NOUVELLES GRECQUES D'ÉPIRE

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L'Épire est une région montagneuse située au nord-ouest de la Grèce, en face de l'île de Corfou. Les nouvelles de ce recueil font entendre la voix des principaux prosateurs épirotes. Autant de voix qui permettent de reconstruire un univers composite qui a connu l'émigration, un des principaux fléaux de la Grèce de l'après-guerre qui a particulièrement touché l'Épire. Certaines de ces nouvelles découvrent un monde où le surnaturel est présent et se mêle à la tradition orale, mais toutes laissent entrevoir un monde où le passé côtoie le présent.
Publié le : mercredi 1 janvier 2003
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EAN13 : 9782296305847
Nombre de pages : 67
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NOUVELLES

GRECQUES

D'ÉPIRE
Traduites du grec par le département de l'Université de Traduction d'Athènes - Traductologie

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRŒ

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALŒ

Nouvelles traduites par: Marie-Christine Géorgatou Marina Karamanou Marina Kounézi Marina Léontari Catherine Michou Photini Papariga Anguélos Philippatos Georges Théodoropoulos Sous la direction de : Marie-Christine Anastassiadi

Introduction

L'Épire est une région montagneuse, située au nord-ouest de la Grèce, en face de l'île de Corfou. Son nom, du grec ancien apeiros: " terre ferme", lui fut donné pour qu'on puisse la distinguer des îles ioniennes avoisinantes. L'Épire est connue depuis l'époque homérique et elle est mentionnée dans l'Iliade et l'Odyssée. Cette région était dédiée au culte de Zeus ~'oracle de Dodone) et des dieux de l'Hadès ~'oracle près du fleuve Achéron). Elle joua un rôle important dans l'histoire grecque, surtout à partir du 3e siècle avo J.-C., sous le règne de Pyrrhos qui, grâce à ses campagnes en Italie, réussit à contenir l'armée romaine. À l'époque romaine, en 30 avo J.-C., l'empereur Auguste fonda Nicopolis (à l'emplacement de l'actuelle Préveza) où le philosophe stoïcien Épictète enseigna. Au Moyen Âge, l'Épire devint une province de l'empire byzantin et c'est à cette époque que fut bâtie (peut-être au 6e siècle apr. J.-C.), au centre de la région, la ville de Ioannina ou Yannéna comme on la prononce aujourd'hui. Au cours des derniers siècles byzantins, après la prise de Constantinople par les Croisés, la région devint un état autonome (despotat) ayant Arta pour capitale (bâtie sur le site de l'ancienne ville Arnvrakia). En 1430, l'Épire fut prise par les Turcs et en 1913 elle fut libérée par l'armée grecque. Sous l'occupation turque, en raison du danger qui pesait constamment sur les habitants mais aussi à cause du sol montagneux et peu fertile qui ne permettait qu'à l'élevage de prospérer et à l'agriculture d'exister dans certaines plaines du littoral, nombreux furent les Épirotes qui se virent contraints à trouver refuge dans des villes d'Europe ev enise, Vienne, Bucarest, Trieste) ou à Constantinople et devinrent commerçants. Ils ramenèrent une partie de leur fortune dans leur pays natal et contribuèrent ainsi à l'essor de l'éducation, en fondant des écoles et en rétribuant des instituteurs. À la fin du lSe et au début du 1ge siècle, Ioannina devint un carrefour économique et intellectuel qui vit l'ouverture d'écoles renommées. De célèbres érudits y

vécurent, tels Athanase Psalidas et le poète satirique loannis Vilaras. À deux reprises, le fameux poète anglais Byron visita la région et célébra ses beautés naturelles dans son œuvre Child
Harold's Pilgrimage.

À partir de la fin du 1ge siècle, la région devint le champ d'importants événements historiques qui déterminèrent le sort de la Grèce moderne, tels la guerre contre l'armée italienne (19401941), la Résistance et la guerre civile (1947-1949). À la suite de ces événements, nombreux furent les Épirotes qui émigrèrent surtout à Athènes mais aussi en Allemagne, en Suède, en Belgique et ainsi les villages montagneux de l'Épire furent abandonnés. Néanmoins, la tradition intellectuelle se poursuivit même à l'époque moderne, surtout depuis la fin du 1ge siècle jusqu'à nos jours. Une série d'auteurs, surtout des prosateurs, fit son apparition. Tous ont certaines caractéristiques communes: des liens étroits avec leur pays natal, de la vivacité dans leur description de la vie sociale, de nombreuses références aux aventures historiques de la région et un style vigoureux. L'anthologie qui suit comprend des textes représentatifs des principaux prosateurs Épirotes. Autant de voix qui permettent de reconstruire un univers composite qui a connu l'émigration, un des principaux fléaux de la Grèce de l'après-guerre qui toucha particulièrement l'Épire (Hadzis, Milionis). Un monde où le surnaturel est présent (Gouroyannis) et se mêle à la tradition orale (Houliaras), en frôlant parfois le surréalisme (Dimitriou). Ce monde garde les traces de son passé (Christovassilis) et est fortement marqué par son environnement naturel (Stamatis). La traduction de ces textes a été réalisée dans le cadre des travaux du Projet Interuniversitaire et Interdépartemental d'études Postuniversitaires en Traduction-Traductologie de l'Université d'Athènes.

Tatiana TSALIKI - MILIONI

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