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La Mauritanie, un pays atypique

De
157 pages
Ce livre a l'ambition de contribuer à faire connaître davantage la Mauritanie et à en analyser certaines caractéristiques sociologiques et mentales. Le lecteur y trouvera une description des comportements socio-politiques dans un pays réellement atypique. L'actualité politique nationale y tient une place considérable à un tournant important de son histoire, marqué par l'avènement du changement du 3 août 2005 et la période de transition démocratique qu'il a inauguré.
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La Mauritanie, un pays atypique

Etudes Africaines Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa

Dernières parutions

Pierre-Michel DURAND, L'Afrique et les relations francoaméricaines des années soixante, 2007. Bernadette RWEGERA (sous la dir.), Ikambere et la vie quotidienne des femmes touchées par le VIH/SIDA, 2007. Franklin J. EYELOM, L'impact de la Première Guerre mondiale sur le Cameroun, 2007. Alphonse NDJATE OMANYONDO N'KOY, Gendarmerie et reconstruction d'un État de droit au Congo-Kinshasa, 2007. Daniel Franck IDIATA, Les langues du Gabon, 2007. Alsény René Gomez, Camp Boiro, Parler ou périr, 2007. Paulin KIALO, Anthropologie de laforêt, 2007. Bruno JAFFRE, Biographie de Thomas Sankara. La patrie ou la mort..., nouvelle édition revue et augmentée, 2007. Mbog BASSONG, Les fondements de l'état de droit en Afrique précoloniale, 2007. Igniatiana SHONGEDZA, Les programmes du Commonwealth au Zimbabwe et en République sud-africaine, 2007. Fidèle MIALOUNDAMA (sous la dir.), Le koko ou Mfumbu (Gnétacéés), plante alimentaire d'Afrique Centrale, 2007. Jean de la Croix KUDADA, Les préalables d'une démocratie ouverte en Afrique noire. Esquisse d'une philosophie économique,2007. Jacques CHATUÉ, Basile-Juléat Fouda, 2007. Bernard LABA NZUZI, L'équation congolaise, 2007. Ignatiana SHONGEDZA, Démographie scolaire en Afrique australe, 2007. Olivier CLAIRAT, L'école de Diawar et l'éducation au Sénégal,2007. Mwamba TSHIBANGU, Congo-Kinshasa ou la dictature en série, 2007. Honorine NGOU, Mariage et Violence dans la Société Traditionnelle Fang au Gabon, 2007. Raymond Guisso DOGORE, La Côte d'Ivoire: construire le développement durable, 2007. André-Bernard ERGO, L 'héritage de la Congolie, 2007.

ELEMINE OULD MOHAMED BABA

La Mauritanie, un pays atypique

Préface de Mohamed Vall QuId Abdellatif

L 'HARMATTAN

(Q L'HARMATTAN, 2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com harmattan 1@wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-04591-0 E~:9782296045910

PRÉFACE

« La Mauritanie, un pays atypique », un livre qu'il faut lire. Original dans son approche, riche dans son contenu, ce livre tranche avec les œuvres littéraires traditionnelles qui ont fait jusqu'ici école en cette Mauritanie indépendante. A ce titre l'œuvre de Ould Mohamed Baba mérite elle aussi le qualificatif-laudatif - d'atypique. En effet, pour autant que le lecteur puisse pénétrer les profondeurs de ce livre, il y découvrira outre des analyses pertinentes et certaines méditations, des fresques et des tableaux épiques retraçant des scènes de la vie quotidienne des habitants de cette capitale sortie du néant, à la lisière d'un monde l110derne encore hésitant et incertain. Tout ceci le lecteur le découvrira avec intérêt, et aura à en déguster la saveur. Il aura également à apprécier -sans doute- la hardiesse mais aussi l' habileté avec lesquelles l'auteur a abordé des thèl11es sensibles, parfois très sensibles, en réussissant ainsi le pari difficile d'être à la fois « franc» et « correct ». Quelle valeur les critiques donneront-ils à ce nouveau-né? Nous n'en savons rien. Nous sommes néanmoins sûrs d'une chose. Nous sommes sûrs que, loin d'être ennuyeux, cet ouvrage à thèmes variés -la variété délasse- est intéressant à plus d'un titre. D'abord il est intéressant pour l'anthropologue dans la mesure où il lui fournit un ensel11ble de phénomènes 7

sociologiques inédits, bien cernés et scientifiquell1ent analysés. Ensuite intéressant ill' est pour l'administrateur qui a besoin de connaître et de comprendre les préoccupations de ses chers administrés et les problèmes quotidiens auxquels ils font face. Enfin, cet ouvrage est intéressant aux yeux des historiens -l'auteur en est un- car ils y trouvent matière humaine, et faits sociaux à analyser et à expliquer. C'est dire que cet ouvrage est le bienvenu dans un environnement culturel, où bien des vides sont encore à combler. Que notre cher auteur puisse trouver ici nos félicitations pour cette contribution utile à la revalorisation de notre culture, et, au nom de la « classe culturelle» nos sincères remerciements. Mohamed Vall aULD ABDELLATIF

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AVANT-PROPOS

On dit souvent que la Mauritanie est un pays où vous pleurez en arrivant à cause des désagréments mais où vous pleurez aussi en partant à cause de la peine éprouvée à abandonner son charme ineffable. On dit aussi que ce pays a inspiré des auteurs célèbres, que d'anciens expatriés continuent à en faire régulièrement le pèlerinage mais l'une des images les plus significatives est certainement celle que véhicule l'anecdote suivante. «Un libertin qui venait de mourir se fit annoncer qu'il était évidemment destiné à aller en Enfer. Toutefois une faveur exceptionnelle lui était accordée: le choix du compartiment de l'Enfer qui lui conviendrait. Il passa donc en revue les différents étages, avec un exposé explicatif sur les catégories respectives de châtiment. Tous les étages étaient cependant vides ou presque à l'exception paradoxalement d'un étage surpeuplé dénommé Mauritanie. On y pratiquait pourtant les supplices les plus horribles. Lorsque le libertin demanda à l'un des « locataires» la raison de ce choix, alors que dans les autres étages les châtiments étaient plus cléments, celuici lui répondit: «Ici nous nous comprenons bien avec les dén10ns en faction, ils peuvent nous laisser parfois nous promener du côté du paradis, ils oublient souvent de fermer le portail à clé, et il y a enfin des ruptures fréquentes de « bois de chauffe» on est donc finalement très bien ici».
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C'est donc ce pays plein de paradoxes et de phénolllènes, au sens insaisissable, qui est l'objet des atiicles de ce recueil. Il s'agit d'une tentative d'analyse satirique des cOlllportelllents socio-politiques dans un pays réellelllent atypique. L'actualité politique nationale y tient une place considérable à un tournant important de son histoire marqué par l'avènement du changelllent du 3 août 2005 et la période de transition démocratique qu'il a inaugurée. Les références à cette transition sont ainsi nombreuses dans ce texte, écrit entre février 2005 et septembre 2006 et qui en constitue ainsi une sorte de chronique. Malgré son caractère délibérément informel, ce livre a cependant l'ambition de contribuer à faire connaître davantage la Mauritanie et à en analyser certaines caractéristiques sociologiques et 111entales. La Mauritanie, un pays atypique: autant en rire. A bon lecteur salut. ELEMINE

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UNE CAPITALE INSOLITE

Nouakchott:

le paradis des voitures

L'un des grands problèmes de Nouakchott est l'absence d'espace de parking aménagé au centre ville et plus particulièrement dans la zone des banques, du complexe 111inistérielet de la grande mosquée. Pourtant, ailleurs que dans ce petit carré très engorgé, il n'y a pas de problème de parking à Nouakchott car le 1110indrepetit arbre ou le plus petit espace ombragé est le domaine d'un laveur de voiture attitré qui ne cède l'ombre et le lieu de stationnement qu'à celui qui voudrait bien «se faire laver sa voiture ». On trouve certes, dans le reste du monde, des parkings automatiques et des contraventions non moins automatiques pour les stationnements irréguliers mais ici, on bénéficie du service sympathique de personnages qui non seulement veillent à la sécurité de votre voiture mais vous la conservent à l'ombre, tout en vous aidant à faire les manœuvres nécessaires pour bien vous repositionner sur la chaussée. Si par contre votre voiture vous semble suffisamment propre ou que vous ne désirez pas la nettoyer, vous serez obligé de stationner en plein soleil ou dans un lieu inapproprié et risqué; et n1ême dans le cas où vous trouveriez un arbre dans un coin éloigné, vous serez désagréablement surpris par les chèvres qui profiteront du toit de votre voiture pour s'agripper aux branches de l'arbre.
Il

Ces laveurs sont donc des gens incontournables et leur installation à l'intérieur de la ville répond à des critères précis et bien étudiés. Ils ont par ailleurs tout un staff de soutien. Il y a en premier lieu le vendeur d'accessoires pour voitures qui propose une grande panoplie de produits allant des étuis de volant à la tapisserie en passant par les badges et les désodorisants. Il y a en second lieu le vendeur des cartes de recharge pour les téléphones mobiles et enfin les mendiants qui pourront vous délester de quelques pièces de monnaies devenues dérangeantes. Nouakchott est donc le paradis des voitures, c'est ce qui explique d'ailleurs leur grande concentration dans cette ville. Même celles qui s'y trouvent de passage (avec des touristes) finissent par l'adopter et s'y installer définitivement. Cette ville exerce un attrait incroyable sur ces engins qui dépassent désormais le nombre de ses habitants. Les voitures bénéficient ainsi d'un environnement très sain, au point que certaines d'entre elles acquièrent une longévité exceptionnelle. On peut en particulier penser aux doyennes d'âge qui écument les quartiers périphériques et dont les usagers devraient présenter un carnet de vaccination antitétanique. Ces grandes dames bénéficient chez nous d'un respect d'aînesse auquel elles ne peuvent prétendre dans aucun autre pays, et c'est là une raison supplémentaire de leur prise de retraite chez nous. Les voitures du 3èmeâge du monde entier se donnent ainsi rendez-vous à Nouakchott pour passer paisiblement les derniers jours de leur existence.

Un exemple de propreté: Nouakchott
On dit chez nous que c'est la télévision qui est responsable de l'enlisement des opérations d'assainissement quand elle cesse de réaliser des
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reportages sur les travaux d'enlèvement des ordures, car les Mauritaniens adorent se faire voir à la télévision et s'abstiennent généralenlent de faire le moindre effort en l'absence de caméras et de journalistes. Toujours est-il qu'après l'arrêt de ses opérations d'assainissement, les amas d'ordures se transfonl1ent en grandes chaînes 1110ntagneuses dans un pays pourtant très plat: l' Aftout as-Sahli 1.Lorsque les pluies tombent, ces montagnes subissent des ravinements causés par le ruissellement et cela finit généralement par les faire disparaître en démembrant chaque monticule par dissolution et charriage. C'est probablement pour cela qu'on les avait disposées de la sorte: le plan de la destruction par les eaux pluviales pourrait bien s'avérer être l'une des trouvailles de nos talentueux administrateurs. D'ailleurs, l'indignation que suscite chez certaines personnes la vision de ce genre de dépôts d'ordures est tout à fait étrangère à nos traditions. Ce sont des gens qui ont eu l'occasion de visiter des pays dans lesquels le~ employés municipaux se chargent chaque soir d'enlever les poubelles et de laver les rues. Chez nous par contre cette continuité dans le travail d'enlèvement des ordures n'est pas nécessaire et c'est pourquoi au lieu d'employés municipaux officiels, nous faisons généralement appel à une main d'œuvre non spécialisée de journaliers (femmes de ménage, réparateurs de chaussures, vendeurs de cure-dents, tambourineurs, danseurs, migrants en partance pour Nouadhibou, etc.). En Mauritanie et à Nouakchott particulièrement, où il yale maximum de poubelles (à tout seigneur tout honneur), le ramassage des ordures et le dégagement des décharges publiques ne se fait généralement que de manière saisonnière. Le volume des ordures ne nécessite
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Littéralement

plaine côtière.

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en effet qu'un enlèvement tous les deux ans. C'est pourquoi nous assistons tous les trois ou quatre 1110isà des campagnes d' assainissel11ent de notre capitale. Il faudra, à chaque fois, que quelques mois s'écoulent pour que le volul11e d'ordures accumulé soit suffisamment « respectable» pour justifier un enlèvement. On peut donc dire que la ville, entre deux campagnes, demeure relativement propre. Cela s'explique, en partie, par ses potentialités d'auto nettoyage et ses possibilités de recyclage. Les ordures subissent dès leur dépôt l'effet des chèvres errantes, des vaches errantes et des enfants errants. Ces derniers procèdent à de multiples tris de catégories de 111atériauxque l'on retrouve ensuite dans les marchés. Et après tout, Nouakchott n'est pas une seule ville: il yale Nouakchott catholique, celui des quartiers résidentiels du nord2 qui est nickel. Il y a en second lieu les zones nlusulmanes COl11mele Ksar, la Capitale, Toujounine, Riad ou Teryaret3 où les saletés sont presque acceptables et il y a enfin les régions tapissées de poubelles et remplies de flaques d'immondices, de l110nticules de cadavres et d'amas nauséabonds: il s'agit de Sebkha et d'El Mina. La Polyclinique et les Jardins qui longent la Médina III appartiennent à cette dernière catégorie. Il faut toutefois dire, à la «décharge» de nos autorités compétentes, qu'une ville sans poubelles et sans mouches est une ville fantôme et que si les mouches, comme le disent les Maures, sont des indices de prospérité, les richesses de la Suisse, des pays du
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Le quartier riche de Nouakchott est appelé Tevragh Zeina qui est le

nom aussi d'un arrondissement englobant ce quartier. Mais Tevragh Zeina en fait est toute la zone nord de Nouakchott où habitent les riches et comportent ainsi Las Palmas, E Nord,etc ... 3 Ce sont tous des arrondissements de Nouakchott qui sont au nombre de 9 et qui sont Tevragh Zeina, Ksar, Dar Nairn, Teyaret, Toujounine, Sebkha, El-Mina, Riyad, Arafat, 14

Golfe et de la Scandinavie ne seraient que de modestes fortunes par rapport aux trésors de Nouakchott.

Le parc d'attraction de la polyclinique
J'ai toujours pensé à un lieu de curiosité à présenter aux visiteurs étrangers que reçoivent certains amis. J'ai désormais la réponse. Je m'en vais sans hésiter leur faire faire un tour du côté de la polyclinique. On est très loin du temps où la polyclinique était le fleuron de notre infrastructure Inédicale, une bâtisse moderne à l'architecture en cube et en losange, avec un parking couvert de pergola et où pratiquent de bons spécialistes comme le dentiste Mélisse ou le dermatologue russe le plus populaire de la ville. On ne sait plus ce qu'il y a à l'intérieur de ce bâtiment mais on voit bien par contre ce qu'il y a tout autour. Commençons par la façade ouest qui abrite le portail et l'entrée. C'est la «façade des boyaux» (Lakrouch) : sur ce trottoir, des « bouchers» proposent dans de grandes assiettes des morceaux de boyaux noyés dans une sauce « viscéralement» dense et grasse. Les clients, installés sur des bancs, sont servis sur du papier à ciment et mangent sur place des morceaux de viande que leur dispute âprelnent une kyrielle de mouches. Le second grand métier de cette place est celui des cordonniers façonnant de petits lacets de cuir devant contenir les alnulettes. Cet artisanat appartient à une chaîne de production dont la partie en amont est située sur le flanc sud de la clinique. C'est là en fait que l'on rencontre sous de petites tentes de fortune des guérisseurs traditionnels exposant sur de misérables nattes leur arsenal hétéroclite de talismans, de gris-gris, de cauris et de tout ce que peut fournir le monde haoussa et mossi, ce dernier groupe étant, selon une vieille croyance populaire de Nouakchott, l'origine par 15

excellence de la sorcellerie et de la l11agie.En face de ces toubibs d'un autre âge, de petites excavations le long du mur constituent des toilettes publiques très sollicitées. Mais le grand WC et le méga dépotoir se trouvent plutôt sur la face est. Les décharges bénéficient pendant la saison des pluies d'une humidité qui rajoute une touche de puanteur indispensable. Sur ce tas de déchets stationnent les tacots qui assurent le transport en direction de l'axe de Toujounine. Mais cet endroit est surtout le secteur des dentistes venus du Moyen-Orient. Assis dans des boutiques sommairement meublées, ces « Arabes» tentent de pallier les problèmes dentaires de leurs pauvres clients en recourant à des pratiques très peu catholiques et en utilisant des outils et des produits très douteux. Sur l'avenue Eli Ould M'Haymid, les eaux d'inondation de la grande bouche «de dégoûts» de l'angle sud-ouest de la polyclinique sont en période de stagnation et font craqueler le sol. Les vendeuses de fruits et de tabac sont installées apparemment sans grande gêne sur les bords de ce lac desséché. Avec cet encadrement, on est en droit de se demander comment des médecins peuvent accepter de travailler et comment les patients peuvent avoir le courage de se faire soigner au sein d'une institution qui peut être « poly tout ce qu'on veut sauf clinique ».

Le réseau d'assainissement
Même la grande muette de chez nous, l'Assemblée Nationale, s'est indignée et a exprimé de vives préoccupations quant à l'absence de réseau d'assainissement à Nouakchott4. Les députés ont insisté sur l'urgence du traitement de cette question et ont rappelé les dégâts observés dans les différents quartiers de la ville au lendemain de la pluie de 12 mm qui s'est
4 Session de juin 2005. 16

récemll1ent abattue sur notre capitale. Le Ministre chargé de l' environnell1ent a révélé l'existence d'un projet de plan (projet) de réseau directeur d'assainissement qui sera 111is n œuvre prochainement! e En attendant ce projet de plan ou plan de projet, il convient de rappeler que nous avions assisté, il y a déjà quelques années, au creusement d'un réseau grâce à l'intervention chinoise. On se souvient des grands engins mobilisés pour ces travaux et des tranchées colossales, des tuyaux non moins impressionnants qui seraient à l'origine d'un accident mortel au sein des ouvriers chinois. Les grands trous perdus comme ceux creusés au niveau du carrefour BMD et de l'Hôtel Mercure se sont rapidement ensablés et le projet s'est arrêté subitement sans que l'on sache les raisons. C'est pourtant l'unique projet chinois qui n'aura pas abouti. Les Mauritaniens sont en effet unanimes pour affirmer que la coopération chinoise constitue indéniablement un 1110dèle. ontrairement aux autres C pays, les Chinois participent directement à la réalisation des projets et ne les confient pas aux Mauritaniens. L'existence des deux palais du peuple est assez instructive à cet égard: celui initié par les Chinois est fonctionnel et constitue nlêll1e l'un des joyaux architecturaux de notre capitale, celui qui a été financé par le «peuple mauritanien» à hauteur d'un milliard d'ouguiya (au tell1ps de sa grande valeur) n'est rien d'autre qu'une esquisse de structure en béton. Les Mauritaniens sont en effet confiants lorsque la Chine s'engage dans un projet tant ses réalisations sont palpables et vitales. Que serait d'ailleurs notre capitale sans le Stade Olympique, le Port Autonome, la Maison de la Culture, la Maison des Jeunes, le château d'eau, le Palais du Peuple, le Palais tout court? En l'absence d'explication à la suspension du projet d'assainissement que les Chinois construisaient, on est en droit de se demander si ce n'est pas le côté
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