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LA NOUVELLE PRESSE CONGOLAISE

De
126 pages
Les mutations politiques qui ont eu lieu au Congo et dont le cours ne s'est pas encore achevé ont été accompagnées d'un total bouleversement du paysage des médias. Une sorte de new journalism a émergé et une nouvelle presse a vu le jour. Les rapports imbriqués et ambigus entre la presse et le pouvoir sont analysés. La difficulté d'être de la démocratie en Afrique noire, sa viabilité et finalement sa légitimation historique sont mis en relief.
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LA NOUVELLE PRESSE CONGOLAISE

Collection Études Africaines

Alfred BOSCH, Nelson Mandela - Le dernier titan. Ambroise KOM, Éducation et démocratie en Afrique - Le temps des illusions. ATANGANA, Éducation scolaire au Cameroun. Claude RAYNAUD, Sociétés d'Afrique et Sida. Thibaut MOURGUES, Les Ethiopiens. La Misère et la Gloire. Fweley DIANGITUKWA, Qui gouverne le Zaïre? La république des copains. Essai. Fabien EBOUSSI BOULAGA, La Démocratie de transit au Cameroun. Jean-Pierre LACHAUD, Les Femmes et le marché du travail urbain en Afrique subsaharienne. Olivier MEUNIER, Dynamique de l'enseignement islamique au Niger. Olivier MEUNIER, Les Routes de l'Islam. Anthropologie politique de l'islamisation de l'Afrique de l'Ouest en général et du pays Hawsa en particulier, du VIIIè au XIXè siècle. Heike BEHREND,La Guerre des esprits en Ouganda. Le mouvement du Saint-Esprit d'Alice Lakwena (1985-1996). Jean-Baptiste N. WAGO, Préface de Lahsen ABDELMALKI. L'Afrique face à son destin. Quel projet de développement en l'an 2000 ? Manuel RUBEN N'DONGO, L'Afrique Sud-Saharienne du XXI ème siècle. Programme d'un émissaire pour l'Afrique.

@ L'Harmattan,

1997

ISBN: 2-7384-5662-6

Jean-Claude GAKOSSO

LA NOUVELLE PRESSE CONGOLAISE

Du goulag à l'agora

Editions L'Harmattan 5- 7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

L'HarmattanINC 55, rue Saint ~acques Mo~tré,al (Qc) - Canada H2Y lK9

Aux amis de la Liberté et à tous ceux qui refusent de désespérer

SOMMAIRE
Préface Introduction Chapitre I Chapitre II Chapitre III Chapitre IV Chapitre V Chapitre VI Chapitre VII Chapitre VIII Chapitre IX Chapitre X Conclusion Repères bibliographiques Annexe 1 Loi congolaise sur la liberté de la presse ...Et la parole fut libérée La consécration du parangon libéral A travers la presse déchaînée Les journaux face au barreau Tribulations audiovisuelles Misères publicitaires Le défi de la rumeur Pollutions propagandaires L'alternative culturelle 8 10 De l'Etat généreux aux états généraux 13 21 29 41 45 49 53 59 67 75 79 83

85

Annexe 2 Loi portant organisation et fonctionnement du Conseil supérieur de l'information et de la communication 113 Annexe 3 Code déontologique des métiers de l'information et de la communication 117 Annexe 4 Liste des principaux périodiques parus depuis la Conférence nationale de 1991 121

7

PREFACE
Un livre de grand courage, écrit dans une langue brillante, qui prend position pour défendre le journaliste persécuté, aujourd'hui comme hier, par des hommes de pouvoir sourcilleux et qui ne s'avisent guère qu'une presse
libre du diktat et qui exerce son activité dans les limites légales

(Déclaration du 26 août 1789, loi du 29 juillet 1881, etc.) est
le meilleur allié. Mais cette même presse, qui a souvent maille

à partir avec le pouvoir, Jean-Claude Gakosso ne craint pas de la montrer avec ses gros travers. Il dépeint sans complaisance ses outrances verbales et démontre comment celles-ci ont aggravé, parmi tant d'autres facteurs, la crise socio-politique qui a secoué le Congo durant 1993. Et, rappelant utilement le devoir dujournaliste, l'auteur de vitupérer les professionnels de la presse congolaise qui exercent leur métier sans égard pour les règles classiques et les traditions les plus universelles. Tournant souvent le dos à la loi qui met au rang des infractions la fausse nouvelle, la provocation aux crimes et délits, la diffamation, l'injure, l'outrage aux diplomates étrangers et l'offense au Président de la République. Les Présidents Denis Sassou-Nguesso et Pascal Lissouba, rappelle l'auteur, en savent quelque chose, qui durent faire preuve de mansuétude en ne jetant pas en prison, comme ils le méritaient, ceux qui les avaient si gravement offensés. Avec la générosité et la fougue propre à son âge, JeanClaude Gakosso, journaliste et professeur de journalisme à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l'Université de Brazzaville, va en guerre contre les abus. Abus d'autorité dont se rendent si souvent coupables les hommes de pouvoir. Mais aussi abus d'usage de la part des hommes des médias qui oublient parfois qu'ils exercent un métier aux objectifs si nobles qu'il a fait mériter à ceux qui y sont venus la belle appellation de chevaliers de la plume. Cette expression renvoyant à l'époque lointaine et glorieuse de l'histoire de l'Occident médiéval où, dans une société emportée par la violence, sans égard pour l'homme (à moins qu'il ne fût noble

9

et riche) un groupe d 'hommes, par nécessité devenus
professionneJs de la guerre, mit leur ardew belliqueuse au service d'un idéal, s'engageant sur la foi du serment à défendre les pauvres et les faibles. Don Quichotte, chaste et pur, est le modèle - quoique un peu caricatm-al- du chevalier: tout entier au service des autres,

jusqu'à l'oubli de soi! C'est un peu cela, l'authentique professionel de la presse. Un homme amoureux de son semblable et qui brûle de l'ardent désir de lui apporter la bonne information: celle qui aide à grandir et à se libérer des pesanteurs existentielles. Rien à voir avec ces mercenaires que l'on voit se battre avec une égale ardeur aussi bien pour les bonnes causes que pour les mauvaises. Si le journaliste, qui sait le pouvoir redoutable des médias sur les hommes de la Cité, ne se comporte pas en homme libéré, en citoyen conscient du juste et de l'injuste ainsi que de ce qui résulte de la confusion des deux, c'est la Cité elle-même qui retournera au chaos, aux herbes folles et à la jungle où triomphent la malice et la violence. La nouvelle presse congolaise...du goulag à l'agora, un beau livre, assurément. Qui apportera beaucoup aux professionnels de la presse et à tous ceux qui, dans le grand public et ailleurs, cherchent, comme Marshall MacLuhan, à comprendre les médias. A condition qu'ils le lisent dans l'esprit si généreux de son auteur.
Dominique Ngoïe-Ngalla

INTRODUCTION
Le 15 mars 1992, le Congo a cessé d'être une «République populaire». A l'issue d'un vote référendaire massif, ce pays qui s'était toujours réclamé du communisme et de la révolution a basculé dans un régime libéral. Cette «réorientation idéologique», en remettant en cause les postulats totalitaires, a offert une opportunité inédite à l'expression et à l'information. Le pluralisme de celle-ci et la libération de celle-là ont, du coup, rendu obsolètes l'art des prosélytes forcenés, la monopolisation absolue de la parole et ces manies propagandaires dans lesquelles Tchakhotine voyait le «viol des foules»(t). Aux termes de la nouvelle Constitution, la presse est libre. Libre de s'exprimer dans la diversité de ses organes. Libre aussi de s'organiser en une multiplicité d'entreprises privées. Alors que s'enracine une sorte de mentalité libertaire, du tréfonds des muets terroirs émerge, peu à peu, le pays profond. Mais parfois ivre de sa liberté, cette presse se laisse aller à des débordements punissables tandis que sur les médias d'Etat, des journalistes réfractaires à la nouvelle culture et aux usages du service public, paraissent fatalement voués à faire allégeance aux hommes politiques, les uns à ceux de la majorité, les autres à ceux de l'opposition. Peu volontaires dans l'acceptation du changement, ils reproduisent irrésistiblement les stéréotypes de la langue de bois, ses schémas réducteurs et sa sentence sectaire. Tout cela a actualisé la problématique de la reconversion culturelle non seulement des agents et des instruments, mais aussi de l'environnement existentiel même des médias. Le verbe acerbe, la presse congolaise repose pourtant sur une assise précaire. La précarité des journaux se traduit par l'irrégularité de leurs parutions, la confidentialité de leurs tirages, la modicité de leurs dividendes et... la mendicité de
(1) Tchakhotine, S., Le viol des foules par la propagande politique, Paris, Gallimar~ 1939.

Il

leurs agents. Elle a, aujourd 'hui, le fâcheux effet de discréditer des supports qu'une tradition vieille de trois siècles considère comme le «quatrième pouvoir» et de fragiliser cette démocratie qui les a fécondés et dont ils sont le souffie vital. De leur côté, la. plupart des hommes au pouvoir et nombre de ceux qui ambitionnent d'y parvenir se montrent encore trop souvent allergiques à la critique des médias. Ils ne semblent guère avoir compris que la démocratie dont ils glosent à l'envi ne demeurera qu'une vue de l'esprit tant qu'elle ne concernera pas la presse et ses hommes, qu'il n'est en définitive pas de démocratie sans liberté de la presse. L'ignorance du nouveau rôle de la presse ou son mépris volontaire, voilà l'une des causes de la mésintelligence actuelle de la classe politique congolaise. La nation n' a-t-elle pas été au bord de l'implosion pour une histoire de radio libre? Au-delà de l'analyse des implications de la vie politique sur celle de la presse, il paraissait indispensable d'éclairer des problématiques connexes, tout aussi essentielles pour comprendre les médias : la rumeur, la publicitéet la propagande. Comment concilier l' «inconciliable»: l'information et la rumeur? La publicité pe~t-elle, aujourd'hui~compenser par ses recettes le désengagementde l'Etat d'un secteur désormais livré aux lois du marché? Comment transcender cette culture propagandaire, - avec ses sacrements idéologiques- dont on a abreuvé d'entières générations d'hommes de plume? Problème brûlant dans un «pays à problèmes», la nouvelle presse congolaise obligeait à la réflexion. Nous nous y sommes essayé au-delà de la peinture de son paysage.