Auguste Comte - L'éducation positive

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L'éducation, telle que Comte en dessine les grandes lignes tout au long de son oeuvre, correspond à celle que souhaita un vaste courant de pensée que l'on appelle le "positivisme" et qui déborde, dans le temps et dans l'espace, son oeuvre fondatrice. L'histoire de l'humanité n'est autre chose que celle de son éducation, au sens large comme au sens le plus étroit, éducation à la fois de l'espèce et de l'individu, morale, sociale, politique en même temps qu'intellectuelle.
Publié le : dimanche 1 février 2004
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EAN13 : 9782296349360
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AUGUSTE COMTE
L'ÉDUCATION POSITIVE

Education et philosophie Collection dirigée par Bernard JoUbert et Jean Lombard
La collection Education et philosophie publie des .études et des textes philosophiques qui traitent des problèmes généraux de la formation des hommes et qui visent à élucider les conditions et les démarches de l'action éducative. Elle s'adresse à tous ceux qui s'interrogent sur le sens des pratiques pédagogiques et la valeur des théories qui les soustendent. Elle accueille des travaux d'histoire de la philosophie, des éditions critiques ou des traductions de classiques de la pensée éducative et des études sur les interrogations contemporaines de la philosophie de l'éducation.

Titres parus Jean LOMBARD (études réunies et présentées par) L'école et l'autorité, 2003. Jean LOMBARD Hannah Arendt, éducation et modernité, 2003. Yves LORVELLEC Education et culture, 2002. Jean LOMBARD (études réunies et présentées par) L'Ecole et les savoirs,2001. Bernard VANDEWALLE Kant, éducation et critique, 2001. Yves LORVELLEC Alain philosophe de l'instruction publique, éléments pour une critique de la pédagogie, 2001. Gérard GUILLOT Quelles valeurs pour l'école du XXlème siècle ?, 2000. Jean LOMBARD (études réunies et présentées par) Philosophie de l'éducation, questions d'aujourd'hui.' l'Ecole et la cité, 1999. Bruno BARTHELMÉ Une philosophie de l'éducation pour l'école d'aujourd'hui, 1999. ROLLIN Discours préliminaire du Traité des études, introduction et notes de Jean Lombard, 1998. Claude FLEURY Traité du choix et de la méthode des études, introduction de Bernard Jolibert, 1998. Jean LOMBARD Bergson, création et éducation, 1997. Bernard JOUBERT L'éducation d'une émotion. Trac, timidité, intimidation dans la littérature, 1997. W. JAMES Conférences sur l'éducation, trad. de Bernard Jolibert, 1996.

Bernard JOLIBERT

AUGUSTE COMTE
L'EDUCATION POSITIVE

« Ils seront toujours nécessaires ceux qui indiquent aux peuples ce qui tes rapproche par-delà ce qui les divise et qui renouvellent dans le cœur des hommes la croyance en une plus haute humanité. » Stéfan Zweig, Erasme, pp.242-243.

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(Ç) L'Harmattan, 2004 ISBN: 2-7475-5861-4 EAN 9782747558617

INTRODUCTION
« Tout est relatif, voilà la seule chose absolue ».
Lettre à Va/at.

oute réflexion éducative qui cohérente complète Tdoit nécessairement affronter,seàveut moment ouet l'autre de un son développement, la question philosophique des finalités humaines. Pourquoi tenter d'enseigner quelque chose aux jeunes générations plutôt que les abandonner aux hasards de la vie? Pourquoi faire l'effort d'instruire les enfants alors que l'ignorance est si confortable? Pourquoi éduquer si la nature dans son nécessaire déploiement doit pourvoir à tout? L'action pédagogique, comme toute action éducative plus générale, ne livre son sens que si elle accepte de s'interroger sur l'idéal humain qu'elle poursuit et dont elle ne saurait faire l'économie sans tricher sur elle-même. Toute éducation repose sur un idéal philosophique qui la fonde, lui sert de finalité et justifie l'action de ceux qui s'y consacrent. Inversement, toute réflexion philosophique qui se veut lucide rencontre nécessairement sur son chemin les questions éducatives. Pourquoi, en fin de compte, se consacrer à la philosophie, sinon pour tenter de cerner la signification de l'aventure humaine sur la scène de la nature ou de l'histoire et chercher à définir quel rôle notre chétive existence individuelle doit y jouer? Un philosophe conséquent n'évite pas la question de la formation des hommes. Ne serait-ce que parce que l'acte individuel de philosopher est en quelque sorte par essence une

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activité personnelle d'éducation). Tout système philosophique doit, en effet, en quelque point de son déploiement, s'interroger sur les conditions éducatives de sa mise en pratique. Sinon, il risque d'en rester au pur stade spéculatif dont on l'accuse si souvent. Une prétendue pratique qui n'accepte pas de chercher ses fondements dans une conviction philosophique explicite se condamne à errer et à se perdre dans un faux empirisme, sans règle ni repère, mais, à l'inverse, une doctrine philosophique qui évite de prendre le risque de proposer une doctrine éducative risque fort de voir sa morale, sa politique, son esthétique, sa théorie de la connaissance et de I'histoire rester dans l'inconsistance du vide pratique. Kant rappelait justement que ne pas savoir ce que l'on fait et ne rien savoir faire sont les deux versants d'une même insuffisance2, L'éducation, telle que Comte en trace les grandes lignes tout au long de son œuvre, correspond à ce courant de pensée que l'on appelle positivisme et qui déborde, dans le temps et dans l'espace, son œuvre fondatrice. Ce vaste mouvement d'idées comprend tout aussi bien la problématique de la science expérimentale telle que la définit Claude Bernard, l'empirisme philosophique de John Stuart Mill, le pragmatisme de William James, que les récents travaux de Wittgenstein3, Globalement on peut le définir comme un modèle de pensée fait d'objectivité, de rationalité et de rigueur, au sein duquel la recherche des faits et des lois tente toujours d'écarter la logomachie ainsi que l'appel au surnaturel et à l'occulte. Le positivisme repose sur cette idée fondatrice que la véritable connaissance, c'est-à-dire celle qui vise au vrai, doit se défaire des spéculations métaphysiques et des croyances théologiques,

\ Spinoza, Traité de la réforme de l'entendement, Gallimard, 1954, p. 102 ssq. 2 Kant, « Sur le lieu commun: il se peut que ce soit juste en théorie, mais, en pratique, cela ne vaut rien. », Œuvres Philosophiques, vol. 3, Gallimard, 1986, p. 251. 3 Angèle Kremer-Marietti, Le positivisme, P.U.F., 1982.

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aussi infondées que vaines, pour ne s'appuyer que sur la mise en relation de faits vérifiables. Dans le détail, il est certain que tous ceux que l'on range habituellement sous la. bannière du positivisme sont loin de professer des théories identiques. Claude Bernard, Hippolyte Taine et Ernest Renan ne défendent pas la même conception du social qu'Auguste Comte. John Stuart Mill et Herbert Spencer sont en désaccord explicite avec celui que l'on considère comme le fondateur du positivisme sur bien des points de doctrine, tant épistémologiques que politiques. Il est pourtant possible de rapprocher ces divers auteurs à partir de deux principes essentiels, le premier négatif, l'autre positif. D'une part, la métaphysique, en tant que vaine spéculation sur les concepts, est inutile. Elle doit laisser la place aux sciences naturelles et sociales pour tenter de comprendre les lois qui gouvernent la nature et l'humanité. D'autre part, il faut s'en tenir, pour expliquer les phénomènes, aux faits et à leurs relations. L'hypothèse et sa vérification expérimentale sont au fondement des procédés méthodologiques de toute démarche . . . qUIVIseau vraI. Mais ces traits ne valent que pour une approche très générale du positivisme entendu comme vague conception du monde, non comme une philosophie rigoureuse, encore moins comme philosophie spéciale de l'éducation. Pour qu'une telle approche apparaisse, théorie et pratique doivent se combiner dans un tout cohérent et explicite. De ce point de vue synthétique, la théorie du fondateur du positivisme offre un exemple éclairant. La force d'Auguste Comte consiste précisément à ne jamais séparer dans sa réflexion la dimension théorique de la dimension immédiatement pratique. Loin d'évacuer l'éducation de son système comme une gêne qui pourrait en encombrer le développement nécessaire, il ne cesse d'y faire référence. Monument achevé où toutes les parties semblent à la fois s'ordonner et« s'entre-tenir» suivant une puissante rigueur, le système positiviste traite avec beaucoup de soin de l'éducation, qu'il déduit de prémisses philosophiques explicites.

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Le positivisme apparaît en effet comme le récit d'une vaste évolution spirituelle touchant l'humanité dans son ensemble. Le destin des hommes les conduit à parcourir une trajectoire qui les mène d'une sorte de participation concrète, immédiate, égoïste et violente au monde où dominent les rapports de brutalité et de concurrence vitale féroces, à un état de connaissance générale, de coopération, d'échange et de dévouement altruiste qui apparaît comme l'actualisation de la nature humaine véritable consciente d'elle-même Cette Odyssée de l'humanité spirituelle n'est pas le résultat d'un bouleversement naturel, d'un miracle ou d'une action divine quelconque. Elle apparaît comme une longue gradation qui, partie du plan biologique de la guerre destructrice de chacun contre chacun et contre tous, émerge peu à peu au plan constructif du travail industriel par lequel l'homme améliore sa condition et parvient peut-être même à modifier sa propre nature. En effet, la fin de l'aventure apparaît bien comme une véritable conversion morale où l'altruisme sort enfin de l'égoïsme spontané. Au total, le destin de l'humanité revient à parcourir une trajectoire par où elle s'affirme précisément comme humaine. L'idée centrale d'Auguste Comte est que cette marche vers toujours plus d'humanité ne se fait pas n'importe comment. Ce qu'apporte le positivisme, c'est une vision ordonnée de l'aventure humaine, individuelle ou globale, fondée sur la ferme conviction que l'existence historique des hommes, animaux sociaux par nature, ne s'écoule pas au hasard des accidents de l'histoire, mais qu'elle suit un ordre réglé et nécessaire par des lois de coexistence et de succession dont il est possible de prendre conscience. Il existe une ligne générale de l'évolution humaine dont les moments forts apparaissent comme des stades se succédant selon un ordre repérable. Chaque stade traduit un équilibre entre formes de connaissance, mœurs, technologie et institutions. Or, et c'est précisément là qu'intervient la réflexion éducative, cette longue évolution de l'humanité vers elle-même

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est en même temps une ascèse, tant au plan général de l'espèce qu'au plan individuel. Non seulement l'histoire de l'humanité est celle de son éducation globale - et en ce sens le positivisme peut apparaître comme le récit de l'éducation de l'humanité au cours du temps, l'ultime achèvement consistant à faire que l'humanité parvienne à former un« ensemble humain» sans défaut, s'ordonnant harmonieusement dans toutes ses activités, comme le prévoit la dernière partie du Système de politique positive - mais il faut ajouter immédiatement que, dans l'esprit d'Auguste Comte, chaque destinée individuelle doit refaire la démarche de l'ensemble pour son propre compte durant sa brève existence. L'enfant doit pouvoir récapituler, pour peu qu'on lui en donne l'occasion, l'ensemble des phases du développement moral et intellectuel humain. Toute distorsion visant à rompre cet effort éducatif personnel nécessaire conduit non seulement à appauvrir et à mutiler l'enfant, mais à contrevenir à la marche de l'ensemble de hommes vers plus d'humanité. Il n'est pas indifférent de noter que si Auguste Comte a évoqué tout au long de son œuvre la question éducative, y compris dans les écrits de jeunesse!, il a plus particulièrement développé de manière explicite et détaillée sa conception de l'éducation à trois reprises: dans les Discours sur l'ensemble du positivisme d'abord (1848), dans le Catéchisme positiviste ensuite (1852) et dans le tome IV du Système de politique positive enfin (1851-1854). Si ce texte essentiel offre le dernier état de sa pensée, celui de la pleine maturité de la conception pédagogique de son auteur, il ne faut pas négliger que la question plus générale de l'éducation de l'humanité vers toujours plus d'humanité est présente dans toute son œuvre, y compris de manière continue, quoique théorique, dans le Discours sur l'esprit positif (1844), qui était une sorte de préambule au Traité philosophique d'astronomie populaire. Ce dernier texte traite de l'importance« mentale, sociale et
I Paul Arbousse-Bastide, La doctrine de l'éducation universelle dans la philosophie d'Auguste Comte, P.U.F., 1957, vol. I, première partie.

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morale» de la vulgarisation des sciences. Il ne faut pas oublier qu'Auguste Comte, outre ce cours d'astronomie populaire effectivement professé de 1830 à 1847 à la mairie du troisième arrondissement de Paris, a enseigné de 1848 à 1851 « 1'histoire générale de l'humanité» dans une salle du Palais-Royal. Dès 1822, l'intérêt d'Auguste Comte pour les questions d'éducation apparaît clairement dans un texte publié dans le Catéchisme des industriels de Saint-Simon, Prospectus des travaux en scientifiques pour réorganiser la société. Quant au Cours de philosophie positive (1830-1842), il décrit l'histoire de la société humaine comme celle de sa libération des mythes de la transcendance grâce aux progrès des sciences, ce qui ne saurait se faire sans réformes éducatives radicales. Pour Auguste Comte, l'éducation au sens large embrasse l'ensemble de la vie. Elle implique une action à la fois sur soimême et sur les autres qui doit conduire à un perfectionnement général de l'humanité -lequel touche l'intelligence certes, mais aussi l'affectivité et les mœurs. Elle vient de la famille, de la société, de l'école, c'est-à-dire de l'humanité elle-même. Son souci premier devrait être d'entraîner un perfectionnement individuel autant qu'un perfectionnement global de l'humanité. Prise au sens étroit et technique, l'éducation définit une action précise et limitée qui implique un état de tutelle de la part de l'élève. Dans les deux cas, elle vise au même objectif politique et social: promouvoir le savant et l'entrepreneur qui sont appelés à remplacer le guerrier et le prêtre des anciennes sociétés survivant en marge de la société industrielle en train de naître. Cette société, qui est incarnée au XIX ème siècle par le monde économique et scientifique occidental, possède un caractère exemplaire. Pour Auguste Comte, son modèle est destiné à devenir, à l'échelle mondiale, celui des sociétés futures: industrialisation fondée sur l'organisation rationnelle du travail, application à caractère systématique des sciences à l'industrie, production agencée en vue du rendement optimal, concentrations ouvrières de plus en plus importantes. A partir

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du moment où un raccourci de production ou de pensée a été découvert par un peuple, « toutes les parties de I'humanité doivent s'en saisir, car il est la condition de la prospérité et de la puissancel. » Or, un constat s'impose à Comte: l'éducation, telle qu'elle se voit pratiquée dans les institutions existantes, appelle des réformes radicales. Et de fait, «les bons esprits reconnaissent unanimement la nécessité de remplacer notre éducation européenne, encore essentiellement théologique, métaphysique et littéraire, par une éducation positive, conforme à l'esprit de notre époque, et adaptée aux besoins de la civilisation moderne. Les tentatives variées qui se sont multipliées (...) depuis un siècle, particulièrement dans ces derniers temps, pour répandre et augmenter sans cesse l'instruction positive, auxquelles les divers gouvernements européens se sont toujours associés avec empressement quand ils n'en ont pas pris l'initiative, témoignent assez que, de toutes parts, se développe le sentiment spontané de cette nécessité2. » En écrivant ces lignes, Comte pense très certainement aux grands projets scolaires qui ont vu le jour pendant la Révolution française, tels ceux de Condorcet, de Mirabeau, de Talleyrand-Périgord, de Romme, de Lakanal, de Pelletier de Saint-Fargeau, de Fourcroy ou de Daunou3. Peutêtre évoque-t-il aussi le célèbre rapport de La Chalotais, qui soulignait dès 1763 l'urgence de développer un enseignement scientifique et technique.4 Comment histoire et éducation entrent-elles en interaction dans le système d'Auguste Comte? Quel rôle exact joue l'éducation des hommes, pris à la fois comme individus et comme humanité, dans ce processus d'évolution qui conduit de
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Raymond Aron, Les étapes de la pensée sociologique,Gallimard, 1967, p.

86. 2 Auguste Comte, Cours de philosophie positive, Première leçon, vol. I, p. 35. 3 Ces plans et rapports sur l'instruction publique ont été publiés par Célestin Hippeau: L'instruction publique en France pendant la Révolution, Klincksieck, 1990. 4 Louis-René de Caradeuc de la Chalotais, Essai d'éducation nationale ou plan d'études pour lajeunesse, Klincksieck, 1996.

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la brute animale à cet état idéal que le fondateur du positivisme appelle de ses vœux: celui d'une humanité enfin réconciliée avec elle-même, éclairée par la nouvelle religion positive, harmonieuse et équilibrée dans ses divers secteurs d'activité? Ces questions demandent que l'on comprenne d'abord clairement l'intuition initiale qui semble avoir donné le branle au système. C'est sur cette intuition première que repose à la fois la vision que propose Auguste Comte du progrès en général, mais aussi la manière dont il va concevoir le rôle et le contenu de l'éducation au sein de ce progrès, progrès qui n'est pas seulement celui des sciences, mais au delà de la connaissance scientifique et technique, celui de ce« GrandÊtre!» moral qu'est l'espèce humaine visant son unité harmonieuse à travers l'histoire. L'œuvre de Comte en effet n'est pas désincarnée. Lorsque Comte fonde le positivisme, la société dans laquelle il vit voit se développer l'industrie de manière rapide et brutale. Les hommes rompent avec les anciennes solidarités. L'école doit répondre à un double défi qui n'est peut-être pas si étranger au temps présent: celui de la naissance de la société industrielle, qui exige un aménagement moral et politique en rupture avec l'Ancien Régime, féodal et militaire; celui de la rationalité scientifique nouvelle qui récuse les anciens modes d'appréhension du réel, théologiques ou métaphysiques. Il faudra voir ensuite de plus près quelles mesures éducatives concrètes Auguste Comte propose pour conduire plus efficacement l'humanité à son but. Il n'a pas hésité en effet à prendre les difficultés pédagogiques ou didactiques à bras-Iecorps, de sorte que bien des réponses qu'il a proposées nous éclairent aujourd'hui sur nos propres incertitudes pratiques.
1 « Le Grand-Être est l'ensemble des êtres, passés, futurs et présents qui concourent librement à perfectionner l'ordre universel », Système de politique positive, 1. 4, p. 30. Il ne s'agit donc pas de la somme, purement quantitative, des hommes qui ont vécu, qui vivent et qui vivront, dont beaucoup ne sont, au dire de Comte que des « faiseurs de fumier », mais de ceux qui, par leur œuvre, ont concouru et concourent progressivement, au cours de l'histoire, à la réalisation de l'état positif dont tous bénéficieront.

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