GRAND-MÈRE JE T'AIME

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Grand-mère je t'aime, et grand-père aussi, bien sûr. C'est ce que disent ces lettres écrites par des adolescents aux grands-parents ; oui, ils le disent, ils ont besoin de leurs oreilles de confidents, de leur tendresse, de leur compréhension ; ils veulent leurs grands-parents éternels.

Publié le : dimanche 1 octobre 2000
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EAN13 : 9782296420687
Nombre de pages : 148
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Grand-mère je t'aime

Grand-mère je t'aime
Lettres de jeunes à leurs grands-parents

DESCLÉE

DE BROUWER

@ Oesc:lée de Brouwer, 1986 76bis, rue des Saints-Pères - 75007 Paris

ISBN: 2-220-02615-9

Ce sont vos petits-enfants qui vous écrivent. Les auteurs de ce livre ont souhaité garder l'anonymat. Mais c'est bien à vous qu'ils parlent. Ils vous disent par écrit ce que, souvent par pudeur, ils n'arrivent pas à exprimer de vive voix: leur amour pour vous, leurs questions sur la vie, leurs angoisses sur leur avenir et le vôtre. Ce livre, en effet, ne ressemble pas à beaucoup d'autres: il est écrit par des jeunes de treize à dix-huit ans, de toutes les régions de France. Ils appartiennent à des situations sociales bien différentes. Ils ont senti le besoin, un jour, de parler de leurs grands-parents. Ils ont écrit à notre association et nous ont envoyé un poème, une histoire, un souvenir, une lettre... Nous avons tenu à respecter leur vie dans sa spontanéité: si certains jeunes ont été capables d'en faire un beau poème, tous ont écrit avec émotion et vérité. C'est ce qui fait la valeur de leur texte. Mais, bien plus que littérature écrite par des adolescents, ce livre est communication entre deux générations: les adolescents et les grands-parents. Quel que soit notre âge, il serait fou de ne pas répondre à un tel appel. Pierre de Givenchy

Pour moi, elle est comme avant.
Avec ou sans fauteuil,

Je l'aimerai toujours autant.

J'ai perdu mes grands-parents très jeune. Je n'ai pas pu et je n'ai pas su profiter de leur savoir et de leur tendresse.
Quand il me prenait la main, j'étais si bien.

Je n'ai plus qu'une grand-mère et je J'aime beaucoup. J'ai peur de la perdre.

Les grands-parents qui me restent sont la crème des crèmes. Mon grand-père est un peu aveugle, mais je l'adore. Ma grand-mère est butée, mais je l'aime.

Vieillir comme lui, c'est le rêve! 9

Les voir me rassurait
Je ne les voyais pas souvent. J'ai mis longtemps à comprendre qu'ils étaient les parents de mon père, et plus encore à l'accepter. Pour moi, c'étaient des êtres d'un autre monde, d'un autre temps, très loin de moi, hors de ma vie. Et pourtant, j'aimais me frotter à leurs souvenirs pour frôler leur mystère et déposer mes peurs d'enfant au creux de leur vieillesse.
Ils étaient éternels parce que vieux.

Ils possédaient l'infinité des choses et la science de la vie.
Ils avaient la profondeur de leurs souvenirs et je les admirais de savoir ce que je ne savais pas. Je les respectais pour leur immuabilité. Ils ne pourraient pas vieillir puisqu'ils étaient déjà vieux. C'était leur impossibilité à changer qui me rassurait. Ils étaient intouchables, et par la vie, et par la mort. Parce qu'ils étaient vieux, ils. étaient les seuls à ne pas pouvoir mourir. 10

Je ne discutais jamais avec eux. J'avais peur, en les touchant de trop près, de leur faire perdre leur éternité. Je n'aimais pas rester trop longtemps chez eux. Il me suffisait de les voir pour être rassurée, je ne venais que pour vérifier qu'ils n'avaient pas changé. J'étouffais vite dans leur silence feutré, dans leur rituel bien réglé, dans leur solitude bien gardée. Il me fallait des rires et des cris, il me fallait la vie. Il me fallait aussi le danger de la mort pour que je puisse vivre. Alors je m'éloignais de leur planète immobile, je retournais dans mon monde et dans le monde des autres, vers la lumière et le bruit, vers la peur et le refus, vers la vie et la mort. J'étais sûre de toujours les revoir régulièrement, j'étais assurée contre la mort. Maintenant je ne suis plus sûre de rien, j'ai perdu leur planète-repère, j'ai perdu leur petite maison confortable et silencieuse, j'ai oublié leurs visages. Ils m'ont fermé leur amour. Je ne saurai jamais si je n'avais fait que les attendrir et leur rappeler leur enfance, ou s'ils m'ont aimée un peu quand même. Je ne saurai jamais si leur bêtise les fait au moins souffrir. Peut-être m'ont-ils oubliée déjà.

Je les ai aimés, je ne les aime plus. Et je crois que jamais je ne pourrai les aimer à nouveau. Ça fait trois ans qu'ils refusent de me voir, et ça, un gosse ne peut pas l'oublier. Charlotte 11

Pareille a un bouquet de fleurs
...

Ma grand-mère Mélina possède des cheveux, noirs et courts, reposant sur son doux visage, un visage si doux qu'il nous semble fragile, deux beaux yeux coulelllr émeraude le mettent en valeur, par leur éclat, un éclat que rien au monde ne pourrait égaler, il s'y reflète tant de tendresse! Lorsque nous plongeons notre regard dans le sien, nous sommes comme ensorcelés. Comment est-il possible de nous détacher de ce regard pénétrant, ce regard qui nous envoûte et nous submerge entièrement de bonheur? Lorsque j'étais petite, je ne lui disais pas grand-chose, la contemplais, je l'admirais. je

Je voyais dans ce regard couleur espérance, l'étendue de la mer, l'étendue immense sur laquelle flottait un amour sans borne, un amour illimité, infini, qui grandissait à chaque fois qu'elle en puisait dans son bel écrin rouge, abritant tant de merveilles, tant de secrets, tant d'amour.

12

Son cœur lui dicte ses actes. Elle est extrêmement douce, gentille, agréable et possède une extraordinaire bonté. Sur ses lèvres se trace toujours un sourire capable de faire sourire une personne au cœur attristé. Elle aime rire, donner des fêtes. Elle a un sens incroyable de l'hospitalité, sa joie très communicative nous plonge dans une sorte de béatitude. Chez elle, tout respire la beauté. Ne sentez-vous pas ce parfum étrangement flotte dans l'air? enivrant qui

C'est le parfum d'une femme qu'on ne peut pas ne pas aimer, d'une femme encore capable d'embraser tous les cœurs, d'une femme que l'on ne pourra jamais oublier. Elle habite notre cœur, elle est en nous. Contemplez l'infinie étendue de la mer, vous y verrez des étoiles, briller de mille feux, tout deviendra merveilleusement magnifique, tout vous sourira, l'amour de grand-mère sera en train de flotter dans toute sa splendeur. Déjà je la vois qui me sourit, elle est éternelJe.

C'est ma grand-mère Mée...
Si vous désirez faire une image d'elle, imaginez-la pareille à un bouquet de fleurs d'arc-en-ciel.

Amélie
13

Mon grand-père n'appartient à aucune race, à aucun monde, sauf à celui de la montagne. Il est super! Ah! Si ma mère était comme ma grand-mère, qu'est-ce que la vie serait beJJe! Les grands-parents c'est tout, c'est rien, c'est ce qui va ou ne va pas bien. Mais les grands-parents, c'est surtout presqu'un siècle d'histoire d'amour, de misère, de pitié et de guerre.
C'est le .reflet d'un monde passé, dépassé, dépassé par le temps qui court, court toujours plus vite.

Les grands-parents, c'est eux, c'est moi, toi. Nous sommes le sang, la chair, la voix, la vie des grands-parents, en somme, le reflet de leur existence. C'est l'amour quoi! Nous serons un jour des grands-parents et nous aussi, nous serons le reflet, l'image d'une vie passée, dépassée. 14

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