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Chronologie foncière et agricole de la Nouvelle Calédonie

De
166 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1987
Lecture(s) : 182
EAN13 : 9782296378292
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CHRONOLOGIE FONCIÈRE ET AGRICOLE DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE 1853-1903

Joël DAUPHINÉ

CHRONOLOGIE FONCIÈRE ET AGRICOLE DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

1853-1903

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

@ L'Harmattan, 1987 ISBN: 2-85802-736-6

Préface

Les hommes sont les héritiers de leur Histoire. Qu'ils le veuillent ou non, ils ne peuvent y échapper. Plonger dans le passé est un moyen de comprendre le présent. Il paraît si loin le temps de la colonisation conquérante, du cantonnement, des révoltes et des expéditions militaires... Pourtant c'était hier. Et jamais ces problèmes n'ont été aussi actuels qu'aujourd'hui. Pour répondre à ce besoin, Joël Dauphiné publie, grâce au concours de l'Office Foncier de Nouvelle-Calédonie, cette chronologie de la Grande-Terre calédonienne qui va de 1853, prise de possession, jusqu'en 1903, fin de la «colonisation Feillet ». Joël Dauphiné, professeur d'Histoire à Nouméa, est en même temps un chercheur passionné, d'une grande rigueur intellectuelle. Depuis plusieurs années, il explore les dépôts d'archives locaux, accumulant une documentation impressionnante par son ampleur, sa précision et, chose plus rare, par les tranches de vie qu'elle contient. J'en eus la primeur lors d'un entretien que nous eûmes à Montpellier, voici trois ans. Mon interlocuteur, arrivant de Nouméa où il venait de prospecter les archives de l'évêché, avait entrepris de me raconter en détaill'aHaire de Pouébo. J'avais bien quelques lueurs làdessus, m'y étant intéressé auparavant. Fort d'avoir confessé les bons Pères à travers leurs papiers, Joël Dauphiné, lui, n'en ignorait aucun aspect. Je l'écoutais stupéfait faire surgir, palpitante, la vie de ce microcosme du bout de l'île confronté aux drames que l'on sait. J'avais, par moments, la bizarre impression d'entendre un témoin direct jailli tout vif de cette époque. 5

Certes, on ne saurait attendre d'une chronologie une charge dramatique aussi intense. La loi du genre est austère. Elle implique une énumération des faits significatifs dans l'ordre de leur déroulement, un peu comme les contemporains les ont reçus. En ce sens, elle est une transcription du quotidien mais filtré, dépassionné par la distance et le regard de l'historien. Ce qu'elle perd en émotion, elle le gagne en rigueur, devenant un instrument de réflexion et un outil d'autant plus précieux, ici, qu'il est novateur. Cette chronologie, axée sur les problèmes fonciers et la société rurale, se trouve enrichie par l'inclusion de textes inédits particulièrement éclairants. La confrontation d'un manuscrit original avec sa version imprimée peut, par les omissions ou les substitutions qu'elle fait apparaître, révéler une arrière-pensée, donc une stratégie. De cette façon, Joël Dauphiné apporte, pour la première fois, la preuve que le Gouverneur Guillain connaissait l'existence d'une propriété mélanésienne, qu'il cherchait à l'occulter et que son parti-pris de «propriété collective et incommutable de la tribu» était politique. Il préférait avoir comme interlocuteurs des chefs qu'il avait nommés ou agréés, sur lesquels il pouvait peser, plutôt qu'une pluralité incontrôlable de «maîtres de terres ». Au fil des pages c'est ainsi toute une relecture de la colonisation pionnière qui nous est proposée. Le livre couvre la période de mise en place de l'état colonial, celle où la force fonde le droit, aujourd'hui contesté. Il relate, par séquences impressionnantes, l'investissement de

la Grande-Terre au nom d'une chimère

« la

France australe »,

et s'achève au moment où l'on croit toucher au but. Trois temps forts jalonnent ce demi-siècle d'illusion (et de désillusions) que symbolisent les types d'hommes qui ont fondé le «Broussard », l'éleveur, le forçat-paysan et le planteur de café. Entre 1853 et 1880, avec l'échec des multiples tentatives de fixation d'un petit colonat, le front pionnier s'identifie aux éleveurs, principaux responsables de l'accaparement des savanes de l'Ouest et des violents sursauts mélanésiens. Pour coloniser aux moindres frais, comme elle en a reçu l'ordre, l'Administration locale doit vendre de la terre, alimentant ainsi son budget. Mais elle se trouve contrainte de vendre à bas prix pour stimuler l'immigration, et résoud cette contradiction par l'aliénation de vastes étendues. Cette politique ne profitera guère au petit colon sans-le-sou, mais fera la fortune des commerçants et notables nouméens qui vont créer la 6

grande propriété latifondiaire, absentéiste, vouée au bétail extensif. Résultat: la colonie dilapide son capital foncier et dresse contre elle les Mélanésiens dépossédés, sans parvenir à se peupler. L'échec est patent. Le bétail divagant des éleveurs, les dépossessions foncières et la délimitation des premiers pénitenciers ont poussé à son comble l'exaspération des Mélanésiens confrontés sans recours à leur propre éviction. En 1878 éclate la grande insurrection qui met à feu et à sang le centre-ouest de la Grande-Terre. Aux avant-postes du front pionnier, les «stations» dispersées sont dévastées, incendiées, leurs gérants massacrés. Refroidis, les notables nouméens investiront désormais dans le commerce ou la mine qui prend son essor, d'autant que l'élevage, dorénavant confronté à des crises de surproduction, sera moins rentable. Mais une solution de rechange existe. Ce sera le Bagne, implanté dans l'île depuis 1864. Forçats et concessionnaires pénaux bien groupés autour des pénitenciers, ont mieux résisté à l'ouragan. A traveux eux, c'est le Bagne qui va devenir le principal bénéficiaire de l'insurrection. C'est lui qui reçoit la plus grande partie des terres confisquées aux « rebelles» et qu'il va peupler de ses concessionnaires, s'acheminant vers une apogée que sanctionnera, en 1884, le décret lui attribuant 110 000 hectares incluant les meilleures vallées de l'île. Divisés en lots de cinq hectares, les sols alluviaux sont attribuées à des libérés ou à des condamnés méritants, avec mission d'y planter du maïs, des haricots, voire de la canne à sucre. Faveur au début, la mise en concession ne tarde pas à devenir un droit. Pour éponger l'inflation des forçats que déversent convois après convois, l'Administration tend à les multiplier. S'en suit un énorme déchet et un mécontentement général qui, à la fin du siècle, aboutira à la dénonciation et à la suppression de la Transportation dans l'île. En 1897, en fermant «le robinet d'eau sale », le Gouverneur Feillet entendait rendre une honorabilité à l'île pour l'ouvrir à la colonisation libre et fonder la «petite France australe» de ses vœux. Fini le temps des latifundiaires et des forçats; l'avenir est au planteur-paysan, à la concession gratuite de 25 hectares et au café. Encore fallait-il des terres à concéder. Du fait des gaspillages antérieurs, cette «colonie sans colons» n'avait plus de réserves foncières. 7

On déclassera le domaine pénitentiaire. Surtout, on cantonnera à outrance les Mélanésiens dont les derniers réduits rétréciront de 320 000 à 120 000 hectares sous l'avalanche des «arrêtés de spoliation ». Sur les terres ainsi reprises on fera venir des colons. Cinq cents familles répondront, investissant leur enthousiasme dans les dernières vallées de la Chaîne et de la Côte-Ouest. Un instant le Gouverneur pourra croire à la réalité de sa chimère. Au début du siècle les mécomptes pédologiques et climatiques, l'effondrement des cours du café, la crise économique foudroieront l'expérience. En 1903 le rêve sombrait dans l'amertume des pionniers fourvoyés et des Mélanésiens brisés. Tel est le champ que nous invite à parcourir Joël Dauphiné. Un moment décisif où tout était possible avec, au bout du compte, un immense gâchis et pour l'avenir, en forme de legs, une insondable déchirure. Alain SAUSSOL Université Paul Valéry Montpellier

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VIII

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