ENFANTS DE LA GUERRE CIVILE ESPAGNOLE

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Cet ouvrage collectif vise à éclairer la mémoire de la guerre civile dont est porteuse une génération d'Espagnols, nés entre 1925 et 1940, demeurés en Espagne ou réfugiés en France. Il tente d'inscrire la mémoire de ces héritiers dans la vision historique de la guerre civile.

Publié le : lundi 1 novembre 1999
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EAN13 : 9782296378155
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ENFANTS

DE LA GUERRE

CIVILE ESPAGNOLE

Vécus et représentations de la génération née entre 1925 et 1940

@ L' Harmattan, 1999 ISBN: 2-7384-7352-0

Centre

d'Histoire de

l'Europe

du

Vingtième Siècle

ENFANTS DE LA GUERRE CIVILE ESPAGNOLE
Vécus et représentations de la génération née entre 1925 et 1940

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

Collection Recherches et Documents -Amériques latines dirigée par Denis Rolland, Pierre Ragon Joëlle Chassin et ldelette Muzart Fonseca dos Santos
Dernières parutions
MUZART FONSECA DOS SANTOS Idelette, La littérature de Cordel au Brésil. Mémoire des voix, grenier d'histoires, 1997. GROS Christian, Pour une sociologie des populations indiennes et paysannes de l'Amérique Latine, 1997. LOBATO Rodolfo, Les Indiens du Chiapas et la forêt Lacandon, 1997. DE FREITAS Maria Teresa, LEROY Claude, Brésil, L'utopialand de Blaise Cendrars, 1998. ROLLAND Denis, Le Brésil et le monde, 1998. SANCHEZ Gonzalo, Guerre et politique en Colombie, 1998. DION Michel, Omindarewa Iyalorisa, 1998. LE BORGNE-DAVID Anne, Les migrations paysannes du sud-Brésil vers l'Amazonie, 1998. COLLECTIF, L'Amérique Latine et les modèles européens, 1998. GRUNBERG Bernard, L'inquisition apostolique au Mexique, 1998. GUICHARNAUD-TOLLIS Michèle (dir.), Le sucre, 1998. BOCCARA Guillaume, Guerre et ethnogenèse mapuche dans le Chili colonial, 1998. MAUGEY Axel, Les élites argentines et la France, 1998. PICARD Jacky, Amazonie brésilienne: les marchands de rêves, 1998. BELLA ABELLAN Salvador, L'univers poétique d'Eliséo Diégo, 1998. MA:LENGREAU Jacques, Structures identitaires et pratiques solidaires au Pérou, 1998. BLANCPAIN Jean-Pierre, Le Chili et la France (XVIIIe-XXe siècles), 1999. VIQUEIRA Juan Pedro, Une rébellion indienne au Chiapas, 1712, 1999. ABREU DA SILVEIRA M.C, Les histoires fabuleuses d'un conteur brésilien, 1999. CENTRE D'ETUDES SUR LE BRESIL, Matériaux pour une histoire culturelle du Brésil, 1999. RIBARD Franck, Le carnaval noir de Bahia, 1999. M6nica ZAPATA, L'œuvre romanesque de Manuel Puig, 1999.

Remerciements
Cet ouvrage est le résultat du colloque organisé par le groupe de travail "Péninsule ibérique" du Centre d'Histoire de l'Europe du Vingtième Siècle (CHEVS) de la Fondation nationale des sciences politiques, et en particulier par Aline Angoustures, Anne Dulphy et Phryné Pigenet. Ce colloque s'est déroulé à Paris les 11,12 et 13 décembre 1997 et a reçu le soutien du Centre d'Études catalanes de Paris, du Colegio de Espafia, de la Généralité de Catalogne et du Ministère des Affaires étrangères.

Les traductions ont été réalisées par Pierre Marques, Phryné Pigenet, Hervé Poutet. Le travail d'édition ainsi que la composition de l'ouvrage sont dûs à Carole Giry-Gautier avec l'aide de Sven Pigenet.

Sommaire

. Pierre

:MILZA (CHEVS/FNSP)

: ppo 9-14 :
ppo 15-30

LA notiondegénération

. Anne

DULPHY (Ecole polytechnique/CHEVS)

Peut-on parler d'une génération de Français de la guerre civile?

ENFANCES

. Frédéric BAQUET
Us

(EHESS) :
pp. 33-45

enfants dans le cinéma de la guerre civile:

émotionset instrumentalisations . Alicia ALTED VIGIL (UNED, Madrid) :
Le retour en Espagne des enfants évacuéspendant la guerre civile espagnole: la Délégation extraordinaire au rapatriement des mineurs (1938-1954)

. Pierre

ppo 47-59

MARQUES (CERMI) : pp. 61-80

Us coloniesd'enfants espagnolsréfugiés:un regardsingulier HISTOIRE ET MEMOIRE

. Jésus

J. ALONSO CARBALLÉS (Université de Salamanque) : pp. 83-92

Histoire et mémoire: l'exil des enfants basques entre la France et la Belgique . Phryné PIGENET (CHEVS) :
Intégration et naturalisation des exilés catalans

nés entre 1925-1 940 ... . Aline ANGOUSTURES
Transmissions familiales

pp. 93-108
(CHEVS) : pp. 109-122 pp. 123-138

chez des enfants de

réfugiés olitiques espagnolsen France p . Florence GUILHEM (CHEVS) : D'une guerreà l'autre: mémoiredespères, histoiredesfils

HERITAGES ET ENGAGEMENTS POLITIQUES . Geneviève DREYFUS ARMAND (BDIC/CHEVS) :
L'engagement politique dans la génération de

réfugiésespagnolsnéedans lesannées 1920-1930 pp. 141-154 . Antonio et Evelyne LOPEZ CAMPILLO (paris IV) : Enfant pendant la guerrecivileà Bu~os . Francisco CAMPUZANO (Montpellier III) :
La pnse de pouvoir dans lefranquisme

pp. 155-158

à lafin desannées soixante REPRESENTA TIONS RECIPROQUES

pp. 159-170

. Nancy
.

BERTHIER

(paris VIII) :

Canciones para después de una guerra de BasilioMartin Patino: cinéma,histoire et mémoire pp. 173-183
Angel DUARTE (Université de Gérone) :
Guerre et adolescence dans la mémoire de Gabn'el Fen"ater :

une lecturede ln Memoriam . Jacques MAURICE (paris X) :
Enfants de la guerre civile et exilés de f'intén:eur dans

pp. 185-193

La Gallina ciega deMax Aub

. Ebtehal

0.. pp. 195-205 pp. 207-223

YOUNÈS

(Université du Caire) :

us

enfants de la débâcle: vision de la guerre et traumattsmes

La notion

de génération

Pierre MILZA
lEP /CHEVS

La notion de génération, dont les organisateurs de ce colloque m'ont demandé d'évoquer la problématique en introduction à leurs travaux, est trop complexe, trop discutée, elle a donné lieu à des interprétations trop nombreuses et trop controversées, pour que je me hasarde à présenter ici - en quelques minutes - autre chose que des remarques portant sur la pertinence de ce terme, appliqué par l'historien du contemporain et par l'historien des migrations internationales à la mémoire de la guerre civile espagnole. Un concept aux frontières mouvantes Essayons tout de même de nous situer par rapport à l'immense corpus de textes de toute nature qui se sont appliqués, depuis un siècle et demi (ou davantage) à cerner la notion éminemment fluctuante de génération. On partira des deux acceptions du mot que donne Littré dans son dictionnaire. La première appelle génération "chaque degré de fùiation en ligne directe": il y a ainsi une génération du flls, du père, du grand-père, etc. La seconde voit dans la génération "l'espace de trente ans qui sert d'évaluation courante pour la durée moyenne de la vie humaine". Littré rejoint ici Hérodote, pour qui la durée du siècle - séquence fondamentale de l'Histoire - coïncide approximativement avec la succession de trois
génératiQns.

On sait que ce découpage du temps en séquences générationnelles sera adopté en tout premier lieu par les historiens des idées, les historiens de l'art et les spécialistes de l'histoire littéraire: d'abord en Allemagne (Dilthey, Petersen, Lorenz, Pinder), puis en France avec Albert Thibaudet. Dans son Histoirede la littérature françaisede 1789 à nos Jours1,publiée en 1936, reprenant la durée moyenne trentenaire de la génération "biologique", celui-ci distingue ainsi une génération de 1789, une génération de 1820, de 1850, 1885 et 1914: découpage commode, mais parfaitement arbitraire et qui a donné lieu à de nombreuses critiques. L'apport de la philosophie a sans doute été déterminant pour donner un contenu plus consistant à la notion de génération. Il semble ainsi que la théorie d'Ortega y Wsset, mise en forme en 1949 par son disciple Julian Marias2, apparaisse comme le premier effort pour dégager une théorie complète et logique de la notion de génération et pour en faire un instrument majeur de l'explication historique. Deux points méritent d'être retenus dans cette théorie qui se fonde sur des présupposés métaphysiques que je n'évoquerai pas
tC1.

En premier lieu la défmition que donnent Ortega y Gasset et Marias de la génération: c'est - expliquent-ils - le système d'idées et de formes qui valent à Ul1certain moment pour interpréter la réalité. Chacun est inséré dans le monde au moment où vaut un système donné d'interprétation de celui-ci: ce système défmit le niveau auquel il vit, sa génération. Les générations se succèdent ainsi, chacune avec sa sensibilité propre et son système d'interprétation du monde. La génération change quand le monde change. L'autre point concerne la durée des séquences générationnelles, calquée pour Marias sur le rythme biologique de quinze ans. Cette conception du fait générationnel, qui a donné lieu chez ceux qui l'ont élaborée (notamment chez Marias) à une systématisation excessive, a eu le mérite de souligner l'importance historique - déjà perçue par

Stendhal et par Mentré 3 - d'une cohérence mentale des hommes qui
1Albert THIBAUDET, Histoire de la littératurefranfaise de 1789 à nosjours, Paris, 1936. 2 J. MARIAS, El Metodo historicode las generaciones, adrid, 1949. M 3 F. MENTRE, Les glnérations sociales,Paris, 1920.

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ont grandi, qui vivent et agissent ensemble pendant les mêmes années. Il existe entre eux une communauté d'idées, de modes, de pensées, de croyances et d'aspirations qui les distingue des autres groupes similaires. Si la théorie d'Ortega y Gasset et de son disciple a en fm de compte abouti à n'être qu'un simple jeu de l'esprit, c'est parce que ses concepteurs se sont attachés - et ceci de manière exclusive - à l'histoire des idées, en négligea11tle rôle de l'événement. Chez les historiens généralistes, il a fallu attendre assez longtemps pour ,que l'on rattache la notion de génération à celle d'événement fondateur. Lucien Febvre la rejetait purement et simplement. Marc Bloch se contente, dans une page unique de son Apologiepour l'histoire4, d'évoquer brièvement une génération de l'Affaire Dreyfus, une génération de la guerre, une génération de l'après-guerre, en reconnaiss311tla part jouée par ce qu'il considère comme certains événements importants. Pour le médiéviste Yves Renouard5, le premier historien à s'être sérieusement penché sur le problème est Eugène Cavaignac, dans une communication présentée en 1938 au Congrès international des sciences historiques à Zurich6. A tout moment, explique ce dernier, coexistent quatre générations qui se défmissent par rapport à un événement. On distingue ainsi:

. ceux qui l'ignorent parce qu'ils sont trop jeunes (de 0 à 10 ans) ;
. ceux qui en ont été les acteurs ou qui y ont assisté consciemment (de 10 à 40 ans) ;

. ceux qui l'ont préparé et mené (de 40 à 60 ans) ; . ceux
enf111qui ne s'y intéressent plus (Plus de 60 311S).

4 Marc BLOCH, Apologiepour l'histoire ou Métier d'historien,Paris,1949, p. 95. 5 Yves RENOUARD, "La notion de génération en histoire", Revue historique, janvmars 1953, pp. 1-23. 6 E. CAVAIGNAC, "La succession des générations en histoire", communication

présentée au Congrèsinternational des scienceshistoriques, Zurich, du Congrès, p. 574.

1938, comptes rendus

11

De ces prémices, Yves Renouard tire en 1953 une défmition du fait générationnel qui garde encore une forte crédibilité: "w1e génération, écrit-il, est un faisceau de classes d'âge, un ensemble d'hommes et de femmes dont les idées, les sentiments et les manières de vivre sont les mêmes et qui se présentent dans les mêmes conditions physiques, intellectuelles et morales aux faits et événements majeurs qui affectent la société dont ils sont un élément.7" Depuis les années cinquante, les historiens et les sociologues se sont beaucoup intéressés à la notion de génération, en général pour admettre, avec Annie Kriegel et Karl Mannheim8, la pertinence de cette notion. Raoul Girardet est à peu près le seul parmi les historiens contemporanéistes à en contester l'utilité, préférant parler de contemporanéité et mettant l'accent au contraire sur les facteurs d'hétérogénéité au sein d'une même classe d'âge et sur l'écoulement continu des classes d'âge9. Les différences, sinon les divergences entre ceux qui reconnaissent le caractère opératoire du concept de génération, portent sur l'étendue temporelle qu'il recouvre. Nombreux sont ceux qui - c'est le cas des organisateurs de ce colloque - se.maintiennent sur le créneau des quinze ans. D'autres, en particulier aux Etats-Unis, optent pour une période plus courte, coïncidant avec les décennies: on parle ainsi de la génération des fifiies, des sixties, ce qui est tout à fait arbitraire. D'autres encore, comme Michel Winock, admettent des espaces de durée variable, opposant les périodes historiques de forte densité, marquées par des événements importants (guerre froide: 1946-1956 ; guerre d'Algérie: 1954-1962 ; "génération 68" : 1967-1974; etc.), à des périodes plus plates qui défmissent des "générations longues".

7Yves RENOUARD, op. dt. aAnnie KRIEGEL, "Le concept politique de génération: apogée et déclin", Commentaires, automne 1979, Vol. 2 Numéro 7, pp. 390-399; K MANNHEIM, "The Problem of Generations" , in Essqys on the Sodology oj l.VJowledge, Londres, 1959. 9 Raoul GIRARD ET, "Du concept de génération à la notion de contemporanéité" in Revue d'Histoire moderneet contemporaine, . XXX, avril-juin 1983, pp. 257-270. t

12

La génération

des "enfants de la guerre civile"

S'agissant plus précisément de la problématique de ce colloque, on a choisi - dès lors qu'il s'agissait d'examiner un problème de mémoire - le segment correspondant à ceux qui étaient trop jeunes pour avoir participé en tant qu'acteurs à la guerre civile espagnole, mais en ont néanmoins directement subi les premières conséquences. Il est clair que, dans toute question liée à la notion de génération, seul un petit nombre est concerné, ce qui nous renvoie aux remarques que Wilhelm Dilthey formulait en 1947 dans Le Monde de l'espn'po:"La génération, écrit-il, forme un cercle assez étroit d'individus qui, malgré la diversité des autres facteurs entrant en ligne de compte, sont reliés en un tout homogène par le fait qu'ils dépendent des mêmes grands événements et changements survenus durant leur période de réceptivité." De cette citation, nous retiendrons deux idées essentielles pour la problématique de ce colloque: l'idée qu'une "génération" se structure autour d'un "grand événement", disons d'un événement fondateur; et le fait que cet événement est d'autat1t plus prégnant pour ceux qui l'ont vécu qu'il coïncide chez eux avec ce que Dilthey appelle la "période de réceptivité", c'est-à-dire avec l'enfance, l'adolescence et le début de l'âge adulte. Le problème qui se pose pour la population ici concernée est celui de son hétérogénéité. Celle évidemment des individus qui la composent, corrigée il est vrai, dans la plupart des cas, par une relative homogénéité idéologique et statutaire: il s'agit le plus souvent d'enfants d'exilés politiques appartenant aux divers courants de la gauche. Mais - et c'est la même chose pour les fuoruscitiitaliens de l'entre-deux-guerres -, l'événement fondateur n'est pas unique, pas plus que le choc émotionnel qui en résulte: il y a la guerre civile et il y a pour les exilés le fait migratoire et le phénomène de déracinement et de transculturation qui l'accompagne. Or, dans la manière dont s'effectue l'intégration à la culture du pays d'accueil, intervient fortement l'âge qu'avait le jeune migrant au moment de son arrivée en France. Ceux qui sont nés entre 1925 et 1930 avaient entre dix et
10

W. DILTI-IEY,

Le Monde de l'esprit, T. I de l'Histoire des scienceshumaines, Paris,

Aubier, 1947.

13

quinze ans au moment de la guerre civile. Ils avaient été fonnés par l'école espagnole à la culture espagnole, alors que ceux qui sont nés après 1935 ont fait toute leur scolarité primaire en France. On ne parle pas tout à fait des mêmes. Les premiers sont liés à la première génération de l'exil: on parle parfois, pour désigner ce type de population, de "génération 1 bis".La seconde constitue au contraire à proprement parler la "deuxième génération". Il existe enfm un autre facteur d'hétérogénéité: l'existence au sein de l'immigration espagnole d'enfants et de jeunes qui appartiennent à la classe d'âge retenue ici, mais dont les parents ont émigré en France avant la guerre civile, essentiellement pour des raisons économiques.

Les organisateurs de ce colloque ont eu conscience de ces problèmes et des difficultés d'interprétation qu'ils impliquent. Aux communiqua11ts et aux intervenants, témoins ou non, de nous dire si nous avons fait le bon choix.

14

Peut-on parler d'une de la guerre civile?
Anne DULPHY
École polytechnique / CHEVS

génération

de Français

La génération dont il est question dans cette communication liminaire n'est pas l'objet central de ce colloque bien que façonnée par le même événement fondateur. L'hypothèse de la constitution d'une génération française autour de la guerre civile mérite en effet de retenir l'attention. Elle est formulée au terme d'une étude d'opinion sur la question espagnole pendant la décennie 1945-1955 qui illustre le caractère opérant de l'approche générationnelle. Avec l'examen d'itinéraires et la description de structures de sociabilités, il s'agit d'outils forgés par Jean-François Sirinellil pour mener à bien l'histoire des intellectuels qui se révèlent précieux pour appréhender les couches émergentes: l'opinion agissante, autrement dit les minorités informées qui exercent leur action par la médiation de réseaux ou la constitution de mouvements; l'opinion organisée, structurée en fonction d'options idéologiques, qui s'exprime au sein des partis politiques et lors des débats parlementaires2.
1

XX, siècle, Paris, 2 Pierre synthèse MILZA,

Jean- François

SIRINELLI,
Fayard, "Opinion

Intelleetllels et passions franfaises. Manifestes et Pétitions ail
publique et relations internationales". extérieure, ROlne, Rapport EFR de

1990, p. 14.

du colloque tome

sur Opinion pllbliqlle et politique 1981, pp. 663-687.

et Paris,

de Boccard,

1 : 1914-1940,

Or, selon Wilhelm Dilthey, le concept générationnel s'applique à "un cercle assez étroit d'individus qui, malgré la diversité des autres facteurs entrant en ligne de compte, sont reliés en un tout homogène par le fait qu'ils dépendent des mêmes grands événements et changements survenus durant leur période de réceptivité"3 ; cette défmition souligne le rôle joué par un événement dateur dans la formation d'ooe génération, qu'elle limite à des groupes repérables par leurs interventions dans la sphère du politique. L'étude de ces derniers met en lumière une continuité des schémas de pensée sur l'Espagne de part et d'autre du second conflit mondial: sympathie pour un camp ou l'autre qui perdure une fois refermée la parenthèse de l'ooanimisme résistant; engagement direct ou militant; perception manichéenne du parti républicain, incarnation de "la dignité du peuple espagnol"4 ou archétype du révolutionnaire rouge. La flliation avec les choix effectués en 1936 est indéniable à gauche dès la Libération, elle s'impose à droite avec la guerre froide; la guerre civile constitue bien "une problématique majeure [...] qui suscite un ensemble de réponses contradictoires formant un système idéologique"5. Toutefois, pour que le concept générationnel trouve sa pleine acception, il importe que l'événement dateur détennine le discours et la pratique politiques au-delà de la seule question qui lui est directement liée; le certifier est d'autant moins aisé que la lecture est brouillée par deux expériences déterminantes, le second conflit mondial et la Résistance.

La fermeture de la frontière pyrénéenne le 1er mars 1946, circonstance presque unique où l'exécutif obéit à l'émotion populaire consécutive à l'exécution de dix guérilleros, laisse présager une unanimité nationale: les réseaux d'influence, les fonnations majoritaires, leurs élus, les syndicats et la plupart des organes de presse militent pour une stratégie interventionniste; les décideurs
3

Cité

par

Michel

WIN OCK

dans

son

article

sur

"les générations
Exils et

intellectuelles", Vingtième siècle,n° 22, avril-juin 1989, p. 17. 4' Daniel MAYER, "Républicains espagnols et antifascistes français", Imigrations hispaniques au XXJm' siècle,Paris, CERIC, 1993, p. 73. 5 Michel WINOCK, "Les générations intellectuelles", op. cit., p. 19.

16

cèdent à ces activistes dont ils sont proches idéologiquement. Sans conteste, ce front uni contre le franquisme s'explique par la guerre mondiale qui a induit un important renouvellement de la représentation parlementaire, évalué à 75%6, en créant une nouvelle étape du cursushonorum,principal élément de sélection sous la IVème République; cette osmose est valable pour tous les partis, exception faite des modérés, et rejaillit sur l'attribution des portefeuilles ministériels7.Légitimée par la Résistance, la classe politique dans son ensemble estime que la défaite du nazisme annonce inéluctablement la chute du franquisme. Avant le 8 mai 1945, elle est convaincue de la concomitance des deux événements8. Après, elle croit en l'imminent départ du Caudillo et confère à cette certitude la valeur d'un principe: voilà pourquoi Maurice Deixonne commémore en des termes victorieux le dixième atmiversaire du pronunciamiento. "Ce que
nous célébrons surtout, c'est la f111 prochaine de la dictature. En ce 18 juillet, nous pouvons proclamer sans crainte que le dénouement est

proche [...] Chers amis espagnols, tout ce qu'il y a d'honnête, [...] de sain [...] [et] de généreux est aujourd'hui à vos côtés [...] pour faire en
sorte que cet anniversaire soit aussi le dernier de la défaite et que le prochain soit le premier de la victoire.9" En posant cette condition indispensable à "une paix universelle, durable et Ï11divisible"1O,la coalition tripartite s'inscrit dans la continuité de la Résistance: elle obéit au même impératif antifasciste et s'appuie sur des liens de proximité tissés dans la clandestinitéll. Pour autat1t, cette fraternité
6 Fred I<UPFERMAN, Les premiers beauxjours 1944-1946, Paris, Calmann-Lévy, 1985, p. 111. . Mattei DaGAN et Peter CAMPBELL, "Le personnel ministériel en France et en Grande-Bretagne 1945-1957", RFSP, 1957, vol. VII n° 2 et 4, p. 802. 7 Mattei DaGAN, "Les filières de la carrière politique en France", Revuefranfaise de sociologie, ctobre 1967, vol. VII n° 4, pp. 487-488. o 8 AAN, CAE, séance du vendredi 2 février 1945. 9 OURS, archives Deixonne, 1 APO 18, dossier 3. 10AN, archives Bidault, dossier 457 AP 99. Note de novembre 1944. 11 C'est ce qu'exprime M. Braun dans les colonnes du DailY Worker le 7 août 1946 :
"C'est un jeune Français conillluniste

- qui

avait appris

à se battre

en Espagne

- qui

tua le premier soldat allemand abattu par la Résistance [...] Pour nous, la 'torture' n'est pas un vain mot, c'est une réalité vivante, l'expression même de la souffrance de milliers de malheureux qui se trouvent dans les camps de concentration de l'autre côté des Pyrénées [...] Aucun Français digne de ce nom ne peut se considérer 17

est un axiome insuffisant. Certes, elle explique les sentiments consensuels éprouvés par les élus - patents dans leur large adhésion au groupe parlementaire d'amitié France-Espagne libre jusqu'à la rupture de la mi-1947 -, mais elle ne motive pas à elle seule un engagement actif. "L'essentiel, c'est la guerre d'Espagne [...]12" vancée pour éclairer A le choix de l'antifascisme ou de Vichy, cette formule rend aussi intelligible la poursuite du combat antifranquiste une fois le conflit mondial terminé. La ftliation entre l'attitude alors adoptée par les formations partisanes et le degré de leur engagement après 1945 est indéniable. Au plan individuel, elle est quasi systématique: les personnalités à l'avant-garde du combat politique en faveur de la démocratie espagnole occupent toutes cette position depuis 1936 ; c'est le cas des principaux animateurs des réseaux de solidarité. La situation du PCF est exceptionnelle puisque, pour plusieurs de ses responsables, cette bataille s'est effectuée par les armes au sein des Brigades intemationales13. Figure légendaire, archétype du brigadiste, André Marty est le porte-parole désigné des instances dirigeantes et assure l'interface entre les deux partis frères jusqu'à son exclusion en 1952. Avocat des réfugiés communistes arrêtés lors de l'opération Boléro-Paprika du 8 septembre 1950, il est vivement pris à parti par Le Populaire qui - appelant à la rescousse la mémoire
controversée de la guerre civile pour mieux le discréditer

- assure:

"chacun sait que [...] 'le boucher d'Albacete' aime les républicains espagnols comme le bifteck: saignantS.14"Assisté d'André Breton, d'André Roger, du docteur Pierre Rouquès, du colonel Henri RolTanguy et du général Vit1cent, il dirige l'Amicale des anciens
comme libre tant que l'Espagne gémit sous le régime de la dictature franquiste" (AMAE, série Europe 1944-1949, sous-série Espagne, dossier 69, £ 14). 12 Pierre LABORIE, L'opinion franfaise sous Vic~, Paris, Seuil 1990, p. 193, cite ce témoignage de François Goguel à propos d'Emmanuel Mounier. 13Jacques FAUVET, Histoire du Parti communistefranfais, Paris, Fayard, 1977, 605 p., rappelle qu'ont été envoyés des leaders déjà connus - F. Billoux, C. Tillon -, de

futurs parlementaires - J.
deux principaux PCF.

Chaintron,

R. Guyot,

A. Lecœur,

P. Moquet

-...

14Le Populaire, le 9 septembre arguments

1950, p. 1. La mise en cause d'A. Marty est l'un des avancés pour réfuter la légitimité des protestations du

18

volontaires de l'Espagne républicaine, riche d'environ 3 000 membres. Créée au lendemain du retrait du front des Brigades internationales à l'automne 1938, dissoute en février 1940 puis reconstituée en 1945, elle est le canal d'action privilégié du PCF15. C'est à son instigation que, le 7 juin 1945, le gaulliste Jacques DebûBridel et ses collègues communistes de la commission de la Défense nationale16revendiquent la qualité d'anciens combattants et les droits afférents pour les brigadistes, ces héros "levés avant le jour"17. Il s'agit d'une revendication majeure de l'appareil18, en parfaite cohérence avec un argumentaire qui fait débuter la seconde guerre mondiale - par conséquent le combat "pour la liberté et l'indépendance" nationales - en 1936. Les 18 juillet 1946 et 11 mars 1947, André Marty réclame avec son groupe que la mention "mort pour la France" soit accordée aux combattants défunts19. La commission des Pensions fait valoir le caractère idéologique plutôt que national qu'a revêtu l'engagement dans l'armée républicaine, mais elle se prononce pour l'octroi d'avantages matériels comme le suggèrent Jeatl Minjoz et la SFIO les 30 juillet 1946 et 14 février 194720.Trois tentatives pour obtenir la reconnaissance d'une lutte à caractère politique, analogue à celle des résistants, ainsi que des mesures sociales équitables, sont ensuite faites par les députés communistes21; la première, formulée le 11 juillet 1949 par d'anciens
15Deux sources fournissent des renseignements sur l'A VER ; AN, archives Bidault, dossier 457 AP 100. Note confidentielle police sur la colonie espagnole de Paris, septembre 1947.

-

de la préfecture

de

- Amicale des anciens volontaires franfais en Espagne républicaine 1936-1966, Lille, Imprimerie commerciale fivoise, 1966, 37 p. 16 Documents parlementaires, ACP 1945, annexe n° 448. La proposition de résolution
est présentée par

J. Debû-Bridel,

J. Bourgoin,

G. Dassonville,

M. Kriegel,

A. Marty,

P. Muselli, R. Roucaute, R. Schwob et P. Villon. 17La fonnule est tirée d'un éditorial de France nouvelle,le 23 septembre 1950, n° 249, p. 10. 18TI s'agit de la reconnaissance des décès, de la prise en compte du temps de front en Espagne COlllllie service de guerre, du droit à la pension des veuves de guerre, enfin de l'admission des orphelins comme pupilles 19 Documentsparlementaires, ANC2, 1946, annexe n° 175, et AN, 1947, 20Documentsparlementaires, ANC2, 1946, annexe n° 292, et AN, 1947, mutilés et des de la nation. annexe n° 888. annexe n° 576. décédés bénéficient des

Ces textes demandent que les ayants droit des volontaires mêmes avantages que ceux des déportés politiques. 21Propositions de loi des 11 juillet 1949, 13 mars 1952 et 25 mars 1953.

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brigadistes22, recueille le soutien unanime des commissaires compétents mais n'est pas plus que les autres présentée au Parlement. Dans cette offensive pour assimiler aux soldats de la seconde guerre mondiale les citoyens qui se sont portés au secours de la liberté dès la première phase de l'offensive fasciste, le PCF a seulement obtenu la simplification de la procédure de régularisation d'état civil des Français morts dans les ra.t1gsrépublicains, selon les règles fixées pour les militaires décédés entre 1939 et 1945, votée le 2 mai 194623. A l'inverse, le fardeau de la non-intervention pèse sur les épaules des socialistes dont la résolution présente répare une insuffisance passée24.Plus qu'aucun autre, en effet, ce réseau se structure autour de personnalités: Daniel Mayer est l'incarnation politique majeure de l'antifranquisme, et Paul llivet sa principale figure intellectuelle. Le parcours du premier obéit à deux maîtres mots, justice et liberté, qui l'ont conduit à adhérer en 1927 à la Ligue des droits de l'homme ainsi qu'à la SFIO. Partisan de l'union de tous les démocrates contre le danger fasciste, résistant de la première heure, il prolonge cet engagement après-guerre en ne ménageant pas son concours à la cause républicaine quelles que soient ses responsabilités politiques25. Il contribue en particulier à la restructuration de l'antifranquisme démocratique - face au monopole communiste consécutif au déclenchement de la guerre froide - en étant à l'origine, avec Gaston Chazette, de l'Association des amis de la République espagnole en

22 Documents parlementaires) AN 1949) annexe n° 7853. A. Marty) A. Touchard) A. Gautier et A. Tourné demandent que "leurs camarades mutilés ou infinnes et [...] les ayants cause de(s) disparus" bénéficient des droits réservés aux combattants de la seconde guerre mondiale. Ds chiffrent la mesure à 14 millions de francs, "un centième du budget" : elle concernerait 159 ascendants, 175 veuves, 115 orphelins et 100 grands blessés. 23 TIs'agit de la loi n° 46-879, parue au Journal ojJicie/le lendemain. 24 La formule est reprise d'un propos de P. Rivet à la conférence internationale socialiste de Paris (OURS, CIS, 2èmeséance du mardi 27 août 1946, l'après-midi). 25 TI assiste aux réceptions données par le gouvernement républicain et participe à de nombreux meetings de solidarité; pendant la décennie étudiée, il intervient à cinq reprises à l'Assemblée, neuf en commission des Mfaires étrangères. En témoignage de reconnaissance, son nom est gravé sur le monument érigé à la mémoire des Espagnols victimes du nazisme dans le cimetière du Père Lachaise, face au mur des fédérés, inauguré en sa présence en avril 1969.

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juin 195026 et, avec Marius Mou tet, d'un groupe d'amitié parlementaire France-Espagne libre courant 195427. En juin 1955, il stigmatise la politique d'apaisement du ministre des Affaires étrangères Antoine Pinay lorsque, sur ses instances, l'ambassadeur remet au général Moscardo, le défenseur de l'Alcazar de Tolède, une épée offerte en hommage par les lecteurs de L'Echo de Paris puis, dans son allocution, l'érige en gloire de la cité à l'égal du Grec028. Ethnologue, fondateur du Musée de l'homme, Paul Rivet fut l'initiateur en 1934 du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes; en 1939, il patronna la Commission internationale pour l'aide aux réfugiés espagnols. Il continue à les soutenir après 1945 en participant activement aux associations de solidarité29. En témoignage de reconnaissance, tous deux sont décorés de l'ordre de la Libération de la République espagnole. Si tous les dirigeants de la SFIO approuvent leur action, certains se mettent au service de l'antifranquisme avec une vigueur particulière. Vincent Auriol poursuit le choix fait durant la guerre civile lorsque, ministre des Finances du gouvernement du Front populaire, il organisa avec l'accord des douanes W1e chaîne de passage de la frontière pyrénéenne pour du matérieI30. Parmi les personnalités qui assurent
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CAC, AMI, dossier 870623 art. 11. Notes des RG, les 23 juin 1950 et 13 avril
d'après des

1951. 27 CAC, AMI, dossier 870623 art. 15. Note des RG de Montpellier

renseignements communiqués au président des Cortes en exil, le 25 octobre 1954. 28 Le Populaire, le 15 octobre 1955, p. 1. C'est à l'instigation d'Henri de Kérillis que L'Echo de Paris avait ouvert le 19 octobre 1936 une souscription pour offrir une épée d'honneur à un général rebelle; deux mois plus tard, une photographie était prise à Paris du député Pierre Taittinger) chef des Jeunesses patriotes, tenant l'épée que bénissait un évêque ibérique (D. W. PIKE) Les Franfais et la guerre d'Espagne, Paris, PUF, 1975, p. 144). Longtemps différée, cette cérémonie suscite une vive émotion à la SFIO: dans sa QO du 17 août 1955, R. Verdier detnande au ministre ce qui l'a conduit à "autoriser le représentant officiel de la France en Espagne à célébrer des événements de la guerre civile espagnole qui constituent les premières victoires de Hider et Mussolini" (fournal officie4débats de l'AN, p. 4757). 29 TI est vice-président du groupe parlementaire d'amitié France-Espagne (républicaine) et du COlnité France-Espagne; il est membre d'ho1Uleur de la Ligue
internationale des atnis des Basques 30 Daniel' MAYER) "Républicains émigrations hispaniques ail XX"", et de S olidaridad espanola. espagnols et antifascistes français", Exils et

siècle, op. cit., p. 70.

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une liaison étroite entre les partis socialistes frères, il faut mentionner Maurice Deixonne en raison de l'amitié qui le lie à Rodolfo Llopis. Président avant-guerre, dans le Cantal, des comités antifasciste et d'accueil aux réfugiés espagnols, il souligne la responsabilité qui incombe aux démocrates après les "années cruciales de la guerre civile, début véritable de la conflagration mondiale", et la Résistance. En juin 1954, le PSOE et l'UGT du Tam expriment solennellement leur gratitude à celui qu'ils appellent "notre député" : en réponse, celui-ci s'engage à utiliser ses fonctions publiques "tantôt à arracher des griffes de la police tel ou tel de vos camarades, tantôt à plaider, sur le plan national, la cause de la République sœur"31. La fraternité démocrate-chrétienne s'articule autour des amitiés ancieru1es nouées durant la guerre civile et demeurées fidèles; l'écrivain François Mauriac en fait partie, de même que Francisque Gay, Er11estPezet, Georges Bidault et Jean Raymond-Laurent32,sans oublier Marc Sangnier. C'est aussi le cas du syndicaliste Paul Vignaux, correspondant du ministre Manuel de lrujo depuis 1936, qui a mis l'accent sur le rôle fondamental joué par la guerre d'Espagne dans le développement de l'antifascisme catholique33. Comme alors, en réconciliant foi et République, la spécificité basque leur laisse espérer une solution de rechange à l'alternative de la violence politique et de la dictature: "ce peuple [...] est resté luimême; nous aussi nous sommes restés les mêmes; les Basques sauront donc que, comme il y a dix ans, leur combat est notre combat.34" Ils le soutiennent par le canal de la Ligue internationale des amis des Basques, première association franco-espagnole à avoir été constituée en décembre 1938. Celle-ci loue un immeuble à Paris, 11, avenue Marceau, pour le mettre à disposition du gouvernement d'Euzkadi mais ne parvient pas à empêcher sa restitution à l'Etat franquiste en juin 1951, les juridictions compétentes ayant entériné
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OURS, archives Llopis, dossier sur M. Deixonne et la République espagnole.

Compte rendu par Georgette Llopis de l'allocution de M. Deixonne le 13 juin 1954. 32 AN, archives Bidault, dossier 457 AP 100. Lettre confidentielle de Javier de Landaburru à M. de lrujo à Londres, le 30 septembre 1944. 33 BDIC, dossier P. Vignaux. "Guerre civile en Espagne Guillet 1936-mars 1939) et développement d'une conscience antifasciste dans le catholicisme français." 34 L'Aube, le 11 mai 1947. "Encore une fois les Basques", par Etienne Borne. 22

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