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De l'ennui au jeu

De
112 pages
Qu'un enfant dise s'ennuyer n'a a priori rien d'inquiétant. Cet état subjectif particulier demande à être estimé à sa juste valeur. Le banaliser, tout comme en faire d'emblée un trait psychopathologique, peut faire passer à côté de ses véritables enjeux. De plus, cet ennui se doit aussi de trouver son « traitement », ce qui nous a conduit à remettre en lumière, à revaloriser ce que l'on nomme jeu, mais en l'extrayant de cette dimension ludique ou divertissante qu'on lui attribue généralement. Ennui et jeu peuvent alors s'articuler et éclairer mutuellement les enjeux de l'un et de l'autre.
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Rodolphe Saintin
De l’ennui au jeu
De l’ennui au jeu
Rodolphe Saintin De l’ennui au jeu
© L'HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07642-3 EAN : 9782343076423
à
Juliette, Mattéo, Prunelle, Charles, Lina, Hippolyte et Aya…
Remerciements
A Françoise Monnet, ma première lectrice, et à Alain Beuzeboq, qui par leurs remarques et leur lecture attentive, m’ont soutenu et enrichi dans ce travail d’écriture, mais aussi, aux participants du Séminaire de psychanalyse de l’enfant, qui se tient à Reims dans le cadre de l’Association Lacanienne Internationale, animé par A. Douce, F. Fery, N. Hamad et E. Wargny, et dont les échanges m’ont éclairé jusqu’au terme de cet essai.
IǦIntroduction
« Alors, reste pas comme ça… fais quelque chose. » Quel parent n’a pas proféré ce type de propos à sa progéniture, un jour ou l’autre ? Quel enfant n’a pas entendu, à l’occasion, de la part de son père ou de sa mère, une telle injonction ? Nous pouvons tous, à un titre ou à un autre, nous reconnaître dans cette situation critique où un insupportable vient connoter les échanges quotidiens de toute banale famille, voire les tendre, les exacerber de façon extrêmement pénible pour tous. Il nous faut bien reconnaître qu’il est souvent irritant d’entendre son enfant (ou tout enfant dont on a la charge) répéter, telle Anna Karina dans le film de Jean-Luc Godart,Pierrot le fou,?que je peux faire « Qu’est-ce J’sais pas quoi faire ? » Ce « Je ne sais pas quoi faire » que l’enfant claironne, va de plein fouet venir faire naître, ou pour le moins raviver, dans l’intime de l’adulte à qui il s’adresse, un sentiment extrêmement complexe fait d’irritation, d’inquiétude, de perplexité, voire d’impuissance ; dans tous les cas, le mettre dans un embarras dont il est humainement compréhensible qu’il trouve issue dans une profération de type : « Reste pas comme ça, fais quelque chose. » Il est cliniquement permis de dire qu’un enfant qui s’ennuie n’est pas un enfant malade, d’autant plus quand cet ennui, il peut le dire et l’adresser à l’envi, comme dans cette situation familiale fictive dont je fais allusion plus haut. Il ne faut pas non plus en sous-estimer la portée et l’enjeu tant d’un point de vue éducatif que thérapeutique,
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