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Les tribulations d'un résistant auvergnat ordinaire

De
136 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1997
Lecture(s) : 54
EAN13 : 9782296336391
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LES TRIBULATIONS AUVERGNAT

D'UN RÉSISTANT ORDINAIRE

la 7e compagnie dans la bataille du Mont-Mouchet Clermont-Ferrand - Montgon - Anterrieux

Dessin de couverture: Paul Eychart
(Ç)Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-5202-7

Jean SANIT AS

LES TRIBULATIONS D'UN RÉSISTANT AUVERGNAT ORDINAIRE

la 7e compagnie dans la bataille du Mont-Mouchet
Clermont-Ferrand - Montgon - Anterrieux

Préface de Lucie AUBRAC Grand officier de la Légion d'honneur

Collection Recherches

et Documents / La Seconde guerre mondiale

Les Éditions
5, rue Rollin

du Pavillon

-

75005 Paris

L'Harmattan 5-7"rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

J'ai pris les annes pour la liberté de tous Vercingétorix

Du même auteur

Romans: (Aux éditeurs Français Réunis) Aimez-vous Wagner? Deux roses blanches pour un noir Unjour et une nuit Coup de toit Essai: (Aux Editions sociales) Enquêtes: (Aux Editions APN) Où va la médecine en Union soviétique? Des hommes du ciel (Aux Edtions Robert Laffont) Le Birobidjan: une terre juive en Union soviétique (avec le Dr Braun) (Aux Editions L'Harmattan, Editions du Pavillon) Le sang et le sida Pour que demain soit plus humain Bandes Dessinées: (Aux Editions Dargaud) Octobre La bataille de la Neretva Les Pâques sanglantes Le sel et le coton Le maraudeur (Aux Editions VMS) La nuit des Castors Disque: (Au Chant du Monde) Le tour du monde en 80 minutes

Conte: (Editions SFP) Les démons de Château-Montfort. Aux éditions VaImont : Henri Barbusse, la passion de la vie (essai)
A paraître: Les cents contes du perroquet bleu Le petit soldat de Clermont-Ferrand Histoire de dire (poèmes) La grande colère de Bif-BeefBill, (nouvelles).

(souvenirs)

taureau auvergnat

Bandes dessinées: L'Ecarlate (le cousin de François Villon) Le Français (un privé à Los AngeIès) Pilos le Pilifère (comique)

PRÉFACE

Dans cet après-midi de mai 1944, cinq copains venus de Clermont-Ferrand changent de train à Arvant en direction de Saint-Flour. Déjà étonnés du nombre de voyageurs en transit dans cette petite station, ils le seront plus encore en se retrouvant à près de 400 sur le quai de la gare de Saint-Flour, à se diriger tous dans la même direction. On a l'impression d'une mobilisation, des hommes mûrs, des jeunes, très jeunes même. L'un des 5 copains a noté sur un cahier ses souvenirs des quatre mois qui seront la charnière entre son adolescence et sa vie d'adulte. Ce sont ces notes, exploitées par un écrivain chevronné, Jean Sanitas, qui formeront la trame de ce récit passionnant. Ces souvenirs qui sont ceux d'un gars tout simple, Jean Pinet, 18 ans en 1944, embauché à 14 ans chez Michelin un peu comme homme à tout faire, élevé par un père combattant de 1418, vont permettre à Sanitas un extraordinaire récit des aventures de ces Auvergnats, brûlant de chasser l'occupant nazi. Juin-juillet-août 44. 3 mois de la vie héroïque, tragique, banale aussi de la 7° Compagnie, c'est-à-dire d'un groupe de 200 hommes au maximum qui rejoignent, dans la chaleur de l'été 44 les points de ralliement qui doivent former la grande armée sans uniforme chargée de harceler, de détruire si possible les forces allemandes au moment du débarquement tant attendu. Ils n'ont que des prénoms ou des sobriquets, il y a Henri ou Mimile, ou Jacquot ou Legrand, et bien souvent ce nom sera celui gravé sur la pierre de leur sépulture. Il y a aussi des

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pseudos drôles: "Teinture d'iode" pour le médecin de la 7° Cie. A travers les chapitres dont les titres si évocateurs invitent déjà à la lecture, l'auteur a su montrer la vie quotidienne de ces hommes, issus de milieux socio-professionnels variés. "Il faut s'organiser" disent les dirigeants et les grades se décernent selon les mérites et les capacités. Les corvées se distribuent aussi, l'entretien du linge, le ravitaillement dépendent souvent de la bonne volonté des habitants. J'ai suivi dans ce texte toutes les tribulations de ces résistants, qu'on appelait les maquisards: il faut monter la garde, s'entraîner au maniement des armes, être en éveil à tout moment. Je les voyais ces hommes et ces gamins tourner autour des arbres pour échapper au mitraillage en piqué des Stukas dont les sirènes infernales déchiraient les tympans. Pas le temps de ramasser les morts. Pour les blessés, trouver un buron, une grande, une cabane où les cacher jusqu'à la possibilité d' une évacuation plus lointaine. Je comptais les pertes à mesure que l'abandon du Mont Mouchet entraînait la 7° Cie vers le réduit de la Truyère. Avec les survivants, j'attendais de pouvoir traverser la route de SaintMartial pour essayer d'arriver au Pont de Lanau. Je les voyais, Jean et Mathieu son copain chantant le Chant du Départ, ou bien au garde-à-vous devant le monument aux Morts, le 18 juin, anniversaire de l'Appel du général de Gaulle, quand se sont élevées les trois couleurs frappées de la Croix de Lorraine. Et j'ai serré les poings avec eux quand ils ont reconnu les avions allemands alors qu'ils attendaient les parachutages qui ne sont arrivés que le 13 juillet et qui auraient sauvé tant de vies. J'ai pleuré avec eux quand ils ont découvert leur copain crucifié, les yeux arrachés, percé au coeur par les sauvages nazis. Comme eux j'ai connu la haine quand ils ont appris les tortures infligées à leurs jeunes compagnes combattantes, et quand ils ont su que la Gestapo avait jeté dans la fosse vite refermée le corps encore vivant de l'épouse du résistant fusillé. Mon propos n'est pas de raconter ce livre. Il faut le lire, il apporte beaucoup: - d'abord la connaissance des combats résistants en Auvergne, 10

- puis la connaissance plus générale des événements, des relations des Alliés avec de Gaulle, des décisions des Alliés pas toujours d'accord avec le Gouvernement provisoire d'Alger et le Conseil national de la Résistance, - et surtout l'étonnante vitalité de ces Français d'Auvergne qui dès 40 s'emploient à informer la population, à attaquer par tous les moyens les forces d'occupation et le Gouvernement collaborateur de Vichy. Je voudrais aussi mentionner le sens des responsabilités de ces dirigeants qui envoient, pour un ultime acte de résistance, Jean Pinet et ses camarades défendre les Usines Michelin afin qu'elles travaillent pour la France libérée, alors qu'ils ont eu comme souci, pendant quatre ans, de freiner leur production. Que de choses à ajouter: la solidarité de toute une population malgré les représailles, les incendies et les exécutions, et aussi la belle leçon de modestie que donne ce jeune Jean Pinet, finie la bataille, gagnée la liberté, quand il retourne tout naturellement au boulot. Ce n'est pas par hasard que Jean Sanitas a réussi ce livre, lui qui fut à 16 ans, avec son père et son frère arrêté par la Gestapo, qui réussit à s'évader et qui a su, en 1945, que son père et son frère étaient morts dans les camps nazis. Lucie Aubrac Co-fondateur de Libération-Sud Grand officier de la Légion d'Honneur

Il

. I.
COMMENT ON DEVIENT UN COMBATTANT DE L'OMBRE

Eté 1940. C'est la guerre, la drôle de guerre qui voit certains dirigeants de la France préférer "Hitler au Front populaire". Les clermontois s'attendent au pire et le pire arrive en juin avec l'entrée des Allemands dans leur ville. Des troupes d'élites motorisées qui occupent rapidement tous les points stratégiques de la capitale auvergnate, installent leur état-major au Grand-Hôtel et ne tardent pas à parader sur la place de Jaude. Les grands aryens blonds, chevauchant des motocyclettes dociles entre leurs mains habiles ou drivant avec adresse des automobiles décapotées qu'adorne parfois une mitrailleuse filiforme, font étalage de leur jeunesse et de leur force. "Le fascisme ne passera pas" ! clamaient, en 1934, les travailleurs manifestant contre les lignes factieuses dans les grandes villes françaises. Le fascisme a passé. En contournant la ligne Maginot. Il est là. Casqué. Botté. Armé. Jean Pinet a 14 ans. En octobre, abandonnant des études qui ne le passionnent guère, il entre chez Michelin. Petit ouvrier - autrement dit O.S. avant la lettre - il est successivement affecté à la récupération, sur des machines hors d'usage, d'écrous et de boulons qui seront ultérieurement réutilisés, à des travaux de peinture puis de maçonnerie. En 1941, il fabrique des remorques de bicyclettes.

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