Les Grandes Affaires criminelles politiques

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Sujet - Crime et politique : voila une entrée originale pour explorer l'histoire de France. C'est à ce voyage dans le temps et l'espace que nous invitent Vincent Brousse et Philippe Grandcoing, deux auteurs qui ont déjà livré aux lecteurs les récits des crimes du Limousin et du Quercy. Ils nous proposent de les suivre ici, de la Révolution française à la Ve République, en feuilletant les pages sombres de notre histoire, à travers trente et un récits criminels. Des foules émeutières parisiennes de la Révolution aux attentats de l'OAS, des colères paysannes périgourdines aux violences meurtrières des années 1930, des complots visant le chef de l'État aux affaires qui ont suscité d'énormes scandales politiques, ils dressent un état des lieux fascinant des multiples liens pouvant relier le crime à la politique. Le lecteur croisera, au fil de ces pages, des grandes figures de notre histoire, de Marat à De Gaulle, en passant par Louis-Philippe, Napoléon III, Sadi Carnot, Léon Blum et Marx Dormoy. Il fera aussi la connaissance d'anonymes, mais qui furent, en leur temps, considérés comme des héros, des victimes ou des monstres. Il visitera aussi bien les palais de la République que les faubourgs de Paris. Il s'enfoncera aussi dans les forêts du Morvan, parcourra les campagnes du Berry, du Périgord et de la Provence et embarquera même pour des destinations plus lointaines, comme Casablanca ou Alger. Un livre qui se lit comme un roman, où l'exactitude des faits historiques nourrit une écriture digne des meilleurs récits policiers.


Les auteurs : Vincent Brousse et Philippe Grandcoing sont tous deux professeurs d'histoire et chercheurs, spécialistes des xixe et xxe siècles. Ils ont notamment publié 1905. Le printemps rouge de Limoges (en collaboration avec Dominique Danthieux) aux éditions Culture et Patrimoine en Limousin en 2005, ainsi que Engagement(s), Résistance(s) et Mémoire(s) au xixe siècle en Limousin, aux Presses universitaires de Limoges, la même année. Ils ont publié chez De Borée Les Grandes Affaires Criminelles de Haute-Vienne, Les Nouvelles Affaires Criminelles de Haute-Vienne, ainsi que Les Grandes Affaires Criminelles du Lot.
Publié le : vendredi 1 octobre 2010
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EAN13 : 9782812916014
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VincentBrousse PhilippeGrandcoing
Les Grandes AffairesCriminelles Politiques
De Borée ÉDITIONS
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Des mêmes auteurs
Vincent Brousse et Philippe Grandcoinge Engagement(s), Rsistance(s) et Mmoire(s) auXXsiècle en Limousin,Pulim, 2005 1905, le printemps rouge de Limoges(avec Dominique Danthieux), Culture et patrimoine en Limousin, 2005 Les Grandes Affaires Criminelles de HauteVienne,Éditions De Borée, 2008 Ostensions : un siècle de photographies,Culture et patrimoine en Limousin, 2009 Les Nouvelles Affaires Criminelles de HauteVienne,Éditions De Borée, 2009
Les Grandes Affaires Criminelles du Lot,Éditions De Borée, 2010
Vincent Brousse
Guide dictionnaire des noms de rues de SaintJunien(avec Sylvie Chabernaud), Aicarpa, 2005
Les Antitout. Mmoires d’un anarchiste limousin à la Belle Èpoque(avec Dominique Danthieux), édition commentée, Éditions Les Monédières, 2005
La Manufacture Ahrenfeldt,Archives départementales de la HauteVienne, 2007
Philippe Grandcoing Les Demeures de la distinction. Châteaux et châtelains en HauteVienne e auXIXsiècle,Pulim, 1999 Des funrailles de porcelaine. L’Art de la plaque funraire en porcelaine e de Limoges auXIXsiècle(avec JeanMarc Ferrer), Culture et patrimoine en Limousin, 2000 La Baïonnette et le Lancis. Crise urbaine et rvolution à Limoges sous la Seconde Rpublique,Pulim, 2002 Le Siècle d’or des châteaux. HauteVienne 18001914,Culture et patrimoine en Limousin, 2002 Une histoire de Limoges(avec JeanMarc Ferrer), Culture et patrimoine en Limousin, 2003 La Belle Limousine. La vache en Limousin, un patrimoine historique et gntique (avec Raymond Julien), Culture et patrimoine en Limousin, 2004 e Le Limousin, pays et identits. Enquêtes d’histoire de l’Antiquit auXXIsiècle (avec Robert Chanaud et sous la direction de Jean Tricard), Pulim, 2006 Un Robin des bois entre Prigord et Limousin. Histoire et lgende de Burgou, e e XIXXXsiècles,Culture et patrimoine en Limousin, 2006 e e La Limousine. Histoire d’une race bovine,XIXXXsiècles(avec Dominique Danthieux), Pulim, 2007
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des GrandsAugustins, 75006 Paris.
©De Borée, 2010 Achevé d’imprimer en U.E. en septembre 2010 Dépôt légal : septembre 2010 ISBN 9782812901553
De Borée ÉDITIONS
Introduction RIME ET POLITIQUE entretiennent de nombreuses et sanglantes relations. Longue est la liste des dirigeants à en pCassant par Henri IV à Paris, le Mahatma Gandhi à Delhi, Isaac avoir péri sous la lame d’un poignard ou les balles d’un fusil. De Jules César à Rome à John Kennedy à Dallas, Rabin à TelAviv ou Anouar elSadate au Caire, on ne compte pl us les hommes politiques tombés dans l’exercice de leurs fonctions. L’assassinat politique fut même érigé, à certains moments de l’his toire, comme méthode de gouvernement, que l’on songe à la Rome impériale antique ou à l’Italie des Borgia à la Renaissance. Plus récemment, le terrorisme, dont les origines remontent à la Révolution française, a démultiplié cette violence politique, qu’elle soit aveugle ou, au contraire, extrêmement ciblée. Mais le crime poli tique ne saurait se réduire à ces deux dimensions. Dans les sociétés démocratiques occidentales telles qu’elles se mettent progressive e ment en place à partir de la fin duXVIIIsiècle, il revêt de nouvelles formes, notamment parce que le peuple devient un acteur politique à part entière, et que l’opinion publique joue maintenant un rôle essentiel. Désormais, un crime peut être qualifié de politique à partir du moment où, justement, il va faire l’objet, de la part du pouvoir mais aussi de l’opinion, d’une interprétation politique. Soyons clairs sur ce point. En France, avant la Révolution, seul le crime portant atteinte au pouvoir royal, le crime de « lèsemajesté », pouvait être considéré comme politique. Le régicide – la tentative d’homicide sur la personne royale – était alors le plus grave des crimes, appelant le plus horrible des supplices. Damiens, qui avait superficiellement blessé Louis XV en 1757, fut torturé des heures durant, avant de finir écartelé. La disparition de la monarchie d’Ancien Régime mit
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fin à cette notion de «lèsemajesté » et, à l’exception de quelques périodes troublées ou régimes autoritaires de l’histoire d e France, la notion de crime politique disparut du droit français – du moins meurtres et assassinats d’hommes politiques ou de représentants de l’autorité de l’État tombèrent dans la loi commune. En démoc ratie, il ne saurait y avoir, du moins en théorie, de criminalisation des opinions et comportements politiques.
Qu’estce donc alors qu’une affaire criminelle politique dans la e e France desXIXetXXsiècles ? Les auteurs ont cru pouvoir distin guer trois grands types de crimes. Tout d’abord s’impose avec force l’assassinat, ou la tentative d’assassinat, commis sur le chef de l’État, au nom d’idéaux politiques opposés à ceux du régime en place. Napoléon Bonaparte visé par la bombe royaliste de la rue SaintNicaise, LouisPhilippe échappant à la machine infernale de Fieschi, Sadi Carnot assassiné par un anarchiste, ou de Ga ulle échappant au guetapens de l’OAS entrent dans cette catégorie s’inscrivant dans la lignée du régicide d’Ancien Régime. On peut y adjoindre le duc de Berry, héritier présomptif du trône, poi gnardé à l’Opéra. Le deuxième groupe rassemble les meurtres, ou tentatives de meurtre, sur des adversaires politiques, signe d’une forme de démo cratisation et de laïcisation du débat public. Le pluralisme des opinions a succédé aux antagonismes religieux. On ne massacre plus celui qui n’est pas de la même confession, mais on s’en prend physiquement à celui qui ne partage pas vos idées ou représente l’adversaire idéologique. Cette violence touche bien évidemment les leaders politiques : Marat, Jaurès, Plateau, Blum, Mandel, Henriot en ont été les victimes. Elle peut aussi frapper ceux qui incarnent le camp adverse, même s’ils n’ont pas de réel pouvoir ou de rôle politique majeur. L’aristocrate de la cour (la princesse de Lamballe), l’ancien magistrat révolutionnaire (Fualdès), le maréchal de France trop longtemps fidèle à Napoléon (Brune), le hobereau provincial (Alain de Monéys), le riche bourgeois avaricieux, le garde cham pêtre à la solde des riches propriétaires ou le militant de gauche antifasciste de Limoges ont ainsi été les victimes expiatoires des tensions politiques et sociales. Le pouvoir ne s’y est en général pas trompé, donnant à travers l’action répressive ou judiciaire une réponse éminemment politique. Les suites données à l’assassinat de Simonneau en sont ici le meilleur exemple.
8 - Introduction
La troisième catégorie regroupe des affaires relevant, au départ, du droit commun, mais qui, du fait des liens entretenus entre le coupable présumé et le monde politique, se transforment en affaires e t, surtout, en scandales politiques. Que la femme d’un député (Jeanne Hugues) ou d’un ministre (Henriette Caillaux) assassine un calom niateur, obscur détective privé ou patron d’un des grands quotidiens nationaux, et l’affaire prend une dimension politique évidente. Il en est de même lorsqu’une des notabilités du régime de LouisPhilippe assassine sa femme et réussit à se suicider avec la complicité des autorités (le duc de ChoiseulPraslin), ou quand un escroc notoire est retrouvé tué d’une balle de revolver, alors qu’il avait jusquelà bénéficié de hautes protections politiques (Stavisky). En revanche, ont été écartées des affaires qui, quoique éminem ment politiques, ne présentaient pas de caractère criminel. Il en est ainsi des grands scandales judiciaires, telle l’affaire Dreyfus, ou financiers – le scandale de Panama, par exemple. De même, les procès politiques pour haute trahison, intelligence avec l’ennemi ou crime contre l’humanité n’ont pas été retenus.
Enfin, sachons reconnaître que cet ouvrage ne saurait être exhaustif. Des affaires assurément importantes pour la période chronologique traitée, 17921979, ont été laissées de côté, car nous avons dû faire des choix. Ainsi, l’assassinat d’Henri Curiel, ceux croisés de Tramoni et Overney dans les années 1970, ou encore les exécutions de Jean Zay, Victor Basch ou Maurice Sarraut en 1944, l’assassinat de Navachine par la Cagoule, les attentats anarchistes e de la fin duXIXsiècle, le meurtre de Victor Noir par le prince Pierre Bonaparte, l’attentat d’Orsini, l’assassinat du général Ramette par les Verdets, à Toulouse, en 1815… Un second volume pourrait aisé ment être envisagé…
Audelà de la diversité des affaires exposées ici, il convient de souligner quelques constantes qui permettront au lecteur de mettre en perspective ces différents récits. Tout d’abord, la violence poli tique – que l’on se place du côté des victimes ou des meurtriers – est essentiellement une affaire d’hommes, ce qui est logique dans une société où le droit de vote n’a été accordé aux femmes qu’en 1944. Lorsque ces dernières entrent en scène, elles tiennent essentielle ment le rôle d’épouses (la duchesse de ChoiseulPraslin, Jeanne Hugues et Henriette Caillaux). Seules deux sont d’authenti ques
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criminelles politiques, assassinant par conviction : Charlotte Corday et Germaine Berton. Une troisième, Annie Mouraille, sert d’appât fatal, mais si elle a de réelles convictions ultranationalistes, elle n’est que complice dans l’attentat. La deuxième remarque est d’ordre géographique. Paris est ici surre présenté, phénomène normal dans un système politique centralisé comme celui de la France. Les régions n’apparaissent généralement que comme cadre de voyages officiels (Lyon, Marseille) ou théâtre de violences à fort caractère social. Toutefois, les périodes de très fortes tensions politiques (la Restauration, les années trente, l’Occu pation) redonnent à la province un rôle politique que la capitale tend à monopoliser en période « normale ». Ainsi, avec les assassinats de Brune et de Fualdès, l’affaire PrinceStavisky, les affrontements entre CroixdeFeu et antifascistes, l’assassinat des deux frères Rosselli, l’exécution de Mandel ou l’attentat contre Marx Dormoy se dessine une géographie plutôt méridionale… Signalons aussi l’ouverture vers l’outremer et l’étranger, entre les années 1940 et 1960, à un moment où la vie politique française est en partie rythmée par les tensions internationales et les conflits de la décolonisation. Trois affaires sont des conflits relatifs à l’Afrique du Nord : Alger, en 1942, dans une situation des plus complexes, entre les différentes formes de résistance ; Casablanca, en 1955, un an avant l’indépendance et le Maroc, interférant avec un crime de basse police débutant devant le drugstore de SaintGermaindesPrés. Les multiples réseaux des services secrets, des polices parallèles et des milieux de la pègre servent de toile de fond à des crimes complexes, dont les commanditaires apparaissent difficiles à entrevoir.
Cette remarque en amène une dernière. La violence politique connaît des pics chronologiques, entrecoupés par de plus ou moins longues périodes d’accalmie. La Révolution française, le retour des Bourbons en 1815, la période 18471852, les années 1930, le régime de Vichy et la guerre d’Algérie en constituent les principaux. Ils correspondent à des phases d’exacerbation des antagonismes poli tiques et sociaux, mais aussi à des périodes de changement de régime. Inversement, lorsque s’impose une démocratie apaisée et plus ou moins consensuelle (l’essentiel de la Troisième République, la Cinquième République après 1962), les affaires criminelles se font beaucoup plus rares. De quoi, peutêtre, rassurer sur les vertus pacificatrices de la démocratie…
10 - Introduction
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