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Impasse de l'école

De
149 pages
Élèves ignares et réfractaires, maîtres désabusés, administration impuissante, résultats en berne : quand il s'agit de décrier l'école, les poncifs prolifèrent... On ne peut nier que l'institution scolaire ne remplit plus guère son double devoir d'efficacité et d'équité. Mais plutôt que de céder au défaitisme, cet essai s'applique à en décrypter les causes profondes. Il faut rendre l'école à sa mission première, ainsi qu'aux valeurs qui ont fait d'elle la fille de la République. Il faut re-scolariser l'école pour la sortir de l'impasse.
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IMPASSE DE L’ÉCOLE Rélexions sur une institution en panne
Questions contemporaines
Impasse de l’école
Questions contemporaines Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland et Jean-Paul Chagnollaud Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions Cyril BOISNIER,Les sociétés foncières entre finance et ville durable, 2015. Michel MANAVELLA,L’individu : raison d’être de l’humanité, Pour un anarchisme humaniste,2015. Steve GADET,Dieu et la race aux Etats-Unis : Le pouvoir politique de l’Eglise Noire, 2015. Louise FINES,Le jeu de la collusion, Entre sphères légales et réseaux illégaux, 2015. Jean PETIT,La bataille de Notre-Dame-des-Landes, éléments de langage, 2015. Thierry CHARLES,Les nouvelles perspectives de la souveraineté, 2015. Jean-Christophe TORRES,L’école et les valeurs, Variations sur la difficulté éducative,2015. Emilija PUNDZIŪTĖ,Diplomatie de l’arrogance. Le cas de la Russie dans les pays baltes, 2015. Nicole PERUISSET-FACHE, La bourse ou la vie. Réflexions sur les valeurs contemporaines, 2015. Jean-Marc DA SILVA,Libéralisme et totalitarisme,2015. Alain MESSAGER,Le sabre et la poussière, Essais sur le postmodernisme et la guerre,2015.
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Alain Dulot
Impasse de l’école
Réflexions sur une institution en panne
Du même auteur aux éditions L’Harmattan
L’économie entre savoir et illusion, essai, 2011 Ce que penser veut dire, essai, 2014
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06580-9 EAN : 9782343065809
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Avant-propos
On parle beaucoup de l’école, rarement en termes favorables. En 2012, après l’élection de François Hollande, c’était pour dire qu’elle allait si mal qu’il était urgent de la « refonder » ; l’année suivante, pour s’émouvoir que la France, dans un classement international, soit passée en trois ans de la vingt-deuxième à la vingt-cinquième place… À chaque rentrée, les étals des libraires ploient sous les ouvrages qui lui sont consacrés. Sans parler des multiples rapports et études commis par des « experts » de toute nature et de tout acabit. Sans parler non plus des reportages, des émissions spéciales, des films presque toujours assurés de rencontrer (1) le succès . Ainsi rien de nouveau ne paraît pouvoir surgir sous le soleil éducatif. Pourtant, en dépit d’une imposante littérature, tout n’a pas déjà été dit, ou plutôt tout n’a pas étébiendit. Si copieusement traité, le sujet ne l’a été que de façon partielle. Il n’est jamais envisagé que sous un angle restreint. Sous celui, par exemple, de la violence à l’école ou des sorties dites « sans qualification » (en réalité sans diplôme). Ou encore celui de la seule question des rythmes scolaires qui, lors de la dernière grande
(1) Cf.Être et avoir,Entre les murs
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concertation, a monopolisé l’attention quand les grands enjeux de l’éducation se situaient essentiellement ailleurs. Plus encore peut-être qu’il n’est appréhendé de façon partielle, le sujet l’est de façonpartiale, dans une optique subjective qui trahit davantage des convictions ou des engagements que de libres considérations. La plupart du temps, on traite de l’école avec trop de passion et pas assez de rationalité. On critique les maîtres, accusés d’être de piètres pédagogues, ou bien les méthodes – syllabique ou globale pour l’apprentissage de la lecture, « modernes » ou traditionnelles pour celui des mathématiques. Comme tout sujet polémique, la question scolaire a même pu donner lieu à des positions antagonistes entre les tenants (1) de la montée du niveau et ceux qui au contraire fustigent avec une sorte de hargne, comme s’il y avait lieu de s’en réjouir, le déclin de notre école au cours des dernières (2) décennies . Au-delà des effervescences médiatiques, au-delà même des problématiques éphémères, il existe bel et bien un problème de l’école, un problème central, structurel : il est que plus de 10 % des élèves arrivent en classe de sixième sans maîtriser la lecture, l’écriture ou le calcul. Il est que notre école est devenue une machine à générer de l’échec. Une machine aussi à reproduire, sinon produire, de l’inégalité. En ce temps où règnent la loi de l’argent et son corollaire, un ultralibéralisme qui fait du savoir une marchandise parmi d’autres, ce temps où la liberté est trop souvent celle de l’arbitraire, du favoritisme, des « fils de » contre les fils de personne, qui croit encore en l’école de la République ? En même temps que d’éducation, il sera (1)  Cf. Christian Baudelot et Roger Establet,Le niveau monte, Le Seuil, 1989. (2)  Cf. Jean-Paul Brighelli,La fabrique du crétin, éd. Jean-Claude Gawsewitch, 2005.
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donc aussi question de démocratie. L’enjeu sera de savoir comment, grâce à l’institution scolaire, peut émerger une société offrant à chacun de ses enfants le droit formel – et plus encore la possibilité réelle – de faire de lui-même ce qu’il entend être. Par rapport à bien d’autres ouvrages, le point de vue adopté ici sera plus modeste et plus ambitieux à la fois. Plus modeste, parce que l’intention n’est pas de définir à l’usage d’un hypothétique réformateur un modèle à appliquer. Plus ambitieux aussi parce qu’il privilégie une vision globale soucieuse de proposer au lecteur une triple approche : « philosophique », attachée à réfléchir aux fondements, aux objectifs, au sens et à l’essence de la question éducative ; (1) , mais quifactuelle, basée sur des constats s’efforcera de dégager de ces constats la signification dont ils sont porteurs ; prospective enfin, dans un souci de proposer, avec toute la clarté qu’exige l’enjeu, des principes et des perspectives pour l’action.
(1)  Dans un domaine aussi mouvant que le champ éducatif, la plupart des données chiffrées peuvent prêter à discussion dans leur mode de production comme dans leur fiabilité mathématique. Elles doivent donc être prises avec la prudence qui s’impose. Les chiffres qui seront évoqués ici sont principalement issus des documents de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) et de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère :Repères et références statistiques,État de l’école,État de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ils portent pour la plupart d’entre eux sur les années 2011-2012 ou 2012-2013, tout en intégrant naturellement des données plus anciennes ou plus récentes.
Première partie
Plaidoyer pour l’école