//img.uscri.be/pth/574c26836eff83a9c58123b1b6a957e763b72eb7
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

L'exigence de qualité dans nos universités

De
98 pages
Dans ce contexte de mondialisation dans lequel les universités africaines sont embarquées, celles-ci sont à la recherche de l'excellence par la qualité des structures et des enseignements. Ce sont de nouveaux défis que le système LMD essaie de relever.
Voir plus Voir moins
LA PALABRE n°1 2016
L’EXIGENCE DE QUALITÉ DANS NOS UNIVERSITÉS
L’EXIGENCE DE QUALITÉ DANS NOS UNIVERSITÉS
LA PAL20ABRE N°1 16
L’EXIGENCE DEQUALITE DANS NOSUNIVERSITES L’Harmattan
LA PALABRE n°1L’EXIGENCE DE QUALITE DANS NOS UNIVERSITES L’Harmattan
© L'Harmattan, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN :978-2-343-10332-7EAN :9782343103327
LA PALABRE
 La palabre est un espace d’écriture que nous offrons à tous les chercheurs de nos universités, sans exception et sans discrimination. Nous avons, en tant que chercheur, souffert, de ne pas trouver d’espace où publier, parce que souvent les revues existantes avaient déjà programmé des thèmes qui n’étaient pas dans le champ de nos préoccupations, ou bien nous avons subi des frustrations bien humaines, liées à l’instruction où parfois la lenteur le dispute à la méchanceté. Ainsi des articles n’ont pas pu être publiés dans le temps. Aussi nous nous sommes aperçus très vite que publier dans toute université est une lutte(eris).
 En effet, la palabre se veut éristique. En cela elle désigne la sophistique comme ensemble des moyens de triompher de tout argument. Pas nécessairement au sens péjoratif, la palabre au sens héraclitéen est auréolée d’une valorisation positive. Comme Platon, nous désirerions que tous ceux qui publieront dans cette revue, s’initient aux arts du combat d’abord. Ensuite, qu’ils ne nient pas l’intérêt à ces procédés généraux d’argumentation. Nous nous sommes aperçus ensuite que publier dans toute université est une heuristique.
 La palabre, de ce point de vue, est la revue de tous les chercheurs. Dans l’interdisciplinarité, ils se rencontreront, trouveront par hasard, trouveront en cherchant, et découvriront. La palabre suivra ainsi la méthode de recherche qui pose une hypothèse, sans se soucier de sa vérité ou de sa fausseté, en vue de donner une direction à la recherche. L’heuristique, en effet, s’immisce à la base de toute invention théorique, en se distinguant radicalement
- 5 -
de l’axiomatique, l’axiome étant une proposition vraie par Gp¿QLWLRQ 7RXV OHV FKHUFKHXUV VXLYURQW DLQVL OH SURFpGp KHXULVWLTXH HQ WDQW TXH PpWKRGH VFLHQWL¿TXH HQ SRVDQW OH problème de la validité de toute connaissance :hypotheses IDFWD ¿QJXQW 
 Finalement notre revue sera comme un arbre. Nous savons que les palabres (surtout en Afrique de l’Ouest), se déroulent souvent sous un arbre…L’arbre est le lieu de la parole publique. En cela la palabre est un grand arbre, un arbre à palabres. Arbre à délibérations et à décisions de paix, il l’arbitre et le symbolise. Mais notre arbre pourvoyeur d’ombre participe du sacré magique. Dans ses racines, le gang des sorciers thésaurise les puissances grâce auxquelles il contrôle la vie de la société. Dans leurs frondaisons, il tient conseil nuitamment. Sans ce patronage, pense-t-on, cet arbre pourra grandir en pleine place publique et en toute saison verdir. Voilà pourquoi son abattage actuel pourra être interprété comme un aspect et un épisode de la lutte contre la sorcellerie.
 Dans notre premier numéro de l’année 2006, nous voulons débattre de l’exigence de qualité dans nos universités. Valy Charles Diarrassouba, dans son ouvrage /¶8QLYHUVLWp LYRLULHQQH HW OH GpYHORSSHPHQW GH OD QDWLRQreconnaissait qu’«en Afrique, les Etats négligent le minimum de potentiel d’expertise qui se trouve rassemblé dans les universités pour faire appel, à grands frais, à des cabinets de consultants dont la compétence n’est 1 pas toujours établie . » Notre auteur n’hésite pas à parler
 1)  DIARRASSOUBA (Valy, Charles).-/¶XQLYHUVLWp LYRLULHQQH HW OH GpYHORSSHPHQW GH OD QDWLRQ(Abidjan, Dakar, Lomé, 1979), p. 5  2)  DIARRASSOUBA (Valy, Charles).-/¶XQLYHUVLWp LYRLULHQQH HW OH GpYHORSSHPHQW GH OD QDWLRQ(Abidjan, Dakar, Lomé, 1979), p. 6
- 6 -
d’ « ‘université-parking’ vouée à la rhétorique dans la 2 médiocrité ». En effet, il nous apprend que la mauvaise qualité de l’enseignement à l’université vient du fait que « pour l’essentiel, le contrôle de l’admission des étudiants échappe à l’Université qui se borne à accueillir des étudiants ‘sélectionnés’ par la Commission nationale sans que l’on sache s’il y a réellement une concordance entre ces recrutements et les objectifs quantitatifs et 3 qualitatifs des différentes formations à assurer . » Quant à Léonard Sosoo , il relève dans/¶HQVHLJQHPHQW HQ &{WH G¶,YRLUH GH  j les limites de la gratuité de 4 l’enseignement . L’un et l’autre auteur fait que remarquer que l’enseignement supérieur a un coût et surtout si nous voulons un enseignement de qualité. Une qualité de l’enseignement passe aussi par la qualité de l’enseignant, car souligne-t-il, « l’enseignant n’est-il pas le modèle, le miroir où se mirent l’écolier, et l’étudiant, voire la nation 5 toute entière ? » Les problèmes et les perspectives que l’ancien recteur de l’université d’Abidjan et l’ancien élève du Lycée classique d’Abidjan ont relevés en leurs temps sont encore d’actualité. C’est pourquoi cette table ronde sur la qualité de l’enseignement dans nos universités a pu se tenir et donner naissance à cette publication.
 Le premier article, le nôtre, ouvre les débats sur la notion théorique de qualité. Cette notion théorique a besoin d’un espace pratique que nous trouvons dans l’université. Ici, le deuxième article, celui du Prof. Lou Bamba Mathieu, appelle à l’exigence de qualité dans l’enseignement
 3)  DIARRASSOUBA (Valy, Charles).-/¶XQLYHUVLWp LYRLULHQQH HW OH GpYHORSSHPHQW GH OD QDWLRQ(Abidjan, Dakar, Lomé, 1979), p. 24  4)  SOSOO (Léonard).-/¶HQVHLJQHPHQW HQ &{WH G¶,YRLUH GH  j Gedit, (Belgique, 1984), p. 55.  5)  SOSOO (Léonard).-/¶HQVHLJQHPHQW HQ &{WH G¶,YRLUH GH  j Gedit, (Belgique, 1984), p. 302.
- 7 -
supérieur à l’épreuve de la mondialisation d’une part. Suit le troisième article, celui du Prof. Augustin Dibi Kouadio qui, par son programme de « l’université citoyenne » plaide pour un rayonnement académique de l’UFR-SHS, de l’Université de Cocody de l’autre. Dans le quatrième article, nous posons la question subséquente qui est celle de la motivation dans nos universités. Dans le cinquième article, le Prof. Boa nous indique les référentiels pour un enseignement de qualité. Mais si toute cette série d’articles appelle nos intellectuels à la qualité, nous ne devons pas occulter les zones d’ombre qui persistent, parce que certains de nos frères universitaires volent très bas et le Prof. Gnagne Yadou Maurice, dans le cinquième article, les accuse d’être responsables de la crise ivoirienne.
Dr AKE Patrice Jean,'LUHFWHXU GH OD 3XEOLFDWLRQ
- 8 -