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DIVERSITE DES CULTURES ET MONDIALISATION

De
216 pages
Cet ouvrage rend compte des débats qui agitent la coopération au développement. Les textes réunis dans ce volume ouvrent la voie à une pensée alternative dans les relations Sud-Nord et dans la relation à l'écononomique et au culturel sous toutes les latitudes. Les auteurs ont recherché ici une tolérence dans la manière de penser les problèmes des sociétés contemporaines, un combat contre l'uniforme, contre la pensée globalisante, le bon sens ne se rationalisant pas, il est relation, interaction, invention et cohésion des hommes face aux incertitudes.
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DIVERSITÉ DES CULTURES ET MONDIALISA TION

@

L'Harmattan,

2000

ISBN 2-7384-9078-6

Sous la direction de Henry PANHUYS et Hassan ZAOUAL

DIVERSITÉ DES CULTURES ET MONDIALISA TION
Au-delà de l'économisme et du culturalisme
avec la participation de
Riccardo PETRELLA Noël CANNA T

DurreAHMED
Edith SIZOO Thierry VERHELST

L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris
Réseau Sud-Nord Cultures et Développement 174, rue Joseph II 1000 Bruxelles

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint Jacques Montréal (QC) CANADA H2Y lK9

-

GREL/IMN Université du Littoral Côte d'Opale 21, Quai de la Citadelle 59383 Dunkerque

Remerciements
Cet ouvrage est le fruit d'une étroite collaboration entre le Réseau Sud-Nord Cultures et Développement et le Groupe de Recherche sur les Economies Locales (GREL) de l'Université du Littoral Côte d'Opale à Dunkerque. Nous tenons à exprimer nos remerciements aux membres des équipes de ce Réseau International d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique Latine. Par ailleurs, nous remercions très vivement Madame Nadine Lefebvre du Bureau Lefebvre à Bruxelles qui n'a pas ménagé son temps et ses efforts pour préparer le prêt-à-clicher de cet ouvrage conformément aux exigences des Editions L'Harmattan.

SOMMAIRE
INTRODUCTION: La fin des paradigmes mécanistes dans les sciences sociales du développement Henry Panhuys et Hassan Zaoual PREMIERE PARTIE: LA VITALITE DES CULTURES FACE A LA GLOBALISATION CHAPITRE 1 : Un appel à la révolte contre l'exclusion sociale Riccardo Petrella CHAPITRE 2 : A l'écoute des peuples et des humbles Noël Cannat CHAPITRE 3 : Le besoin de croire: une nouvelle énigme pour les sciences sociales du développement Hassan Zaoual CHAPITRE 4 : Aux sources de la vitalité des cultures Durre Ahmed CHAPITRE 5 : Dix ans d'expériences et de réflexions du Réseau Cultures Edith Sizoo et Thierry Verhelst

Il

21

23

29

37

47

67

DEUXIEME PARTIE: LOCAL

LE BESOIN D'ANCRAGE 105

CHAPITRE 6 : Quelles alternatives à la logique globale? Henry Panhuys et Thierry Verhelst

107

CHAPITRE 7 : Les cultures locales contre l' économisme Henry Panhuys et Thierry Verhelst

125

CHAPITRE 8 : Les pratiques des « gens d'en bas» Henry Panhuys et Thierry Verhelst CHAPITRE 9 :Vers un nouveau paradigme occidental de la consommation et de l'économie? Henry Panhuys et Thierry Verhelst

145

165

ANNEXE: Du visible à l'invisible ou comment rendre opératoire la notion de « culture» Thierry Verhelst

189

AUTEURS ET ADRESSES

207

TABLE DES MA TIERES

209

Introduction
LA FIN DES PARADIGMES MECANISTES DANS LES SCIENCES SOCIALES DU DEVELOPPEMENT
Henry PANHUYS et Hassan ZAOUAL

1.

L'ITINERAIRE D'UNE QUETE COLLECTIVE : UN DECLOISONNEMENT TOUS AZIMUTS

Le Réseau Sud-Nord Cultures et Développement a clôturé sa décennie de recherche sur les relations Sud-Nord par un anniversaire qui s'est tenu à Bruxelles en octobre 1997 sur le thème: Vitalité des Cultures et mondialisation. Cette rencontre a réuni de nombreuses personnalités du monde des ONG, des universitaires et des décideurs publics appartenant aux institutions européennes et internationales concernées par la coopération au développement. Cet événement fut l'occasion de rappeler les efforts et l'écoute dont ont fait preuve les membres du Réseau par rapport aux «gens de la base» des quatre coins du monde (Afrique, Asie, Amérique Latine et Europe). L'originalité de son approche réside dans le fait que les programmes de recherche réalisés par cette organisation internationale non gouvernementale l'ont été, depuis maintenant une douzaine d'années, en étroite collaboration avec des acteurs de terrain de toute nationalité et de toute culture, le but étant de faire remonter, de l'action vers la réflexion, les idées, les expériences et les informations généralement occultées par les théories et les pratiques standard du développement. Capitalisation

Il

intellectuelle permettant, ensuite, de les restituer sous une forme appropriable, aux différents acteurs de terrain. Ces interactions permanentes ont donné lieu à des rencontres, à des séminaires de réflexion et de formation, à des comptes rendus dans le Journal International du Réseau, Cultures et Développement, dont le siège est à Bruxelles. Les activités du Réseau ont été aussi un lieu d'échanges avec des universitaires et des praticiens préoccupés par les limites et les échecs des pratiques du développement et des projets économiques relevant de la coopération internationale. Ce décloisonnement des professions est inévitable pour faire progresser la connaissance dans le domaine en question. De nombreuses publications en diverses langues et dans divers pays réalisées par le Réseau et ses partenaires reflètent la pertinence de telles synergies. Pour tout dire, le Réseau a continuellement fonctionné comme un lieu d'échanges d'une diversité d'acteurs et de penseurs. Le Réseau a été un « roseau pensant» se pliant à toutes les opinions. Diversité de situations oblige! La variété décrite ci-dessus a stimulé une critique raisonnée de la conception ordinaire du développement. Elle a jeté les bases d'une nouvelle approche qui se veut concrète, à l'écoute des croyances et des pratiques locales des populations concernées par des changements qui, le plus souvent, leur sont imposés par le haut et de manière bureaucratique. Les échecs de cette procédure si familière aux institutions du développement sont innombrables. C'est à partir de ce constat qu'une orientation a été choisie par les animateurs du Réseau Cultures et Développement: donner la parole aux femmes et aux hommes directement concernés par la situation. Les expériences rapportées indiquent, en effet, que le parachutage de concepts et de projets n'est plus de mise. Elles suggèrent aussi que la pensée et la pratique de toute forme de coopération entre les peuples supposent dorénavant un abandon total de tout sociocentrisme, fUt-il au nom de la science. L"arrogance mène à l'ignorance. Cette posture éthique a conduit la philosophie pratique du Réseau à s'inscrire en faux contre toute culture de maîtrise, d'où qu'elle vienne. Le Réseau n'est, ni contre le développement, ni pour. II affiche ainsi son
réalisme. C'est le constat de nombreux faits - ce qui relève non seulement de l'esprit scientifique mais aussi du bon sens - qui l'ont amené à susciter et à gérer, sans s'imposer, des échanges fructueux

12

dont l'ultime conséquence laisse entrevoir une véritable révolution culturelle et conceptuelle dans nos mentalités et manières de voir. L'ouvrage ici présenté constitue un échantillon de cette nouvelle perspective qu'on ne peut réduire, ni à un économisme ou à un culturalisme, ni à un libéralisme ou à un marxisme. Il s'agit, en fait, d'une recomposition de nos savoirs en direction d'un paradigme émergeant et inclassable dans le paysage des sciences et des pratiques compartimentées du «développement». Toute innovation est, par essence, méconnaissable dans ses premiers pas. Elle suppose, donc, respect et écoute. Ce qui est le propre de tout véritable humanisme dans les sciences morales de l'Homme. Aujourd'hui, il est à peu près certain que nous ne pouvons plus penser et agir avec les catégories des sciences et des pratiques instituées. Le pluralisme, contrairement à la mondialisation, cadette du développement, est une voie de salut dans la mesure où les réalités de toute nature échappent largement aux hypothèses et aux perspectives d'un modèle unique. La faillite de l'économisme tant au Nord qu'au Sud de la planète est révélatrice d'un grand désarroi devant la complexité des situations. A chaque instant, les projets des uns ne sont pas ceux des autres car les intérêts diffèrent, la communication interculturelle fait défaut et laisse, ainsi, la voie libre à des extensions de modèles et de projets sans grand enracinement local. Au contact des réalités ciblées, les krachs se multiplient et remettent en cause, de fond en comble, nos présupposés de «développeurs». Ces irruptions sont dues, en réalité, à nos désirs de purification par le logos au détriment d'une approche plus attentive à la diversité de notre monde. Face à ce défi, tout modèle unique est le signe d'une paresse de l'esprit, sinon d'une volonté de domination. La multiplicité des pratiques dans chaque coin de la planète dévoile, en fait, que derrière la toile du rationalisme économique ou celle de l'Internet, le monde ressemble à un grand tapis de sites symboliques singuliers et imbriqués les uns aux autres, comme le suggère une des variantes du paradigme naissant du Réseau: La théorie des sites symboliques d'appartenance 1.Du point de vue de
Cf les travaux de H. Zaoual, ainsi que S. Latouche, F. Nohra et H. Zaoual, Critique de la raison économique. Introduction à la théorie des sites 13

cette théorie, le « village planétaire» reste une illusion technique et économique. Les outils de cette vision du monde peuvent rendre, certes, service, sans pouvoir rendre compte de la relativité des situations réellement vécues dans le temps, dans l'espace et dans les termes du sens autoconstruit localement par les populations 2. Les sites symboliques dont il s'agit sont bien vivants et constituent des cosmovisions dynamiques d'action quotidienne. La technique au sens large du terme, y compris celle des économistes, est trop éloignée des considérations locales pour pouvoir s'ajuster concrètement point par point à la pluralité des éthiques locales. D'emblée, la croyance scientifique dans des lois générales d'évolution des sociétés est un énorme obstacle épistémologique à l'accès de ces univers dont le caractère dominant est plus l'imbrication des différentes dimensions de l'existence humaine que la séparation propre aux sciences officielles. Les acteurs unifient dans la réalité ce que nous séparons à l'aide de nos abstractions disciplinaires. L'homme concret n'est pas aussi discipliné que nos disciplines scientifiques! Les acteurs d'une situation ont toujours besoin d'un sens pour être et agir. Et, ce sens, hérité de leurs mythes et de leurs trajectoires, change en cours de route au gré des perturbations de l'environnement de chaque site. Traduit dans la vie quotidienne, il est un « sens pratique» qui vient combler les incertitudes inhérentes à l'entropie des systèmes sociaux et économiques. Le site devient ainsi un ensemble de croyances pratiques qui structurent des règles
symboliques. L'Hannatlan, 1999. Cet ouvrage met en évidence l'importance de « l'ignorance raisonnée» qui rompt avec les sciences de I'Homme devenue inhumaines en raison d'un excès de fonnalisme qui les conduit à une « défondamentalisation» de I'Homme. Et, c'est pour cette raison que la « silologie» s'annonce comme une démarche indisciplinée arm de mieux se rapprocher de l'homme concret tel qu'il est et non pas tel qu'il devrait être selon les catégories tranchées des sciences sociales ordinaires, en premier lieu de la science économique admise. L'homme concret est un fin compositeur de sa situation. Il échappe ainsi aux divisions du rationalisme. Ce qui fait de lui un « homo situs» dont le comportement économique est indéterminé. Contrairement à l' économisme, le bon sens de « l'économie des sites» reconnaît le caractère fortement hybride des comportements des acteurs de la situation. 2 C'est l'un des objets de notre ouvrage à paraître très prochainement: H. Panhuys, L'enjeu culturel (titre provisoire), L'Harmattan. 14

et des conventions jouant le rôle de guides d'action individuelle et collective. En raison de la grande variété des situations, le modèle unique devient même une «bêtise scientifique» lourde de conséquences pratiques tant au plan des institutions qu'au plan économique et managérial. Toute «gouvernance » ou connaissance doit, donc, être située dans le temps et l'espace physiques et symboliques des acteurs concernés. Cette modulation se construit par interactions avec le site mais non pas en dehors de lui-même afin de ne pas céder à l' apriorisme et au constructivisme dont les dégâts sont légion en matière de réformes et de développement. C'est la perspective de l' «intuition sitologique » : accompagner sans imposer! Et là, nous abandonnons l'empire virtuel de l'homo œconomicus et des lois économiques de nature mécaniste pour entrer dans les mondes de 1'« homo situs », au pluriel, les hommes des situations. Du même coup, nous basculons de la mondialisation entendue comme modèle unique vers la diversité des pratiques locales qui viennent décoder tout modèle global intrus. Ici, les espaces locaux sont le siège de recompositions permanentes de sens et de pratiques hybrides dans lesquelles les dimensions dites culturelles sont omniprésentes. Ce qui révèle dans le même mouvement qu'aucune instance n'est déterminante en dernière instance et fonde l'idée maîtresse du Réseau: la pensée dont nous avons le plus grand besoin est une pensée qui se pense en pensant, en permanence, la diversité. Rien n'est à écarter, tout est à écouter car les vérités des situations des populations auxquelles nous pensons et sur lesquelles nous prétendons penser se trouvent, en réalité, en elles-mêmes. A la condition, bien sûr, de libérer la prise de parole pour tous. La vérité, c'est qu'il n'y a pas de vérités toutes faites en dehors de celles que se construisent les acteurs in situ. Ce n'est que de ce poste d'observation que l'on peut accompagner des changements autonomes et innovateurs, coupant ainsi 1'herbe sous les pieds de tous les fondamentalismes économique, religieux, ethnique et/ou autres. La diversité imbriquée des sites et des populations, bien comprise, conduit à la tolérance et à la vigilance contre les actions précipitées, dévitalisantes, de l'économisme ou du culturalisme. Chacun d'eux crée les conditions de risques majeurs et de génocides 15

incalculables dont est le théâtre le monde contemporain, l'un par ses échecs et l'exacerbation de la concurrence entre nations, groupes et individus, l'autre par ses pseudo solutions mimétiques d'un passé perdu ou imaginé. Les mythes hantent le «réel» : il faut donc les écouter afin d'en adoucir les impulsions par un dialogue de situation, qui prend en compte le caractère multiple de toute réalité. De ce point de vue, il est «rationnel» de tenir compte de 1'« irrationnel». En somme, le paradigme du métissage des disciplines et des cultures constate les impasses de l' économisme et du culturalisme, faisant table rase des découpages qui rendent incompréhensibles les situations réelles. Il ouvre ainsi, la voie à un réalisme de situation dans lequel l'ouverture se fait dans le respect des cultures des acteurs. En d'autres termes, de «l'enracinement dans l'ouverture» (formule de L.S. Senghor) ou des racines sans ostracisme ni racisme!

2.

LA FENETRE DE L'OUVRAGE: DIVERSITE DES CULTURES ET MONDIALISATION

Afin d'accompagner le lecteur dans sa découverte de la problématique du Réseau Sud-Nord Cultures et Développement, nous avons jugé utile de subdiviser cette œuvre collective en deux grandes parties. Chacune d'elles est composée respectivement de cinq et de quatre chapitres. Le fil qui les relie renvoie à une perspective à la fois interdisciplinaire, interculturelle et interactive. Car l'approche qui se dessine en filigrane n'est pas une simple sommation de disciplines scientifiques mais un projet de recomposition en vue d'un paradigme nouveau associant les croyances et les pratiques des acteurs. Ce qui déstabilise à la fois l'économisme et le culturalisme comme les alibis d'ouverture apparente à d'autres dimensions de l'existence humaine, sans grande portée intellectuelle et pratique. En effet, de nombreuses pensées ou pratiques du développement se veulent interdisciplinaires tout en restant une simple juxtaposition de disciplines sans interactions profondes et sans écoute de la grande variété des sens

16

que les acteurs donnent à leur monde et à leur situation à l'intérieur de ces mêmes mondes. La première partie de ce volume nous introduit directement dans l'ambiance du dixième anniversaire dans la mesure où les textes présentés sont consacrés à cet événement. En ce sens, ils constituent un don et un témoignage de la vitalité des cultures locales face à une mondialisation déboussolante. Les cinq chapitres sont le fruit de réflexions d'auteurs n'appartenant pas tous au groupe des animateurs du Réseau Sud-Nord Cultures et Développement en l'occurrence, Riccardo Petrella, Noël Cannat, et Durre Ahmed, tandis que Hassan Zaoual, Edith Sizoo et Thierry Verhelst, quant à eux, fondateurs de l'organisation en question, témoignent et mettent en perspective, du dedans, l'aventure de la recherche-action menée depuis une douzaine d'années. La deuxième partie nous fait rentrer au cœur des activités de recherche-action du Réseau Cultures. En effet, à travers quatre chapitres, Henry Panhuys et Thierry Verhelst, tous deux membres de cette organisation, nous rendent compte de manière aussi fidèle et actualisée que possible des principaux constats et conclusions d'un des ateliers internationaux qu'organise régulièrement le Réseau SudNord Cultures et Développement. Le thème qui avait été choisi lors des années 1995 et 1996 portait sur le réenchâssement des organisations économiques dans les espaces symboliques et culturels des acteurs. Travaillant à partir et en direction de plusieurs aires géographiques du monde, lors de cette rencontre, les animateurs du Réseau Sud-Nord avaient réuni essentiellement des
chercheurs

- praticiens

anglophones

3. Ce qui est un juste retour à

l'équilibre dans la mesure où ce même thème avait fait, lors d'une période antérieure, l'objet d'une rencontre francophone 4.
Tous ces auteurs nous mettent en garde contre les menaces de la globalisation et proposent une approche plus ouverte de la condition humaine indispensable à l'avènement d'une citoyenneté à
3 Les noms, titres et fonctions de ces personnes figurent dans la bibliographie en fin de 2èmepartie du présent ouvrage. 4 A ce sujet, voir notre ouvrage collectif, Laleye I.-P., Pa1Ù1uysH., Verhelst T. et Zaoual H., Organisations économiques et cultures afn.caines. De I 'homo œconomicus à I 'homo situs, L'Hannattan, 1996. 17

visages multiples. Pour ce faire, ils dressent un tableau critique de la pensée unique. Ils suggèrent une valorisation de la diversité des

victimes de la mondialisation. Face aux «mondialisateurs » 5, ils
mettent en évidence l'importance du principe de précaution vis-à-vis des risques sociaux et écologiques de la compétitivité. Enfin, le lecteur lira, avec intérêt, en annexe, un texte didactique de Thierry Verhelst, fondateur et coordinateur du Réseau, sur la manière de rendre opératoire la prise en compte de la « culture» dans la dynamique de vie des populations concernées par les changements qu'impose l'environnement économique et social.

5 tenne emprunté à Aminata Traore, Ministre de la Culture et du Tourisme du Mali, L'étau, Actes Sud, 1999. 18

BIBLIOGRAPHIE
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la Méthodologie d'analyse et d'action socio-culturelle, n° 27/28, mars 1997. KHERDJEMIL B., PANHUYS H. ZAOUAL H., (sid), Territoires et dynamiques économiques, Au-delà de la pensée unique, L'Harmattan 1998, 228 p. LALEYE I.P., PANHUYS H., VERHELST Th., ZAOUAL H., (sid) Organisations économiques et Cultures africaines. De
I 'homo œconomicus à I 'homo situs, Réseau Cultures - Univ. St



Louis du Sénégal, L'Harmattan 1996, 500 p. LATOUCHE S., NOHRA F., ZAOUAL H., Critique de la raison économique. Introduction à la théorie des sites symboliques, Préface d'A. KREMER-MARlETTI, L'Harmattan 1999,125 p. PETRELLA R. et GROUPE DE LISBONNE, Limites à la compétitivité, Pour un nouveau contrat mondial, Ed. Labor, Bruxelles 1995, 227 p. SIZOO E., AISSAOUI N.L., L'équilibre yin-yang: réconcilier le masculin et le féminin, Alliance pour un monde responsable et solidaire, Réseau Cultures, Paris-Bruxelles 1997. Document de synthèse. TRAORE Am., L'étau, Actes Sud, 1999 19

VERHELST Th. et SIZOO E., (sId), Cultures entre elles: dynamique ou dynamite? Vivre en paix dans un monde de diversité, Réseau Cultures, Fondation pour le Progrès de l'Homme, FPH, Dossier pour un débat 34-1 et 34-2, juil. 1994, 395 p. VERHELST Th., Des racines pour vivre. Sud-Nord: identités culturelles et développement, Ed. Duculot, Paris-Gembloux 1987, 210 p. Ouvrage traduit en huit langues. ZAOUAL H., Economie et sites symboliques africains, Institut interculturel de Montréal, Cahier n° 122, d']nterculture, vol. XXVII, nOl, hiver 1994, 42 p. ZAOUAL H., (éd), La socio-économie des territoires, Expériences et théories, L'Harmattan 1998, 352 p. ZAOUAL H.: « The Maghreb experience: a challenge to the rational myth of economics », Review of African Political Economy,n° 82, UK 1999,pp. 31-41.

20

PREMIERE

PARTIE

LA VITALITE DES CULTURES FACE A LA GLOBALISATION

« Caminante, el camifio, caminante,

son tus huellas y nada mas ~ no hay camino, al andar.

« Marcheur, ce chemin, marcheur, le chemin et tournant En marchant,

ce sont les traces et rien de plus ~

de tes pas

il n'y a pas de chemin, se fait en marchant. se fait le chemin, le regard en arrière que jamais

se hace camino

Al andar se hace camino y al volver la vista atras se ve la senda que nunca se ha de volver a pisar. Caminante, no hay camino, sino estrelas en la mar ».

on voit le sentier

on ne foulera à nouveau. Marcheur, il n'y a pas de chemin, seulement des sillages sur la mer».

Antonio Machado, Campos de Castilla, CXXXVI, Proverbios y Cantares, XXIX Catedra, Letras Hispanicas, 1907/1917, Madrid 1997, pp. 220-21

Antonio Machado, Champs de Castille, CXXXVI, Proverbes et Chansons XXIX Nrf/ Gallimard, 1973, p. 205
*

Traduction S. Léger et B. Sesé

* traduction

de ce chant,

légèrement

modifiée

par nous

(H.P.)

21