ENFANTS PERDUS DE L'ISLAM

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" La courneuve. Cité des peintres. Ce qui aurait pu n'être qu'une chronique de l'ennui et de la délinquance ordinaire va rapidement devenir, pour Rachid et Fabrice, le récit d'une descente aux enfers. Désœuvrés, désocialisés, ils sont la proie idéale pour Youssef, le " recruteur ", l'islamiste radical dont le masque ne tombera que tardivement. Trompés, manipulés, entraînés dans un processus qui finira par les broyer, ils en subiront toutes les étapes, de la découverte du Livre à l'entraînement dans les camps d'Afghanistan, du simple service rendu à l'action terroriste la plus violente.
Publié le : vendredi 1 janvier 1999
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EAN13 : 9782296383135
Nombre de pages : 166
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Enfants perdus de l'Islam

(Ç) L'Harmattan,

1999

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - FRAN CE L'Harmattan Inc 55, rue Saint-jacques-Montréal CANADA H2Y 1K9
L'Harmattan, Via Bava 37 10124 ISBN: Torino 2-7384-7612-0 Italia s.r.I.

(Qc)

Pierre Marcy

Enfants perdus de l'Islam
Des cités au terrorisme: la manipulation

Fiction

L'Harmattan

rison de Fresnes, le 12 février 1996. Je m'appelle Rachid Cellule 424, numéro d'écrou 18554. J'ai vingt-cinq ans et j'ai participé à plusieurs attentats à Paris en mars 1995. Je suis là depuis maintenant presque un an. Quand je dis « participé », ce n'est pas tout à fait exact. Disons plutôt qu'on m'a utilisé... Mais mon avis, il ne compte pas. Tout ce que j'ai à faire, c'est attendre mon jugement. Il parait que ce serait pour bientôt. Quelques mois. .. ou plus. J'ai oublié de vous dire que mon nom de famille, comme on dit, c'est Belhadj. Mon père et ma mère sont algériens, moi français. Cela ne veut pas dire grandchose. Je ne les ai pas vus depuis longtemps. Il parait que le juge ne veut pas. On ne sait jamais, deux vieux terroristes... ! J'aimerais bien aussi revoir mes copains de la cité. Slimane, Momo, les autres, ils ne m'ont sûrement pas laissé tomber. Malgré ce que j'ai fait. Ils me manquent. Et puis Sophie aussi. Faudra qu'ils viennent.

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I

ité des Peintres à La Courneuve. C'est là que tout a commencé. Square Paul-Gauguin, très exactement. Début 1994. * - Rachid, viens voir. Dépêche. Slimane a récupéré un truc super. Rachid s'approcha du banc. TIy avait là Fabrice, qui l'avait appelé, Momo - tout le monde l'avait toujours appelé comme cela -, et Nourredine. Slimane était assis et avait posé devant lui un sac de sport gris. Tous regardaient à l'intérieur, excités et curieux. Rachid se pencha et vit ce
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C

qui les attirait tous. TI y avait là un fusil à pompe, un « riot », et des cartouches. - Qui t'a filé ça ? , demanda Rachid. - Si on te le demande, tu diras que tu ne sais pas. Contente-toi de regarder et ne pose pas de questions, lui rétorqua Slimane, tout d'un coup agressif Pas de questions et tout le monde est content, c'était la règle ici, dans la cité. Drôle d'endroit pour vivre, à vrai dire. «Les Peintres », c'était un groupe d'une dizaine d'immeubles identiques, de dix étages chacun. Des bâtiments sans âme, sales. Rien que les cages d'escalier donnaient envie de partir à peine entré. Les boîtes à lettres étaient cassées depuis longtemps. Alors au début, le courrier anivait comme il pouvait, et puis tout cela était devenu normal. On ne touchait plus aux lettres des autres, même si on pouvait les prendre comme de rien. Les murs étaient couverts de tags, ou de graffitis, comme on veut. fis avaient eu une signification au début. TIy a quelques années, les gamins de la cité, Rachid, Slimane, et les autres, avaient tous apposé leur signature, marqué leur présence. Pour eux, ce n'était pas de l'art, cela existait, faisait partie de leur vie, c'est tout. La Mairie avait fait des efforts ces dernières années, et les arbres avaient poussé. En ce début d'été, cela devenait presque agréable de se balader dans les trois squares. Gauguin, Matisse, et Manet. - Qu'est-ce que tu vas en faire de ce truc-là? demanda Fabrice. - J'en sais rien, on verra bien, répondit Slimane. En attendant, je vais le planquer. Beaucoup de choses pas très «catholiques» passaient entre les mains des jeunes de la cité. fi faut dire qu'il n'y a pas grand-chose à faire, ici, quand on a juste dix-huit ans.

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Et pourtant, on sort peu de la cité. C'est le « pays ». Rachid et les autres sont prêts à tout pour le défendre. Comme il y a quelques mois. Tout avait commencé un vendredi soir à Paris, près de la porte de la Chapelle. TIs étaient tous là, dans la boîte un peu miteuse, plus quelques-uns des bâtiments voisins. La musique était forte et tout le monde avait un peu bu. Un type des « Indes », une cité plus à l'ouest, s'est approché de Latifa, la copine de Slimane. TIa voulu l'emmener sur la piste, l'empoignant par le bras. Latifa est belle et cela faisait un bout de temps qu'il la regardait. Tout le monde s'est levé, le ton est monté, et Slimane lui a donné un coup de poing. TI est tombé, mais les «Peintres» étaient trop nombreux et il n'a pas pu riposter. TI est reparti. De sa bouche sortaient toutes les insultes qu'on avait pu inventer en banlieue depuis des années. C'était surtout sexuel et beaucoup contre-nature! Mais il a aussi menacé. C'était plus grave. Le lendemain soir, vers dix heures, à Gauguin, ils ont débarqué à vingt-cinq. Armés. TIy avait un fusil. La bagalTe a été courte et violente, et NoulTedine est tombé, touché par une décharge dans le ventre. Les autres ont réussi à se replier, dans un drôle d'état. Le champ était libre pour les assaillants. Dix voitures brûlées, sans compter le reste. Puis les bagalTes ont repris. Contre-offensive à coups de balTes de fer. «Les Indes» sont partis. A part NoulTedine qui geignait par telTe dans son sang, il n'y avait plus personne quand la police est arnvée. La cité s'était bien défendue. * A sept heures au mois de mars, il fait encore frais. Rachid quitta le groupe. - A tout à l'heure, lança-t-il, mon père veut que je sois là pour le dîner.

Il

TI

monta à pied les trois étages jusqu'à l'appartement

familial. L'ascenseur serait sûrement réparé la semaine prochaine, ou plus tard... Ceux qui habitaient les derniers étages montaient par celui de l'autre cage d'escalier et rejoignaient leurs appartements par le toit. Les jeunes comme les vieux. Depuis le palier, Rachid entendit la télévision. TIsortit ses clefs et entra. L'appartement était grand et chacun avait sa chambre, Nora, sa grande sœur, et Lelia, la petite. Plus celle des parents. Le séjour ressemblait à celui des copains de la cité. Rempli de souvenirs, surtout du pays, quelques photos, le tout sur des meubles qui avaient passablement vieilli. Mais c'est avant tout la propreté qui frappait. Sa mère avait toujours mis un point d'honneur à faire de chez elle un lieu où son mari et ses enfants se sentent bien. Elle avait toujours été parfaite, discrète et courageuse, apprenant même à lire en même temps que Nora, il y a quelques années. Une odeur de mouton s'échappait de la cuisine. - Venez manger! appela-t-elle. La table était mise, simplement. Le père se leva de son fauteuil, laissant les images défiler sur l'écran. TIcommençait à se faire vieux, disait-il. Pas à cause de son âge, mais usé par trente et un an sur la chaîne des carrosseries à Aulnay. Depuis sa retraite, il ne parlait pas beaucoup. TIdisait parfois «être au bout », avoir fait ce qu'il devait faire. TI n'était pas heureux. Les cheveux gris, le visage taillé à la serpe, barré d'une fine moustache, il vint s'asseoir à la table. * Une heure plus tard, Rachid prit son paquet de cigarettes qui traînait sur le lit de sa chambre et, sans un mot, sortit. Sa mère le regarda avec une lueur de tristesse. TI partait tous les soirs, «discuter avec les copains», pour 12

rentrer tard, très tard. Sans jamais le lui avoir dit, elle ne s'endormait que lorsqu'elle était sûre qu'il était rentré. Heureusement, depuis quelque temps, il y avait Sophie. Une fille gentille et sérieuse. Rachid se dirigea rapidement vers un hall d'immeuble un peu plus loin, saluant au passage d'une expression à chaque fois différente les petits groupes qui se formaient à la tombée de la nuit. TIdescendit quelques marches et s'engagea dans le long couloir des caves. La neuvième à droite, c'était devenu leur domaine. Quand il avait rencontré Sophie, début avril, il avait tout de suite été attiré. Entre elle, belle, brune, calme, et Rachid, les choses s'étaient faites rapidement. TIla faisait rire, elle le faisait rêver. La vie n'était pas drôle chez elle, et elle lui disait que pour la première fois, elle se sentait aimée. Alors ils s'étaient aménagé une cave - elles étaient toutes abandonnées - y mettant un matelas, une vieille table basse, et quelques coussins chapardés ça et là. La lumière venait de deux grosses bougies, et il fallait simplement faire attention à ne pas les renverser. C'est ici qu'ils se retrouvaient pour s'isoler. Sophie était déjà là. Sans mots inutiles, ils s'enlacèrent, s'allongèrent et, après s'être longuement embrassés, ils firent l'amour. Plus tard, Sophie et Rachid s'assirent sur le rebord du matelas. - Tu sais, dit Sophie, avec le bac bientôt, ça va devenir plus compliqué de se voir... - Comment ça, compliqué? , demanda Rachid. - Tu sais, il faut que je travaille, il faut que je bosse, je te l'ai déjà dit. Rachid se mit debout, il semblait tout d'un coup nelVeux.

- Qu'est-ce que tu veux me dire par là? Tu ne veux plus me voir, c'est ça ?
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- Mais non, tu sais que ce n'est pas ça. On est bien ensemble. Alors... Mais il faut que je m'y mette, au boulot, il faut que je passe ce putain de bac. Et puis en plus, tu sais, mon père, il me sulVeille.
Rachid, énelVé, un peu triste, lui dit: - Déjà qu'on ne se voit pas très souvent, en tout cas pas autant que je le voudrais, alors en plus si tu me parles de ton bac... - C'est important. C'est le seul moyen pour que je me sorte de cette merde! le coupa-t-elle. Penses-y, toi aussi. Rachid, et il n'était pas le seul, n'allait au lycée, un lycée professionnel, une branche qu'on avait choisie pour lui, que très irrégulièrement. Sa mère lui demandait souvent: « Mais qu'est-ce que tu peux bien faire de toute ta journée? », l'air de penser «tu dois souvent faire des bêtises »... Rachid, au fond de luimême, ne pouvait que savoir qu'il faisait en effet des « bêtises », comme tous les copains de la cité. Des petites affaires, du « business» comme on disait. Le bénéfice était faible, mais ça occupait, et puis surtout c'étaient les seules « aventures» qu'on pouvait vivre ici, dans la cité. - Réponds-moi Rachid, lui dit Sophie. Réponds-moi. TI va bien falloir toi aussi que tu te mettes à bosser au lycée, ou alors cherche du boulot. Je ne sais pas, moi, il faut que tu fasses quelque chose. - Du boulot, il n'yen a pas, dit-il sèchement. Et puis, et puis... cela me fait chier. Regarde Slimane. TIen avait bien trouvé du boulot, lui, à Garonor. Trimbaler des caisses. Au bout d'une semaine, il ne les trimbalait pas assez vite. Tu parles... TIn'avait plus de muscles, il n'avait plus de dos, il avait mal partout. Eh bien, il s'est fait virer, comme ça, comme un malpropre. On l'a payé avec trois billets. TI n'était même pas déclaré. C'était un esclave. Moi, je ne veux pas être un esclave.

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- Et quand tu fumes ton shit, tu crois que tu n'es pas un esclave? cria Sophie. Et puis tout ça, un jour, cela finira mal ! - Tu m'emmerdes, je me casse, dit Rachid sèchement.
- Non, arrête ! Excuse-mo~ reste... Sophie l'attrapa par le bras, le fit se retourner, et elle le regarda, les yeux pleins de tendresse et de regrets. Excuse-moi, j'ai dit des conneries, on est bien ensemble, et je veux qu'on reste ensemble. Pardonne-moi. Ne change pas... ou en tout cas pas trop... La colère retomba comme elle était venue, TIs s'embrassèrent, puis, éteignant les bougies, quittèrent la cave doucement, pour longer ce long couloir sombre, et remonter les quelques marches. TIsse séparèrent quelques minutes plus tard devant le numéro 5 du square Matisse. * C'est vrai que cela risquait de tourner mal un jour. TIen avait fait des « conneries », pas mal même. Arrêté trois fois par les flics. Trois fois, cela restait raisonnable... Mais Sophie avait raison, cela ne pourrait pas durer très longtemps. TIfaudrait bien faire autre chose, un jour. * En janvier, la situation avait été limite. Cela l'avait calmé d'ailleurs. Rachid était chez lui et Djamel était passé. - Salut Rachid. - Salut Djamel. - Je peux te parler, là ? Tu peux descendre ?.. Parce que ce serait bien qu'on ne parle pas ici dans ta chambre. TI y a ta mère... Djamel semblait cacher quelque chose. Rachid le coupa: 15

- Qu'est-ce que tu veux Djamel ? tu as une voix bizaITe. - Ecoute Rachid, il faut que je te parle de quelque chose... j'ai besoin d'un coup de main. Voilà, faut qu'on en parle. Chacun son tour, tu te souviens? Rachid savait de quoi parlait Djamel... Mais quand même, il avait l'air bizaITe. Rachid prit son blouson avec ses affaires, sortit de sa chambre, cria à sa mère qu'il sortait et ne reviendrait pas tard, et ils passèrent sur le palier. TIsdescendirent l'escalier silencieusement. L'atmosphère était lourde et Rachid se demandait ce qui pouvait bien se passer. TIfaut dire que Djamel était un copain, mais il s'en méfiait. TIavait eu déjà pas mal d'histoires, et personne ne voulait savoir ce qu'il faisait. Par contre, il avait l'air d'avoir beaucoup d'argent et sa famille ne manquait de rien. Anivé en bas, Rachid vit devant l'immeuble la belle BMW noire, pas tout à fait neuve, mais presque. - Monte, lui dit Djamel, je t'emmène chez un copain, je vais te dire ce qui se passe. De la Courneuve à Asnières, il n'yen avait pas pour longtemps, surtout à la vitesse à laquelle conduisait Djamel. TIavait l'air vraiment pressé. TIss'aITêtèrent devant un immeuble, haut. Rachid connaissait un peu le coin, mais surtout Gennevilliers. C'était à côté, mais les cités étaient différentes, et il ne connaissait personne ici. Djamel aITêta le moteur, appela un môme qui traînait, lui montrant un billet de cent francs. - Je redescends tout à l'heure, lui dit-il, sulVeille la voiture. Si tout va bien, tu auras le billet, sinon, il faudra te cacher. Le ton était menaçant. Le gosse, qui devait avoir à peu près huit ans, fit un grand sourire, s'assit sur le bord du trottoir à côté de la voiture, et ne la quitta plus des yeux.

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Même hall que chez lui, mêmes boîtes aux lettres arrachées, mêmes tags. Les noms étaient différents, c'était tout. TIsmontèrent jusqu'au septième étage. Toujours en silence, toujours pas un mot de Djamel. Rachid ne posait pas de questions. Curieux, mais prudent. Ici, il n'était pas sur son terram...et puis Djamel était respecté. Dans l'appartement, ils étaient déjà quatre. Avec eux deux, cela ferait six. Un Blanc, deux Blacks, un Beur, Djamel, et lui. TIvit tout de suite l'arme qui était posée sur la table. TI l'identifia comme étant un Colt 45. Rare... Cela le glaça. Personne ne parlait. Puis Djamell'mvita à s'asseoir. Les autres ne lui tendirent même pas la main. Après quelques instants, Djamelle regarda, et lui expliqua. - Voilà, Rachid, j'ai besoin que tu me rendes un service. En souvenir... On a un problème. Tout à l'heure, on a été obligé de laisser une voiture, au Luth, devant Gérard Philippe. TI y a des mecs qu'on aime pas là-bas. TIs nous connaissent, et s'ils nous voient, ils vont nous faire la peau. Toi, ils ne te connaissent pas. Alors Rachid, voilà les clefs, elle est sur le parking, je te demande d'aller la chercher. Tu la poseras à cette adresse. Djamellui tendit un papier. C'était sur Ivry. TIfaudrait faire le tour de Paris. - Ne t'inquiète pas, lui dit Djamel. On sera là, on t'attend. On te verra arriver. Dès que tu y es, tu me donnes la voiture, et on te raccompagne. Pendant que Djamel parlait, le Blanc avait pris le pistolet et jouait avec nelVeusement. Rachid n'était pas tranquille. TI se dit « après tout pourquoi pas, je ne les connais pas, moi, ceux du Luth, ils ne me connaissent pas, je récupère la bagnole, je me dépêche, et puis c'est fait ». Devant l'air inquiet de Rachid, Djamellui dit: - Je te donnerai deux mille francs dès que la bagnole sera arrivée. Deux mille francs, c'était une somme. C'était même curieux qu'on lui offre deux mille francs pour seulement 17

récupérer une voiture. Enfin... vu la tête des autres, il comprit qu'il n'avait pas vraiment le choix. TI descendit seul les escaliers. Dehors, il faisait pratiquement nuit. TIpleuvait un peu, le macadam brillait. TIferait froid ce soir. «Ça va glisser», se dit-il. TIse dirigea vers Gérard Philippe, la plus grosse ban-e de la cité du Luth. Un grand immeuble sinistre, couvert d'antennes paraboliques. TIn'était pas loin, environ quatre cents mètres. Après la grande avenue, il s'engagea dans le parking. TIchercha des yeux la Clio bleue, immatriculée en 51, une voiture de location, comme toujours. N'étant pas de la cité, déjà des regards suspicieux le fixaient, et certains le désignaient du doigt. «Dépêche-toi Rachid, se dit-il, il faut faire vite, ça sent pas bon ». TIaperçut enfin la voiture, tout au fond. D'un air faussement décontracté, il se dirigea vers elle. Rapidement, il l'ouvrit, la fit déman-er, recula brutalement et, dans un crissement de pneus, accéléra pour se dégager du parking. Déjà, un groupe de cinq ou six avaient commencé à courir vers lui. « Certainement pas pour dire bonjour », pensa-t-il. Heureusement, on sortait rapidement de cette cité. Dehors, il accéléra à fond en direction de la Seine. TI sut tout de suite qu'il était suivi, poursuivi en fait. Ce n'est que quelques instants plus tard qu'il entendit les sirènes de police et qu'il vit les reflets bleus des gyrophares. C'était pour lui. «L'enculé de Djamel, pensa-t-il, les flics étaient sur la bagnole ! ». Anivé au pont de Clichy, il prit à droite, le long des quais. 140, 150, 160, heureusement, il n'y avait presque personne. Mais comme il l'avait prévu, ça glissait. TI faillit percuter un camion lorsqu'il prit le pont de Suresnes, vers le bois de Boulogne, grillant tous les feux. De nouveau les quais, rive droite cette fois-là, toujours aussi vite. TIavait un peu d'avance, alors il éteignit ses feux et bifurqua brutalement vers les allées sombres du bois, du côté de Longchamp. TIs'engagea profondément dans l'une d'entre elles et coupa le moteur. Immédiatement, il entendit les voitures de la police passer à toute vitesse le long des 18

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