. La Vie d’artiste de Marc Fitoussi, avec Sandrine Kiberlain, Emilie Duquesne et Denys Podalydès accompagne dans leur quête de réussite trois artistes, deux comédiennes et un écrivain. Si la sélection cinéma ne présente aucun film inédit, elle a, en revanche, le mérite de donner une nouvelle chance à des films, récemment sortis en salles et qui n’ont que rarement créé l’événement et de favoriser un échange chaleureux avec un vrai public qui pose sans contrainte des questions souvent très pertinentes. Cerise sur le gâteau, le Berceau du Cinéma se devait aussi de consacrer une section à des films de patrimoine : 21 films de court métrage pour la plupart du début du siècle dernier comme le « premier western », The Great Train Robbery (1903), avaient été sélectionnés par Eric Lange (Lobster Films). On pouvait également retrouver des Actualités burlesques (1948) de Gilles Margaritis qui s’illustra à la télévision avec La Piste aux étoiles (1950-1975). Les cinéastes de demain n’étaient pas oubliés avec la participation des élèves de l’ESRA (Etudes Supérieures de la Réalisation et de l’Audiovisuel) qui présentaient leurs films de fin d’année. Cinq jours bien remplis !

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16 juin 2008.  Fêtes  des  prix  2008  de  la  SACD. Comme chaque année à pareille époque, il y avait foule pour assister à la remise des vingt-trois Prix (Prix et Prix Nouveaux talents) décernés dans les catégories Théâtre, Cinéma, One man show, Musique, Chorégraphie, Arts de la rue, Arts du cirque, Animation, Création interactive…) et des Médailles Beaumarchais, décernés en son bel Hôtel de la rue Ballu et son accueillant jardin, par la Société des Auteurs et Compositeurs d’Art Dramatique. le Prix Télévision a couronné Alain Tasma, un réalisateur de grand talent, familier des récompenses. Remis par le réalisateur Michel Sibra, ce Prix récompense cette année l’œuvre du réalisateur (entre autres titres) de Jours de vagues (1988, son premier téléfilm) ; La Bavure (Grand Prix Télévision du film Policier de Cognac) ; Rastignac ou les Ambitieux (2001, une mini série adaptant l’œuvre de Balzac à notre époque et que la Saison avait vigoureusement défendue) ; A Cran (primé au Festival de la Fiction de Saint-Tropez (2002), comme le fut A Cran, 2 ans après (2004) ; Nuit Noire (Prix de la Critique de SFCC, Grand Prix du Scénario du FIPA et, consécration exceptionnelle, aux Etats-Unis, l’Emmy Award de la meilleure fiction TV 2006) ; Les Bleus, premiers pas dans la police (2005, mini-série primée à Luchon, comme en 2006 La Surprise) ; Opération Turquoise (2007, voir fiche). Il est également le co-auteur des scénarios de A Cran, A cran 2 ans après, de la série Les Bleus, premiers pas dans la police et d’Opération Turquoise. La réalisatrice et scénariste Christiane Spiero remettait le Prix Nouveau Talent Télévision à Anne Giafferi, scénariste. Après une maîtrise d’histoire de l’art et des débuts dans la communication, celle-ci a notamment signé les scénarios de Poil de carotte d’après Jules Renard, du Silence de la mer d’après Vercors ; elle co-écrit ensuite le feuilleton Petits meurtres en famille, Marie Besnard, Des fleurs pour Algernon, Le Procès de Bobigny. Elle a créé, avec Thierry Bizot, la désopilante série Fais pas ci fais pas ça (voir fiche), grande révélation de l’année télévisuelle 2007 / 2008. Elle en est la directrice de collection, directrice artistique, scénariste et réalisatrice. Le Grand Prix, récompense suprême de l’année, est revenu à Patrice Chéreau, un des plus grands créateurs de notre époque, tant au théâtre, qu’au cinéma et à l’opéra. Une bien belle fête pour des lauréats de choix. 17 au 23 août 2008.  20ème  édition  des états  généraux  du  documentaire  de  Lussas. Nous sommes régulièrement conviés, Catherine Humblot en étant une « fidèle », à cette importante manifestation conviviale et studieuse. Un malencontreux concours de circonstances nous a empêchés cette année de nous y rendre. Le programme, notamment les séminaires et les rétrospectives, était, comme toujours, alléchant. Un premier atelier ani-

mé par Nicole Brenez s’intitulait À propos de quelques regrettables tâtonnements. Corps à corps, le corps film, un second, coordonné par Jean-Louis Comolli, Patrick Leboutte et Marie-José Mondzain, Formes de lutte et lutte de forme, pièges du formatage ou promesse de la forme. La Grande-Bretagne était choisie pour la section Histoire et la République tchèque pour la section Route du doc. Comme elle le fait depuis 16 ans déjà, la Sacem organisait une journée de projections et de débats explorant les liens entre le documentaire et la musique : mise en scène de la musique et productions de films sur la musique. Elle rendait hommage à Olivier Messiaen et décernait le Prix Sacem de la musique de films à La Passion boléro (voir fiche), de Michel Follin, un réalisateur expert à filmer la musique et son histoire. 17-21 septembre 2008. 10ème Festival de la Fiction TV. La Rochelle. La Saison, familière du Festival de la Fiction de Saint-Tropez où nous étions régulièrement invités, avait « manqué », en 2007, le déménagement de cette manifestation à La Rochelle (une ville très ouverte à l’image avec Sunny side of the Doc, Escales documentaires, etc.). Cet oubli est aujourd’hui réparé et c’est avec un grand plaisir que nous participâmes à la seconde édition rochelaise qui célébrait le 10ème anniversaire du Festival de la Fiction TV. Avec d’autant plus de bonheur que le président du jury de ce festival anniversaire est un enthousiaste, un boulimique de l’image, Serge Moati. Dédiée à la fiction française (à noter une petite fenêtre ouverte sur la fiction européenne), cette manifestation est une vitrine de ce que la télévision française produit de meilleur. Un festival qui, comme le rappelle Véronique Cayla, directrice générale du CNC « réaffirme la télévision comme outil culturel à part entière ». Parmi les nouveautés, le festival proposait cette année, avec Daily motion, une sélection spéciale des fictions pour le web (13 productions de courts métrages, le plus bref durant 33 secondes et le plus long 6 minutes 37). Deux téléfilms, une mini série et quatre séries étaient projetés hors compétition. Parmi ces programmes, La Journée de la Jupe coproduit par ARTE France, la RTBF, Fontana, Carrimage 4, réalisée par Jean-Paul Lilienfeld (également auteur du scénario), a été le film phare de cette édition, longuement ovationné lors d’une soirée de gala à la Coursive. Isabelle Adjani interprète le rôle principal, celui d’un professeur de français. Confrontée, dans un collège difficile, à une classe rebelle, elle s’obstine à vouloir faire son cours en jupe. Devant le chahut et les quolibets, elle craque nerveusement et, après avoir accidentellement blessé à la jambe un élève avec le revolver trouvé dans un sac, menace la classe terrorisée et prise ainsi en otage, avant de faire, dans le calme ainsi obtenu, sa leçon sur Molière. Marie Octobre, de Josée Dayan, avec

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Nathalie Baye, proposait une nouvelle version scénarisée par Olivier Rousseau, du célèbre film homonyme réalisé en 1960 par Julien Duvivier, huis-clos tragique dans lequel doit être démasqué, parmi dix anciens résistants, celui qui, des années auparavant, avait « donné » leur chef, Elles et moi, mini série de Bernard Stora (voir compte rendu des RITV de Reims), Flics (deux épisodes) de Nicolas Cuche et Olivier Marchal (TF 1, GMT), Les Bleus (saison 2, un épisode) de Christophe Douchand et Stéphane Giusti (Cipango pour M 6), Mafiosa (saison 2, deux épisodes) d’Eric Rochant (Image et Compagnie, Canal+), et Hard (Canal+), complétaient ces projections hors compétition, nourrissant une question qui circulait parmi les invités : comment décide-t-on qu’un programme est ou n’est pas retenu pour la compétition ? Pourquoi tant de programmes hors compétition ? D’autant que certaines sections de la compétition paraissent bien maigrichonnes. Ainsi celle des mini séries qui ne réunissait que trois programmes (contre neuf, par exemple, pour la section des téléfilms unitaires et autant pour les séries).Une autre question était posée : pourquoi donner aux comédiens (nes) une telle prééminence dans le jury (six jurés sur neuf) ? Ces questions, que d’aucuns estimeront peut-être accessoires, ne sauraient faire oublier la qualité de la sélection des films en compétition. Coup de chapeau, by the way, à Sophie Deschamps, comédienne puis scénariste, présidente de la commission télévision de la SACD, qui avait été, dans les mois qui précédaient le festival, la très vaillante cheville ouvrière de la ces choix. Dix-huit prix ( !) ont été décernés par le jury et deux prix par le public, avec le concours de l’hebdomadaire TV Hebdo. On reste pantois devant une telle profusion de récompenses ! Un prix sui generis a pu, en particulier, intriguer : celui de « la meilleure contribution artistique » attribué à la série Les Bougon (M6) ! Mais trêve de persiflages et place à ce (long) palmarès. Le prix du meilleur téléfilm « unitaire », qui peut être considéré comme le Grand prix du festival est revenu à L’Affaire de Bruay-en-Artois (TF 1) de Charlotte Brandström, une réalisatrice efficace, aussi à l’aise dans la comédie que dans le drame. Voilà certes une fiction assez bien ficelée, mais ne lésinant pas sur les effets et des cadrages dramatiques accompagnés par une musique parfois emphatique style ouverture d’opéra ! Mais surtout, le scénario privilégie une thèse contestable, la culpabilité ou, à tout le moins l’implication du notaire dans un crime sur lequel la lumière n’a jamais été faite. On se souvient qu’une approche, tout aussi critiquable, caractérisait une autre fiction inspirée par une autre affaire célèbre : L’affaire Dominici, TF1). Le véritable attrait de L’Affaire de Bruay en Artois réside dans un grand numéro d’acteurs : la confrontation entre Bernard Le Coq (le juge d’instruction tenace) et Tcheky Karyo (le

notaire suspecté). Ces deux comédiens se partageant logiquement le Prix de la meilleure interprétation masculine. Notre préférence allait pourtant à un autre programme, beaucoup moins « spectaculaire », Villa Marguerite de Denis Malleval, sur un scénario de Jacques Santamaria, avec, là aussi, deux interprètes formidables : Yolande Moreau et Luis Rego. Situé sous l’Occupation, il s’attache à la dérive de certains comportements, chez des gens « ordinaires ». Sagan de Diane Kurys (France 2) mettait en lumière l’extraordinaire prestation de Sylvie Testud, prix de la meilleure interprétation féminine, ex aequo avec Yolande Moreau pour Villa Marguerite. Le prix du scénario est revenu à Didier Lacoste et Pauline Rocaful pour Une femme à abattre d’Olivier Langlois (Arte), une forte réalisation inspirée par l’assassinat de la journaliste russe Anna Politskovskaia (film produit par Quentin Raspail). Une enfance volée : l’affaire Finally de Fabrice Genestal et Philippe Bernard, illustrait bien les effarantes péripéties d’une sombre affaire de laquelle l’Eglise catholique n’est pas sortie grandie et qui avait récemment inspiré un passionnant documentaire de David KornBrzoza (France 3, voir fiche). Côté comédie, on a aussi aimé Aïcha (France 2), de Yasmina Benguigui, Prix spécial de la Ville de La Rochelle, sur le quotidien d’une jeune française de 25 ans, d’origine algérienne, habitant une cité de la banlieue nord de Paris. Notre coup de cœur allant à un film frais et impertinent, Little Wenghou (France 3) de Sarah Levy, Prix Découverte de l’année, s’attachant, sur le ton de la comédie, à une autre figure de jeune immigrée, Kiu Yan, juste arrivée de Chine et débarquant dans le quartier chinois de la métropole lilloise. Un film savoureux, parfois dérangeant, qui bouscule bien des idées reçues. Reconnue pour sa prestation dans un arc narratif du feuilleton Plus belle la vie (France 3), la jeune et tonique comédienne Ying Hang provoqua une mini émeute chez le jeune public. Loin des sentiers battus, Almasty, la dernière expédition de Jacques Mitsch, Jean-Philippe Barrau, Jean-Marc Brisset (Arte) est un film intriguant et singulier comme nous les aimons. Il retrace une bien étrange quête du légendaire « homme sauvage » dans le Caucase. Un cadre étonnant et un sacré duo de comédie formé de la désopilante Isabelle Gélinas (Fais pas ci, fais pas ça, voir fiche) et de l’excellent Robin Renucci. Au chapitre des séries, l’épisode 5 de la seconde saison de Clara Sheller d’Alain Berliner et de Nicolas Mercier, obtint le Prix de la meilleure série. Parmi les bonnes surprises de la catégorie, on a surtout apprécié l’arrivée d’un nouveau héros, un détective de l’Histoire, Nicolas Le Floch (d’Edwin Baily et Hugues Pagan), évoluant au XVIIIe siècle, celui des Lumières, une série épatante qui renoue avec l’inspiration des grands feuilletons historiques qui ont fait les belles heures de la

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télévision française. Mais la série la plus désopilante Hard (Canal+, voir fiche sur la première saison), de Cathy Verney, était présentée hors compétition. Le Prix de la meilleure musique (un prix qui devrait figurer dans tous les palmarès de festivals car récompensant le « troisième » auteur d’un film, trop souvent oublié) est attribué à Stéphane Moucha pour Nicolas Le Floch (France 2). Le Prix de la Révélation revient à Julie Voisin, interprète d’Une lumière dans la nuit d’Olivier Guignard, Sandro Agenor et Vincent Lambert (France 2), celui de la Meilleure réalisation distingue La Reine et le Cardinal, belle réalisation dans le genre du film historique en costumes, de Marc Rivière sur un scénario de Jacques Santamaria et une musique de Carolin Petit (France 2). Vingt-deux téléfilms ou séries qui avaient été, eux, diffusés dans l’année, étaient soumis au choix du jury du public qui a élu, comme meilleur téléfilm, Le Rosier de Madame Husson de Denis Malleval et Anne Andrei, dans la série Chez Maupassant (France 2, voir fiche), et comme meilleure série, Joséphine, ange gardien (TF 1), avec la très populaire Mimie Mathy. A noter que Plus belle la vie (déjà primé dans l’édition 2007) talonnait l’envoyée du ciel… Globalement ce Festival anniversaire (dix bougies) a tenu ses promesses en nous invitant à découvrir une bonne sélection des programmes qui seront bientôt à l’antenne, à débattre sur les thèmes de l’avenir de l’audiovisuel public, tout d’abord, sujet incontournable cette année, après le tsunami du 8 janvier ; et sur l’approche des nouveaux médias. Restait à découvrir (mais où trouver le temps dans un programme si dense ?), une sélection de huit fictions européennes (Espagne, Hongrie, Italie, Pologne, Allemagne, Danemark, Portugal et Grande-Bretagne). J’ai gardé pour la fin, un très grand coup de cœur, un moment rare et précieux, la lecture publique (enregistrée durant la séance par France Culture) dans une petite salle du Dragon, du scénario de La Tueuse, un projet de fiction unitaire, aidé par le Fonds d’aide à l’innovation audiovisuelle et actuellement développé pour Arte, sur le thème de la passion ravageuse du poker (le drame d’une femme détruite par le jeu pratiqué en cercles, en tournois, sur la toile…). Au pupitre, deux comédiens exceptionnels, Florence Pernel et Robin Ranucci, passionnés par leur texte. Un très grand moment !   Avant-premières : Les choses bougent sur le front des festivals. Nous avons déjà (voir infra), évoqué l’incompréhensible suppression d’une manifestation phare, les RITV de Reims qui avait été, vingt et un ans durant, une grande fête populaire de l’excellence télévisuelle. Invité en ce début d’année au 22ème FIPA et au Festival de Luchon, complètement repensé, nous avons choisi, avant d’y revenir en détails dans notre opus 2010, d’en évoquer la substantifique moelle.

20 au 24 janvier 2009. FIPA, une succession est  ouverte.  Comme chaque année le FIPA a été (sous une tempête mémorable et dans une ville battue par la pluie et balayée par les bourrasques) l’occasion de découvrir le meilleur de la télévision mondiale. Côté francophone, Gérard Mordillat, déjà couronné en 2008 par le Prix Télévision de la Critique pour La Citadelle assiégée, recevait un FIPA d’honneur pour l’ensemble de son œuvre ; Le FIPA d’argent dans la catégorie des fictions distinguait Un homme d’honneur de Laurent Heynemann réalisateur et coscénariste avec Dan Franck et Gilles Gérardin (Barjac Production, Chabraque Productions, France 2), une évocation de la vie et du suicide de Pierre Beregovoy. Le FIPA d’or de la meilleure musique originale était attribué à Angélique Nachon et Jean-Claude Nachon, pour L’Affaire Salengro d’Yves Boisset (Alchimic Productions, France 2), encore un homme politique, brisé par une rumeur calomnieuse et qui n’avait trouvé d’autre issue que dans le suicide. William Karel recevait le FIPA d’argent dans la catégorie des documentaires pour Mais qui a tué Maggie ? sur les derniers mois de Margaret Thatcher, éliminée par les siens, après 11 années de « règne ». Dans la catégorie Grands reportages et faits d’actualité, le FIPA d’argent était décerné à Jean-Marc Sainclair et Jean Crousillac pour Umoja, le village interdit aux femmes, présentant un village dans lequel les femmes rejetées pour avoir été victimes de viol par des soldats britanniques, prennent en main l’économie. Bruno Monsaingeon (un habitué des récompenses) décrochant le FIPA d’or de la catégorie musique et spectacles pour Anderszuwshi, voyageur intranquille. La Belgique était à l’honneur dans la catégorie séries et feuilletons avec le FIPA d’or pour De Smaak van De Keyser (L’Empereur du goût). Dans la même catégorie, le film canadien Les Lavigueur, la vraie histoire (basé sur l’authentique mésaventure de gagnants du loto), était doublement distingué : FIPA d’argent et, FIPA de la meilleure interprétation masculine pour Pierre Verville. L’information la plus importante était l’annonce du choix du chef d’orchestre de cette prestigieuse manifestation, Pierre-Henri Deleau, de se retirer pour se consacrer à d’autres projets. Il avait, depuis la création du FIPA par Michel Mitrani, conduit la manifestation. Sa succession est ouverte. Ce ne sera pas choix aisée tant Pierre-Henri Deleau s’était investi dans cette mission, assisté par Jean-Michel Ausseille et toute une équipe traquant les œuvres télévisuelles dans les cinq continents. Ce sera au conseil d’administration du FIPA de désigner son successeur, au gouvernail de cette indispensable manifestation. Un nom est souvent avancé, celui du réalisateur Maurice Frydland, le créateur des RITV de Reims, aujourd’hui rayées d’un trait de plume.

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Que la fête commence

8 au 4 février 2009. Luchon : poursuite de la refondation mais bataille juridique ! Nous avions, dans de précédentes saisons émis des réserves sur certaines dérives du Festival du Film de Télévision de Luchon, et avions applaudi, en 2006, à la constitution de l’Association Festival TV Comminges Pyrénées (AFTVCP) dont l’ambition était la reprise en mains d’un festival trop « people » et placé sous l’emprise, jugée excessive, d’une grande chaîne commerciale. C’est au coeur d’un différent juridique opposant, sur la propriété de la manifestation, d’une part, la société de Jean Cressant, Netmediacom, qui estime être propriétaire du fond de commerce et de la « marque », pour les avoir achetés au précédent organisateur (2C Associés), et, d’autre part, l’association AFTVCP qui conteste la validité de cette négociation, que s’est tenue, après un certain suspense, la onzième édition du festival de Luchon, sous sa nouvelle appellation de Festival de la Création Télévisuelle ; Elle a été organisée, dans l’urgence, par la seule AFTVCP, après deux assignations en justice, la première intentée contre Jean Cressant par la mairie de Luchon, la seconde par Netmediacom contre cette mairie. Et sans doute avant d’autres péripéties juridiques ! Présidée par le coruscant Serge Moati qui a apporté à la manifestation luchonnaise sa notoriété et son allant, soutenue par le producteur réalisateur Quentin Raspail, l’organisateur du Festival de la Fiction télévision de La Rochelle (dont, cette année, le même Serge Moati présidait le jury), le cru 2009 a confirmé les belles avancées impulsées en 2008 par Jean Cressant et sa directrice artistique, Julie Sarraut. La poursuite de cette embellie a du cependant s’accommoder, cette année, d’une voilure plus réduite, du fait de l’absence des chaînes et de plusieurs sponsors, incertains de la tenue du festival. Fait nouveau, déjà apprécié lors de la précédente édition, à la pléthore de récompenses (ah, ce prix « de l’audience », spécialement institué pour TF1 !) qui caractérisait le palmarès, le rendant un peu dérisoire, s’est substitué un nombre de prix plus raisonnable. Le jury 2009 était présidé par une personnalité éminente du cinéma, le réalisateur Claude Lelouch, une sorte de « Huron », ici, dans l’univers du petit écran. Il déclarait en effet, dans un entretien publié dans Ecran total, ne regarder, à la télévision, que les films de cinéma, le sport et les nouvelles. Il a pu ainsi, grâce à ces quelques journées, combler une regrettable lacune et découvrir la qualité de la fiction télévisée ! Les lecteurs de la saison, « toujours plus nombreux », comme dirait Serge Moati, trouveront la relation détaillée de cette onzième édition, ainsi que celle du FIPA 2009, dans notre opus 2010. Quelques indications, pourtant, sur le palmarès. Le Grand Prix (« Pyrénées d’or ») a été attribué à Adieu de Gaulle de Laurent

Herbiet, Canal+, Mordicus Productions ; Pierre Vernier (le général de Gaulle) obtenant pour le même film, le Prix d’interprétation masculine. Les Poissons marteaux d’André Chandelle (la naissance d’un orchestre chez des personnes « différentes »), obtenait le Prix du Public, ex aequo avec Revivre d’Haïm Bouzaglo (ARTE, Nelka Films), vaste saga, consacrée à la naissance de l’Etat d’Israël. Un second prix revenait au film Les Poissons marteaux avec l’interprétation féminine, prix décerné conjointement à Michèle Bernier et à la jeune Sara Giraudeau (sa fille dans le film). Enfin, toujours pour ce film, une troisième consécration, avec le Prix de la meilleure musique pour Willy Gouders. Deux prix sont revenus à La Reine morte de Pierre Boutron, d’après la pièce d’Henri de Montherlant, France 2, Getévé : le Pyrénées d’argent et le Prix révélation, remis à Gaëlle Bona, pour son personnage d’Inès de Castro, ex aequo avec Medhi Nebbou pour son rôle dans Le choix de Myriam de Malik Chibane (Nelka Films, France 3). Le Prix de la meilleure photographie était attribué à celui que le réalisateur Marc Rivière définit comme « le compagnon du metteur en scène », le chef opérateur. En l’occurrence Romain Winding, directeur de la photo de Revivre et du Choix de Myriam. Nous avions (voir fiche) écrit tout le bien que nous pensions de la série de Pascal Chaumeil Fais pas ci fais pas ça (Elephant Story, France 2), nous nous réjouissons donc particulièrement du Prix de la meilleure série qui l’a récompensée pour sa seconde saison (inédite comme tous les films et séries en compétition). Intéressante était l’ouverture à la production espagnole, Le Pyrénées d’or du meilleur film espagnol a couronné une série Amar en tiempos revueltos de Joan Noguera (TVE, Diagonal TV). Ouverture sur les nouveaux supports de diffusion, un Prix Net talents distinguait Sida, culotte et polichinelle in the box, court métrage (3 mn.) des jeunes Camille Ghanassia et Sophie Garric. Christian BOSSÉNO Dernier  métro. Festival Européen des 4 Ecrans. Nous avons découvert trop tard cette manifestation internationale extrêmement prometteuse (deux éditions déjà à son actif) dont nous rendrons compte dans la prochaine saison. Initié par Hervé Chabalier (Capa), le festival propose de montrer toutes images sur tous supports (films de cinéma, programmes de télévision, Internet et téléphones portables), pouvant aider à connaître et à comprendre le monde. Assortie de prix, décernés par un jury, la manifestation se déroule à Paris sur le site François Mitterrand de la BN et aux cinémas MK2 Bibliothèque.

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© DR archives familiales

Jacques Krier

© DR

Pierre-André Boutang

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Adieu l’ami !

ADIEU L’AMI ! Personnalités du petit écran disparues entre le 1er septembre 2007 et le 31 août 2008
Par Jean-Pierre Piton, Christian Bosséno

Marie-Françoise Audollent (1943-2008) : comédienne. Décédée accidentellement à Lyon le 30 mars 2008, Marie-Françoise Audollent joua dans une quinzaine de films entre 1978 et 2008 dont Molière (1978) d’Ariane Mnouchkine et Da Vinci Code (2006) de Ron Howard. À la télévision, elle fut l’interprète de mini séries : La Florentine (1991) de Marion Sarraut, Le Comte de Monte-Cristo (1998) de Josée Dayan et Harkis, le téléfilm réalisé par Alain Tasma en 2006. Georges Barrier (1933-2008) : réalisateur. Disparu à 75 ans, le 17 août 2008, Georges Barrier était l’un des réalisateurs les plus estimés de la profession. « Pousseur de manettes » infatigable, avisé et talentueux, il fut le réalisateur de plus de 4000 émissions qui ont marqué un certain âge des variétés et du divertissement : Intervilles, L’Académie des 9, La Classe, Cadence 3, Sacré Soirée, Têtes de bois, Le Palmarès des chansons. Il signa également des émissions spéciales comme Henri Salvador : les salves d’or, Thierry Le Luron : le luron du dimanche et Michel Leeb : Certain Leeb Show. Les Grands du rire présenté par Yves Lecoq sur France 3 en juin 2008 fut sa dernière contribution. Michel Bataille (1926-2008) : écrivain. Neveu de Georges Bataille, il abandonna le métier d’architecte pour se consacrer à l’écriture. L’Arbre de Noël fut adapté au cinéma par Terence Young en 1969 avec Bourvil et William Holden et Cinq jours d’automne à la télévision par Pierre Badel en 1968. Michel Bataille nous a quittés le 28 février 2008, à Clamart. Colette Bergé (1941-2008) :  comédienne. Sœur de Francine Bergé auprès de qui elle débuta dans Les Abysses (1963, Nikos Papatakis) inspiré des Bonnes de Jean Genet, Colette Bergé apparut sur le petit écran dans Marie Tudor d’Abel Gance en 1966, Le Misanthrope de Pierre Dux en 1971, La Provinciale de Philippe Laïk en 1973 et Riviera en 1991. Au théâtre, elle joua notamment dans des pièces de Jacques Audiberti et Jean Anouilh et dans plusieurs spectacles signés Marcel Maréchal (Le Cavalier seul, La Poupée,

Hölderlin). Vivant entre Paris et New York, elle fit aussi une carrière de danseuse aux Etats-Unis. Elle est partie le 8 mars 2008. Jacques Berthier (1916-2008) : comédien et réalisateur. Jacques Berthier était né le 10 février 1916 à Paris. Après les cours du conservatoire chez Louis Jouvet, il mena une carrière cinématographique qui le conduisit parfois à travailler dans une production américaine comme Le Vagabond des mers (1953, William Keighley) auprès d’Errol Flynn ou d’incarner Robespierre dans Si Versailles m’était conté (1954) de Sacha Guitry ou encore de figurer dans le rôle du « petit monsieur bien mis » dans Sans toit ni loi d’Agnès Varda en 1985. Il s’essaya aussi à la mise en scène avec Quai Notre-Dame (1960) interprété par Anouk Aimée et Jacques Dacqmine. À la fin des années 1960, il fut très actif sur le petit écran où on le vit dans de nombreuses séries comme Les Chevaliers du ciel, Aux frontières du possible, Les Brigades du Tigre, Commissaire Moulin. Il eut également une importante activité de doublage puisqu’il prêta sa voix à Raymond Burr dans les séries Perry Mason et L’Homme de fer. Les Enfants du mensonge de Frédéric Krivine en 1996 fut sa dernière apparition sur le petit écran. Jacques Berthier s’est éteint le 6 avril 2008 à Neuilly. Frédéric Botton (1936-2008) : compositeur et parolier. Mort à 72 ans le 27 juin 2008, Frédéric Botton composa des chansons pour Barbara, Mireille Darc, France Gall, Régine et Juliette Gréco. Au cinéma, il collabora notamment avec Claude Berri pour trois de ses films : Une femme de ménage (2002), L’un reste, l’autre part (2005) et Ensemble, c’est tout (2007). Sur le petit écran, on lui doit les musiques de L’Excès contraire (1988) d’Yves-André Hubert, de Château en Suède (2008) de Josée Dayan et le générique aux sonorités jazzy de Ce soir ou jamais, le magazine de Frédéric Taddeï sur France 3. Jean-Claude Bouillaud (1927-2008) : comédien. Âgé de 81 ans, Jean-Claude Bouillaud s’est éteint

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le 20 juin 2008. Après une carrière dans le théâtre amateur, il était devenu acteur professionnel. Avant de faire partie de la troupe des nombreux comédiens de second plan dont le nom demeure largement méconnu, il fut d’abord employé de banque puis joua aux côtés de Philippe Noiret, puis au TNP sous la direction de Jean Vilar. Très apprécié de certains réalisateurs comme Claude Chabrol (Le Cheval d’orgueil, 1980 ; Les Fantômes du chapelier, 1981 ; Madame Bovary, 1990), Claude Sautet (Un mauvais fils, 1980 ; Garçon !, 1983), il avait figuré, depuis ses débuts en 1968 (Mister Freedom de William Klein), dans une quarantaine de films. Tout aussi nombreuses sont ses apparitions à la télévision dans des séries policières comme L’Heure Simenon (1987), Les Cinq dernières minutes (1988), Les Dossiers secrets de l’inspecteur Lavardin (1988), Les Enquêtes du commissaire Maigret (1978 et 1989), Commissaire Moulin (1977) et des téléfilms parmi lesquels Les Rebelles (1977, Pierre Badel), Le Mal bleu (1979, Joseph Drimal), Le Grand Fossé (1980, Yves Ciampi), L’Affaire Marie Besnard (1986, Yves-André Hubert), Les Bottes de sept lieues (1990, Hervé Baslé), Clochemerle (2004, Daniel Losset), son dernier film. Pierre-André Boutang (1937-2008) : producteur,  programmateur,  auteur,  réalisateur. Né en 1937 à Paris, Pierre-André Boutang s’est noyé le 20 août 2008, en Corse, à Porticcio où il passait ses vacances et achevait le montage du documentaire qu’il venait de réaliser, dans la collection Empreintes (France 5) sur son ami, l’acteur Gérard Depardieu (Gérard Depardieu, une force qui va, diffusé le 9 janvier 2009). Il avait 71 ans. Fils du philosophe maurassien Pierre Boutang (1916-1998), c’était un homme d’une grande culture et un « passeur » exceptionnel. Il n’a cessé d’œuvrer au service d’une télévision publique exigeante et ouverte à tous. Entré comme assistant à l’ORTF en 1962, il collabore à de nombreux magazines comme Dim, Dam, Dom. Il se distingue aussi dans Les Ecrans de la Ville pour lequel il réalise l’un de ses premiers entretiens, avec Antonioni (1964), Ciné regards, L’Invité du dimanche avec Guy Seligman, Bibliothèque de poche avec Michel Polac, puis Les Archives du XXème siècle, créé par JeanJosé Marchand. En 1976, il produit et co-réalise avec Alexandre Astruc, un film qui reste une référence, Sartre par lui-même (1980) dans lequel il s’entretient près de trois heures avec le philosophe. Elégant, volontiers caustique, parfaitement informé, il fut un interlocuteur exceptionnel comme en témoigne l’un de ses derniers films (co-réalisé avec Josée Dayan et Annie Chevallay), Jeanne M. Côté cour, côté cœur (voir fiche). Il conduit avec intelligence un entretien auquel se prête, en toute confiance et connivence, Jeanne Moreau qui se livre ici, à cœur ouvert, à la fois sur son métier, son

amour du théâtre et du cinéma, et sur sa vie personnelle, intimement liée à son parcours de comédienne. PierreAndré Boutang crée en 1987, sur FR 3 le magazine pluriculturel Océaniques pour lequel il a obtenu deux Sept d’Or. Il participe activement à la création de la Sept qui deviendra Arte France, dont il sera directeur délégué aux programmes (1990). Il est notamment, dans la continuation de l’esprit d’Océaniques, le rédacteur en chef du magazine Metropolis, un formidable creuset culturel (1995-2006). Dans son abondante filmographie, on retiendra notamment, outre le Sartre déjà cité, Orson Welles à la Cinémathèque (1983) ; Serge Daney, itinéraire d’un ciné – fils (1992) ; L’Abécédaire de Gilles Deleuze (1996) avec Claire Parnet ; 13 Journées dans la vie de Picasso (1999), avec Pierre Daix et Pierre Philippe, rediffusé lors de l’hommage que lui a consacré Arte, après sa disparition ; Le musée du quai Branly (2006), avec Annie Chevallay et Guy Seligman ; Mao, une histoire chinoise (2006), réalisé par Adrian Maben ; 1917, la Révolution Russe, (2008, voir fiche). Il venait de terminer avec Annie Chevallay Claude Lévi-Strauss par lui-même (diffusé le 27 novembre 2008, voir dans cette édition l’analyse du DVD édité par Arte Video). Avec Pierre-André Boutang, le monde de la télévision et plus généralement de la culture perd l’un de ses plus formidables passeurs, un homme passionné qui avait toujours su concilier exigence et grand public. A noter que la plupart de ses réalisations ont été éditées en DVD, ainsi L’Abécédaire de Gilles Deleuze, par les Editions Montparnasse. Martine de Breteuil (1908-2007) : comédienne. Née Moussia Belinnko à Kharkov le 23 mars 1908, elle débute dans des revues et des comédies musicales, se tourne vers le cinéma dans les années 1930 puis vers le théâtre où elle joue Musset et Molière avant de prendre la direction en 1948 et pour une dizaine d’années du Théâtre de la Potinière. Même si le théâtre demeure la grande affaire de sa vie (mise en scène, interprétation), elle produit aussi pour Radio France, une série poétique intitulée Votre jardin secret, fait de la publicité pour la Caisse d’Épargne, apparaît dans plus d’une cinquantaine de films dans des rôles secondaires dont La Porteuse de pain (1963, Maurice Cloche), La Passante du Sans-Souci (1981, Jacques Rouffio) sans pour autant dédaigner la télévision où on la voit notamment dans Le Pain noir (1974, Serge Moati), Nana (1981, Maurice Cazeneuve), Sans famille (1981, Jacques Ertaud) ou Un adolescent d’autrefois (1983, André Michel) d’après François Mauriac. Martine de Breteuil nous a quittés le 13 novembre 2007. Denis Cacheux (1945- 2008) : chanteur, musicien,  comédien. Créateur de la Compagnie Tant qu’à Faire,

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Denis Cacheux a mis fin à ses jours le 11 mars 2008 en mer du Nord. D’abord journaliste puis éducateur, animateur, il se tourne vers le théâtre puis vers les spectacles de rues avant d’apparaître, entre 1989 (Mieux vaut courir, Elizabeth Rappeneau) et 2008 (Le Voyageur de la Toussaint, Philippe Laïk) dans plusieurs films de télévision. Carlos (1943-2008) : chanteur  et  fantaisiste. De son vrai nom Yvan Chrysostome Dolto, Carlos, fils de la psychanalyste Françoise Dolto, est mort à Clichy le 17 janvier 2008. Secrétaire d’Eddie Barclay, de Johnny Hallyday et de Sylvie Vartan, il prend le nom de Carlos en hommage au percussionniste Carlos Patato Valdes. Adepte d’un répertoire joyeux, le visage jovial et un fort embonpoint, il se rend vite célèbre en arborant colliers de fleurs et chemises hawaïennes. Il pose pour une marque de boissons fruitées Oasis, participe à de nombreuses émissions de radio comme Les Grosses Têtes. Il est l’un des invités les plus demandés sur les plateaux de télévision où sa nature généreuse et sa bonne humeur communicative font merveille. Il a aussi réalisé des films documentaires de 52 minutes (sur la Réunion, le Sénégal, le Mexique, les Caraïbes, le Cap Vert, le Cameroun, Tahiti, la Turquie, l’île Maurice, Cuba) pour la série Le Gros homme et la mer diffusée sur les chaînes Odyssée et Voyage. Farid Chopel (1952-2008) : comédien. Disparu le 20 avril 2008, Farid Chopel était le fils d’immigrés algériens. Remarqué dès 1978 dans un spectacle (Chopelia) où il apparaissait seul en scène, puis dans Les Aviateurs, une pièce dont il était également l’auteur, il se distingue par un jeu s’apparentant au mime et à l’expression corporelle autant qu’à la danse. Il enchaîne rapidement les tournages, notamment avec la bande du Splendid : La Femme de mon pote (1983, Bertrand Blier) et Sac de nœuds (1985, Josiane Balasko) et quelques téléfilms parmi lesquels Le Banquet (1989, Marco Ferreri), La Goutte d’or (1990, Marcel Bluwal), Chambre froide (1993, Sylvain Madigan) et La Fine équipe (1997, Yves Boisset). Après une longue éclipse dans les années 1990, il était revenu en 2003, de nouveau seul en scène, dans Le Pont du milieu et deux ans plus tard, avait publié son autobiographie, Et je danse encore rédigée avec sa compagne. Philippe Clay (1927-2007) : chanteur et comédien. Après des cours d’art dramatique au Conservatoire de Paris puis des débuts sur scène au TNP, il vient à la chanson par le plus grand des hasards, des amis l’ayant inscrit, à son insu, à un concours de chanteurs amateurs dont il sort, contre toute attente, vainqueur. Dans les années 1950, il se produit aux Trois Baudets et dans

les cabarets de Saint-Germain-des-Prés, son répertoire puisant dans les chansons de Claude Nougaro, Boris Vian, Jean-Roger Caussimon et Charles Aznavour. Tout de noir vêtu, des jambes interminables, le visage émacié, c’est – disait Henri Jeanson – « le squelette d’Yves Montand ». Tête d’affiche à Bobino et à l’Olympia à plusieurs reprises, il connaît ses plus grands succès avec Je suis un noyé assassiné, Les Voyous, ou Le Danseur de Charleston. Sa carrière subit un temps d’arrêt jusqu’en 1971 où elle redémarre avec Mes Universités, charge contre l’esprit contestataire de 1968. À deux ou trois exceptions : French Cancan (1955, Jean Renoir) dans lequel il incarne Valentin le Désossé et NotreDame de Paris (1956, Jean Delannoy), le cinéma le sert mal. Il est, en revanche, plus chanceux avec le petit écran, grâce à Pierre Cardinal (La Grande Peur dans la montagne, 1966), Pierre Gautherin (Le Père Noël est en prison, 1971 où il tient le rôle-titre), Jean Pignol (La Sainte farce, 1972), André Flédérick (L’Affaire Miller, 1977), Jean Kerchbron (La Maréchale d’Ancre, 1979, d’après Alfred de Vigny), Hervé Bromberger (La Nuit du général Boulanger, 1982 où il joue Paul Déroulède), Luc Béraud (2001, Des croix sur la mer où il joue … Napoléon ) et Laurent Jaoui (2007, Dombais et fils adapté de Charles Dickens). Mort le 13 décembre 2007, Philippe Clay avait également interprété La Complainte des Apaches, générique de la série Les Brigades du Tigre. Jean-Marie Coldefy (1922-2008) :  réalisateur. Pionnier de la télévision (il avait notamment participé à la réalisation du premier journal télévisé le 29 juin 1949), Jean-Marie Coldefy était né à Saint-Mandé le 2 juin 1922. Il s’est éteint à Rodez, le 23 juin 2008 à l’âge de 86 ans. Réalisateur de nombreux sujets documentaires notamment pour la série Gros plan de Pierre Cardinal et pour La vie sauvage, il a participé à l’aventure de la série En direct de… On lui doit plus de cinquante émissions dramatiques, toutes de bonne facture dont Quitte pour la peur (1961) ; La double inconstance d’après Marivaux (1961), Bonsoir Léon (1971), drame paysan de Jean Cosmos, Raboliot, d’après Maurice Genevois (1972), L’Alchimiste d’après Ben Johnson (1979), Qui j’ose aimer d’après Hervé Bazin, Le journal d’une femme de chambre d’après Octave Mirbeau (1984). Il a signé plusieurs épisodes de la série Messieurs les jurés (1978-1982) et, en 1978, deux épisodes des Enquêtes du Commissaire Maigret (La pipe de Maigret et Maigret et le voleur paresseux). Son œuvre fut plusieurs fois distinguée. C’est ainsi qu’il reçut, en 1962, le prestigieux Prix Italia pour Les Filles de feu, ballet dramatique écrit par Youri d’après les œuvres et la vie de Gérard de Nerval (musique de Maurice Jarre, chorégraphie de Georges

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Skibine), et, en 1963, le Prix Télévision de la Critique pour Tout pour le mieux de Luigi Pirandello. Egalement scénariste et auteur, il signa le plus souvent l’adaptation et les dialogues de ses films. Paula Dehelly (1917-2008) : comédienne. Élève de Louis Jouvet, elle monte sur les planches pour jouer Sartre (Les Mains sales) aux côtés de François Périer et André Luguet. Au cinéma, sa carrière qui débute avec Entrée des artistes (1938, Marc Allégret) est surtout marquée par des rôles de grandes bourgeoises et de religieuses (Les Anges du péché, 1943, Robert Bresson ; Le Dialogue des Carmélites, 1960, Philippe Agostini). Si son nom et son visage demeurent peu connus, sa voix, en revanche, lui permit de faire carrière dans le doublage. Elle fut celle de plusieurs grandes dames de l’écran : Ingrid Bergman, Katharine Hepburn, Alida Valli, Deborah Kerr et Angela Lansbury pour la série Arabesque. Mais on la vit aussi en chair et en os dans des épisodes de plusieurs séries : Les Cinq dernières minutes (1972-1975), Messieurs les jurés (1976), Ces beaux messieurs de Bois-Doré (1976, Bernard Borderie) et L’Ile aux trente cercueils (1979, Marcel Cravenne). Elle fit sa dernière apparition dans Le Dernier fils (1998) d’Etienne Périer. Paula Dehelly est partie le 24 mars 2008. Jean Delannoy (1908-2008) : réalisateur. Jean Delannoy, qui s’est éteint centenaire, le 18 juin 2008, s’était d’abord exercé à plusieurs métiers avant de devenir cinéaste. Monteur pour la Paramount, il réalise ensuite des courts métrages avant son premier long, Paris-Deauville en 1935. Mais c’est avec Macao, l’enfer du jeu (1939), L’assassin a peur la nuit (1942) et Pontcarral, colonel d’empire (1942) qu’il se fait réellement connaître avant de tourner, l’année suivante, L’éternel retour, d’après un scénario de Jean Cocteau puis en 1946, La Symphonie Pastorale, récompensé au Festival de Cannes. Cinéaste éclectique, il signe ensuite des films historiques (Marie-Antoinette, 1956 ; La Princesse de Clèves, 1961), et des adaptations de Simenon (Maigret tend un piège, 1958 ; Maigret et l’affaire Saint-Fiacre, 1959) et de Victor Hugo (NotreDame de Paris, 1956). La Nouvelle Vague qui critique son académisme et dont il devient l’une des cibles favorites ne l’empêche pas de continuer à travailler dans les années 60 et 70 mais avec beaucoup moins de succès. En 1978, il entreprend une carrière sur le petit écran avec Hamlet puis signe notamment L’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut (1978) d’après un scénario de Jean Anouilh, L’été indien (1980) avec Brigitte Fossey, Frère Martin (1981) coécrit avec Alexandre Astruc et Le Crime de Pierre Lacaze (1983) avec Roger Hanin, avant un retour au cinéma en 1988 avec Bernadette.

Jacques Demeure (1929-2008) : critique,  réalisateur. Né au Puy-en-Velay, Jacques Demeure prépare le concours d’entrée à l’IDHEC, anime des ciné-clubs avant de rejoindre la revue Positif dès son troisième numéro où il écrit sur John Huston. Assistant sur quatre courts métrages d’Ado Kyrou, il signe pour le petit écran, la vingtaine de titres de la série des Portraitssouvenirs de Roger Stéphane. Il s’en est allé le 18 août 2008, à 79 ans. Jean Desailly (1920-2008) : comédien. Né le 24 août 1920 à Paris, Jean Desailly montre, dès son plus jeune âge, des dons exceptionnels pour le chant et le dessin. Mais attiré par le théâtre, il obtient le premier prix du Conservatoire en 1942, puis entre à la Comédie Française et l’année suivante, crée Le Soulier de satin de Paul Claudel pour la Compagnie Madeleine Renaud Jean-Louis Barrault. Dans les années 70-80, il fonde, avec sa femme Simone Valère, sa propre compagnie et dirige plusieurs théâtres parisiens (Hébertot, Edouard VII, La Madeleine). On le voit aussi au cinéma où il débute dès 1943 dans Le Voyageur de la Toussaint (1943) de Louis Daquin. Il tient ensuite quelques rôles marquants sous la direction de Jean Delannoy (Maigret tend un piège, 1958), Edouard Molinaro ( La Mort de Belle, 1961) et Jean-Pierre Melville (Le Doulos, 1963). François Truffaut lui offre l’un de ses meilleurs rôles dans La Peau douce en 1964, année où il entreprend une carrière à la télévision. Il est ainsi l’interprète de classiques : La Double inconstance (1964) de Marivaux adapté par Jean-Marie Coldefy, La Cerisaie (1966) de Tchekov signé Jean-Paul Sassy ou Le Misanthrope (1971) de Molière dans une mise en scène de Pierre Dux. Signalons encore Le Chevalier de Maison Rouge (1963) de Claude Barma et la série des Claudine (1978) d’Edouard Molinaro. Il fut encore le narrateur des Rois maudits (1972) et de plusieurs Enquêtes du Commissaire Maigret. Jean Desailly a quitté la scène le 11 juin 2008. Jean Deschamps (1920-2007) : comédien. Près d’une trentaine de films figurent à l’actif de ce comédien mort le 18 septembre 2007 qui, à la télévision, se produisit dans des dramatiques et téléfilms : Cyrano de Bergerac (1960) de Claude Barma, Le Naufrage de Monte Cristo (1977) de Josée Dayan et des feuilletons et séries : Quentin Durward (1971) de Gilles Grangier, Les Rois maudits (1972-1973) de Claude Barma, où il était Charles de Valois, Emile Zola ou la conscience humaine (1978) de Stellio Lorenzi et Madame et ses flics (1985-1986). Pierre Devilder (1922-2008) : comédien. Cet acteur partagea son temps entre cinéma, théâtre et télévision. Cantonné dans des rôles secondaires au

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cinéma (Les Grands ducs, 1996, Patrice Leconte ; Le roi danse, 2000, Gérard Corbiau) et à la télévision où on le vit notamment dans des séries comme Arsène Lupin, Commissaire Moulin, Les Cinq dernières minutes et Julie Lescaut, il tint au théâtre le rôle principal dans plusieurs pièces de Sacha Guitry dont Faisons un rêve et Le Veilleur de nuit. Né le 13 septembre 1922, Pierre Devilder est mort le 19 janvier 2008. Bruno Devoldere (1948-2008) : comédien. Né le 18 mai 1948, disparu le 15 février 2008, Bruno Devoldere s’était révélé au public dans les années 1980 par sa prestation dans Des grives aux loups (1984, Philippe Monnier) après avoir figuré dans le feuilleton Les Dames de la côte (1979) de Nina Companeez où il était le mari de Fanny Ardant et dans plusieurs épisodes des Brigades du Tigre. On le vit aussi dans Les Fiancées de l’empire réalisé en 1981 par Jacques DoniolValcroze. Il prêta aussi sa voix à la série Millenium et à des publicités radiophoniques. Robert Etcheverry (1937-2007) : comédien. Né à Hasparren au Pays basque, lauréat du premier prix de tragédie du Conservatoire en 1958, Robert Etcheverry fit ses débuts à la télévision en 1961 dans Le Rouge et le Noir de Pierre Cardinal où il incarnait Julien Sorel. Ce fut le point de départ d’une carrière marquée par de nombreuses séries historiques dont Le Chevalier Tempête en 1967 de Yannick Andreï dans lequel – écrivent Jacques Baudou et Jean-Jacques Schléret, auteurs dans Les feuilletons historiques de la télévision française. De Thierry la Fronde à Maria Vandamme, Editions Huitième Art, 1992, – « il s’y révélait excellent cavalier et bon bretteur et prouvait qu’il était capable de jouer d’autres personnages que les jeunes premiers romantiques dans lesquels la télévision l’avait cantonné jusqu’alors. Le rôle du fougueux et bondissant Chevalier Tempête lui permit d’ailleurs d’entamer une carrière de héros de feuilletons historiques ». C’est ainsi que suivirent Gorri le diable (1968, Jean Goumain et Pierre Neurrisse) où il était un contrebandier accusé à tort de meurtre, Arpad le tzigane (1973) de Christian-Jaque et Frank Guthke, Les Mohicans de Paris (1973) cosigné par Bernard Borderie et Gilles Grangier où il incarnait Salvator, le héros imaginé par Alexandre Dumas. Robert Etcheverry a posé les armes le 21 novembre 2007. Frédéric H. Fajardie (1947-2008) : romancier,  scénariste. Auteur d’une vingtaine de romans policiers, de plus de 300 nouvelles, de 84 pièces radiophoniques, d’articles de presse, créateur d’un personnage récurrent : le commissaire Padovani, sorte d’inspecteur Harry à la française, Frédéric H. Fajardie a vu certains de ses livres comme Parole de flic et Clause de style portés à l’écran

par José Pinheiro, le premier en 1985 et le second, sous le titre Ne réveillez pas un flic qui dort en 1988, tous deux interprétés par Alain Delon. A la télévision, il signa des adaptations de La fièvre monte à El Pao (1993, Manolo Matji), Marilyn et ses enfants (2003, Charlie Béléteau) et 3 jours en juin (2005, Philippe Venault). Il est parti le 1er mai 2008. Claude Faraldo (1936-2008) : réalisateur,  scénariste, comédien. Disparu le 30 janvier 2008, Claude Faraldo, autodidacte, réalisa son premier film La Jeune morte (court métrage), en 1965 avant d’être, dans les années 1970, l’un des principaux représentants d’un cinéma contestataire avec des films dont il signe, pour la plupart d’entre eux, le scénario et la réalisation, comme Bof ou l’anatomie d‘un livreur (1971) dans lequel un ouvrier, au nom du droit à la paresse, décidait de changer de vie et Themroc (1972) où un peintre en bâtiment interprété par Michel Piccoli, poussait les habitants de son quartier à revenir à l’âge des cavernes. Suivirent Tabernac (1975), Les Fleurs du soleil (1976), Deux lions au soleil (1980) et Flagrant désir (1986), La Veuve de Saint Pierre (2000, sc.). A la télévision, il réalise La Chaîne (feuilleton), Le Serpent vert (1992), Merci pour le geste (1999), signe le scénario de Sarah Bernhardt : une étoile en plein jour (voir fiche). On le vit aussi comme acteur, notamment sur le petit écran, dans des épisodes de Maigret, dans La Rivière Espérance (1995) de Josée Dayan, et dans la série Mafiosa le clan (2006) de Louis Choquette et David Nolan. Claude Farell (1918-2008) : comédienne.  Née en Autriche, cette comédienne fit une carrière internationale sous divers pseudonymes, notamment en France où on la vit dans Dédée d’Anvers (1947) d’Yves Allégret et Le Secret de Mayerling (1948) de Jean Delannoy et, après une carrière en Allemagne, dans Les Compagnons de Jéhu (1966), célèbre feuilleton tiré de l’œuvre d’Alexandre Dumas et réalisé par Michel Drach. Retirée en France, elle nous a quittés le 17 mars 2008. Christine Fersen (1944-2008) : comédienne. Surnommée « la reine Christine », Christine Fersen, doyenne de la Comédie- Française où elle était entrée en 1965, fut essentiellement une femme de théâtre. Ses apparitions sur le petit écran se limitèrent à une dizaine de films dont Un bon patriote (1974) de Gérard Vergez, La Limousine (1976) de Paul Seban et Le roi se meurt (1978) d’Yves-André Hubert d’après Ionesco, ainsi que Les Ritals (Marcel Bluwal, 1991) et Petites (Noémie Lvovsky, 1997). Christine Fersen a quitté la scène le 26 mai 2008.

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Alain Feydeau (1934-2008) : comédien. Petitfils de Georges Feydeau, Alain Feydeau est mort le 14 janvier 2008. Premier prix de comédie en 1958, pensionnaire de la Comédie-Française pendant 25 ans, il s’employa surtout à honorer l’œuvre de son grand-père (Le Dindon, Feu la mère de Madame, La Puce à l’oreille) y compris au cinéma dans Le Fil à la patte (1955) de Guy Lefranc et sur le petit écran dans Mais n’te promène donc pas toute nue (1971, Jacques Audoir) ; il apparut] également dans Ruy Blas (1972) adapté de Victor Hugo par Raymond Rouleau et dans La Folle de Chaillot (1980) de George Paumier d’après Jean Giraudoux. Georges Folgoas (1927-2008) :  réalisateur,  scénariste. Avec Georges Folgoas, disparaissait, le 3 juillet 2008, un pionnier de la télévision. Né à Asnières en 1927, ingénieur électronicien, il avait aussi poursuivi des études théâtrales avant d’entrer, en 1949, à la Radio Télévision Française (RTF). D’abord assistant, notamment de Claude Barma, il est réalisateur dès 1952. Comme ses confrères de l’époque, il touche à tous les genres. A commencer par les variétés, de 36 Chandelles au Sacha Show, de La Classe, aux Grands enfants et aux Grands amis… Le tournage de sujets documentaires le conduit un peu partout dans le monde. Il signe aussi un précieux portrait de Marcel Pagnol. Dans le domaine des « émissions dramatiques », il réalise Merlusse (1965) avec Georges Wilson et Cigalon, avec Michel Galabru, L’Ami Fritz (1967), scénario de Georges Conchon d’après Erkmann et Chatrian; L’Empire céleste de Françoise Mallet-Joris, sur un scénario de Michel Subiela ; La Corrida de la victoire, d’après Georges Conchon, etc. Avec une soixantaine de pièces filmées pour la très populaire émission Au théâtre ce soir, il arrive au second rang, après Pierre Sabbagh, quant au nombre de réalisations, entre 1960 et 1963. Enregistré en public, Au théâtre ce soir, qui décalquait autant que faire se pouvait, le déroulement et l’ambiance d’une représentation théâtrale ne s’embarrassait pas de recherches esthétiques et proposait un large éventail du répertoire théâtral, en majorité des pièces «de boulevard » (mais pas uniquement). Parmi les auteurs les plus représentés, on relève ainsi Albert Husson, André Roussin, Jacques Deval, Edouard Bourdet, Barillet et Grédy, etc., et parmi les metteurs en scène, Jean Le Poulain, Raymond Gérôme, Robert Manuel, etc. Parmi les pièces les plus marquantes enregistrées par Georges Folgoas, on peut citer : Les Affaires sont les affaires (1974) d’Octave Mirbeau, mise en scène par Jean Meyer, La Grande oreille (1966) de PierreAristide Bréal, mise en scène et jouée par Jacques Fabbri, La Locandiera (1973) de Carlo Goldoni, mise en scène par Jacques Ardouin, Lidoire (1973) de Georges

Courteline, mise en scène par Jean Meyer, Madame Sans-Gêne (1974) de Victorien Sardou, mise en scène de Robert Manuel, Marie Octobre (1974), de Jacques Robert d’après le film de Julien Duvivier, La Nuit des rois (1973) de William Shakespeare, adaptation de Jean Anouilh et mise en scène de Jean Le Poulain, Les Quatre vérités (1973) de Marcel Aymé, avec Jacques Duby, La Terre des autres (1973), du même Marcel Aymé, mise en scène par Raymond Rouleau, etc. Au théâtre ce soir a été successivement diffusé sur la première chaîne, puis la deuxième chaîne de l’ORTF, enfin sur TF1 (alors chaîne publique). Georges Folgoas, dès les « années héroïques » de son entrée à ce qui était alors la RTF, avait cru à la télévision : « et pourtant, en cette époque artisanale, c‘était un métier de fou, de chercheur d’or, d’aventurier, car il fallait tout faire et tout inventer » Il nous a quitté le 3 juillet 2008. Hubert Gignoux (1915-2008) : comédien. Ancien pensionnaire de la Comédie-Française, metteur en scène, pionnier de la décentralisation théâtrale publique, Hubert Gignoux, mort le 26 février 2008, à l’âge de 93 ans, fut essentiellement un homme de théâtre. Il avait d’ailleurs reçu un Molière d’honneur en 2000. On le vit dans une dizaine de films de télévision dont Les Compagnons d’Eleusis (1975) de Claude Grinberg, La Vierge folle (1978) de Jean Kerchbron, Aurélien (1978) de Michel Favart et dans plusieurs épisodes des collections Les Cinq dernières minutes et Messieurs les jurés. Thierry Gilardi (1958-2008) :  journaliste. Né le 26 juillet 1958 à Saint Germain en Laye, journaliste sportif, Thierry Gilardi, diplômé des sciences politiques de Paris, avait débuté en 1982 à France Inter. En 1986, il rejoint Canal + et présente Jour de Foot et L’Equipe du Dimanche. En 2004, il passe à TF 1 où il prend la suite de Thierry Roland mis à la retraite. Il forme alors, avec son ami le consultant Jean-Michel Larqué, une paire appréciée. Son enthousiasme, sa compétence, sa connaissance du jeu, la précision de son analyse, en avaient fait un commentateur très populaire. S’il était plus spécialisé dans le football, il nourrissait aussi une affinité particulière pour le rugby et assumait la viceprésidence du Stade Français. C’est ainsi avec un grand bonheur qu’il avait commenté le Mondial du ballon ovale en 2007. Grand fumeur (on se souvient de sa voix éraillée), il est parti le 25 mars 2008, à 49 ans. Pierre Granier-Deferre (1927-2007) : réalisateur. D’abord assistant de Jean-Paul Le Chanois, Marcel Carné et Denys de la Patellière, Pierre Granier-Deferre débute à l’apparition de la Nouvelle Vague. Son premier succès, La Métamorphose des cloportes (1965) adapté

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par Michel Audiard d’un roman d’Alphonse Boudard le situe dans le prolongement de la « qualité française » et se concrétise par de brillantes adaptations de Simenon, écrivain avec lequel il se sentait beaucoup d’affinités. Ainsi, Le Chat (1971) et La Veuve Couderc (1971) donnent lieu à de brillants duels d’acteurs entre Jean Gabin et Simone Signoret pour le premier, Alain Delon et Simone Signoret pour le deuxième. Autre réussite : Le Train (1973) avec Jean-Louis Trintignant et Romy Schneider, comédienne qu’il dirige à nouveau dans Une femme à sa fenêtre (1976) mais sans retrouver le même succès. Après plusieurs échecs, il se tourne vers la télévision où il met en scène La Dernière fête (1996) avec Charlotte Rampling ainsi qu’une quinzaine d’épisodes de Maigret avec Bruno Cremer. Pierre Granier-Deferre est décédé le 16 novembre 2007 Clément Harari (1919-2008) :  comédien. Né au Caire le 10 février 1919, mort le 16 mai 2008, Clément Harari se spécialisa dans les rôles de trafiquant, d’escroc et de fripouille dans plus d’une centaine de films français comme Les Espions (1957) de Henri-Georges Clouzot, En cas de malheur (1958) de Claude Autant-Lara, Une aussi longue absence (1961) d’Henri Colpi mais aussi dans quelques productions américaines comme Charade (1962) de Stanley Donen. Présent sur le petit écran dès 1958 dans La Fille de la pluie de Jean Prat, il fut encore l’interprète d’un épisode du Commandant X (1963) de Jean-Paul Carrère, Le Matelot de nulle part (1964) de Marcel Cravenne pour le Théâtre de la jeunesse, David Copperfield (1965) du même réalisateur, La Malle de Hambourg (1972) de Bernard Hecht, Les Rosenberg ne doivent pas mourir (1975) de Stellio Lorenzi et surtout de L’Homme sans visage (1975) de Georges Franju et de sa version cinéma Les Nuits rouges, à propos duquel Claude Beylie écrivait dans la revue Écran 75 n° 32 « Le personnage du docteur Dutreuil, superbement incarné par Clément Harari, est une charge inénarrable de tous les médecins fous de l’écran, de Caligari à Phibes, jusqu’à Pierre Brasseur dans Les yeux sans visage, il roule des yeux exorbités comme aux plus beaux jours du Grand-Guignol ». Lucien Jeunesse (1924-2008) : animateur, comédien. Disparu le 4 mai 2008 à l’âge de 89 ans, Lucien Jeunesse, célèbre animateur du Jeu des mille francs sur France-Inter avait d’abord été acteur et chanteur d’opérette au Casino de Paris, aux Folies-Bergère et à l’ABC. Comme chanteur, il avait participé aux premières émissions de radio sur Radio-Luxembourg et enregistré plusieurs disques dans les années 1950, époque où il doublait aussi des films américains, notamment la série Davy Crockett de Walt Disney. Il avait également prêté sa voix à Philippe Lemaire dans

Nous irons à Paris (1949, Jean Boyer) avec l’orchestre de Ray Ventura et joué un présentateur de télévision dans Chaussette surprise (1978) de Jean-François Davy. Sur le petit écran, il fut l’interprète de Jean Canolle dans Les Habits du Grand-Duc (1972) adapté d’un conte d’Andersen. Nicole Jonesco (1928-2008) : comédienne. Cette actrice disparue le 29 août 2008 tourna une vingtaine de films entre 1948 et 1976. Elle fut l’une des voix des Douze travaux d’Astérix de René Goscinny. Pour le petit écran, elle tourna Le Réveillon (1955, Marcel Bluwal) et On roule à deux (1960, Georges Folgoas). Philippe Khorsand (1948-2008) : comédien. A 16 ans, Philippe Khorsand s’inscrit au Cours Simon où il fait la connaissance de Jean-Michel Ribes qui le dirigera à plusieurs reprises sur scène et le fera accéder à la notoriété avec ses fameuses et désopilantes séries comiques Merci Bernard (1982) et Palace (1988). Ensemble, ils écrivirent aussi Rien ne va plus (1979). Au théâtre, Philippe Khorsand interpréta les auteurs les plus divers : Garcia Lorca, Beaumarchais, Topor, Shakespeare, Edmond Rostand, Offenbach, etc. Au cinéma, il fut un second rôle pittoresque sous la direction notamment de Claude Lelouch qui l’employa dans Edith et Marcel (1983), Les Misérables (1994) où il était Javert, Hommes, femmes mode d’emploi (1996) mais sa filmographie affiche aussi les noms de Jean-Luc Godard avec Soigne ta droite (1987) et Eric Rochant avec Total Western (2000). Le même éclectisme se retrouve dans sa carrière télévisée qui le vit prêter ses traits à Aristophane dans Le Banquet (1989) de Marco Ferreri, et apparaître dans des téléfilms tels que Des enfants dans les arbres (1994, Pierre Boutron) et L’Aîné des Ferchaux (2001, Bernard Stora) ou dans la série à succès Une famille formidable de Joël Santoni dont il était l’un des piliers. Philippe Khorsand a quitté les plateaux le 29 janvier 2008. Jacques Krier (1926-2008) : réalisateur. Disparu à 81 ans, le 24 août 2008, à Digne-les-Bains, Jacques Krier fut l’un des pionniers et des réalisateurs les plus importants de la télévision française, l’un des inventeurs de « l’écriture par l’image », imaginant pour la télévision une approche de la fiction, réaliste et quasi documentaire. Cette nouvelle forme de fiction, à l’écoute des problèmes de la société n’était pas sans rappeler ce que fut, l’école néoréaliste italienne. On sait aussi que cette nouvelle manière de tourner a inspiré, la Nouvelle Vague du cinéma français. Né à Nancy en 1926, Jacques Krier, passionné de cinéma, avait fondé avec Jean L’Hôte le ciné-club de cette ville. Après des études de philosophie et de droit, il entre à l’IDHEC. À

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l’ORTF, il réalise pour la série de Jean-Claude Bergeret, À la découverte des Français (1956-1958) dont il assura ensuite la co-direction, un documentaire sur la crise du logement, Rue du Moulin du Moulin de la Pointe, tourné dans une courée du 13ème arrondissement de Paris, emblématique de ces enquêtes télévisées, participant à l’anthropologie sociale de Paul Henry Chombart de Lauwe, partenaire de ce tour de France à l’écoute des gens qui a distingué alors le documentaire à la télévision française. Il collabore comme journaliste et réalisateur à Cinq Colonnes à la Une. Pour la série d’Eliane Victor, Les Femmes aussi, il tourne Les Matinales (1967) sur les femmes de ménages, un classique de notre télévision dédié à ces travailleuses, souvent âgées, qui traversent la ville à pied la nuit et travaillent, avant que n’arrivent les personnels des entreprises. Ce film se doublait d’une prouesse technique, Jacques Krier ayant choisi, dans un souci de réalisme, de ne pas éclairer. Le directeur de la photo Albert Schimel dut « traquer » la lumière. Jacques Krier réalise également pour la même série Le Prix du deuxième, sur le choix pour un couple, d’avoir un second enfant. Avec Marcel Trillat, il réalisera plus tard une fiction sur ce thème, Un changement de saison. Il s’inspire en effet de la réalité pour jeter les bases d’une nouvelle forme de fiction, d’abord en osant sortir des studios des Buttes Chaumont, les énormes caméras d’alors, puis en tournant en 16 mm avec la nouvelle caméra Coutant utilisée pour les reportages de Cinq colonnes à la une, légère et très maniable. Il filme en décors naturels, souvent avec des acteurs peu connus, voire non professionnels recrutés parmi les gens du crU. Il laisse alors une large place, pour les dialogues, à l’improvisation sur un canevas donné. Ses héros sont des gens du peuple, ouvriers, employés, paysans, pêcheurs, immigrés, chômeurs et il dirige ses comédiens, professionnels ou non, avec la gentillesse et la douceur qui le caractérisaient dans tous les moments de sa vie. Ses fictions racontent des histoires simples, des chroniques de la vie, fondées sur une observation méticuleuse et fraternelle, comme Un matin à Grisolles (1961) réalisé avec Jean-Pierre Bergeret, ou encore Une histoire d’amour (1962) sur le quotidien des habitants des grands ensembles de Sarcelles, Un mariage à la campagne (1967) où il utilise pour la première fois dans une fiction la caméra Coutant, Le Petit boxeur (1970), Pays (1973), Le dernier train (1979) sur la vie des cheminots, Ça va, ça va (1980) écrit avec Michèle O’Glor sur la vie d’un jeune couple confronté au chômage, La Rescousse (1982), L’ombre des bateaux sur la ville, (1984), Tu peux toujours faire tes bagages (1984). Comme Maurice Failevic, son émule et compagnon de route dans le téléfilm d’inspiration sociale, et quelques autres, diplômés de l’IDHEC, il est venu à la télévision par choix, désireux de servir un

media populaire par excellence. Il a imaginé, témoignant d’une audace et d’une originalité, souvent absente du cinéma, des fictions fondées sur l’observation de la réalité. Avec toujours beaucoup de générosité et, une touche de poésie. Sur la spécificité de la télévision, il déclarait : « L’important, c’est la qualité et la nature du rapport qui va s’établir ; il faut écrire et filmer pour une ou deux personnes. La télévision n’est pas un spectacle mais une communication particulière, où l’auteur dit ce qu’il a sur le cœur. Le gros plan, les yeux dans les yeux, est le plan télévisuel par excellence. Cadrer quelqu’un en gros plan, c’est le cadrer à la taille normale de quelqu’un qui serait chez soi, que l’on pourrait regarder dans les yeux. Rien à voir avec le cinéma où le gros plan est un monument, une chose extraordinaire, beaucoup plus qu’un visage » Fidèle à ses convictions, cet artisan de la culture populaire fut également fidèle, tout au long de sa vie au parti communiste et pour la défense des réalisateurs, fut, en outre, un militant très actif de la CGT.
Sur Jacques Krier, voir le chapitre qui lui est consacré, Jacques Krier : l’écriture par l’image et par le cœur, p. 265 à 272, dans 200 téléastes français, par Christian Bosséno, éditions Corlet, CinémAction, 600 pages, septembre 1989.

Henri Labussière (1921-2008) : comédien. Disparu à 87 ans le 16 juin 2008, Henri Labussière qui avait débuté dans la troupe de Jean-Pierre Grenier et Olivier Hussenot, était surtout connu pour sa voix qu’on a pu entendre dans de nombreux films d’animation. Il avait été celle du professeur Tournesol dans la série animée des aventures de Tintin (1991-1992), celle du druide Panoramix dans la plupart des adaptations en dessins animés des aventures d’Astérix, celle du grand-père dans Les Razmoket (2002). À la télévision où il avait débuté en 1955 dans Knock ou le triomphe de la médecine (1955) de Marcel Cravenne, il tint de petits rôles dans des épisodes de séries tels que Commissaire Moulin, Les enquêtes du commissaire Maigret, Les cinq dernières minutes et apparut à plusieurs reprises dans Au théâtre ce soir. Alain Levent (1934-2008) : directeur  de  la  photographie,  réalisateur. Décédé le 28 août 2008, Alain Levent avait été le chef opérateur de plus de 80 films signés Agnès Varda (Cléo de 5 à 7, 1962), Jacques Rivette (Suzanne Simonin, la religieuse de Diderot, 1966), Laurent Heynemann (La Question, 1977 ; Le Mors aux dents, 1979). À partir de 1978, il s’était beaucoup consacré à la télévision, collaborant notamment avec Caroline Huppert (Elle voulait faire du cinéma, 1983), Edouard Molinaro (Un métier du seigneur, 1986), Roger Hanin (Un coupable, 1988), Philippe Triboit (Maria, fille de Flandre, 1995), Mehdi

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Charef (La Maison d’Alexina, 1999), Pierre Boutron (L’Affaire Dominici, 2003 ; Le Silence de la mer, 2004 ; Le Rainbow Warrior, 2006), Philippe Laïk (Le Voyageur de la Toussaint, 2007). En 1983, il avait réalisé La Traversée de l’Islande. Bernard Lion (1939-2008) : réalisateur. Le destin a voulu que « rendent l’antenne » la même année, Jacques Martin et Bernard Lion, les créateurs du magazine culte Le Petit Rapporteur dont Bernard Lion fut le réalisateur. Né en mars 1939 à Boulogne-Billancourt, Bernard Lion fut tout à la fois et parallèlement, réalisateur et producteur à la télévision, organisateur et metteur en scène de spectacles, directeur artistique, etc. Après avoir débuté au cinéma comme assistant de Sacha Guitry, il était entré à l’ORTF en 1961. Il participe alors à de grands magazines d’informations comme Panorama et Tel quel, initie en 1970, le JT en couleurs de la deuxième chaîne, 24 heures sur la 2. Mais c’est dans le domaine des variétés qu’il s’illustre le plus en réalisant de grandes émissions populaires comme Top à…, Numéro 1, Le Sacha show en collaboration avec Maritie et Gilbert Carpentier. Homme de direct, il filme de grands événements comme les obsèques du Général de Gaulle, les soirées électorales, les missions Apollo, le Concours de l’Eurovision 1978, etc. Grand amateur de jazz, il fonde, en 1969, le Festival de Jazz de Châteauvallon où se produisent les plus grands musiciens. En direct, il filme de prestigieux concerts dans Jazz à Châteauvallon et enregistre le magazine Jazz portrait, une mine pour les musicologues. Parallèlement il met en scène toute une série de spectacles de variétés pour Michel Sardou, Charles Trenet, Charles Aznavour. Il imagine des dispositifs mariant lumière noire et lasers. De 1981 à 1998, il met en scène, comme directeur de la Société des Bains de Mer de Monte Carlo, les plus grandes vedettes mondiales : Jerry Lewis, Frank Sinatra, Sammy Davis Junior, Liza Minnelli, etc. Ceux qui l’ont connu garderont le souvenir chaleureux d’un homme puissant et élégant, grand amateur de cigares, doté d’un humour souvent dévastateur. De son père qui était à la tête du plus grand magasin de disques de Paris, Symphonia, avenue des Champs Elysées, il avait acquis ce goût pour la variété, mais aussi pour le jazz. Il était également connu pour avoir réuni l’une des plus riches collections d’enregistrements originaux, des 78 tours aux microsillons. Il s’est éteint le 26 avril 2008. Jean-Pierre Lorrain (1923-2008) : comédien. Spécialisé dans le doublage, acteur dans une trentaine de films au cinéma, Jean-Pierre Lorrain était apparu à la télévision dans des séries populaires comme Belle et Sébastien (1965, Cécile Aubry, Jean Guillaume) et Aux frontières du possible (1971) et dans deux téléfilms

signés Philippe Ducrest en 1982 : Le Cercle fermé et Mettez du sel sur la queue de l’oiseau pour l’attraper. Il est mort le 31 mars 2008. Colette Maire (1952-2008) : comédienne. Actrice de théâtre avant tout, Colette Maire, disparue le 11 février 2008 était surtout apparue dans des pièces de boulevard (Toa, Bobosse, Boeing Boeing, Les Oeufs de l’autruche). Elle n’avait fait que de rares apparitions sur le petit écran dans des épisodes de Julie Lescaut, P.J. ou Maigret. Jacques Martin (1933-2007) :  animateur,  producteur,  etc. Avec Jacques Martin, s’en est allée la personnalité la plus populaire de la télévision française. Imitateur, auteur, parolier, chanteur, producteur, animateur, c’était un surdoué aux talents multiples, capable aussi bien d’entonner La pêche aux moules… que d’interpréter un air d’opéra ou de mettre en scène La Belle Hélène d’Offenbach. Né à Lyon le 23 juin 1933, il perd son père très jeune et fait ses « humanités » dans un collège religieux, ce qui – réaction bien connue – en fera un « bouffeur de curés ». Après des débuts au musichall, il entre en 1959 à l’ORTF. Parallèlement il débute à la radio sur Europe 1, avant de former sur RTL une paire célèbre avec son complice Jean Yanne. A la télévision il a présenté notamment, deux ans durant, Midi magazine avec Danièle Gilbert qu’il appelle affectueusement « La grande Duduche ». En 1964, il anime avec Jean Yanne, 1=3. Le 19 janvier 1975, il lance sur la Une, l’émission qui assure sa renommée et dont le souvenir reste intact aujourd’hui, Le Petit Rapporteur. Elle ne dure que 18 mois, soient 58 numéros mais demeure une référence du patrimoine audiovisuel français. Ce magazine dominical qui réunissait régulièrement 20 millions de téléspectateurs, se distinguait par son insolence iconoclaste, son second degré et sa drôlerie. L’une des idées géniales de son initiateur qui sera ensuite souvent reprise (Christine Bravo, Laurent Ruquier) avait été de réunir une « bande » de chroniqueurs réguliers. Cette équipe farfelue qui l’accompagnait dans l’aventure du Petit Rapporteur, réalisé par Bernard Lion, regroupait notamment, Daniel Prévost, Stéphane Collaro, le dessinateur Piem, Pierre Desproges et Pierre Bonte. Le magazine qui n’hésitait pas à brocarder la classe politique fut supprimé en dépit de son immense succès. Dans un esprit voisin, Jacques Martin lance, sur Antenne 2, La Lorgnette, sans retrouver toute la dérision et la causticité provocatrice du Petit Rapporteur. Suivra Incroyable mais vrai (1980). Entre temps, sous le titre générique Dimanche Martin, il occupe l’après-midi des dimanches avec notamment L’Ecole des fans qui démarre en 1977. Programme familial extrêmement suivi mais qui n’évite pas toujours le « plan plan »

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voire la niaiserie. En 1989, il lance Laurent Ruquier avec Ainsi font font font font, un magazine qui accueille pour ses débuts Laurent Gerra. En 1998, victime d’un malaise au cours des répétitions de son émission, Sous vos applaudissements, il est contraint d’abandonner définitivement les plateaux. Jean-Claude Brialy lui succède dans le créneau dominical aujourd’hui occupé par Michel Drucker. Jacques Martin a eu pour compagne la comédienne Danièle Evenou (qui épousera en secondes noces le ministre Georges Fillioud), avec laquelle il eut deux enfants (dont David, cuisinier et chroniqueur, notamment à Télématin). Il se maria trois fois, notamment avec Cecilia Ciganer Albeniz qui épousera plus tard Nicolas Sarkozy et dont il eut deux filles. Il fut père de huit enfants. Il termina sa vie, reclus, dans une suite de l’Hôtel du Palais, à Biarritz où, ironie du sort, se tient chaque année le FIPA, Festival International des Programmes Audiovisuels, sans que jamais les festivaliers ne se doutent de cette proximité avec le plus irrévérencieux serviteur de la télévision française dont quelques morceaux choisis sont rediffusés régulièrement, toujours avec le même succès. Jacques Martin a définitivement quitté la scène le 14 septembre 2007. Pierre Miquel (1930-2007) : historien. Agrégé d’histoire, diplômé de philosophie et docteur ès lettres, auteur de plus d’une centaine d’ouvrages, Pierre Miquel était devenu l’un des spécialistes de la Première Guerre mondiale à laquelle il avait consacré de nombreux ouvrages. Parallèlement, il mena une carrière à la radio et à la télévision où, dans les années 1970, il fut responsable des documentaires à l’ORTF puis à Antenne 2. Victime d‘une hémorragie cérébrale en 2005, il resta paralysé jusqu’à sa mort le 2 novembre 2007. Jérôme Minet (1955-2008). Né à Paris en 1955, élève au lycée Louis-le Grand, il en est exclu, en seconde, à 15 ans, en 1969, dès le premier trimestre. Très politisé après mai 1968 et militant maoïste, il n’avait pas hésité à séquestrer le proviseur, avant de l’abandonner sur un petit canot pneumatique au milieu d’une pièce d’eau. Après ce haut fait situationniste, il étudie l’histoire des beaux-arts, s’adonne à de petits boulots avant de choisir la photographie (qu’il enseigne notamment à l’Université de Saint-Denis, héritière de celle de Vincennes), de créer son agence et d’exercer notamment comme photographe de plateau. En 1991, il se lance dans la production et crée la société Tanaïs qui fusionne en 1999 avec Pathé TV dont il devient directeur général. En 2001, la société est achetée par le groupe Lagardère, au sein de laquelle, directeur général adjoint, il dirige plus spécifiquement des productions regroupées sous le label Studio International. En 2005,

il redevient indépendant et crée une nouvelle structure reprenant le nom de Studio International. La société Telfrance acquiert 50,10 % du capital. Toujours épris d’indépendance, il quitte alors le groupe et crée en juin 2007 une nouvelle structure Main d’Or Création. Son palmarès est impressionnant : Novacek (Série, 9 épisodes) de Marco Pico, 1993-1994, France 2 ; Pépé Carvalho (Série, 11 téléfilms) 1998-2004, Arte ; A cran d’Alain Tasma, Marie Montarnal, 2 épisodes, France 2 ; Le champ Dolent (4 épisodes) d’Hervé Baslé, 2001, France 2 ; Le jeune Casanova de Giacomo Battiato, 2001, France 2 ; Le Meilleur Commerce du monde de Bruno Gantillon, Gérard Carré, 2003, France 3 ; Colette (2 épisodes) de Nadine Trintignant, 2003, France 2 ;Bel Ami de Philippe Triboit, 2004, France 2 ; Les Zigs de Jacques Fansten, Gérard Carré, 2006, France 2 ; L’affaire Villemin, 6 épisodes de Raoul Peck, Pascal Bonitzer, France 3, Arte.Tragédie en direct, Marc Rivière, Marie Montarnal, 2007, France 2 ; Tamanrasset de Merzak Allouache, 2007, Arte ; La Mort n’oublie personne, de Laurent Heynemann, Marie-Pierre Thomas, inédit, France 2, Les Vivants et les morts, Gérard Mordillat, 8 épisodes, inédit, Arte. Quelques semaines avant sa mort, Jérôme Minet, époux, à la ville de la scénariste Marie Montarnal, avait accompagné, au Théâtre du Rond Point, le 4 février 2008, Raoul Peck qui venait recevoir le Prix Télévision de la Critique (voir Que la fête commence). Ce producteur, jaloux de son indépendance, engagé, passionné, a bien servi la télévision. Pierre Mirat (1924-2008) : comédien. Près d’une centaine de films et téléfilms jalonnent la carrière de ce comédien à la faconde toute méridionale, né le 12 février 1924 à Montauban, disparu le 16 juillet 2008. Plus que ses apparitions souvent très brèves, on se souvient surtout de son célèbre « A quoi ça sert que Ducros y se décarcasse ? » pour une marque de produits alimentaires. Les plus anciens se souviendront aussi qu’il fut l’un des personnages du premier feuilleton quotidien français, Le Temps des copains. Il avait également participé au doublage de dessins animés comme Astérix et la surprise de César (1985) et Astérix chez les Bretons (1986). Jacques Morel (1922-2008) : comédien. Tout comme Pierre Mirat, Jacques Morel avait prêté sa voix aux dessins animés adaptés des bandes dessinées d’Uderzo et Goscinny pour lesquels il était Obélix. Né le 29 mai 1922 à Paris, décédé le 9 avril 2008, il était devenu, au fil d’une carrière commencée pendant la guerre, l’un des seconds rôles indispensables au cinéma et au théâtre français. Après des débuts de chansonnier, il fut l’interprète de quelques grands réalisateurs comme Sacha Guitry (Si Versailles m’était conté, 1954 ; Si Paris

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nous était conté, 1956) pour qui il avait également créé trois pièces dont Le mari, la femme et l’amant, René Clair (Les Grandes manœuvres, 1955), Jean Delannoy (Marie-Antoinette, 1956, où il joue Louis XVI, rôle qu’il reprit en 1962 à la télévision pour L’Affaire du collier de la reine réalisé par Guy Lessertisseur dans le cadre de La Caméra explore le temps, Jean Renoir (Elena et les hommes, 1956). Sur le petit écran, sa silhouette enveloppée et son visage tout en rondeur firent la joie des téléspectateurs assidus d’Au théâtre, ce soir pour qui il joua Edmée, Patate ou J’y suis, j’y reste et interpréta de nombreuses séries populaires : De nos envoyés spéciaux (1965) écrit par Jean Amadou et Daniel Cauchy, Quelle famille ! (1965) de Roger Pradines, Châteauvallon (1985) de Serge Friedman et enfin Julien Fontanes, magistrat (1980), personnage inspiré d’un juge de la Direction des affaires criminelles. Michel Parbot (1938-2008) : grand  reporter,  réalisateur et directeur de la photographie. Disparu le 3 août 2008 à l’âge de 69 ans, Michel Parbot avait commencé sa carrière en 1961 à l’agence de reportage UPI avant de rejoindre World TV Press et de travailler pour des magazines phares de l’ORTF : Cinq colonnes à la une et Panorama. Il fut également correspondant de guerre en Algérie et au Vietnam. En 1983 il couvrit en outre le débarquement des troupes américaines à Grenade. Ses images, les seules de l’événement, firent le tour du monde. Il travaillait alors pour Sygma Télévision, une agence qu’il avait fondée en 1974 avec Hubert Henrotte. Il est également l’auteur de Caméra Reporter publié chez Flammarion et l’auteur d’un film, Oh ! America (1975). Raymond Pellegrin (1925-2007) : comédien. Né le 1er janvier 1925 à Nice, Raymond Pellegrin doté d’une solide expérience théâtrale, fait ses débuts grâce à Marcel Pagnol qui, dans Naïs en 1945, lui confie le rôle peu sympathique d’un fils de bonne famille particulièrement veule, puis, en 1952, celui de l’instituteur amoureux de Manon des sources. Tout au long de sa carrière, Raymond Pellegrin incarna des personnages de bourgeois mais surtout beaucoup de rôles de gangsters, de traîtres, de salauds, d’ordures. Malgré tout, l’une de ses compositions les plus magistrales, demeure celle de Napoléon dans le film réalisé par Sacha Guitry en 1955, rôle qu’il reprendra dans Vénus impériale (1963) sous la direction de Jean Delannoy et à la télévision en 1961 dans Le Drame de Sainte-Hélène de Guy Lessertisseur pour La Caméra explore le temps. Dans les années 1950-60, Raymond Pellegrin joue pour la plupart des metteurs en scène dont les films sont qualifiés de « qualité française » : André Cayatte (Nous sommes tous des assassins, 1951), Henri Verneuil (Le fruit défendu, 1952), Henri Decoin

(Les Intrigantes, 1954) puis Jean-Pierre Melville qui le dirige dans Le Deuxième souffle (1966). Un peu plus tard, il tourne avec Yves Boisset (Le Saut de l’ange, 1971), Claude Lelouch (Les Uns et les autres, 1981, Vive la vie, 1984) et Jean-Claude Missiaen (Ronde de nuit, 1983) mais aussi à l’étranger, en Allemagne, en Espagne, en Italie et dans des productions américaines signées Nicholas Ray (Amère victoire, 1957), Sidney Lumet (Vu du pont, 1962) et Fred Zinnemann (Et vint le jour de la vengeance, 1964). Comme beaucoup de comédiens de sa génération délaissés par la Nouvelle Vague, il entreprend, dans les années 70, une deuxième carrière sur le petit écran qui l’emploie volontiers dans des registres inhabituels, telle la comédie de boulevard (Mais n’te promène donc pas toute nue, 1978 et On purge bébé, 1979, signés Jeannette Hubert ou Messieurs les ronds de cuir de Daniel Ceccaldi, 1978), la saga historique (Louisiane, 1984) de Philippe de Broca) et des adaptations littéraires (Adorable Julia, 1988, d’Yves-André Hubert d’après Somerset Maugham et La Garçonne, 1988 d’Etienne Périer d’après Victor Marguerite. Plus traditionnellement, il est mêlé à des intrigues policières, notamment dans Le Truqueur (1982) d’Abder Isker, Châteauvallon (1985) de Serge Friedman où il interprète un émigré hongrois et Triplé gagnant (1989-1992) où il incarne le commissaire Rocca. Marié à Giselle Pascal disparue quelques mois plus tôt, Raymond Pellegrin l’a rejointe le 14 octobre 2007. Yves Peneau (1921-2008) : comédien. Employé dans de petits rôles, Yves Peneau participa à une trentaine de films et téléfilms aussi divers que La Guerre des boutons (1962, Yves Robert), Muriel ou le temps d’un retour (1963) d’Alain Resnais qui le dirigea encore dans Stavisky (1974) où il jouait Trotski et Mon oncle d’Amérique (1980) et à la télévision dans La Mort d’un guide (1975, Jacques Ertaud), Salavin (1975, André Michel) et dans trois épisodes des Brigades du Tigre entre 1976 et 1983. Jean-François Rémi (1924-2007) : comédien  et  metteur  en  scène. Décédé le 21 décembre 2007, Jean-François Rémi fut pensionnaire de la ComédieFrançaise à la fois comme comédien et comme metteur en scène. Au cinéma, il ne fit qu’une carrière bien modeste même si Alain Resnais (La Guerre est finie, 1966) ou Claude Lelouch (Si c’était à refaire, 1976 ; A nous deux, 1979) eurent l’occasion de le diriger. De sa carrière sur le petit écran, on retiendra surtout son rôle dans Aux frontières du possible (1971-1974), l’une des rares séries de science-fiction françaises. Il fut aussi pendant trois ans Président de l’Association des comédiens combattants.

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Xavier Renoult (1917- 2008) : comédien. Parti le 3 mai 2008, il joua au théâtre, notamment sous la direction de Jean-Louis Barrault et sur le petit écran. On le vit dans La Caméra explore le temps, L’Inspecteur Leclerc enquête, Les Enquêtes du commissaire Maigret et Les Brigades du Tigre. Jacques-Francis Rolland (1922-2008) : écrivain,  scénariste. Auteur d‘une dizaine de romans dont l’un, Un Dimanche inoubliable près des casernes, avait obtenu en 1984 le Prix du roman de l’Académie française, Jacques-Francis Rolland fut aussi un grand résistant. En tant que correspondant de guerre, il avait couvert le procès de Nuremberg. De 1956 à 1963, il fut directeur littéraire du magazine France-Observateur. En tant que scénariste, il participa à plusieurs films historiques : Les Fossés de Vincennes (1972), SaintJust ou la force des choses (1975) tous deux de Pierre Cardinal, Lazare Carnot ou le glaive de la révolution (1978) de Jean-François Delassus, Le Tumulte d’Amboise (1978) de Serge Friedman et La Guerre des trois Henri (1978) de Marcel Cravenne pour la série Les Grandes conjurations. Il est mort le 3 juin 2008. Robert Rollis (1921-2007) : comédien. Né en 1921 d’un père technicien travaillant aux FoliesBergère, Robert Rollis débuta par de la figuration avant d’obtenir des rôles un peu plus consistants. C’est Christian-Jaque qui le fit débuter à l’écran en 1938 dans Les Disparus de Saint-Agil. Suivirent plus d’une centaine de films, en majorité des films comiques dont ceux créés à la scène par la troupe des Branquignols : La Belle Américaine (1961), Allez France ! (1964), Le Petit baigneur (1968). Robert Rollis prêta également sa voix à de nombreux dessins animés. Sur le petit écran, il fut notamment dirigé par Pierre Tchernia dans Un beau petit milliard (1992) et Le Passe-muraille (1977) d’après Marcel Aymé, il participa encore à de très nombreuses séries et feuilletons dont l’un des plus célèbres, Thierry la Fronde (1963) de Robert Guez où il était Jehan, l’un des compagnons du héros-titre. Il est parti le 6 novembre 2007. Serge Rousseau (1930-2007) : agent  artistique,  comédien. Interprète de rôles secondaires dans des films de François Truffaut (La Mariée était en noir, 1968 ; Baisers volés, 1968), il fut aussi chanteur, acteur de théâtre et de télévision. Il apparut dans Le Chandelier (1959, Roland-Bernard d’après Musset), Les Cinq dernières minutes, Thierry la Fronde avant de fonder avec Gérard Lebovici et Michèle Meritz, l’agence Artmédia qui découvrit, parmi d’autres comédiens, Gérard Depardieu, Isabelle Adjani, Nathalie Baye et André Dussollier. En 1992, il avait quitté Artmedia pour

rejoindre une autre agence, Cinéart. Il nous a quittés le 6 novembre 2007. Henri Salvador (1917-2008) : chanteur. Disparu à 90 ans le 13 février 2008, Henri Salvador avait fait ses adieux sur la scène du Palais des Congrès en décembre 2007. Parmi ses chansons les plus populaires, figurent Syracuse, Une chanson douce, Zorro est arrivé, Le Travail, c’est la santé, etc. Après avoir fait partie de l’orchestre de Ray Ventura lors de sa tournée en Amérique du sud, il entame une carrière en solo, combinant sur ses albums, chansons douces et chansons fantaisistes. Un temps associé à Boris Vian qui écrivit pour lui, il devient aussi parolier. Il prêta aussi sa voix au doublage de plusieurs films d’animation et débuta à la télévision en 1968 dans Salves d’or, une série de quatre émissions suivies en 1973 de Dimanche Salvador et en 1981 d’une série de « shows à l’américaine » pendant les fêtes de fin d’année. Pascal Sevran (1945-2008) :  animateur,  producteur,  écrivain. Né Jean-Claude Jouhaud à Paris le 16 octobre 1945, Pascal Sevran est mort à 62 ans, le 9 mai 2008, à Limoges. Passionné par la chanson, il fréquente au début des années 60, l’émission de Mireille, Le Petit Conservatoire de la chanson avant d’écrire plus de 500 chansons, en particulier pour son amie Dalida (Il venait d’avoir 18 ans). Il publie chez Orban en 1979 son premier roman Le Passé complémentaire (Prix Roger Nimier). Suivront Vichy dancing et Un garçon de France (1982), porté à l’écran par Guy Gilles. Au total il est l’auteur de plus de 25 ouvrages (romans, biographies ou journaux). On citera encore Tous les bonheurs sont provisoires paru en 1995, puis La vie sans lui dédié à son compagnon disparu qui inaugure la publication, à raison d’un volume par an, de son journal. Le huitième et avant dernier tome paru fut La Mélancolie des fanfares (2006). Le dernier, posthume sera édité en 2009. Il enregistra aussi une dizaine d’albums et se produisit sur scène (Olympia 1991). A la télévision, il anima, d’abord sur TF1, puis sur France 2, dix-sept années durant (1984-2000), La Chance aux chansons, une émission quotidienne, en semaine en fin d’après midi, dont il chantait le générique. Notamment suivie par les retraité(e)s qu’il faisait danser, La Chance aux chansons, redonna ses lettres de noblesse au répertoire français tout en cultivant la nostalgie. Plusieurs milliers d’interprètes se sont succédé sur son plateau qui fut aussi un tremplin pour de jeunes talents comme Patrick Bruel, Hélène Ségara, Jean-Luc Lahaye, etc. Les milliers de lettres de protestation reçues à France Télévisions après la suppression de ces rendez-vous que d’aucuns brocardaient (on se souvient de la savou-

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reuse parodie qu’en avait faite Les Inconnus) ont permis à Pascal Sevran de retrouver sur France 2, un créneau, hebdomadaire cette fois, le dimanche à midi, Chanter la vie (septembre 2001 - août 2007). Sur la chaîne gay à péage Pink TV, il animait une émission littéraire Bibliothèque Pink : on casse les prix. Grâce à Dalida, il avait rencontré, en 1977, François Mitterrand dont il était devenu un intime. Invité régulièrement à Latché, il gravissait chaque année, avec les amis du premier cercle, la Roche de Solutré. Il était officier des Arts et des Lettres et officier de la Légion d’honneur. Une polémique, née à la suite d’un entretien donné en décembre 2006 au sujet de son livre Le privilège des jonquilles à un journaliste de Var Matin et dans lequel il stigmatisait la sexualité et la fécondité des Africains lui valut un avertissement de France Télévisions. Sa mort avait été prématurément annoncée sur Europe n°1. Cette « information » avait ensuite été imprudemment reprise par Laurent Ruquier sur France 2 et Jean-Marc Morandini sur Direct 8. Une bourde calamiteuse qui valut à Jean-Pierre Elkabach, PDG d’Europe n°1, une admonestation du CSA (voir l’Ecume des jours, 22 avril 2008). Pascal Sevran faisait par son franc-parler, ses fâcheries et ses colères, le bonheur des magazines qui l’invitait, tel celui de son ami Marc-Olivier Fogiel, On ne peut pas plaire à tout le monde. Claude Veillot (1925-2008) : scénariste. D’abord journaliste puis romancier, Claude Veillot vit son roman Nous n’irons pas au Nigéria porté à l’écran par Henri Verneuil sous le titre Cent mille dollars au soleil en 1964. Il fut, en outre, le scénariste d’Yves Boisset pour Un Condé (1970), Le Saut de l’ange (1971), R.A.S. (1973), Le Juge Fayard dit le shériff (1977), La Femmeflic (1980) et Espion lève-toi (1982). On lui doit encore le scénario du Vieux fusil (1975) de Robert Enrico. Dans un tout autre registre, il offrit à Jean-Christophe Averty, Méliès, magicien de Montreuil-sous-Bois (1964) et signa également des épisodes pour les séries Piège infernal (1989), Le grand secret (1991) et Coplan (1991). Claude Veillot est mort le 21 avril 2008. Jacques Zabor (1941-2007) : comédien. Décédé le 22 novembre 2007, Jacques Zabor suit d’abord une formation d’acteur au Cours Simon avant de débuter sur les planches de théâtre où il joua Cocteau, Racine, Tchekov, Ionesco, Marivaux, Brecht et Strinberg. Il mit également en scène plusieurs spectacles dont Le Journal d’un fou de Gogol. Au cinéma, il travailla notamment avec Michel Deville (Le Dossier 51, 1978 ; Le Voyage en douce, 1980) et à la télévision avec Yves Boisset (L’Affaire Dreyfus, 1995 ; La Fine équipe, 1997), Gérard Vergez (Dans un grand vent de fleurs,

1996), Jean Sagols (Villa Vanille, 1998) et figura, en outre, dans plusieurs épisodes de séries comme Central nuit, Fabio Montale, L’Instit, La Kiné, Navarro, Les Cordier, juge et flic et Élodie Bradford.

© DR

Jérôme Minet

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La Saison Télévision, édition 2009

© Luc Moleux. France 3

Maman est folle de Jean-Pierre Améris

© Charlotte Schousboe. France 3

Divine Emilie d’Arnaud Sélignac

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