Les larmes du temps

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Publié le : mercredi 1 janvier 1997
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EAN13 : 9782296339026
Nombre de pages : 144
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LES LARMES DU TEMPS

Collection Poètes des cinq continents dirigée par Maguy Albet, Geneviève Clancy, Gérar(l da Silva, Patrice Kanozsai, Alain Mabanckou et Emmanuelle Moysan

126- Claude-Raphaël Samama, Les poèrnes du soi. 127- Liliane Atlan, Bonheur mais sur quel ton le dire 128- Geneviève Bon, D'alnour et de terre. 129- Giovanni Ruggiero, Le I1liroirde la mer (bilingue français/ italien traduit par J-J Méric). 130- William Souny, Tarab 131 - Marcel Migozzi, D'autres étés, plus au sud 132-Myriam Tangi, Le ciel en désordre 133-Roger Parsemain, Désordre ingénu 134- Remdan At Mensur, Tighri 135- Jean-François Ménard, D'écume au vent la vie
136

- Noureddine

Aba, Je hais les trains depuis Ausclnvitz

137- Jacques Galan, Le chemin de traverse 138- Michel Gay, Miroirs lucides 139- Maurice Couquiaud, Chants de gravité 140- Candido Geron, Passé lesflammes, poèmes bilingues, traduction de Claude Couffon. 141- Joëlle Basso, Collyre. 141 bis- Marc Alyn, Les mots de passe (Liberté de voir, Le temps des autres, Brûler le feu) 142- Jacques Eladan, Espérance poétique: Chalol1l - Salan'l.
143- Luisa Ballesteros Rosas, Plul1les de colibri. 144- Eszter Forrai, Collection privée, ouvrage bilingue françaishongrois, traduction de Sylvie Reymond-Lépine. 145- Leopold Congo Mbemba, Déjà le sol est semé. 146- Jacques Guigou, Son chant. 147- Nohad Salameh, Les lieux visiteurs. 148- Jean-Dominique Pénel, Pays gorge île dans la terre. 149- Julia Roessler, Cimetière d'eau vive. 150- Jean Bensimon, Où luit l'origine. 151- Bernard Barbet, Squames d'œil. 152 - Adama Diané, Errances Océanes 153 - Jean Gillibert, Plus béant que le temps. 154 - George Ellenbogen, Laporte aux rhinos, ouvrage bilingue français-anglais. 155 - Alain Mabanckou, Les arbres aussi versent des larlnes.

@ L'Harmattan,

1997

ISBN: 2-7384-5332-5

Édouard VALDMAN

LES LARMES DU TEMPS
Poèmes

Préface de Jean Mambrino

L'Harmattan 5-7,rue de l'ÉcolePolytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

DU MEME

AUTEUR

BRISURES, poèmes, Oswald 1970 LES OISEAUX MORTS, conte, Fons 1983
LE ROMAN DE L'ECOLE DE NICE, essai, La Différence 1990

LES JUIFS ET L'ARGENT, essai, Galilée 1994 POUR UNE REFORME DE LA COUR D'ASSISES, Entretiens, L'Harmattan, 1996

Jamais encore je n'ai trouvé la femme de qui je voulusse des enfants, si ce n'est cette femme que j'aime. Car je t'aime, ô Eternité ! Nietzsche

La Beauté sauvera le monde
Dostoievski

'est le cri qui s'atTache difticultueusement à lui-même, à la terre, au ventre de la terre, tout mêlé de glaise et de sève et de sang, glaiseux, glaireux. .

C

Ses racines à 1 air nu,
à la recherche d'impossibles étoiles, de l'immensité d'un ciel grouillant d'étoiles, mais qui ont encore la couleur du sang.

~

Une précipitation, une hâte, une volonté qui suffoque à tout dire à vouloir tout dire à la fois qui nous prend par la main, par les cheveux de l'âme et nous tire de force vers l'éblouissement du noir, du mal être, nous bouscule, nous chahute de souffles contraires, nous vertige de vents lointains, d'impossibles souffles, familiers et contraires. Le cri qui appelle, qui veut vaincre, convaincre, dire adieu, s'en aller, s'éloigner à jamais, qui habite sa véhémence, son interrogation sans réponse, son impatience des limites son intolérance des limites. Un cri si aigu, si lourd, qu'il n'a pas le temps de chanter, de devenir chant, un cri de supplicité, de vainqueur, de parturiant, Défi, blasphème, insulte, épouvante, émerveillement, un cri d'enfant, naïf, éperdu, qui rebondit sur les murs du matin, jaillit, recommence, heureux de jaillir, 9

de s'écouter lui-même simplement de résonner en lui-même mais raisonneur, discutailleur, disputailleur, ailleurs, ailleurs, ailleurs, qui rêve soudain, balbutie, décroche s'en va très loin dans ses rêves, étranger par nous, étranger à lui-même, exilé, arraché, déraciné, ailleurs. Un cri qui ne vit que de sa source inconnue, de son origine, de son inimaginable commencement, (une source étouffée de sable, de feuilles, de branches mortes, salie d'un sang qui sourd d'elle-même, et lave ce sang en vain). Un cri qui ne vit que de son munnure inconnu... Alors la source devient femme, s'enroule de l'âme en fonne de femme, flamme fraîche, fondante, fondue dans la flamme, fontaine de désir, enveloppante, enlaçante, ennivrante. La parole de rupture, devient embrasement, désir ouvre, délivre, déchâme, dévore, défait les liens, les peurs et en même temps étreint, enfenne son trésor, le brasse, le répand, le dilapide, le lapide de désirs, de violence, de douceur, d'espérance, de fatigue de jeunesse le fait mourir, renaître, le ravage de rires et de sanglots, refait le monde, son plaisir, sa jouissance, sa bonté, «plante les clous d'or de la vie».

Jean Mambrino
Paris 1987.

10

AUBE

.

A lors j'étais

las

toujours vacillant entre la chute et la fiert é je n'étais pas encore allé chercher les racines qui seules permettent de se tenir debout tout au fond de moi du monde

A présent je vais à la fontaine et je reviens les bras chargés de fleurs.

13

e que je sens Ce sont les fleurs

C

Ce que je bois Ce sont les vagues

Je veux seulement le silence

Le cri d'un supplÎcié transperce la nuit.

14

Laisse entrer la révolte dans ton sang qu'elle infuse en toi comme une onde chaude soulève tes paupières lourdes, grossisse tes veines et fasse éclater tes entrailles que tu deviennes bombe assourdissante que tu répandes tes éclats sur le monde assoupI jets de lumière éblouissants qu'ils enfoncent les murs des prisons libèrent l'amour et l'esprit enchaînés, renversent les idées et fécondent les coeurs ensevelis sous la neige des civilisations Ne crains pas de périr c'est la loi de la vie c ~ la loi de la joie est Est-ce que le soleil a peur de briller la pluie d'ensemencer la teITe ? Réveille les oiseaux qui craignent de chanter abolis leur béton leurs casernes jette son. souffle sur ces conquérants endonnis

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ne sois plus que souffle deviens le vent deviens lumière

deviens rosée Sois enceint de la révolte comme une outre qui se videra sur le monde laisse-là ronger ton sang N'accepte jamais de quitter un être qui tend la main qui tend le coeur

N'accepte jamais l'ignorance hisse-la jusqu'à toi hisse tout jusqu'à toi puis hisse-toi au ciel que ton être s'étire comme une branche jeune et qu'il tire l'humanité N'accepte pas le repos tu ne connaîtras que le sommeil n'accepte pas la misère mais aime-là car elle est l' homme

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