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Méthodologie pour un compte rendu critique

De
226 pages
Le compte rendu critique est un exercice qui occupe une place centrale dans le parcours académique des étudiants. Cet ouvrage en présente les contours pour sa réalisation optimale : la méthodologie, les contraintes, la lecture d'une oeuvre ou le visionnage d'un film, la prise de notes, la constitution de fiches, la phase rédactionnel et la relecture. Il est illustré par une série de comptes rendus d'ouvrages, de conférences, de péplums et de revues que l'auteur a réalisés sur la Rome ancienne.
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METHODOLOGIE POUR UN COMPTE RENDU CRITIQUE

@ L'Harmattan, 2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanl@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-08168-0 EAN: 9782296081680

f{ugues~ouckaga

METHODOLOGIE POUR UN COMPTE RENDU CRITIQUE

Préface de Fabien Kange Ewane Postface de Moustapha Gomgnimbou

L'f{armattan

Du même auteur Chez l'Harmattan La Rome Ancienne: 1er siècle avant JésusChrist-1er siècle après Jésus-Christ, 2006 (Préface du Professeur Fabien Kange Ewane ; Postface du Professeur SaUou Ndiaye). Vivre et Mourir à Rome et dans le Monde Romain, 2007 (Préface du Professeur Pierre SoUna N'dombi). L'Abécédaire de la Rome Ancienne, 2008 (Préface du Professeur Alexis Mengue M'Oye).

En préparation Vade Mecum pour réussir l'épreuve d'Histoire Romaine aux examens. Quo vadis? Chez les Punu du Gabon. (Pour tordre le cou à certaines idées reçues). Les Romains et la Mer dans l'Antiquité: points de vue. Histoires Punu( es) du Gabon. Lexique de l'impérialisme romain dans l'Antiquité. Guide Pratique pour l'élaboration et la soutenance d'un travail de recherche (Mémoire, Thèse) en Histoire Romaine. Les Punu du Gabon d'hier à aujourd'hui. Politique et pratique culturelles en République Gabonaise: Verbatim.

Au Gabon, « mon beau pays », « ma terre d'élection », « berceau de mes ancêtres », qui fi' a tout donné

et
A Hannibal, Jugurtha, Tacfarinas, Nyonda Makita, Mbombe -A- Gnangue, Wongo, Emane Ntole, Chaka, Um Nyobé, Patrice Emery Lumumba, Ken Saro Wiwa ainsi que tous ces autres héros qfricains, illustres et inconnus, morts pour leurs peuples et leurs patries.

« Ceux qui entreprennent d'écrire l'histoire s'en occupent parce qu'ils ne peuvent souffrir que des choses dignes d'être sues de tout le monde demeurent ensevelies dans le silence. » Flavius Joseph.

«Aucune

Nation n'a d'avenir si elle ne forme pas sa jeunesse. la société, c'est l'éducation. » Nelson Mandela.

Le pilier de

REMERCIEMENTS Au moment où nous achevons la réalisation de cet ouvrage, nous nous en voudrions de ne pas remercier tous ceux qui nous ont toujours apporté leur vibrant et vibrionnant soutien et qui nous ont fait toujours bénéficier de leur science, de leur expertise et de leur inestimable réconfort : - Messieurs les Professeurs Fabien Kange Ewane, Professeur en Histoire à l'Université de Yaoundé l (Cameroun) et ancien Recteur de l'Université des Montagnes (U.D.M.) de Bangangté, Saliou Ndiaye, Professeur Titulaire en Histoire Ancienne à l'Université Cheikh Anta Diop (DCAD Dakar-Sénégal) et Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (F.L.S.H.) de cette Institution, Théodore Nicoué Lodjou Gayibor, Professeur Titulaire en Histoire Africaine à l'Université de Lomé (Togo) et ancien Président de cette Université, Abraham Ndinga Mho, Professeur Titulaire en Histoire Africaine à l'Université Marien Ngouabi (Brazzaville) et ancien Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de cette Institution, Bernard Nganga, Professeur Titulaire en Civilisation Anglaise à l'Université Marien Ngouabi et ancien Vice-Recteur de cette Institution, André Parfait Bokiba, Habilité à Diriger les Recherches et Professeur Titulaire en Littérature Africaine à l'Université Marien Ngouabi (Brazzaville), Bonaventure Maurice Mengho, Professeur Titulaire en Géographie Rurale à l'Université Marien Ngouabi (Brazzaville), Francis Akindes, Professeur Titulaire en Sociologie à l'Université de Bouaké (Côte d'Ivoire), Augustin Dibi Kouadio, Professeur Titulaire en Philosophie à l'Université de Cocody (Côte d'Ivoire), Aboubacry Moussa Lam, Professeur Titulaire en Egyptologie à l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD DakarSénégal), Mohamadé Sawadogo, Professeur Titulaire en Philosophie à l'Université de Ouagadougou (Burkina Faso), Félix lroko, Professeur Titulaire en Histoire Africaine à l'Université d'Abomey-Calavi (Bénin), Noël Adjo Guéby, Maître de Conférences en Sociologie Politique à l'Université de Bouaké (Côte d'Ivoire), ainsi que Pierre N'dombi, Pierre Nzinzi, Fidèle Pierre Nze Nguema, Alexis Mengue M'Oye et Pierre Ondo Mébiame, respectivement Habilité à Diriger les Recherches (H.D.R.) en Histoire Economique, Financière et Administrative de l'Université d'Aix-Marseille et Professeur à l'U.O.B., Professeur Titulaire en Philosophie et Vice- Recteur chargé de l'Académie à l'UOB, Professeur Titulaire de Sociologie et Recteur de l'UOB, Habilité à Diriger les Recherches (H.D.R.) en Histoire et civilisation de l'Antiquité de l'Université de Paris IV-Sorbonne et Maître de Conférences (C.A.M.E.S.) en Histoire Ancienne à l'UOB, Maître de Conférences (CA.M.E.S.) en linguistique à l'UO.B., Aggée Célestin Lomo Myazhiom, ancien chargé de recherche en Histoire à l'Université de Dschang (Cameroun) et actuellement Maître de Conférences à l'Université Marc Bloch de Strasbourg; Drs Monique Mavoungou Bouyou, Maître Assistante en Histoire Africaine et Chef du département d'Histoire et Archéologie à l'UOB, Alphonse Aleka Alike, Maître Assistant en Histoire Ancienne à l'U.O.B., Jean-François

-

Owaye, Maître Assistant en Histoire militaire et Etudes de défense à l'U.O.B., Rufin Didzambou, Maître Assistant en Histoire Economique et Sociale à l'ENS, Gilchrist Anicet Nzenguet lnguemba, Léopold Codjo Rawambia, Roger Mboumba Mbina, Abraham Nyama, Eliane Bouendja née Bella Emane et Gwladyss Noméwa née lmmongault, respectivement Assistants en Histoire économique et Financière, en Histoire Africaine et en Histoire Ancienne à l'ENS et à l'U.O.B. ; - Dr Franck Michel, Enseignant à l'Université de Corse; Dr David Mokam, chargé de recherche en Histoire Africaine à l'Université de Ngaoundéré (Cameroun); William Charlys Mbadinga, Doctorant en Histoire Ancienne à l'Université de Paris XII-Val de Marne (France) - et tous les autres miens: Yann, Taty, Jonel, Sem Joseph... Que tous acceptent l'expression de ma profonde et entière gratitude!

-

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PREFACE
En 2006, deux ans après avoir été hissé, par le Conseil Africain et Malgache pour l'Enseignement Supérieur (C.A.M.E.S.) au rang de Professeur Titulaire en Histoire Ancienne, Monsieur Hugues Mouckaga me sollicita pour réaliser la Préface de son ouvrage, La Rome Ancienne: rr s. avoJ. -c. - rr s. ap. J. -c. Les thèmes abordés dans cet ouvrage m'amenèrent à assurer cette tâche avec d'autant plus de célérité et d'aisance qu'ils avaient un rapport avec notre actualité. Qu'il s'agisse de la question relative à ceux que l'on appelle en jargon actuelles «déclassés sociaux », c'est-à-dire les laissés-pour-compte que Rome, devenue la capitale du monde charriait, avec l'appellation générique d' homines perditi que de celle renvoyant à l'attachement que chaque Romain avait à l'égard de sa terre natale, que Cicéron appelait la «patria loci» ou encore la «patria naturae» ; qu'il s'agisse également de la question relative aux guerres ou encore à la condamnation, à la peine majeure, la damnatio memoriae, qui fut appliquée par le Sénat à un mauvais Empereur, en l'occurrence Domitien, l'on a la nette impression qu'il s'agit des questions que nous vivons dans notre quotidienneté. L'auteur, le Professeur Hugues Mouckaga, en fin spécialiste de sa discipline, nous en apprit de tellement bonnes qu'il parvint, sur la base de cette société endormie qu'est Rome dans l'Antiquité, à nous faire admettre que rien ne se crée, rien ne naît ex nihilo; les réalités crues, qui nous tenaillent tous les jours et donnent à notre quotidienneté une allure parfois peu ragoutante, ne sont pas une nouveauté. J'utilisai, alors, pour étayer cette permanence des faits, l'expression de nil novi sub sole, énoncée par l'Ecclésiaste. Après cette publication fort riche, deux autres ont suivi, en l'espace de deux ans: Vivre et mourir à Rome et dans le Monde Romain, en 2007 et L'Abécédaire de la Rome Ancienne, en 2008. Deux productions scientifiques au contenu riche, non seulement qui témoignent de la prolixité de l'auteur, mais aussi qui offrent l'opportunité de ceinturer la société romaine dans l'Antiquité, et d'en dévoiler certaines zones d'ombre. L'une ne dépeint-elle pas les deux principales facettes de l'univers romain? Une facette agréable, qui fait de Rome un milieu de bien vivre, agréable, un «bouillon de vie », (dixit l'auteur) vers lequel tous ceux qui veulent prospérer sur tous les plans affluent, et une face peu reluisante, génératrice de mal-être, de mort. Quant à l'autre, n'expose-t-elle pas, à travers un glossaire de termes fondamentaux que tout étudiant est appelé à retenir dès son entrée à l'Université pour des études d'Histoire, des pans entiers de cette société? Outre ses articles scientifiques publiés dans des revues, elles aussi scientifiques, et souvent de bonne tenue, les ouvrages que le Professeur Hugues Mouckaga vient de réaliser, en l'espace de quelques années, à un rythme de métronome, nous convainquent donc d'un fait: il fait partie des élites sûres sur lesquelles peut compter l'Afrique pour sa

renaissance. Pour le renouveau de Rome, pour sa progression et sa mue nécessaires, les Romains, dans l'Antiquité, se plurent à faire ressortir un terme conçu à partir de l'ère Augustéenne, sur le modèle de l'héritage romuléen : la renovatio. Un terme qui avait tout son sens et qui détonait comme une invite.à chacun et à tous de se mobiliser pour des lendemains plus rieurs, plus enchanteurs. Pour être mise en exergue et avoir tout son sens, toutes les catégories sociales furent mises à contribution: hommes politiques, hommes de lettres, etc. L'Affique, après avoir connu l'ère de la colonisation qui déboucha sur une série d'indépendances, n'a pas d'autre choix si elle veut, elle aussi, relever les défis multiples que préfigure la mondialisation: elle doit opérer sa mue! Elle doit renaître! Pour ce faire, il lui faut s'appuyer sur l'expertise de ses fils, sur leur capacité à faire preuve de génie, sur leur volonté tenace de briser tous les obstacles susceptibles de se dresser sur leur voie. Et sur ce plan, je ne pense pas me tromper en affirmant que Monsieur le Professeur Hugues Mouckaga en est de ceux-là. L'Affique peut en être fière! Je me souviens encore de ces longues heures que nous avons passées à discuter, en cette année de novembre 2007 et ce dans ma modeste résidence de Yaoundé, de la nécessité de refonder, pour leur donner un ancrage plus authentique, autrement dit plus conforme à nos réalités, les principaux pôles d'activités de nos pays. A cette occasion, nous passâmes en revue les uns et les autres de ces secteurs; nous en présentâmes leur importance et nous montrâmes la place fondamentale que doit occuper la culture dans tout axe de développement. Une conviction ancrée sur une réalité: seuls les pays ayant procédé ainsi ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Le Japon en est. Comme pour dire qu'un développement qui se conçoit sans la prise en compte de la culture - je dirais plus exactement des cultures- des peuples sur lesquels il veut s'appliquer ne peut avoir de chance d'aboutir; il finira par se « bâtardiser» ! Mais il n'y eut pas que cela! Il y eut aussi l'Université, les Universités. Et nous nous interrogeâmes: quelles Universités pour nos pays, quelques années seulement après notre entrée dans le 21 èmes. ? Quels programmes? Face à la pauvreté galopante qui touche aussi largement les jeunes qui intègrent ces espaces, une situation qui ne leur permet pas de disposer de tous les outils didactiques, comment procéder pour leur éviter les afffes de l'échec garanti? Il défendit alors l'option, à côté d'ouvrages scientifiques, pour les êtres ffagiles qui intègrent nos Universités, de mettre à leur disposition des outils didactiques conçus par les uns et les autres d'entre les Enseignants afficains, pour leur permettre d'avoir à portée de main, les outils intellectuels idoines. Il y eut aussi le monde de la communication, le 4e pouvoir comme on l'appelle. Comment aider les journalistes à faire correctement leur travail, sans verser dans la déformation, l'invective ou la diffamation? Comment aider les uns et les autres d'entre eux qui réalisent des reportages à le faire avec professionnalisme, sans être obligés de s'aplatir et d'être les porte-voix de puissants lobbies financiers ou de potentats qui tiennent en coupe réglée nos pays? Il parlait alors de son pays, le Gabon, sa «terre d'élection », comme il l'appelle lui-même, parfois 16

avec des trémolos dans la voix! Je ne suis donc pas surpris de me trouver en face, aujourd'hui, d'un ouvrage à portée méthodologique et dont il m'est demandé d'assurer la Préface, avec le titre suivant: Méthodologie pour un Compte Rendu Critique! Mais pourquoi ce titre précis et pas un autre? Assurément pour montrer la nécessité de maîtriser la méthode, qu'il appelle lui-même «les trucs », autrement dit tout l'outillage nécessaire pour l'élaboration d'un compte rendu critique. Sûrement aussi pour être conforme à son esprit, fondé sur la nécessité absolue, dans toutes choses, d'une démarche graduée, faite par paliers, par étapes. A ce moment précis, me vieIlt à l'esprit l'un de ces proverbes gabonais et plus exactement Punu, «communauté culturelle» du Professeur Hugues Mouckaga, terme conçu par l'actuel Vice-Premier Ministre Gabonais, Ministre de la Culture, des Arts, de l'Education Populaire, des Droits de l'Homme et de la Refondation, le Père Paul Mba Abessole, pour désigner les ethnies: « Bissantsou mou pontsi oufoule ymossi ymossi », ce qui, traduit, revient à dire ceci - que Hugues et les autres m'excusent pour mon barbarisme -: «Les fagots de bois se déchargent d'un panier les uns à la suite des autres ». Comme pour dire: il faut y aller pas à pas! Il faut y aller rationnellement! Avec un art consommé de la rigueur, du savoir-faire, de la science. Comme les géomètres! Le titre donné à ce livre par son auteur peut donc donner du change sur son sens et sa portée réelle. Certes, ce titre fait spontanément penser aux milieux universitaires: Enseignants, chercheurs et étudiants avancés qui conviendront volontiers qu'il s'agit-là d'un matériel de base de toute leur activité. Et pour cause: aucune production tant soit peu scientifique -mémoires, thèses, communications, ouvrages-, n'est concevable sans un travail préalable de collecte des données à travers les travaux antérieurs, de différentes natures, communément appelés sources. La validité des données collectées ainsi que leur pertinence sont précisément fonction de la qualité des comptes rendus critiques confectionnés au fur et à mesure qu'on réussit dans ce status quaestionis, cette revue critique de la littérature. Mais ce ne peut être là qu'un regard superficiel car l'auteur n'a pas seulement fourni aux acteurs des cadres universitaires les instruments nécessaires et efficaces dans l'exploitation critique des sources multiformes à leur disposition. Une lecture patiente et plus attentive de cette nouvelle production de l'auteur permet de se rendre compte que les problèmes abordés ou seulement sous-entendus vont bien au-delà des seuls milieux universitaires. Lui-même le laisse du reste comprendre quand il écrit: Qu'il s'agisse de l 'Histoire, de l'Economie, du Droit, de la Sociologie, de la Science Politique, des Sciences dites dures - ou pures-, les critiques se sont imposés dans notre monde moderne. Ils ont investi ce secteur avec d'autant plus de facilité que notre monde croule sous le poids des productions intellectuelles de toutes natures qui ne permettent
pas à tous les hommes de pensée d y consacrer le temps nécessaire. Ils

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ont alors réussi à s'imposer comme des «faiseurs des rois », ceux qui, parce qu'ils auront encensé une œuvre, lui permettront d'être mieux accueillie par le public, d'être un succès de librairie ou de cinéma et à son auteur de connaître un plein et entier succès et d'être « vedettisé ». Il nous aura paru extrêmement important de lire cette observation du professeur Hugues Mouckaga en ayant clairement et honnêtement à l'esprit les contextes socio-politique et socio-culturel africains en cette première décade du siècle, cet instant historique où des signes s'accumulent à l'horizon pour 21 ème inviter les Africains, de tous bords confondus, à se guérir de leur sempiternel complexe d'infériorité, de se prendre enfin en charge pour s'assumer euxmêmes. L'écho de Méthodologie pour un Compte Rendu Critique résonne ainsi non plus seulement dans les seuls milieux universitaires. Il se répercute dans tous les domaines de la vie des sociétés africaines en cette première décade du 21 ème siècle où s'entrecroisent et s'entremêlent, dans une totale confusion, les prétentions à être parmi les «faiseurs des rois» dans tous les domaines: politique, économique, universitaire, social, etc. Qui dit prétention à la vedettisation laisse sous-entendre la tendance à la flagornerie, l'encensement dont parle notre auteur, sur fond de clientélisme, de favoritisme et de délation. Ne devient-il pas dès lors impératif et urgent d'avoir recours aux règles d'établissement de comptes rendus critiques, telles qu'elles viennent d'être magistralement synthétisées par le Professeur Hugues Mouckaga, pour discriminer les véritables «faiseurs de rois », catalyseurs des aspirations du peuple, efficaces dans la gestion des différents secteurs de la vie de nos communautés, de la masse des «faiseurs d'opinions », souvent saupoudrés d'une fine pellicule de connaissances scientifiques, et plutôt en quête de pouvoir et d'avoirs? Le professeur Hugues Mouckaga recommande alors à tous les maîtres de céans de quelque domaine et secteur que ce soit, Histoire, Economie, Droit, Sociologie, Science Politique etc. qu'au lieu de se laisser affabuler par les prétendus «faiseurs des rois» habiles à encenser pour être vite accueillis dans le public et vedettisés, ils acceptent de se soumettre à la rude pratique du compte rendu critique qui est, comme il a tenu à le préciser à la conclusion de son livre: une véritable science, obéissant à une démarche rationnelle, rigoureuse... (qui) associe la critique qfin de parvenir... à l'établissement de la vérité, nous dirions afin de parvenir aux choix soit des œuvres, soit des hommes qu'il faut à la place qu'il faut. Le grand voyage qu'il aura amené son lecteur à faire avec lui dans l'univers romain qui lui est familier et qui a regorgé, en son temps, d'archétypes dans tous les domaines, doit avoir pour but, à notre sens, de convaincre de la faisabilité de cette démarche salutaire. Nous ne pouvons alors pas ne pas recommander Méthodologie pour un Compte Rendu Critique du Professeur Hugues Mouckaga, non seulement aux acteurs des milieux universitaires -enseignants, chercheurs de tous les niveaux-,

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mais aussi à ceux qui se soucient, dans cette première décade du 21ème siècle, de l'avenir des différents pays du continent. Yaoundé (Cameroun), le 25 novembre 2008 Professeur Fabien Kange Ewane Licencié en Théologie-Philosophie, Licencié en Langues et Civilisations Orientales, Diplômé d'Etudes Supérieures des Relations Internationales, Docteur en Droit romain et canonique, Docteur d'Etat en Histoire, option Histoire des Institutions, Professeur d'Histoire et d'Egyptologie à l'Université de Yaoundé I (Cameroun), Ancien Recteur de l'Université Des Montagnes (UDM) de Bangangté (Cameroun), Fondateur du Centre d'Egyptologie et de la Réactualisation des Valeurs Africaines (SCAT-CERVA), auteur des articles et ouvrages suivants: Mon cahier de comportement, Yaoundé, Imprimerie SaintPaul, 1963, L'originalité de la personne selon l'Homme noir de la côte du Cameroun: Eléments d'anthropologie africaine, Strasbourg, 1965, La présence africaine (Eglise d'Afrique) aux conciles de Vatican I (1869-1870) et Vatican Il (1962-1965), Strasbourg, 1969, Le politique dans le système religieux catholique romain en Afrique: 1815-1960, Paris, Honoré Champion, 1976, «Les légendes ont la vie dure: images de l'Afrique en occident» L'Afrique littérature, 58 (ler trimestre, 1981), pp. 10-24, «Le mythe d'Alfred Saker dans l'histoire du Cameroun» Afrique Histoire, n05, Avril 1982, «Alioune Diop et l'encyclique Progressio populorum: le Développement solidaire de l'humanité?» Bulletin de théologie africaine, vol. IV, n07, janvier-juin 1982, pp. 7-86, «Le phénomène religieux en milieu urbain: le syncrétisme dans les villes africaines modernes» Dossier CERPANA, n03, décembre 1983, Montpellier, pp. 125-152, « The historic dimension of cultural Identity », The cultural Identity of Cameroon, Yaoundé, Ministry of Information culture, 1965, «ln Memoriam: ma gerbe au regretté Cheikh Anta Diop », Nomade, n° spécial, 1/2, Paris, Louis Morard, pp. 8-17, «Entretien avec l'Osiris de Cheikh Anta Diop: des réalités tangibles» Nomade, n03, Paris, l'Harmattan, pp. 94-117, «Doguicimi, une approche africaine de l'histoire» Doguicimi de Paul Hazoumé, Essais présentés par Robert Mane et Adrien Huannou, Paris, L'Harmattan, 1987, pp. 49-57, «Etude critique des tendances observées dans les Universités et Instituts de recherche de l'Afrique Centrale» Actes du Colloque de Dakar, UNESCO, 1987, pp. 39-57, « Cheikh ANTA DIOP ou le défi à la conscience historique des Africains à l'aube du xxre siècle », Célébration du 1Oeanniversaire de la mort de Cheikh Anta Diop, Dakar, février 1996, «High Education and Society» Encyclopedia of Higher Education and the International Encyclopedia of Education, Oxford, Pergamon Imprint, 1990, Semences et moissons coloniales: un regard d'Africain sur l'histoire de la colonisation, Yaoundé, CLE, 1985, Défi aux Africains du Ill' Millénaire, Yaoundé, CLE, 2000. 19

INTRODUCTION
Lorsqu'on procède à une recension des ouvrages réalisés au plan méthodologique, un fait d'évidence s'impose: seuls existent en abondance et donc garnissent les rayonnages des librairies et des bibliothèques, ceux portant essentiellement sur des exercices types: les principes de rédaction d'mie Dissertation, le mode d'élaboration d'un Commentaire de texte, les méthodes de maniement d'une source spécifique, les sources orales, par exemple, ou encore les indications en vue de l'élaboration des travaux de recherche Maîtrise, Master, Doctorat-. N. Meteghe N'Nah, ce grand spécialiste gabonais d'Histoire Africaine, n'a-t-il pas porté sa réflexion sur le maniement des sources orales, auxquelles il a d'ailleurs trouvé un néologisme, l'oralistique ?1 P. Nzete, Enseignant à l'Université Marien Ngouabi de Brazzaville, (Congo), ne vient-il pas de produire un manuel portant sur les moyens d'une réalisation optimale d'un travail de recherche et qu'il a intitulé, bien à propos, Conseils pour rédiger et présenter un Mémoire ou une Thèse, L'Harmattan, 2008 ? Et bien avant eux, d'autres, n'ont-ils pas écrit sur des thèmes proches? par exemple L. Febvre et C. Jacob2, B. Piof... Certes, une raison peut être avancée pour expliquer la fréquence de ces exercices: l'importance qu'ils occupent dans le cursus studiorum des étudiants et donc dans leur évaluation, ce qui justifie que les pédagogues et autres experts ès méthodologie qui réalisent des œuvres sur ces sujets s'y investissent avec clarté et ardeur et y mettent tout leur doigté, tout leur savoir-faire et toute leur science, offrant ainsi l'opportunité, y compris au public le plus large, de connaître en détail les règles applicables en la matière, d'en maîtriser les méandres et les contours les plus divers. Mais cette propension à ne s'intéresser qu'à ces exercices, n'a-t-elle pas un revers? Incontestablement, elle laisse
I Principes de l'oralistique. Méthodologie des sources orales, Libreville, Raponda Walker/C.E.R.G.E.P. Editions, 2004, 64 p. 2 « Commencer une recherche en Histoire ancienne. Quelques conseils et considérations préliminaires» in 1ères Recherches, Publications de la Sorbonne, n06, pp. 63-68. 3 Ecrire une thèse ou un mémoire en Sciences Humaines, Paris, 1986. Mais l'on peut aussi retenir, entre autres, A. Assa et al., Projets de recherche. De la conception au montage et au financement. Que faire?, Abidjan, Educi, 2003, M. Beau, L'art de la thèse, Paris, La Découverte, 2001, H.S., Becker, Les ficelles du métier. Comment conduire sa recherche en sciences sociales ?, Paris, La Découverte, 2002, N.Berthier, Les techniques d'enquête. Méthode et exercices corrigés, Paris, A. Colin, 1998, A. Blanchet et al., L'entretien dans les sciences sociales, Paris, Dunod, 1985, J.P. Fragnère, Comment réussir un mémoire, Paris, Bordas, 1986, M. Guidère, Méthodologie de la recherche, Ellipses, 2003, E. Koulakoumouna, Guide pratique. Réussir 'la rédaction et la soutenance d'un mémoire de recherche, Paris, L'Harmattan, 2005, G. Mace, Guide d'élaboration d'un projet de recherche, Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1988, D. Magneneau, Initiation aux méthodes de l'analyse du discours. Problèmes et perspectives, Paris, Hachette, 1976.

l'impression première de ne porter que sur des exercices uniques, qui n'ont pas leur pareil; mais aussi elle laisse à penser que si d'autres types d'exercices existent, ils sont de moindre importance par rapport aux autres et donc concourent moins à la formation des esprits, des intelligences et partant à celle des élites appelées à servir à tous les niveaux de la hiérarchie sociale. Or à l'évidence il n'en est rien. D'autres exercices existent, qui ont la même importance et qui méritent qu'on leur accorde aussi une réelle importance; c'est le cas du compte rendu critique. Le compte rendu critique -d'ouvrages, de revues, de péplums, de conférences , en effet, n'est-ce pas aussi un exercice usuel, d'usage courant, que l'on trouve à tel ou tel niveau du cursus studiorum des étudiants et donc qui fait aussi l'objet d'un apprentissage de leur part ? Au-delà: cet exercice, n'est-il pas réalisé par des critiques, ces professionnels qui ont fini par avoir pignon sur rue par leur largesse d'esprit, leur sens critique et leur capacité à investir tous les domaines de pensée? Qu'il s'agisse de l'Histoire, de l'Economie, du Droit, de la Sociologie, de la Science Politique, des Sciences dites dures -ou pures-, les critiques se sont donc imposés dans notre monde moderne. Ils ont investi ce secteur avec d'autant plus de facilité et d'aisance que nous vivons dans une société de plus en plus technocratisée, où nous faisons face à tous les types d'activités, les unes aussi accaparantes que les autres, et qui ne laissent que peu de temps pour une lecture assidue d'ouvrages et un visionnage régulier d'œuvres cinématographiques. Ils ont alors réussi à s'imposer comme des «faiseurs de rois », ceux qui, parce qu'ils auront encensé une œuvre, lui permettront d'être mieux accueillie par le public, d'être un succès de librairie ou de cinéma et à son auteur de connaître un plein et entier succès et d'être « vedettisé ». A contrario, parce qu'ils auront émis des critiques négatives, des réserves sur une autre œuvre, ils la feront admettre comme un navet, un échec, et donneront à son auteur l'étiquette de personnage obscur, d'auteur de seconde zone. Le compte rendu critique est donc un exercice central; mais c'est aussi un exercice complexe, en ce qu'il requiert aussi, de la part de celui qui le réalise, la maîtrise d'un certain nombre de règles spécifiques; d'où ces interrogations: comment procéder pour réaliser un compte rendu critique, c'est-à-dire un exercice respectant les règles de l'art en la matière, répondant aux normes qu'on en attend et donc susceptible d'atteindre l'objectif recherché? Mais aussi: puisqu'il porte sur le dépouillage d'une œuvre, sur sa mise à nu, dans tous ses contours, dans tous ses compartiments, en la présentant telle qu'elle est, avec ses points forts et ses points faibles, avec ses zones vives et ses zones d'ombre, de quels outils doit-on se doter pour rendre ce compte rendu objectif? Pour tout dire, qu'entend-on par la notion de compte rendu critique? Qu'implique-t-il ? Comment procéder pour le réaliser? C'est à cette série de questions que nous allons tenter de répondre en réalisant cette œuvre, Méthodologie pour un Compte Rendu Critique. Il s'agit donc d'un essai modeste qui veut réaliser l'objectif de prospecter cet exercice, 22