La communauté professionnelle d'apprentissage

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Les différents milieux éducatifs des pays pauvres sont soumis à de sérieuses difficultés d'ordre structurel, politique, économique et didactique. Après analyse des différentes initiatives et options proposées pour un renouvellement de la profession enseignante, l'ouvrage présente l'école-communauté d'apprentissage, en particulier, la communauté professionnelle d'apprentissage, comme l'une des stratégies qui répond le mieux aux exigences des écoles des pays pauvres en Afrique, capable d'offrir aux enseignants les possibilités de s'améliorer et de répondre aux défis de la société actuelle.
Publié le : mardi 1 mars 2016
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EAN13 : 9782140003844
Nombre de pages : 320
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Georgine KELIKWELEBENSE
La communauté professionnelle d’apprentissage Une stratégie pour améliorer la qualité de l’enseignement en Afrique Préface de Mario Comoglio
La communauté professionnelle d’apprentissage
Georgine KELIKWELEBENSELa communauté professionnelle d’apprentissage Une stratégie pour améliorer la qualité de l’enseignement en Afrique Préface de Mario Comoglio
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06855-8 EAN : 9782343068558
PRÉFACE Ces dernières années, plusieurs pays ont énormément investi dans les re-cherches visant l’amélioration de la qualité de l’école. Ils ont finalement compris que l’avenir d’une nation, la possibilité d’une économie plus riche, le développement technologique ainsi que le bien-être des citoyens en dé-pendent étroitement. En effet, l’absence d’une éducation de qualité affecte gravement la capacité des personnes à survivre et à s’adapter, de façon res-ponsable, à un monde en pleine évolution qui a tendance à perdre sa mé-moire, à ne plus avoir d’échelle de valeurs et à ne plus reconnaître l’importance de l’être humain. Ce constat peut être fait aussi bien dans les pays industrialisés que dans les moins industrialisés qui, à cause de leur pauvreté, ne sont pas préparés à faire face aux nouvelles exigences de la société et qui ont davantage besoin d’une éducation de qualité et d’un niveau d’apprentissage plus élevé. Cette problématique ne semble malheureusement pas préoccuper ces pays. Et quand bien même, ils le seraient, elle nécessite beaucoup de ressources. Que faire et quels moyens ou stratégies mettre en œuvre pour aider les pays pauvres à avoir des écoles performantes sans se ruiner ? Ignorer cette question signifie compromettre et augmenter le risque d’un avenir sombre. Et pour ne pas la négliger, il faut réfléchir sur le contexte et proposer un modèle et des stratégies capables de donner aux jeunes la possi-bilité d’envisager leur futur avec confiance. Comme hypothèse de solution, un modèle est toujours un risque. Mais le risque est moindre et inférieur par rapport aux dangers et aux dommages qu’on subirait si on ne propose pas une solution. Les écoles des pays pauvres rencontrent beaucoup de difficultés dans l’accomplissement de leur mission d’éducation et d’instruction. Elles con-naissent des problèmes structurels, politiques, économiques et matériels de tout genre. A cela s’ajoute un manque de modèle de référence concret, d’un personnel qualifié. Ces institutions non seulement manquent d’enseignants qualifiés, mais ne disposent pas non plus de structures essentielles qui of-frent au personnel enseignant la possibilité d’entreprendre une quelconque initiative pour améliorer leurs connaissances et leurs compétences pédago-giques. Après en avoir examiné la réalité, l’auteure a réflechi, à travers cette étude, sur ce qu’il convient de faire pour aider ces enseignants à s’améliorer dans l’accomplissement de leur profession, en tenant compte des circonstances des temps et des lieux :  manque de soutien financier significatif,  manque de soutien de l’université et de recherche dédiée à l’école et aux projets de développement y relatifs,
 manque de ressources culturelles (bibliothèques, publications / traduc-tions de livres, des personnes qualifiées pouvant produire des mises à jour continues, de possibilités de relations internationales, etc.),  difficultés pour accéder aux expériences éducatives d’autres pays etc. Le problème de formation permanente des enseignants ainsi que du renou-vellement scolaire n’est pas l’apanage des seuls pays en voie de développe-ment. C’est une exigence et un besoin qui concernent beaucoup d’autres nations. Mais alors, quelles sont les solutions adoptées ces dernières années dans d’autres pays pour venir à bout de cette grave situation? Quelles straté-gies ont-ils mis en place pour obtenir un vrai changement ? Après des recherches et des lectures effectuées par l’auteure, il est apparu que ces dernières années il y a eu plusieurs initiatives de renouvellement et d’amélioration du système éducatif, en particulier de l’enseignement. Cer-taines d’entre elles y sont parvenues : en introduisant de nouvelles technologies dans le processus didactique : ordinateur, tablette, vidéo, tableau lumineux et interactif, etc. Mis à part que le sujet soit débattu, un tel processus serait difficile à mettre en place dans des milieux pauvres à cause des ressources financières insuffisantes ; en créant des liens avec d’autres universités comme moteurs de re-cherche et d’innovation. Ceci est absolument impensable pour les écoles du Congo, par exemple. Les distances entre ces institutions et l’insuffisance des moyens de communication ne permettent pas d’utiliser le peu d’universités et d’instituts supérieurs existant, qui, après tout, ne sont pas tous dotés des infrastructures conséquentes (laboratoires ou bibliothèques) ; en introduisant de nouveaux programmes et options. Ceci est difficille-ment réalisable dans ce pays étant donné que les établissements scolaires et les enseignants ne jouissent pas d’assez d’autonomie dans l’exercice de leur travail ; enorganisant des cours de recyclage et de spécialisation du personnel. Si ce type d’organisation se concrétise ailleurs, dans les pays pauvres tout se complique à cause de la mauvaise rémunération des enseignants. Ceux-ci, par conséquent, sont plus préoccupés par leur subsistance que par leur for-mation. Ainsi, ce genre d’innovation ne constitue pas une réponse adéquate aux conditions des écoles des pays pauvres. Néanmoins, il ressort des différentes propositions offertes par la littérature exploitée qu’il y a possibilité d’innover et d’améliorer l’enseignement sans utiliser de grands investissements éco-nomiques, dépendre lourdement de la recherche universitaire, sans avoir des technologies de pointe et sans s’appuyer obligatoirement sur des supports externes. Devant ces nombreuses propositions de renouvellement, l’auteure s’est orientée vers l’école comme une communauté d’apprentissageet en particu-lier vers la communauté professionnelle d’apprentissage .
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La perspective présentée par la communauté professionnelle d’apprentissage (PLC) est apparue comme une solution possible, réaliste et adaptée aux con-ditions et exigences des écolse de pays pauvres. Sa réalisation dépend essen-tiellement de la volonté des enseignants qui, en s’engageant ensemble pour résoudre les problèmes quotidiens de leur travail et pour trouver une issue concrète à leurs difficultés, apprennent réellement et s’améliorent dans leur profession. De l’analyse des différentes expériences d’école-communauté profession-nelle d’apprentissage, il ressort clairement que fondamentalement chacune d’elle présente les caractéristiques suivantes : le partage d’un objectif commun à atteindre et/ou d’un intérêt à proté-ger ; la présence d’une mission, d’une vision d’ensemble, des valeurs 1 communes et partagées . Ce qui favorise l’engagement collectif des ensei-gnants et devient la condition indispensable pour leur amélioration continue ; la culture collaborative et l’agir collectif, c’est-à-dire la volonté et la disponibilité des enseignants à affronter ensemble les problèmes et à plani-fier ensemble les différentes activités didactiques ; le climat de confiance relationnellequi se crée et s’instaure. Quand les enseignants se font confiance mutuellement, ils s’engagent mieux et produi-sent des effets plus positifs ; quand ils se sentent soutenus soit par la direc-tion soit par les collègues et plus particulièrement quand les rapports entre eux sont de nature collégiale, ils deviennent des ressources inimaginables ; un leader qui stimule et promeut l’initiative de tous, qui soutient et en-courage à assumer les risques, à trouver de nouvelles idées et surtout qui partage les responsabilités avec les autres. Dans ce type d’école le problème d’amélioration continue et du profes-sionnalisme des enseignants revient à l’établissement scolaire. C’est une mission et une responsabilité commune partagée par tous. Cette mission exige un engagement et un apprentissage collectifs et permanents. Ainsi, les enseignants parviennent à se perfectionner régulièrement et continuellement sans autre moyen, outre la mise en commun de leurs propres expériences de travail au quotidien. Cela les transforme en véritables protagonistes de leur propre travail, fai-sant de l’institution une réelle et vraie communauté d’apprentissage. Le modèle de communauté professionnelle d’apprentissage apparait comme l’une des stratégies significatives et prometteuses. En effet, en pro-mouvant une action collective et collaborative, elle offre aux enseignants la possibilité d’apprendre, d’améliorer constamment leurs connaissances et compétences didactiques. De cette façon ils seront en mesure de donner des réponses efficaces aux problèmes des jeunes et de la société. En plus, la 1 DUFOUR, R. & EAKER, R. (1998).Professional learning communities at work: Best practices for enhancing student achievement. Bloomington, In: Solution Tree. 9
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