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Evaluation de la rentabilité des projets d'investissement

De
295 pages
Le présent manuel a pour principal objet la présentation d'une méthodologie simple et opérationnelle d'évaluation de la rentabilité d'un projet d'investissement. Calcul du coût d'investissements, élaboration des comptes prévisionnels, élaboration du plan de financement et du plan de trésorerie, calcul de la rentabilité de fonds propres, établissement des bilans prévisionnels et évaluation des effets du projet dans la collectivité: voici les étapes du processus d'évaluation du projet présentées dans cet ouvrage.
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Évaluation de la rentabilité des projets d'investissement

FRANCK

OLIVIER

MEYE

,

Evaluation de la rentabilité des projets d'investissement
Méthodologie pratique

Préface de Guy Charest
directeur de la revue FINECO

L'HARMATTAN

(Q L'Harmattan 2007 5-7 rue de l'École Polytechnique; Paris 5e www.librairieharmattan.com harmattan l@wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-03912-4 EAN : 9782296039124

A Rose, Annick, Bertrand, Marcelle et Patrick

TABLE DES MATIERES
PREFACE REMERCIEMENTS 19 21 ...23

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE: LE CADRE GENERAL

'" D'EVALUATION

...

D'UN PROJET

25 27 27 28 29 29 31 32 35 35 35 36 37 38 38 39 39 .4 41 .4 .4 44 47 48 .4

A. LE CONCEPT DE PROJET 1. DEFINITION D'UN PROJET 2. LA NOTION DE PROJET D'INVESTISSEMENT 3. CLASSIFICATION DES PROJETS 3.1 Classification selon la nature de l'investissement.. 3.2 Classification selon l'objet de l'investissement 3.3 Classification selon le niveau de dépendance B. LE CYCLE DE VIE D'UN PROJET 1. LA PHASE DE PREPARATION 1.1 Etape d'identification 1.2 Etape d'instruction 1.3 Etape de fmancement 2. LA PHASE DE MISE EN OEUVRE 2.1 La planification opérationnelle du projet 2.2 L'exécution du projet.. 3. LA PHASE DE CLOTURE C. LES PRINCIP AUX AXES D'EVALUATION 1. ETUDE DE MARCHE 2. ANALYSE TECHNIQUE ET INSTITUTIONNELLE 3. EVALUATION FINANCIERE 4. EVALUA TION SOCIO-ECONOMIQUE D. LE CADRE METHODOLOGIQUE D'EVALUATION FINANCIERE DE PROJET 1. LA RENTABILITE INTRINSEQUE DE PROJET.. 2. LA RENTABILITE DES FONDS PROPRES DEUXIEME PARTIE: DE LA RENTABILITE INTRINSEQUE DE PROJET

EVALUATION

51 55 55 55 58 58 61 63 63 63 64 65

A.LES INVESTIS SEMENTS DU PROJET 1. COMPOSANTES DES INVESTISSEMENTS 1.1 Les investissements fixes 1.2 Les besoins en fonds de roulement 2. FORMAT DE L'ECHEANCIER DES INVESTISSEMENTS 3. LE COUT DU PROJET B. LES COMPTES PREVISIONNELS DE RESULTAT 1. FORMAT DES COMPTES PREVISIONNELS DE RESULTAT 1.1 Format général des comptes de résultat 1.2 Format allégé des comptes de résultat... 1.3 Format opérationnel des comptes de résultat
9

2. ANALYSE DU COMPTE DE RESULTAT.. 2.1 Les produits 2.2 Les charges 3. LES SOLDES SIGNIFICATIFS DE GESTION B. LES BESOINS EN FONDS DE ROULEMENT 1. NAISSANCE DES BESOINS EN FONDS DE ROULEMENT 2. EVALUATION DES BESOINS EN FONDS DE ROULEMENT.. C. LES FLUX NETS DE LIQUIDITE DU PROJET 1. PRESENTATION DE L' ECHEANCIER DES FNL 2. PROBLEMES PARTICULIERS D. LA RENTABILITE INTRINSEQUE DU PROJET 1. LES CRITERES SIMPLES D'EVALUATION 1.1 Le taux moyen de rentabilité 1.2 Le délai de récupération 1.3 Conclusion sur les critères simples d'évaluation 2. LES CRITERES BASES SUR L'ACTUALISATION 2.1 La technique d'actualisation 2.2 Le délai de récupération actualisé 2.3 La valeur actuelle nette 204L'indice de rentabilité 2.5 Le taux de rentabilité interne 2.6 Comparaison entre les critères VAN et TRI F. PRISE EN COMPTE DU RISQUE 1. SITUATIONS DE CERTITUDE, DE RISQUE ET D'INCERTITUDE 1.1 Situation de certitude 1.2 Situation de risque 1.3 Situation d'incertitude 2. METHODES D' ANALYSE DU RISQUE 2.1 Prise en compte du risque en situation d'avenir probabilisable 2.2 Analyse du risque en situation d'avenir non probabilisable TROISIEME PARTIE: EV ALVA TION DE LA RENTABILITE DES FONDS PROPRES

68 68 70 80 85 85 86 91 91 92 97 97 97 98 100 101 101 109 110 129 131 136 139 139 139 139 140 140 140 144

151

A..ETABLISSEMENTDU PLAN DE FINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS.155 1. LES DIFFERENTS MODES DE FINANCEMENT 155 1.1 Les fonds propres 155 1.2 Les apports en comptes d'associés 156 1.3 Les emprunts bancaires 157 lA Les crédits-bails 166 1.5 Les prêts participatifs 168 1.6 Le marché des valeurs mobilières 169 1.7 Les capitaux-risques 181 1.8 Les crédits à l'importation 182 2. LE PLAN DE FINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS 188 B. ECHEANCIERS DE REMBOURSEMENT DES EMPRUNTS 191 C. COMPTES PREVISIONNELS DE RESULTAT 195 D. TRESORERIE PREVISONNELLE DU PROJET 197 1. LE PLAN DE TRESORERIE 197 2. LE BUDGET DE TRESORERIE 198 2.1 Objet du budget de trésorerie 198 2.2 Les concours à court terme 199

10

E. RENTABILITE DES FONDS PROPRES 1. CALCUL DE LA RENTABILITE DES FONDS PROPRES 2. EFFET DE LEVIER FINANCIER 2.1 Définition de l'effet de levier 2.2 Mise en évidence de l'effet de levier 2.3 Illustration pratique de l'effet de levier F. LES BILANS PREVISIONNELS QUATRIEME PARTIE: D'ENTREPRISE PAR LA METHODE

203 203 205 205 205 208 209

ANALYSE FINANCIERE

DES RATIOS .211 213 215 215 217 219 223 224 224 226 227 229

A. LA NOTION DE RATIO B. LES ETATS FINANCIERS DE BASE 1. L'ETAT DES RESULTA TS 2. LE BILAN 3. LE TABLEAU DE TRESORERIE C. LA TYPOLOGIE DES RATIOS FINANCIERS 1. LES RATIOS D'EXPLOITATION 2. LES RATIOS DE LIQUIDITE 3. LES RATIOS DE SOLVABILITE 4. LES RATIOS DE GESTION 5. LES RATIOS DE RENTABILITE CINQUIEME PARTIE: DE PROJET

EVALUA TION SOCIO-ECONOMIQUE

233 237 237 237 239 240 242 243 246 248 251 251 251 252 253 255

A. EFFETS SUR LA VALEURAJOUTEE 1. AmSTEMENT DES PRIX 1.1 Nécessité d'ajustement des prix 2.2 Règles d'ajustement des prix 2. EFFETS DU PROJET EN PHASE D'INVESTISSEMENT 3. EFFETS DU PROJET EN PHASE D'EXPLOITATION 3.1 Les effets primaires du projet... 3.2 Les effets secondaires du projet 4. RENTABILITE ECONOMIQUE DU PROJET B. EFFETS COMPLEMENTAIRES DU PROJET 1. EFFETS SUR LA BALANCE DES PAIEMENTS 2. EFFETS SUR LES FINANCES PUBLIQUES 3. EFFETS SUR L'EMPLOI 4. EFFETS QUALITATIFS DIVERS C. CONTROVERSE SUR L' ANALYSE SOCIO-ECONOMIQUE SIXIEME PARTIE: ETUDES DE CAS ETUDE DE CAS N°l: ETUDE DE CAS N°2: CAS SOTEXCO CAS SOCICO

DE PROJET

25 9 261 271

11

LISTE DES TABLEAUX

TABLEAU 1: ECHEANCIER DES INVESTISSEMENTS TABLEAU 2: FORMAT GENERAL DES COMPTES PREVISIONNELS DE RESULTAT TABLEAU 3: FORMAT ALLEGE DES COMPTES PREVISIONNELS DE RESULTAT TABLEAU 4: FORMAT OPERATIONNEL DES COMPTES PREVISIONNELS DE RESULTAT TABLEAU 5: SOLDES SIGNIFICATIFS DE GESTION TABLEAU 6: ECHEANCIER DES BESOINS EN FONDS DE ROULEMENT TABLEAU 7: ECHEANCIER DES FNL POUR LA RENTABILITE INTRINSEQUE TABLEAU 8: PLAN DE FINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS TABLEAU 9: COMPTES PREVISIONNELS DE RESULTAT AVEC FRAIS FINANCIERS TABLEAU 10: PLAN DE TRESORERIE DU PROJET TABLEAU Il: BUDGET DE TRESORERIE TABLEAU 12: FNL POUR LA RENTABILITEDES FONDS PROPRES TABLEAU 13: BILANS PREVISIONNELS TABLEAU 14: ETAT DE RESULTAT D'ENTREPRISE TABLEAU 15: BILAN D'ENTREPRISE TABLEAU 16: TABLEAU DE TRESORERIE D'ENTREPRISE TABLEAU 17: REGLES D'AmSTEMENT DES PRIX TABLEAU 18: EFFETS SUR LA BALANCE DES PAIEMENTS TABLEAU 19: EFFETS SUR LES FINANCES PUBLIQUES

59 64 65 67 84 90 91 189 195 197 199 203 209 216 217 221 240 251 252

13

LISTE DES FIGURES

FIGURE 1: REALISATION D'UNE ETUDE DE FAISABILITE FIGURE 2: EVALUATION DE LA RENTABILITEINTRINSEQUE FIGURE 3: AMORTISSEMENTS LINEAIRE ET DEGRESSIF FIGURE 4: NAISSANCE DES BFR FIGURE 5: EVALUATION DES BFR FIGURE 6: DROITE DE REGRESSION DES RENTABILITES D'UN TITRE FIGURE 7: EFFET DE DIVERSIFICATION DU PORTEFEUILLE FIGURE 8: LE TRI D'UN PROJET FIGURE 9: LES LIMITES DU TRl FIGURE 10: EQUIVALENCE ENTRE VAN ET TRl FIGURE Il: CONFLIT ENTRE VAN ET TRl FIGURE 12: LE SEUIL DE RENTABILITE FIGURE 13: LA RENTABILITE DES FONDS PROPRES FIGURE 14: L'ENCAISSEMENT DOCUMENTAIRE FIGURE 15: LE CREDIT DOCUMENTAIRE FIGURE 16: LE CREDIT FOURNISSEUR FIGURE 17: LE CREDIT ACHETEUR FIGURE 18: LES EFFETS DIRECTS D'UN PROJET FIGURE 19: LES EFFETS INDIRECTS D'UN PROJET

.4 54 77 86 89 120 122 131 134 136 137 146 154 183 185 187 188 243 244

15

ABREVIATIONS
ACP: AFD: AFNOR: BEAC: BFCE: BFR: BIRD : CAF: CAFG: CAPM: CDE: CDIEA : CEMAC : COFACE: CSP: DR: DSP: EBE: FNL: FOB: IR: ISTA: MB: MEDAF: MOA: MOE: OCDE: OHADA: ONUDI : PIN: PME: PMI: PND:

ET SIGLES

Afrique, Caraïbes et Pacifique Agence Française de Développement Association Française pour la Normalisation Banque des Etats de l'Afrique Centrale Banque Française du Commerce Extérieur Besoins en fonds de roulement Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement Coût, Assurance, Fret Capacité d'autofinancement globale Capital asset pricing model Centre de Développement de l'Entreprise Centre de Développement Industriel pour les Etats Arabes Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale Compagnie Française d'Assurance pour le Commerce Extérieur Cadre de stratégie pays Délai de récupération Document de stratégie pays Excédent brut d'exploitation Flux net de liquidité Free on board Indice de rentabilité Institut Sous-Régional Multisectoriel de Technologie Appliquée, de Planification et d'Evaluation de Projets Marge brute Modèle d'équilibre des actifs financiers Maître d'ouvrage Maître d'oeuvre Organisation de Coopération et de Développement Economique Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel Programme indicatif national Petites et moyennes entreprises Petites et moyennes industries Plan national de développement 17

PVD: RN: ROE: ROI: SA: SARL: SNC: TMR: TRI: UE: VA: VAN:

Pays en voie de développement Résultat net Return on equity Return on investment Société anonyme Société à responsabilité limitée Société en nom collectif Taux moyen de rentabilité Taux de rentabilité interne Union Européenne Valeur ajoutée Valeur actuelle nette

18

PREFACE
Le présent ouvrage semble éminemment accessible en même temps que fort réussi comme guide pratique pour évaluer les projets d'investissement productifs. Accessible parce que l'auteur vulgarise suffisamment son sujet pour rejoindre et stimuler des aspirants-évaluateurs aux scolarités et vécus bien différents. Pratique à souhait parce que la problématique en cause s'accompagne partout de définitions concrètes, de règles limpides et d'exemples chiffrés. L'ouvrage convient donc particulièrement à l'évaluateur potentiel, astreint à une formation accélérée, duquel on exigera bientôt, au sein d'une firme, d'un organisme de financement, d'un ministère, d'une collectivité, etc. , qu'il maîtrise le processus du choix en matière de projets. On imagine la valeur d'une telle formation sur tout continent, mais en particulier dans le monde en développement où les compétences locales sont cruciales pour que se diffuse, dans le peuple, la richesse dérivable des projets d'investissement. Ce qui me plaît avant tout dans ce manuel et ses six parties, c'est la clarté, la progressivité et la direction précise d'un propos partout concret. Visiblement, l'ouvrage offre à l'aspirant-évaluateur un coffre où tous les outils sont utiles pour assimiler l'essence, les phases et la problématique d'un projet (Partie I), les méthodes de son évaluation tant intrinsèque (Partie II) que relative à son financement (Partie III), la prise en compte de la santé financière de l'entreprise promotrice du projet (Partie IV), et finalement l'appréciation des effets économiques voire sociaux, relatifs à la mise en place du projet (Partie V). En bonus, l'auteur ajoute deux cas réalistes bien solutionnés (Partie V) ; cette source de comparaisons éclairantes ne pouvant qu'aider à raffermir les connaissances et la confiance d'évaluateurs juniors. Visiblement, au fil des pages, l'auteur garde le cap sur son but premier de transmettre les fondements et méthodes nécessaires au futur évaluateur. Sa réussite tient sûrement à une vaste expérience d'enseignement et à des contacts soutenus avec des praticiens. Elle tient, tout autant à un flair pédagogique naturel qui, ici, restreint le propos à l'essentiel et là, détaille la qualification, si difficile parfois, des promesses et coûts liés aux projets. En milieu nord-américain et européen où, de toute évidence, il n'existe pas un manque chronique d'évaluateurs, les formateurs universitaires adoptent en majorité, me semble-t-il, un penchant plus théorique que pratique. L'enseignement théorique lubrifie les méninges et 19

s'attache aux principes, certes, mais elle rogne sur l'exposition aux situations réalistes et, ce faisant, la confiance du futur évaluateur peut en souffrir. En insistant sur la pratique, on escamote sur divers fondements mais on gagne du temps et de la confiance. Le penchant pratique se justifie donc à mes yeux, dans le monde en développement. L'on conviendra alors qu'il faut grandement remercier Frank Olivier Meye, Directeur des Etudes et de la Recherche Appliquée à PISTA de Libreville, pour son présent apport d'une pédagogique concrète et exemplaire, à la formation de jeunes étudiants futurs évaluateurs de projets, voire à celle de praticiens en mal de connaissance ou devenus trop routiniers. Souhaitons à ce manuel la large diffusion qu'il mérite. Guy CHAREST Professeur de finance à l'Université Laval (Québec, Canada) Directeur de la revue FINECO

20

REMERCIEMENTS
Vouloir ramener les techniques de choix des projets d'investissement à un niveau accessible à tous ceux qui ne disposeraient pas forcément de prérequis nécessaires n'est pas chose aisée. En effet, compte tenu de la complexité sans cesse croissante de l'environnement économique des entreprises, du niveau de plus en plus élevé des investissements et des risques encourus, les techniques d'évaluation de la rentabilité des investissements deviennent fort complexes et réservées à une classe d'élites, car faisant de plus en plus la place à des outils mathématiques et statistiques, aux modèles de la théorie économique et aux nouveaux produits de la finance d'entreprise et de la finance de marché. De nombreux acteurs (institutions financières, cabinets de consultants, etc.) et hommes de métiers (chefs d'entreprise, industriels, etc.) restent néanmoins méfiants à ces techniques nouvelles et s'en remettent souvent à leur expérience et à leur intuition au moment de prendre des décisions et d'effectuer des choix. C'est dans ce contexte finalement pratique et pragmatique que nous voulons nous situer. Aussi estimons-nous qu'au-delà du principal intérêt qu'il y'aurait de mettre à la portée des jeunes étudiants ou de jeunes créateurs d'entreprises des notions pratiques d'évaluation et de choix des projets d'investissement, ces techniques pourraient également être utilisées efficacement par des anciens praticiens désireux de se rafraîchir la mémoire. Dans une étape ultérieure, ces jeunes analystes et évaluateurs de projet pourront alors être à même de mieux aborder les problèmes de choix des investissements et de gestion d'entreprise à l'aide d'outillages plus complexes. En somme, ce manuel a une ambition modeste, mais vise large. Je voudrais, dans cette tâche, exprimer ma profonde reconnaissance et rendre un hommage tout particulier à Guy Charest, Professeur titulaire de finance à l'Université Laval du Québec et Directeur de la Revue FINECO, qui a accepté de parrainer l'ensemble de ce travail. Ses critiques, remarques et conseils, ainsi que sa patience m'ont permis de tenir jusqu'au bout car le risque était grand de tomber dans le piège de vouloir «vulgariser à outrance» des techniques qui s'y prêtent de plus en plus difficilement. Mes remerciements s'adressent également aux Professeurs Hervé Ndoume et Gabriel Zomo Yebe de l'Institut National des Sciences de Gestion de l'Université Omar Bongo de Libreville qui, par une lecture particulièrement attentive et suivie du manuscrit, nous ont apporté des observations très pertinentes et des suggestions fort appropriées. 21

J'exprime aussi toute ma reconnaissance à l'endroit de Roy Toffoli, Sedzro Komlan, Lassana Maguiragua, Hélène Sicotte et Maher Kooli, tous Professeurs à l'Ecole des Sciences de Gestion de l'Université du Québec à Montréal, pour leurs contributions et leurs encouragements tout au long de la réalisation de ce projet. Je m'en voudrais de ne pas exprimer toute ma gratitude à Georges Ganongo, Thiam Samba Laobé, Mattey Mbow, Francis Cantérini, Byll Arhini, Hervé Pascal Ndongo et Merdan Ngattaï-Lam qui, à travers leurs postes de responsabilité à l'ISTA à un moment et à un autre, m'ont fait acquérir des expériences fort utiles et enrichissantes durant mes activités professionnelles à l'1STA. Enfin, que Mmes Marguerite Taty Igoué et Virginie Gonossa qui ont assuré durant leurs heures libres la dactylographie du manuscrit, trouvent ici l'expression de mes sincères remerciements. Frank Olivier Meye

22

INTRODUCTION
Dans un de ses rapports annuels, la Banque mondiale notait déjà que "Dans nombre de pays sous-développés, il y a encore trop peu de projets prioritaires bien conçus et bien préparés qui puissent être financés. Cette pénurie est grave; il n'y a guère d'utilité à établir des plans généraux et à fournir des capitaux, tant que les pays bénéficiaires ne peuvent rassembler et concentrer, sur les projets de grande valeur économique, des techniques correctes, des administrateurs compétents et une main d'œuvre où se trouvent représentées toutes les spécialités requises". Vous en conviendrez que ce constat, effectué dans le rapport annuel 1963/1964 de la Banque, reste actuel, encore aujourd'hui. En effet, aujourd'hui comme hier, les pays en développement, faute de compétences humaines et de volonté politique, éprouvent des difficultés pour identifier et exécuter les meilleurs projets devant leur permettre d'atteindre efficacement les objectifs assignés à leur développement. Les décisions en matière de choix d'investissement demeurent donc au cœur du processus de développement. Compte tenu de la réalité économique et technique des pays en développement, l'approche présentée dans le manuel reste pratique. Nous sommes en effet persuadé que mieux vaut exploiter une approche d'évaluation simple et approximative mais opérationnelle, que de proposer des méthodes certes élégantes et raffinées, mais complexes et difficilement applicables. A la différence des guides pratiques de référence déjà mis au point par de nombreuses institutions internationales et différents auteurs sur l'analyse et l'évaluation des projets, l'ambition de ce manuel se situe à un niveau plus modeste mais vise large, à savoir tous ceux qui, sans prérequis notables, veulent s'initier à une démarche pratique d'analyse des projets d'investissement. Il s'agit notamment des étudiants en gestion, des promoteurs de PME/PMI, des chargés d'études dans les ONG et organismes d'appui de l'entrepreneurship, les femmes chefs d'entreprise, etc. Ainsi, la première partie sera réservée à la présentation du cadre général d'évaluation d'un projet d'investissement. Avec la deuxième partie, nous entamerons l'évaluation proprement

dite de projet avec notamment l'évaluation de la rentabilité globale. Celle-ci
sera en effet évaluée sans se soucier de la manière dont le projet sera 23

financé, c'est-à-dire sans effectuer une distinction entre les financements apportés par les promoteurs du projet (les actionnaires) et ceux apportés par les bailleurs de fonds. On parlera de rentabilité intrinsèque de projet. Au niveau de la troisième partie, nous prendrons cette fois-ci en compte les conditions de financement du projet en vue d'évaluer la rentabilité pour les ultimes propriétaires du projet, à savoir les actionnaires. On parlera alors de rentabilité des fonds propres. La quatrième partie sera consacrée à l'analyse financière d'entreprise par la méthode des ratios. Cette partie de la démarche complète les deux parties précédentes. En effet, dans le cadre des demandes de financement des projets d'investissement soumises par les entreprises, et au-delà de la viabilité financière de l'investissement lui-même, les organismes de financement vont s'intéresser également à l'état de santé financière de l'entreprise promotrice du projet. Dans la cinquième partie, nous élargirons l'évaluation financière de projet en prenant en compte les intérêts de toute la collectivité dans laquelle doit s'insérer le projet. En effet, pour saisir l'intérêt global d'un projet, il importe d'aller au-delà de l'analyse du projet du point de vue du promoteur, et évaluer également les effets du projet pour les autres parties prenantes. Pour illustrer le produit d'une telle démarche d'ensemble, nous présenterons quelques cas solutionnés dans le cadre de la sixième partie.

24

PREMIERE

PARTIE:

LE CADRE GENERAL D'EVALUATION D'UN PROJET

L'évaluation d'un projet s'intègre dans un vaste ensemble de travaux pouvant se situer tant au niveau de la préparation et de la conception du projet, qu'au niveau de la réalisation du projet et de son fonctionnement. Il importe donc, pour un meilleur positionnement, de présenter les contours du concept général de projet et de situer la phase d'étude visée par le présent manuel par rapport aux autres phases du cycle de vie de projet.

A. LE CONCEPT DE PROJET
La notion de projet reste une notion globalisante car elle évoque un vaste champ de situations très variées; d'où la nécessité de bien caractériser et circonscrire dès le départ le type de projet auquel s'applique la méthodologie d'évaluation proposée dans le manuel.
1. DEFINITION D'UN PROJET

Les définitions varient selon les auteurs. Ci-dessous deux définitions qui ont l'avantage de se compléter et de couvrir ensemble les caractéristiques d'un projet généralement admises par les autres définitions. ~ Selon l'Organisation Mondiale de Normalisation (ISO)1 dont la définition a été reprise par l'Association Française de Normalisation (AFNOR)2 : « Un projet est un processus unique qui consiste en un ensemble d'activités coordonnées et maîtrisées, comportant des dates de début et de fin, entrepris dans le but d'atteindre un objectif conforme à des exigences spécifiques, incluant des contraintes de délais, de coûts et de ressources ». Selon l'Association Francophone de Management de Projet (AFITEP) : «Un projet est un ensemble d'actions à réaliser pour atteindre un objectif défini, dans le cadre d'une mission précise, et pour la réalisation desquelles on a identifié non seulement un début, mais aussi une fin ». Ces définitions mettent en relief trois caractéristiques d'un projet: un projet est un ensemble d'activités envisagées dans le futur et visant un objectif;

~

1 Norme ISO 10006 (version 2003) 2 Norme X50-105
27

-

un projet comporte un coût car il nécessite la mobilisation de
ressources; un projet se réalise avec contrainte de limitation de temps.

-

Les définitions ci-dessus restent globalisantes et recouvrent une multiplicité de types de projets, à savoir: ~ les projets d'investissement, à savoir ceux qui visent une rentabilité (projets industriels, projets commerciaux, etc.) ;

~ les projets de société, à savoir ceux destinés à améliorer le cadre de vie des populations (santé, éducation, transport, urbanisme, autre service public) et ceux qui visent d'autres valeurs collectives de référence (projet humanitaire, projet politique, projet scientifique, etc.) ; ~ les projets individuels qu'on pourrait qualifier de projets « existentiels », à savoir les projets visant l'accomplissement de certains besoins personnels (projet de mariage, projet de vacance, projet professionnels, etc.). Dans le présent manuel, nous nous plaçons essentiellement dans le cadre des projets d'investissement. 2. LA NOTION DE PROJET D'INVESTISSEMENT Nous voyons un investissement (productif) comme une immobilisation de capitaux sous forme de moyens divers de production (terrains, bâtiments, équipements, etc.) dans l'espoir d'en tirer sur une période plus ou moins longue, des avantages financiers à travers la production de biens et/ou de services dans la collectivité. En référence à cette définition, il s'avère que tout projet d'investissement productif se caractérise par la présence de cinq paramètres fondamentaux. Les dépenses d'investissement: elles sont relatives à la mise en place de l'outil de production et sont généralement concentrées dans le temps (achat de terrain, réalisation des constructions, achat d'équipements, etc.).

28

-

Les dépenses d'exploitation: elles sont relatives aux dépenses de
fonctionnement de l'entreprise et sont étalées dans le temps (achat de matières premières, paiement de services extérieurs, paiement du personnel, etc.).

-

Les recettes d'exploitation: elles sont fondées sur les prévisions du
volume des ventes (évolution du marché, évolution de la part du marché) et sur les prévisions du prix de vente (coût de production, influence de la concurrence, politique des pouvoirs publics).

-

Le facteur temps: compte tenu de l'immobilisation plus ou moins longue des fonds investis, le facteur temps reste déterminant dans l'évaluation de la rentabilité d'un projet, la valeur de 1 franc aujourd'hui étant différente de la valeur de 1 franc dans un an.

-

Le facteur risque: la notion de risque est inhérente à tout projet
d'investissement productif car le gain attendu, à savoir le surplus des rentrées sur les sorties de trésorerie est tout simplement espéré et n'est pas certain; en effet, toute projection dans le temps est soumise à l'incertitude.

3. CLASSIFICATION DES PROJETS
Les projets d'investissement peuvent être classifiés selon différents critères. Nous adopterons ici trois critères de classification:
-

la nature de l'investissement,
l'objet de l'investissement,

-

le niveau de dépendance du projet avec d'autres projets. 3.1 Classification selon la nature de l'investissement

Nous distinguerons les investissements sur biens et services et les investissements financiers. a) Les investissements sur biens et services Les projets d'investissement multiples secteurs d'activité. sur biens et services recouvrent de

29