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EMPLOI ET TRAVAIL : REGARDS CROISES

De
251 pages
Assiste-t-on à un dépaysement inéluctable du travail et des valeurs qui s'y rapportent ? Quelles sont les principales transformations de la société salariale de la fin du XXe siècle ? Peut-on esquisser un modèle de nouveau rapport salarial conciliant initiative, adaptabilité et sécurité ?
Voir plus Voir moins

(Ç) L'Harmattan, 2000
ISBN: 2-7384-9096-4EMPLOI ET TRAVAIL:
REGARDS CROISÉSCollection
"Les Rendez-Vous d'Archimède"
. "Questions de développement:
nouvelles approches et enjeux"
Sous la directionde AndréGuichaoua- 1996
. "Le géographe et les frontières"
Sous la directionde Jean-PierreRenard- 1997
. "Environnement: représentations
et concepts de la nature"
Sous la direction de Jean-Marc Besse
et Isabelle Roussel - 1997
. "La Méditerranée des femmes"
Sous la direction de Nabil el Haggar - 1998
. "Altérités: entre visible et invisible"
Sous la directionde Jean-FrançoisRey - 1998
. "Spiritualités du temps présent: fragments
d'une analyse, jalons pour une recherche"
Sous la directionde Jean-FrançoisRey - 1999
A paraître prochainement:
. "L'école"
Sous la direction de Rudolf Bkouche et Jacques Dufresne
. "Le temps"
Sous la direction de Bernard PiettreLes Rendez- VODSd'Archimède
Collection dirigée par Nabil el Haggar
Université des Sciences et Technologies de Lille
EMPLOI ET TRAVAIL:
~
REGARDS CROISES
Sous la direction de Jean Gadrey
Préfacé par Martine Aubry
Olivier Bertrand
Denis Clerc
Yves Clot
Gérard Cornilleau
Didier Demazière
Jacques Freyssinet
Nicole Gadrey
Yves Lasfargue
Margaret Maruani
Dominique Méda
Nicolas Vaneecloo
L' Harmattan L' Harmattan Inc
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 55, rue Saint-Jacques
75005 Paris - FRANCE Montréal (Qc) - Canada H2Y lK9Remerciements:
au Ministère de l'Emploi et de la Solidarité, à la Direction
Régionale des Affaires Culturelles (DRAC), au Conseil
Régional Nord Pas-de-Calais, au Fonds d'Action Sociale pour
les travailleurs immigrés et leurs familles (FAS), au Conseil
IGénéral du Nord, à la Ville de Villeneuve d'Ascq qui
subventionnent les activités organisées par USTL Culture et à
Annie Debaisieux, agent comptable de l'Université des
Sciences et Technologies de Lille.
L'équipe d'USTL Culture:
Nabil el Haggar, vice-président de l'USTL, chargé de la
culture
Isabelle Kustosz, directrice
Corinne Jouannic, responsable administrative
Delphine Poirette, chargée de communication
Michèle Duthillieux, secrétaire d'administration scolaire et
uni versitaire
Freddy Alliotte, Johanne Waquet, Philippine Leroy, secré-
taires
Karine Willame, aide comptable
Mourad Sebbat, relation jeunesse/étudiants
Stéphane Lhermitte, soutien logistique/café culturel
Ulrika Lolliot, infographie/multimédia
Anthony Rabelle, assistant.
L'ensemble des textes a été rassemblé par Edith Delbarge,
chargée des éditions et Caroline Peugny, son assistante.Avant- Propos
Par Nabil el Haggar
La collection, les Rendez-vous d'Archimède, poursuit
ses publications. Cet ouvrage, le septième de la collection,
restitue en partie les exposés consacrés au thème du travail. Il
était tout naturel que les Rendez-vous d'Archimède, qui
abordent chaque année des thèmes aussi intemporels
qu'actuels, aussi scientifiques que philosophiques, aussi
historiques que sociaux, traitent celui du travail.
La diversité des intervenants et la multiplicité des champs
disciplinaires donnent à cet ouvrage une grande richesse et le
dotent d'un esprit d'ouverture sur la Cité et à l'une de ses
principales préoccupations.
Grand merci aux auteurs qui ont bien voulu s'associer à cette
démarche dans son intégralité et tout particulièrement à Jean
Gadrey qui a accepté de l'élaborer avec nous et de diriger cet
ouvrage.
La politique de l'emploi est au centre du débat et de la
réflexion des auteurs. Je remercie Martine Aubry, Ministre
chargée de cette politique, initiatrice des emplois-jeunes et
auteur de la loi sur les 35 heures, d'avoir accepté de préfacer
cet ouvrage.
Je profite de cet avant-propos pour signaler aux lecteurs qui
découvrent cette collection que, depuis huit ans, nous
travaillons pour que les Rendez-vous d'Archimède restent un
espace de réflexion, de pensée, de rigueur et de liberté. La
pensée a besoin de tels espaces où échanges et rencontres
trouvent vie en dehors de toute logique utilitaire. Les savoirs
et les connaissances, fruits d'une construction lente et
complexe des rapports que l'on peut avoir au monde,
9fondent l'ensemble des rencontres proposées lors de ces
rendez-vous. Cet espace multiforme se veut un lien
indissociable entre la culture et l'éducation.
10SOMMAIRESOMMAIRE
p. 17Préface
par Martine Aubry
Présentation p. 23
par Jean Gadrey
Partie I : REEVALUER LE TRA VAIL, DEVELOPPER
L'EMPLOI: QUELS CADRES DE PENSEE?
p. 31Les enjeux d'une réflexion sur le travail
par Denis Clerc
- L'emploi est-il en voie de disparition?
- Emploi et activité
- La société salariale se transforme
p. 51Une mise en perspective de la valeur travail
par Dominique Méda
- L'invention du travail
- Travail et lien social
- Critique de l'économie
- La pleine activité, une notion ambiguë
Jugements d'employabilité et construction sociale du
p. 71chômage
par Didier Demazière
- Le stigmate du chômage
- Le chômage comme attente de l'emploi
- Le obstacle à
- Le chômage comme exclusion de l'emploi
- Jugements d'employabilité et jugements de citoyenneté
13Comment mesurer le travail dans la Société de
p. 91l'Information?
par Yves Lasfargue
- Les principales évolutions du travail dans la société de
l'information
- La mesure du travail dans la société de l'information
- Quelles sont les actions possibles pour préparer la société de
l'information en évitant les rejets et exclusions?
Trouver un sens au travail: l'apport de la
p. 105psychologie
par Yves Clot
Partie II : LES VOIES ETROITES D'UN AUTRE
PARTAGE
Réduction et "partage" du travail: un blocage
p. 119paradoxal?
par Jacques Freyssinet
- La transformation des enjeux
- La clarification des termes du débat
- Intervention publique et négociation collective: des initiatives
multiples, des résultats décevants
- Pourquoi le blocage?
p. 143Les partages du travail et des revenus
par Gérard Cornilleau
- Le partage du travail et la croissance
- La solution libérale au problème du chômage: le partage du
travail par le marché
- Le premier modèle français de partage du travail: la manipulation
des barèmes
- Le nouveau modèle français: le partage du travail tous azimuts
14L'aménagement et la réduction du temps de travail à
l'épreuve de l'expérience p. 157
par Olivier Bertrand
- Nature des accords
- Des problèmes d'organisation réels, mais généralement
transitoires et pas insurmontables
Les 35 heures: quelle loi pour l'an 2000 ? p. 175
par Nicolas Veneecloo
- Le bilan de la démarche négociée de réduction du temps de travail
- Quelles implications pour la nouvelle loi?
Partie III : L'EMPLOI ET LE TRAVAIL AU FÉMININ
p. 201L'emploi féminin: des évolutions contrastées
par Nicole Gadrey
- Sur quelques statistiques
- Représentations de l'emploi féminin et construction de la
différence entre les sexes
- Situations de travail et identités professionnelles masculines et
féminines
p. 217L'emploi féminin à l'ombre du chômage
par~argaret~aruani
- La résistance de l'emploi féminin
- Un sur-chômage toléré
- Sous-emploi, précarité et paupérisation
- Entre travail et emploi
- Chantage au licenciement
p. 245Bibliographie
15~
PREFACE
Par Martine AubryPour une nouvelle société du travail
Par Martine Aubry
Les années 80 et 90 furent celles d'une "crise" du
travail. L'augmentation du chômage, la progression de la
précarité mais aussi le développement de la mobilité des
individus et des technologies de communication ont
fortement ébranlé notre modèle fordiste : le même emploi à
vie pour la très grande majorité de nos concitoyens. Le
schéma des trois cycles de vie -formation initiale-activité
professionnelle-retraite- est ainsi de moins en moins
dominant. Les évolutions technologiques, toujours plus
rapides, imposent une adaptation quasi-permanente des
qualifications. De plus en plus, les actifs vont être amenés à
changer de travail, d'entreprise au cours de leur vie
professionnelle et à alterner des périodes de formation et
d'activité.
En même temps qu'il se transformait, le travail a perdu
pour beaucoup de nos concitoyens sa fonction d'intégration
sociale. Privés d'emplois, alternant des phases successives de
chômage et de "petits boulots", des millions d'individus
vivent aujourd'hui dans une insupportable insécurité sociale.
Les économistes ont dû inventer un nouveau concept, celui
de "travail atypique", pour désigner toutes les formes de
travail ne relevant pas du CD! traditionnel qui se sont
multipliées dans notre société: CDD, intérim, temps partiel,
stages. .. Pour tous ceux qui le vivent, ce travail là est devenu
synonyme de précarité. Nous sommes ainsi arrivés aux
limites de notre organisation du travail et plus largement
19même de notre organisation sociale, minée par trop
d' injustices criantes. Où est le sens d'une société qui laisse
trop de temps à certains quand d'autres n'en ont pas assez?
Où est le sens d'une société où certains travaillent toujours
plus quand d'autres s'éloignent chaque jour un peu plus de
l'emploi? Où est le sens d'une organisation sociale qui laisse
des besoins essentiels insatisfaits tout simplement parce qu'ils
ne sont pas rentables?
Crise du "fordisme", développement de la précarité,
accentuation des inégalités: incontestablement le travail a
changé. Pour autant, je ne crois ni à sa mort, ni à la
dévalorisation de ses fonctions essentielles. Le travail reste
dans notre société l'élément structurant de l'identité
personnelle et sociale des individus et le facteur premier
d'intégration: c'est bien d'abord par le travail que chacun,
et notamment les jeunes, trouve une place et une utilité dans
notre société. En outre, tous les changements qui ont affecté
la nature du travail ne sont pas forcément négatifs.
L'accroissement de la mobilité géographique et profes-
sionnelle est par exemple indéniablement source de plus de
liberté pour les individus, à condition cependant que les
droits de chacun au travail soient garantis et protégés.
Restaurer la fonction intégratrice du travail pour tous,
protéger les droits des salariés dans un environnement
économique toujours plus fluide et plus mouvant, tels sont
pour moi les principaux défis auxquels est aujourd'hui
confrontée l'action politique. Nous devons avoir l'ambition
de bâtir une nouvelle société du travail, moins dure, moins
inégalitaire et plus respectueuse des salariés. Une société du
travail qui ne laisse pas à l'écart des millions d' hommes et de
femmes. Une société du travail qui inclut au lieu d'exclure.
Une société du travail tout simplement plus humaine.
Cette exigence est au cœur de la politique de l'emploi
conduite par le gouvernement de Lionel Jospin depuis deux
ans et demi. Si cette politique a pour finalité première de
combattre le chômage en ouvrant toutes les pistes pour
l'emploi {soutien à la croissance par la relance de la
consommation, création de nouvelles activités, aide aux
nouvelles technologies et à la création d'entreprises,
20dispositifs de retours personnalisés vers l'emploi pour les
personnes les plus fragiles, réduction négociée du temps de
travail et allègements des charges sociales sur les bas et
moyens salaires), elle porte également en elle cette
transformation sociale d'ampleur. Depuis juin 97, en
promouvant une autre vision économique, qui tienne autant
compte des bénéfices immatériels et du bien être collectif
(qualité de vie, environnement, lien sociaL..) que des profits
financiers et du chiffre d'affaires, nous avons jeté les
fondations de cette nouvelle société du travail:
une société du travail où les salariés sont protégés et les
conditions de améliorées. La seconde loi sur la
réduction négociée du temps de travail apporte des
protections et des garanties nouvelles aux salariés. A
l'opposé d'une flexibilité imposée aux salariés et
fragilisant leurs droits, elle met en place des souplesses
négociées et contrôlées par les 'syndicats.
une société du travail qui prend en compte la satisfaction
des besoins sociaux et collectifs. Depuis deux ans, les
emplois jeunes offrent des services essentiels qui
permettent de mieux vivre en collectivité: préservation
du patrimoine et de l'environnement, médiation sociale
pour prévenir l'insécurité, aide aux personnes âgées,
développement touristique, autant de services essentiels,
qui recréent du lien social dans nos villes, nos quartiers,
nos zones rurales et que le marché n'assurait pas. Il était
du rôle de l'Etat d'impulser la création de ces nouvelles
activités.
une société du travail qui n'asservit pas les individus mais
leur donne au contraire les moyens de leur autonomie, en
libérant du temps. C'est la deuxième ambition de la
réduction du temps de travail. Réduire la durée du travail
n'est en rien nier la valeur du travail. C'est un peu plus
de liberté gagnée sur le temps pour que chacun vive
mieux et que tous nous vivions mieux ensemble.
une société du travail réconciliée avec la solidarité. La
RTT est la première politique de l'emploi qui recrée de
la solidarité entre salariés et chômeurs. Là où les
21solutions libérales opposent les uns aux autres, là où les stigmatisent les acquis des uns aux
noms de la fragilité des autres, -pensons ici à la
déréglementation du travail, à la remise en cause du
SMIC- la RTT crée des intérêts à nouveau convergents.
Par l'acceptation d'une modération salariale ou de
changements dans l'organisation du travail en échange
d'une réduction de leur temps de travail, les salariés
participent directement, concrètement à la création
d'emplois. Les salariés y gagnent du temps et une
meilleure organisation du travail, les chômeurs un
emploi. Après des années de crise qui avaient parfois
monté les uns contre les autres, la RTT remet de la
solidarité dans le monde du travail en n'opposant plus les
exclus aux classes populaires, les classes populaires aux
classes moyennes. En offrant un bénéficie individuel, le
temps, et un bénéficie collectif, l'emploi, la RTT est bien
gagnante pour tous.
une société du travail, enfin, qui ne laisse personne au
bord de la route. Avec le programme TRACE pour les
jeunes en grandes difficultés et le programme "nouveau
départ" pour les chômeurs de longue durée, nous avons
créé des dispositifs de retour personnalisé vers l'emploi
qui permettent aux plus fragiles de retrouver une place
dans la société. Plus de 170 000 demandeurs d'emploi
de longue durée ont ainsi retrouvé un emploi depuis le
vote de la loi contre les exclusions.
Parce que le travail n'est pas "mort", nous devons en faire un
droit réel pour tous. Au moment où la baisse du chômage est
d'une ampleur sans précédent et où le plein emploi
(re)devient une perspective crédible à terme, cette ambition
est plus que jamais la mienne.
22"PRESENTA TION
Par Jean GadreyPrésentation
Par Jean Gadrey
Ces "regards croisés" sur le travail et l'emploi sont
issus, pour une part, de deux cycles de conférences" grand
public", organisés en 1996 et 1997 à 1' Université de Lille 1
sous l'égide de son service culturel. Certaines de ces
conférences, qui ont parfois rempli un amphithéâtre de 350
places, n'ont pas donné lieu à des communications écrites.
Dans la majorité des cas toutefois, les conférenciers ont
accepté de nous remettre un texte reprenant et développant
leurs propos et les débats qui ont suivi.
Trois autres textes, rédigés en 1999, ont été joints à ce
premier ensemble, qu'ils complètent sur le plan thématique,
et qu'ils actualisent en intégrant des aspects récents des
politiques publiques de l'emploi, notamment les lois sur les
35 heures.
Regards croisés? En premier lieu en raison de la
diversité des statuts des intervenants: universitaires et
chercheurs, journalistes, consultants, animateurs d' orga-
nismes publics d'étude et de recherche sur l'emploi. En
second lieu par la présence de champs disciplinaires
multiples: économie, sociologie, philosophie, histoire, psy-
chologie, ergonomie. Enfin parce que le public, élément actif
de ces débats était très majoritairement composé de non
spécialistes, et qu'il portait son regard citoyen attentif et
exigeant sur le contenu de ces échanges.
Ces textes, comme les conférences dont ils sont en
partie issus, ne sont pas des articles académiques. Ce sont des
pièces versées au débat public. Bien que la plupart aient été
rédigés deux ou trois ans avant la parution de cet ouvrage, ils
n'ont rien perdu de leur actualité parce que les questions
25qu'ils traitent demeurent toutes à l'ordre du jour: assiste-t-
on à un dépérissement progressif mais inéluctable du travail
et des valeurs qui s'y rapportent? Va-t-on vers une
inexorable réduction de l'emploi? Quelles sont les
principales transformations de la société salariale de la fin du
XXème siècle? Peut-on esquisser un modèle de nouveau
contrat social et de rapport salarial conciliant initiative,
adaptabilité et sécurité? Le développement de l'emploi (le
"plein emploi") peut-il être favorisé par des mesures
générales de réduction du temps de travail ou de "partage" ?
Parmi les discriminations toujours à l' œuvre, celles qui
touchent les femmes dans leur rapport au travail ont-elles
tendance à s'estomper ou à se reproduire? Les" dispositifs"
concernant les chômeurs de longue durée parviennent-ils à
rompre la logique de marginalisation dont ils sont victimes?
On le voit, ces questions n'ont malheureusement rien
perdu de leur urgence depuis deux ou trois ans, en dépit des
mesures nationales ambitieuses, mais dont les effets restent à
évaluer, qu'ont représenté les emplois-jeunes et la première
loi sur les 35 heures, pour ne parler que des deux volets les
plus significatifs de la politique de l'emploi de cette période.
Il n'est pas vraiment nécessaire de présenter les auteurs
de cet ouvrage collectif. Ils ont acquis, dans les débats publics
sur le travail et l'emploi, une notoriété qui tient à la fois au
caractère stimulant de leur réflexion, à leur attitude critique
vis-à-vis des fausses évidences des recettes économiques
standard et des discours politiques convenus, et à une posture
intellectuelle d'intervention, qui n'exclut ni la prudence ni la
modestie.
L'ouvrage est organisé en trois parties. La première,
"réévaluer le travail, développer l'emploi: quels cadres de
pensée ?" regroupe cinq chapitres, qui ont en commun de
porter un regard non conventionnel, novateur, sur le travail,
sur l'emploi et sur leur statut social, en prenant assez
clairement position dans certains des débats les plus vifs sur
l'avenir du travail et de l'emploi. La seconde partie, qui
rassemble quatre chapitres, est consacrée à la grande question
d'une "autre" répartition du travail, de l'emploi et des
revenus, et des moyens et difficultés de la transition vers une
26distribution plus équitable de ces ressources. Les deux
chapitres de la troisième partie concernent "l'emploi et le
travail au féminin", puisqu'il faut bien constater qu'en dépit
de certaines convergences, les univers masculins et féminins
du travail restent fortement et durablement différents et
inégaux.
En créant les conditions de la publication de cet
ouvrage, le "service culture" de l'Université des Sciences et
Technologies de Lille (Lille 1) remplit une mission
essentielle, qu'il a toujours placée au cœur de son action:
ouvrir la recherche et l'enseignement universitaires sur la
Cité. Je remercie particulièrement Nabil el Haggar, Isabelle
Kustosz et Edith Delbarge pour leurs interventions décisives
dans la conception et l'organisation des conférences et dans
la réalisation de cet ouvrage.
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