Le système éducatif français à l'ère des perversions idéologiques

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Ce livre entend démonter les principales folies qui structurent l'éducation publique comme privée : en expliquer les origines, les motivations, les effets, éclairer les angles morts du système éducatif, et proposer des solutions humaines et justes.
Publié le : mardi 1 novembre 2016
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EAN13 : 9782140021954
Nombre de pages : 250
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es Frédéric Gobert tionscontemporaines Q LE SYSTÈME ÉDUCATIF FRANÇAIS À L’ÈRE DES PERVERSIONS IDÉOLOGIQUES
Questions contemporaines
À L’ÈRE DES PERVERSIONS IDÉOLOGIQUES
Le système éducatif français à l’ère des perversions idéologiques
Questions contemporaines Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland et Jean-Paul Chagnollaud Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions Corentin BULTEZ,Zygmunt Bauman. La nouvelle question éthique, 2016. Nicolas TANTI-HARDOUIN,Santé et grande précarité, L’exclusion par le soin des populations roms, 2016. Guylain BERNIER,Radicalisme, Dichotomie entre croyance et tolérance, 2016. Jean GIRARDON,Sauver la démocratie. Regards sur la démocratie e contemporaine auXXIsiècle, 2016. Jean AMADO,Principes éternels et universels de l’art de gouverner. Traité de gouvernement tome 1, 2016. Jean AMADO,À la recherche du temps futur. Traité de gouvernementtome 2, 2016. Jean AMADO,De l’action gouvernementale. Traité de gouvernement tome 3, 2016.André PETERS,la dictature financière à la démocratie monétaire, De 2016. Frédéric GOBERT,système éducatif français à l’ère du ludique, de Le l’hédonisme et de l’adulescent,2016. Gustavo Ariel KAUFMAN,Liberté d’expression et protection de groupes vulnérables sur internet, 2016. Jean-Luc POULIQUEN,Georges Pompidou, un président passionné de poésie, 2016. Christian CAUVIN,Au-delà de la mondialisation. Construire le monde de demain,2016.
Frédéric Gobert Le système éducatif français à l’ère des perversions idéologiques
Du même auteur Bibliographie sélective
Glossaire bibliographique des sciences du langage,Panormitis, 2001. « La dénomination “étymologie populaire” ou l’utopie d’une dénomination non ambiguë », Cahiers de lexicologien°81,2002, p. 5-38. « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la sexualité des linguistes sans jamais oser le demander », Le signe et la lettre. Hommage à Michel Arrivé, L’Harmattan, 2002, p. 223-226. « L’incarnation de la barbarie », Les Langues Modernes,2/2006, p. 34-41. « Le pastiche dans un parcours d’écriture personnel », Modèles linguistiques,t. XXXI, vol. 61,L’écriture mimétique II, Actes du colloque sur les écritures mimétiques organisé par Daniel Bilous (Université du Sud-Toulon Var, avril 2008), Éd. du Dauphin, 2010. « Se confronter au monde tel qu’il est », Les Cahiers pédagogiquesn°489, 2011 (www.cahiers-pedagogiques.com). Bas-Occident – Civilisation nucléaire, dernières années,Éditions Les 2 Encres, 2011. Le système éducatif français à l’ère du ludique, de l’hédonisme et de l’adulescent,L’Harmattan, 2016.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10399-0 EAN : 9782343103990
Ces pages sont dédiées aux élèves, aux parents d’aujourd’hui et de demain, ainsi qu’à tous les professionnels de l’éducation. Quel asile de fous Dieu n’a-t-il pas créé. Ma Anandamayi Certaines aberrations sont à ce point généralisées qu’on ne les reconnaît même plus comme telles. Arnaud Desjardins Puisse ce livre participer à la guérison du monde.
INTRODUCTIONOuvrez un livre de pédagogie : les méthodes proposées n’y sont jamais subordonnées au système politico-économique dans lequel cette éducation est organisée. Pourtant, sans cette mise en perspective, on ne peut pratiquement rien comprendre ni à l’Éducation nationale en général ni à la pédagogie en particulier, sinon de manière technique et micro-structurelle. En outre, par manque de place, pour ne pas alourdir leur démonstration ou par paresse, il est fréquent que les auteurs ne définissent pas suffisamment les mots qu’ils emploient. Cette imprécision crée des malentendus inextricables.
Pour comprendre les choix éducatifs actuels des décideurs et des parents, on ne peut échapper ni aunéolibéralisme ni à la novlangue.
Le néolibéralisme est avant tout une idéologie qui régit « la manière dont nous sentons, dont nous pensons. Ce qui est 1 en jeu n’est ni plus ni moins que laforme de notre existence». Il est une « norme de vie », une « norme d’existence » qui « préside aux politiques publiques, commande aux relations économiques mondiales, transforme la société, remodèle la subjectivité ». Le succès mondial du néolibéralisme est dû à des circonstances que l’on peut aborder sous un « aspect politique (la conquête du pouvoir par les forces néolibérales) », « économique (l’essor du capitalisme financier mondialisé) », « social (l’individualisation des rapports sociaux aux dépens des solidarités collectives, la polarisation extrême entre riches et pauvres) » ou encore « subjectif (l’apparition d’un nouveau sujet, le développement de nouvelles pathologies psychiques) ». Tous ces aspects seront convoqués à l’occasion de ce livre. Y renoncer, quand on cherche à
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comprendre quelque système éducatif occidental que ce soit, 2 c’est se condamner à se méprendre indéfiniment . À faire comme si la novlangue n’existait pas plus que le cadre néolibéral qui est le nôtre, les « experts » comme les parents jouent aux passe-muraille : ils prennent des culs-de-sac pour des boulevards et leurs raisonnements finissent systématiquement dans un mur. La novlangue est un terme issu du roman de G. Orwell, 1984. Il désigne un langage dans lequel les mots signifient le contraire de ce qu’ils sont censés exprimer. « Quand les hommes ne peuvent changer les choses, écrivait Jean Jaurès, ils changent les mots ». À l’ère de la novlangue, ils changent non seulement les mots, mais surtout le sens des mots. Un certain nombre de mots-clefs sont conservés et exploités afin de mieux manipuler les populations. Car telle est bien la fonction de la novlangue : être à la disposition des pouvoirs 3 en place pour « piloter » à leur insu les populations.
Dès 1945, René Guénon avait dénoncé la « falsification de toutes choses » et notamment celle du langage, donnant l’exemple du mot « tradition », dont le sens est dénaturé par ses différents emplois au point d’empêcher toute velléité de 4 compréhension .
Lorsqu’une réforme, un responsable politique ou un conseiller pédagogique affirment qu’il est indispensable de lutter en faveur de la « liberté » et de la « démocratie », il faut par exemple comprendre qu’il vous faut lutter d’une part en faveur de votre propre soumission aux lois « intangibles » et « objectives » du système économique en place, qui produit d’immenses richesses pour une infime minorité, et d’autre part en faveur de votre soumission à l’égard de la seule autorité incarnant les vraies valeurs, celle du pouvoir en place. « L’idée piagétienne d’un apprentissage autonome des 5 règles par l’individu » a été récupérée et mise au service d’un nouvel asservissement de l’individu. Ce dernier est sommé
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de se soumettre non plus à des règles sociales maintenant reniées et dissoutes, puisque représentantes de l’ordre discip-linaire et carcéral ancien – celui du capitalisme précédant le capitalisme néolibéral – mais à des règles intérieures que sa conscience se sera imposées, le plus souvent suite au dialogue et à la discussion. À l’issue de cette nouvelle « révolution copernicienne », le bilan est simple : l’ordre dominant domine toujours, mais ses exigences se sont accrues, puisqu’elles ont atteint la conscience de l’individu et violé son intimité. La discussion, le dialogue, le débat et la démocratie participative sont issus d’une seule et même idéologie visant à asseoir le pouvoir de ceux qui organisent ces mascarades de palabres. À l’arrivée, le pouvoir et la contrainte sont à la fois moins visibles et plus ramifiés, car à 6 leur maîtrise s’ajoute leur aspect indirect et secret – volon-tairement caché, puisque la réalité de ce pouvoir est niée.
7 En 1960, Jacques Muglioni dénonçait cette novlangue non comme l’apanage des dictatures, mais comme une trahison déjà bien installée au sein de nos démocraties. La « démocratie », justement, ne désignait déjà plus qu’une 8 « monarchie libérale presque sans parlement ». Aujourd’hui, certains diraient qu’elle n’est plus qu’une vassale de la gouvernance mondiale, un instrument del’hyperempire, une obsolescence que le néolibéralisme cherche à dissoudre dans des fibres optiques où circulent chaque jour des milliards de milliards de dollars, flux qui incarne métaphoriquement le lieu (flottant) du pouvoir.
Que devient la démocratie dans un univers où la valeur primordiale du système qui régit nos vies repose non sur la force de travail ni même sur le capital physique, mais sur des « bases de données utilisateurs et les algorithmes développés » 9 par « les géants des Net » ? La planète vit à l’heure d’une civilisation occidentale qui se caractérise par « le règne de la 10 quantité », matérialiste au point d’en être déshumanisée. Ce que René Guénon appelait la phase de subversion de notre
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