L'ACCOMPAGNEMENT EN ÉDUCATION ET FORMATION

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Le propos de cet ouvrage est d'analyser le processus d'accompagnement : dans quelles situations un accompagnement est-il pertinent ? Que fait-on exactement quand on accompagne quelqu'un ? En quoi l'accompagnement diffère-t-il d'autres postures éducatives ? Quel principe éthique peut servir de repère aux accompagnateurs. Peut-on se former à l'accompagnement ?
Publié le : lundi 1 janvier 2001
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EAN13 : 9782296173439
Nombre de pages : 208
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L'accompagnement
en éducation et formation

Collection Défi-Formation dirigée par Guy Le Bouedec et Jean-Yves Bodin
Cette collection vise trois objectifs majeurs: - Prendre appui sur des pratiques de formation. Celles-ci sont situées, décrites et analysées. Puis une théorisation en est proposée, à la fois par une approche interne et par une approche externe. - Valoriser l'interaction formation-pratiques sociales. - Dans cette perspective, proposer des contributions au développement de la problématique et de la méthodologie de la formation-actionrecherche. Dernières parutions

Huguette CAGLAR (sous la direction), Etre enseignant. Un métier impossible ?, 1999. Yannick CHATELAIN, Thierry GRANGE, Loïck ROCHE, Travailler en groupe avec les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication, 1999. Dominique BIENAIMÉ et Odile PAVIET-SALOMON, Ingénierie et qualité dans lesformations d'insertion, 1999. Jean BIARNÈS, Universalité, diversité, sujet dans l'espace pédagogique, 1999 Jean FAVRY, Mythologie d'entreprise etformation, 1999. Michel VIAL, Organiser la formation: le pari sur l'auto-évaluation, 2000. Claude Henri VALLOTTON, Le sens spirituel de la formation en église,2000. Dominique GOURDON-MONFRAIS, Des adultes en formation: en quête de quelle reconnaissance?, 2000.

Guy Le BOUËDEC et Arnaud du CREST, Luc PASQUIER, Robert STAHL

L'accompagnement en éducation et formation Un projet impossible?

Postface d'Alexandre LHOTELLIER

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y 1K9

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

~L'Hannattan,2001 ISBN: 2-7475-0332-1

LES AUTEURS
Du CREST Arnaud: Ingénieur agronome, Directeur du Centre d'Animation et de Ressources pour l'Information sur la Formation et de l'Observatoire Régional de l'Emploi et de la Formation des Pays-de-Ia Loire; membre du groupe Missile* . LE BOUËDEC Guy: l'éducation, Université formateur et consultant. LHOTELLIER formateur. Professeur émérite de Sciences de Catholique de l'Ouest, Angers

Alexandre:

Universitaire,

consultant

et

PASQUIER Luc: Sociologue, Vice-Recteur de l'Université Catholique de l'Ouest, Angers; membre du groupe Missile. STAHL Robert: Ingénieur; directeur de l'IST Vendée, école d'ingénieurs par la formation continue et par l'apprentissage (groupe ICAM) ; membre du groupe Missile.

* Missile est un groupe de professionnels de la formation qui se réunit mensuellement dans les Pays-de-Ia Loire, et qui a travaillé durant deux ans sur la notion d'accompagnement.

FLASHES PRÉLIMINAIRES
Et toujours quelque crainte accompagne l'amour. (Racine, Britanicus, V, 3) Capitaine renard allait de compagnie Avec son ami bouc des plus haut encornés; Celui-ci ne voyait pas plus loin que son nez, L'autre était passé maître en fait de tromperie. La Fontaine, Livre III

Demander un accompagnement, c'est accepter de faire entrer ma sincérité dans un travail de vérité. Domaine de la délicatesse où la parole livrée est reçue, où un sens esquissé se trouve confirmé, où un accord se fait sur une réalité qui dépasse l'accompagnant et l'accompagné. Annie WELLENS, L'ordinaire des jours DDB, 1997 Ce même jour, deux d'entre eux faisaient route vers un village du nom d'Emmaüs. . . Jésus en personne s'approche et fit route avec eux ... «Notre cœur n'était-il pas tout brûlant audedans de nous quand il nous parlait en chemin? » ... Luc 24 ; 13, 15, 22

SOMMAIRE

INTRODUCTION: Quand la vérité et le bonheur sont
l'horizon, l'accompagnement est le chemin (G. Le Bouëdec et L. Pasquier) Il

PREMIÈRE PARTIE: LES USAGES TRADITIONNELS DE LA NOTION D' ACCOMPAGNEMENT (G. Le Bouëdec) Introduction: Les éclairages de l'étymologie et des usages anciens Chapitre I : Chapitre II: L'accompagnement spiritueL L'accompagnement en éducation

23 25 35

DE~MEPARTIE:ÉMERGENCESRÉCENTES
DE L' ACCOMPAGNEMENT Chapitre I : L'accompagnement des mourants (G. Le Bouëdec)

45

Chapitre II:

L'accompagnement dans le champ du social: l'éducation spécialisée (L. Pasquier) 51

Chapitre III: L'accompagnement dans le domaine de l'économie et plus spécialement de la création d'entreprise (L. Pasquier) Chapitre IV: L'accompagnement en formation et en insertion (A. du Crest)

57 71

TROISIÈME PARTIE: UN EXEMPLE DE FORMATION À L' ACCOMPAGNEMENT EN FORMATION (R. StaW) 97

QUATRIÈME PARTIE: UNE POSTURE SPÉCIFIQUE. VERS UNE DÉFINITION OPÉRATOIRE (G. Le Bouëdec) Introduction Chapitre I : Chapitre II: Les situations qui appellent l' accompagnement. .. . . . . . .. . . . . . .. . . . . . . . . .. . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 131

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Les fonctions remplies dans l' accompagnement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 141

Chapitre III: La dimension institutionnelle de tout
accompagnement. . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. .. 159

Chapitre IV: Pour une éthique de l'accompagnement en éducation et formation

165

8

POSTFACE:
(A. L ho te IIi er)

Note conjointe sur l'accompagnement
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 183

OUVRAGES CITÉS

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INTRODUCTION

Quand la vérité et le bonheur sont l'horizon, l'accompagnement est le chemin

Guy LE BOUËDEC Luc PASQUIER

Sous nos yeux, la demande d'accompagnement! monte de partout, qu'il s'agisse du travail social (insertion), des placements judiciaires, de la formation des jeunes et des adultes (pratiques d'autoformation, de reconnaissance des acquis, stages, premiers pas professionnels), du travail éducatif spécialisé (exclusion) ou soignant (accompagnement des mourants), du monde économique (création d'entreprise). On n'en finit pas de noter que dans tous les milieux et en tout domaine il n'est ques1 S'agit-il bien d'ailleurs toujours de demande d'accompagnement ou, de manière plus inattendue, de proposition d'accompagnement? Qui a besoin de quoi? cf. PASQUIER, « L'accompagnement en formation », ETUDES, tome 393, n° 3, septembre 2000.

tion que d'accompagner et non plus de guider, d'encadrer, d'éduquer, de conseiller, d'insérer ou d'évaluer; à remarquer même que la traditionnelle direction spirituelle ou direction de conscience a fait place à l'accompagnement spirituel. Cette extension se fait sans débat particulier, comme si la chose était simple et évidente: qu'y aurait-il à chercher ou à soupçonner quand on a dit qu'on accompagne? D'un point de vue historique, la prolifération de la notion s'est faite en plusieurs temps et, semble-t-il, sous l'action de plusieurs fractures. Il y a d'abord eu les lames de fond qui, vers les années 1950-70, ont achevé de balayer les repères traditionnels sociaux et culturels: on est passé d'une organisation sociale pilotée par ce qu'on a appelé les « grands intégrateurs» qu'étaient la famille, l'école, la religion, à des mécanismes nouveaux de régulation qui n'en finissent pas de se chercher. Puis, vers les années 1975, avec le premier choc pétrolier qui a marqué la fin des «trente glorieuses », l'intégrateur travail a lui aussi cessé de fonctionner, et on a vu se multiplier: chômage, exclusions, difficultés d'insertion. Enfin, la chute du mur de Berlin (1989) a été l'événement qui a signifié symboliquement l'écroulement des idéologies qui niaient l'individu au profit du collectif, et auxquelles vont se substituer les manifestations les plus diverses d'une idéologie libérale prônant l'individualisme. Comme on l'a déjà laissé entendre, la mutation des intégrateurs traditionnels s'accompagne d'une crise de l'autorité, aussi bien dans la famille et dans l'éducation scolaire que dans les rapports de travail ou les comportements de citoyen: il ne peut plus être question d'exercer l'autorité comme on le faisait encore

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à l'issue de la seconde guerre mondiale. Crise de l'autorité qui renvoie à une mutation anthropologique: la confiance en la raison et le culte de l'autonomie de chaque personne interdisent désormais d'adopter une posture où il était légitime de dicter à l'autre ce qu'il devait penser ou faire. Que l'on approuve ces mutations ou qu'on les déplore, il reste que la socialisation ne peut plus se dérouler comme autrefois. Là où les institutions prescrivaient aux individus leurs devoirs et le sens de leurs pratiques, les personnes, aujourd'hui, et pas seulement les jeunes, sont confrontées au défi de devoir choisir et déterminer pour elles-mêmes les valeurs qu'elles entendent servir et le type d'homme et d'intégration sociale qu'elles veulent réaliser. Cette perspective pourrait être exaltante pour l'autonomie: en fait, elle est extrêmement éprouvante, voire souvent désespérante, tant l'incertitude est grande, les voies diverses et contradictoires, le discernement difficile. Donc, beaucoup auraient besoin d'être accompagnés, aujourd'hui plus qu'hier, dans l'insécurité, le doute, l'absence d'horizon, en vue de pouvoir se donner des perspectives et des repères, de s'assurer de ce qui est crédible ou non, bref, de ce qui est « normal ». Cela expliquerait cette soif de chaleur affective qu'on observe, ce désir de parler de soi, de ses rêves, de ses galères (cf. la vogue du récit de vie en formation2). C'est sans doute aussi dans ce contexte qu'il faut comprendre le besoin de débat, la recherche de sens, pour sortir des consensus mous ou superficiels qui ne suffisent pas pour affronter les avatars du destin.
2 G. PINEAU (ed), Accompagnements et histoire de vie, Paris, L'Harmattan, 1998. 13

Toutefois, la généralisation de la quête d'accompagnement n'aurait pas été aisée si n'avait pas été disponible un cadre méthodologique et technique pour le réaliser. Ce cadre est fourni par les sciences humaines, et notamment par la psychanalyse et la psychologie clinique (C. Rogers). La psychanalyse a mis le faisceau sur l'importance du désir qu'il s'agit de laisser émerger, puis d'interpréter; parallèlement un soupçon très fort a été jeté sur la prétention de maîtrise de la conscience. L'écoute a été valorisée: on a appris à se taire pour laisser advenir la parole de l'autre. Ces notions et ces attitudes ont diffusé dans la société, même si c'est parfois au prix d'un affadissement conceptuel: l'école, la littérature, le cinéma, les médias y ont largement contribué3. C. Rogers a mis l'accent sur la conviction anthropologique que tout homme possède les ressources pour se développer, le rôle du thérapeute ou de l'éducateur étant de l'écouter de manière empathique, de l'aider à élucider par des reformulations, et ce dans un climat d'acceptation inconditionnelle4. La plupart des accompagnateurs se réfèrent aujourd'hui, parfois sans s'en rendre compte, à des concepts ou à des techniques issues de ces sciences humaines. Est-ce à dire que l'accompagnement serait assimilable à l'analyse ou à la thérapie? Cette question ne résiste pas longtemps à la réflexion: l'analyse, qui est un travail sur l'inconscient, est à elle-même sa propre fin ; la thérapie vise explicitement à faire disparaître une souffrance
3 cf. S. MOSCOVICI, La psychanalyse, son image et son public, Paris, PUF, 1976. 4 cf. C. ROGERS, Le développement de la personne, Paris, Dunod, 1967. 14

psychique qui paralyse actuellement l'univers affectif. On pressent que l'accompagnement a d'autres finalités, notamment éducatives ; on y reviendra. La notion d'accompagnement fait partie de ces notions qui apparaissent ou se généralisent à une époque donnée de l'histoire et qui s'imposent davantage sur le mode intuitif que raisonné dans les champs les plus divers, comme on l'a relevé au début de ces lignes. Dès lors, le propos de cet ouvrage est de décortiquer l'accompagnement comme processus5 : dans quelles situations un accompagnement est-il pertinent? Que fait-on exactement lorsqu'on accompagne quelqu'un? En quoi l'accompagnement diffère-t-il d'autres postures6 éducatives plus traditionnelles? etc. La réponse à ces questions permettra de donner une défInition opératoire de l'accompagnement et de décider si l'accompagnement est une de ces modes passagères ou, au contraire, s'il se répand comme réponse à des besoins nouveaux. Pour procéder à ces clarifications, on conviendra qu'il est utile de les appuyer sur les principales pratiques qui se désignent elles-mêmes du terme d'accompagnement. Certaines de ces pratiques sont anciennes et, pourrait-on dire, constituent le référent des pratiques plus récentes: c'est le cas de l'accompagnement spirituel, notamment. Ce livre ne prétend pas brosser un pano5 C'est dire que bien des aspects ne sont pas abordés ici; par exemple, il ne sera guère question de la dynamique de l'accompagnement (ce qui se passe dans l'interlocution), ni des démarches et méthodes d'accompagnement, ni de la dimension politique de l'accompagnement... 6 Une posture est, proprement, une position du corps. Ce terme sera souvent employé dans ce livre pour désigner de manière métaphorique un ensemble de rôles éducatifs ainsi que les attitudes psychologiques qui les sous-tendent; rôles et attitudes spécifient une posture donnée; ainsi, quand j'enseigne, je n'ai pas la même posture que quand j'anime. 15

rama exhaustif des pratiques anciennes ni des émergences récentes 7. Mais le lecteur pourra se rendre compte combien l'accompagnement est rarement une posture qu'on trouve à l'état pur : c'est le plus souvent au travers et à l'occasion d'autres postures que le moment de l'accompagnement peut se déployer, à condition de pouvoir bien repérer les situations qui appellent l'accompagnement et les rôles que remplit un accompagnateur. On prend alors la mesure, considérable, de la grandeur de cette posture qui est essentiellement éthique parce qu'elle concerne le devenir de l'autre. On verra que l'accompagnement ne supporte pas n'importe quel principe éthique. L'analyse de la spécificité de cette posture fera peut-être comprendre pourquoi le sous-titre de ce livre porte l'interrogation sur la légitimité de son extension sémantique et sociale. Mais il ne s'agit pas tant de vouloir changer les usages linguistiques que d'inviter à la prudence et à de nécessaires distinctions et précautions. La complexité et la richesse du projet d'accompagner incitent activement à se poser la question de savoir si une formation à l'accompagnement est possible, et si oui laquelle. Disons-le d'emblée, l'accompagnement est un art, pas une science: on l'apprend par la pratique, par ajustements successifs. C'est aussi, sans doute, un don ou un charisme, et non pas d'abord le fruit d'un effort personnel. Art et charisme, l'accompagnement ne peut donc s'enseigner, même si on doit en préciser
7 Par exemple, il ne sera guère question d'une pratique ancienne comme le compagnonnage (cf. F. ICHER, Dictionnaire du compagnonnage, Le Mans, édit. du Borrégo, 1992), ni de pratiques plus récentes comme le coaching ou le mentoring (cf. Ph. CRUELLAS, Coaching, un nouveau style de management, Paris, ESF, 1993 ; Ch. BENABOU, Mentors et protégés dans l'entreprise; vers une gestion de la relation, GESTION, 1995, vol. 20, n° 4, 18-24). 16

les contours, définir les rôles à remplir et les qualités requises, tout comme on doit décliner les compétences générales (connaissances, savoir-faire et savoir-être) qui sont le terreau sur lequel va fructifier le charisme et s'affiner la pratique. Si ces réflexions sont justes, et notamment la dimension éthique de l'accompagnement et la définition de celui-ci, comme art et comme charisme, cela constitue un plaidoyer en faveur du caractère institutionnel de tout accompagnement: on n'accompagne jamais en son nom propre, mais toujours au nom d'une institution (religieuse, éducative, soignante, pénitentiaire, économique.. .). Ce mandat institutionnel est un garant contre les tentations prométhéennes de tous les gourous, car accompagner quelqu'un c'est tabler sur le développement de la personne, c'est répondre à une exigence éthique de solidarité dans l'effort d'humanisation; en aucun cas cela ne saurait se monnayer ni être une source de pouvoir ou de glorification personnelle. Posture discrète et de service, dirons-nous, et qui requiert la médiation de la société. Ce livre est le fruit d'un travail d'élaboration et de confrontations entre praticiens de la formation et universitaires, plusieurs ayant la double appartenance. Ils se sont rencontrés à diverses reprises; de plus chacun a lu les contributions des autres en suggérant modifications et compléments. Les auteurs espèrent que tous ceux qui pensent remplir une fonction d'accompagnement (éducateurs et rééducateurs, formateurs et pédagogues, soignants et développeurs, etc.) trouveront dans ces pages des éléments pour clarifier les rôles qu'ils rem-

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plissent8, les inciter à remplir d'autres rôles qu'ils répugneraient spontanément à assumer et qui pourtant sont attachés à leur statut, et, pourquoi pas, pour confmner leur engagement au service d'un développement solidaire des personnes quand telle est l'attente et la demande de celles-ci. *** Remarques 1- On observe dans la littérature spécialisée comme une hésitation entre «accompagnateur» et «accompagnant » pour désigner la personne qui remplit cette fonction, quoique ni le Littré, ni le Grand Larousse Encyclopédique ne comportent le substantif «accompagnant ». C'est la raison pour laquelle, on n'a pas tranché: on trouvera donc les deux appellations, même si dans l'ensemble on a préféré le terme « accompagnateur ». 2- Le sens du processus d'accompagnement n'est sans doute pas très éloigné de celui de l'expression « tenir conseil ». Toutefois, le terme « conseiller» n'a pas pris en français le sens qu'il a dans le monde anglo-saxon avec les termes «counselling », ou «counsellors »9, et une
8 Le refus de clarifier les rôles remplis s'exprime très précisément par le terme d' « imposture », dont l'une des acceptions est: « attitude de celui qui se fait passer pour ce qu'il n'est pas» ; cf. Trésor de la langue française, Paris, édit. du CNRS, vol. 9, 1981. D'après ce dictionnaire, les termes « posture» et « imposture» semblent avoir la même racine latine: ponere, imponere : poser, placer. L'un des sens de imponere est: donner le change, abuser. cf. F. GAFFIOT : Dictionnaire Latin Français, Paris, Hachette, 1934. 9 cf. notamment, A. LHOTELLIER, « L'acte de tenir conseil », in L'orientation scolaire et professionnelle, 2000, 29, n° 1, 27-50. 18

analyse comparative plus poussée permettrait de repérer des lignes de démarcation entre les deux processus comme, par exemple, l'importance de la durée (le cheminement), le type de professionnalité (et en conséquence, le rapport à l'argent et au contrôle social), le principe éthique de référence (cf. IVe partie, chapitre 4). On peut considérer que le « tenir conseil» est, comme on le verra à propos du discernement, un moment de l' accompagnement, du moins dans certaines situations.

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