Le Parler populaire des Canadiens français

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Le Parler populaire
des Canadiens français
ou
Lexique des canadianismes, acadianismes,
anglicismes, américanismes
Narcisse-Eutrope Dionne
1909
Mots anglais les plus en usage au sein des familles canadiennes et acadiennes
françaises, comprenant environ 15 000 mots et expressions, avec de nombreux
exemples pour faire comprendre la portée de chaque mot ou expression.
par N.-E. Dionne, M. D., LL. D.
Bibliothécaire de la Législature de la Province de Québec
Professeur d'archéologie à l'Université Laval
Membre de la Société Royale du Canada
avec Préface par M. Raoul de la Grasserie
Docteur en droit, juge au Tribunal civil de Nantes, lauréat de l'Institut de France,
auteur de plusieurs ouvrages sur la linguistique française
Sommaire
1 Ouvrages mis à profit
2 Table des matières
Préface
Ouvrages mis à profit
Les ouvrages, dont suit la liste, sont les seuls que l'auteur de ce Lexique a
consultés. Tous ne lui ont pas été profitables au même degré. Il va de soi que les
glossaires canadiens préparés par Gingras, Manseau, l'abbé Caron, Dunn, Clapin
et Rinfret, pour ne citer que les principaux, ont plus servi à l'auteur que les
dictionnaires publiés en France. Le Bulletin du Parler-Français lui a été beaucoup
plus utile que les glossaires de Borel, de Favre, de Moisy, de Jaubert et autres de
provenance française, bien que ceux-ci aient été mis à contribution par l'auteur
dans ses études comparatives.
Quoi qu'il en soit, l'auteur exprime toute sa reconnaissance aux auteurs de tous ...
Publié le : mercredi 18 mai 2011
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Le Parler populaire des Canadiens français ou Lexique des canadianismes, acadianismes, anglicismes, américanismes Narcisse-Eutrope Dionne 1909 Mots anglais les plus en usage au sein des famliles canadiennes e tacadiennes françaises, comprenant environ 15 000 mots et expressions, avec de nombreux exemples pour faire comprendre la potrée de chaque mo tou expression. par N-.E. Dionne ,M. D,. LL .D. Bibilothécaire de la Législature del a Proivnce de Québec Professeu rd'archéologie à 'lUniverstié Laval Membre de la Société Royale du Canada avec Préface pa rM. Raoul de la Grasseire Docteur en droit, juge au Tirbuna lciliv de Nantes, lauréat de lI'nstitut de France, auteur de plusieurs ouvrages surl a ilnguistiquef rançaise Sommaire 1 Ouvrages mis à profti 2 Table des matières Préface Ouvrages mis à profit Les ouvrages, dont suti la liste ,son tles seuls que l'auteu rde ce Leixque a consultés. Tous ne lu ion tpas été protifables au même degré .I lva de so ique les glossaries canadiens préparés pa rGingras, Manseau,l 'abbé Caron, Dunn, Clapin et Rinfret, pou rne ctier que les principaux, ont plus serv ià l'auteur que les dictionnaries pubilés en France .Le Bulleitn du Palrer-Français lui a été beaucoup plus uitle que les glossaries de Borel ,de Favre, de Moisy, de Jaube tre tautres de provenance française, bien que ceux-c iaient été mis à contirbuiton par 'lauteur dans ses études comparaitves. Quo iqui'l en soti ,'lauteur expirmet oute sar econnaissance aux auteurs det ous ces ouvrages deil nguisitque, quels q'ulis soien,t e tplus particulièrement à M .Clapin et aux leixcographes du Bulletin  . Que ces messieurs ,qui savent ce qui' len coûte de labeurs pour mene run dicitonnarie à bonne ifn, ne soient pas trop sévères à son égard, et nel ui itennent pas rigueur parce qu'i la puisé un peu largement dans leur fonds. Ils comprennen tq li'uest bien difficlie ,sinon impossible, de faire un pareli ouvrage sans s'inspirer des devanciers .L'auteur ,du reste, n'ambtiionne rien de plus que d'apporter son humble conrtibuiton àl 'œuvre s igénéreusement entreprise par la Société du Parle-rFrançais ,qu iest d'épurer norte langage en le débarrassan tdes trop nombreuses scories qu ile déparent oul e défiguren.t Cette œuvre est possible ,e telle se fera, sans aucun doute, pou rpeu que les hommes insrtutisl a prennent à cœu,r e tdonnen tle bon exemple ,en palrant correctement le français  ;eti ls le pourraientf arie ,sli's voulaient s'en donnel ra peine. On rtouvera dans ce lexique un certain nombre de mots et d'expressions qu iont actuellement cours en France ,tou taussi librement q'uen Canada. Ces mots sont généralement tirés du palre rpopularie et familier. On en retrouve quelques-uns dans Larousse ,mais raremen tdans le dictionnaire de l'Académie .S i'lauteu ra tenu à lesf aireif gurer daus sonl exique ,c'es tdans le bu tde prouver quel e langage du peuple canadien ne dfifère que très peu du langagef rançais. Quant aux canadianismes et acadianismes propremen tdtis ,on pourra facliement s'assure rqi'uls ont ,pour la plupatr, une oirgine française  :normande, saintongeaise, angevine et percheronne. Ceci s'expilque aisément, car n'oublions pas que nos ancêtres aussi, pou rle plus grand nombre ,sont oirginaries de la Normandie ,del a Saintonge, de l'Anjou e tdu Perche. Donc, tel père ,te lpalrer .Rien de plus nature le tde plus logique. Ce qu i'les tmoins, c'est li'nrtusion des anglicismes et des mots anglais dans nos conversaitons .C'es tà ceuxl-à que nous devons fariel a guerre ,une guerre à mort, sans trêve n imerc.i Que nous adoptions quelques angilcismes ,un tou tpet tinombre ,parce que nous en avons absolument besoin, passe!  Mais soyons prudents ,parce q li'upourrati arrive runj ou rque notre langage popularie ne sera tiplus compréhensible, ni pour les Français n ipou rles Anglais. L'auteur manquerai tgravement à son devo ris li''nadressati pas ses plus sincères remerciements à M .Raoul de la Grasseire, qui a bienveillamment consent ià farie la préface de son Lexique .Ou verra ,enl a ilsan ,tcombien i la eul a main heureuse en s'adressant à'l éminenj tuge nantais. Qui, mieux que lu,i même en France, eût pu débrouiller tous les mystères  de norte palrer, et en trier des conclusions aussi nettes e taussj iustes ? Tous les Canadiens rfançais qui s'occupent de ilnguisitque, sauron treconnartîe e tapprécierl e mérite de son œuvre. BOREL — Dictionnarie dest ermes du Vieux François ou Tréso rdes Recherches e tAnitquités Gauloises e tFrançaises. BUIES. — Angilcismes et Canadianismes. BULLETIN du Parler-Français au Canada  . De 1902 à 1908. [B. P. F]. CARON. — Peit tVocabularie à 'lusage des Canadiens-Français. CASSELL. — New French-Engilsh and English-French Dicitonary. CLAPIN. — Dicitonnaire Canadien-Français ou Lexique-Glossarie des mois, etc. [Cl]. DE GASPÉ. — Mémoires. DE GASPÉ. Les Anciens Canadiens. DE LA GRASSERIE. — Etude scienitifque su rl'Argot e tle Palrer Populaire. DICTIONNAIRE des Barbairsmes e tdes Solécismes les plus ordinaires en ce pays, avecl e mot propre oul eu rsignfiication. Montréal, 1855. DIONNE (C-.E. ) Les Oiseaux de la Province de Québec. DUNN. — Glossaire Franco-Canadien et Vocabulaire de Locuitons vicieuses usitées au Canada. EDÉLESTAND et DUMÉRIL. — Dicitonnarie du Patois Normand. FAUCHER DE SAINT-MAURICE. — Notes su rla Formaiton du Franco-Normand et de l’Anglo-Saxon. FAVRE. — Glossarie du Potiou, de la Saintonge e tdel 'Aunis. FAVRE. — Dicitonnarie del a Prononciaiton Française. FAVRE. — Dictionnarie universel. GINGRAS. — Manue ldes expressions vicieusesl es plus rféquentes. GODEFROY. — Lexique de l’Ancien Français. HATZFELD et DARMESTETER. — Dicitonnaire général del a Langue Française du commencemen tdu XVIIIe sièclej usqu'à nos jours. HUGUET. — Peit tGlossarie des Classiques Français du XVIIe siècle. JAUBERT. — Glossarie du Centre de la France. JORET. — Flore popularie de la Normandie. LACURNE DE SAINTE-PALLAYE. — Dictionnarie historique de l'Ancien Langage Français jusqu'à Louis XIV. LAROUSSE. — Grand Dicitonnarie universel. LAROUSSE ILLUSTRÉ. — Nouveau dictionnarie encyclopédique. LUSIGNAN. — Fautes à corirge.r MANSEAU. — Dictionnaire des Locutions vicieuses du Canada. MARTIN . Oirgine e texplication de 200 Locutions e tProverbes. MÉLANGES sur les langues, dialectes et patois. Paris, 1831. MÉMORIAL des Vicissitudes et des Progrès de la Langue Française en Canada. MÉNAGE. — Dicitonnaire. MOISY, — Dicitonnarie du Patois Normand. MOISY. — Dicitonnaire comparait fanglo-normand. MONTPETIT. — Les Poissons d'eau douce. PROVANCHER. — La Flore Canadienne. RECUEIL des expressions vicieuses et des Anglicismes les plus fréquents. RINFRET. — Dictionnaire de nos fautes conrte la Langue Française. TIMMERMANS. — Dicitonnaire étymologique. [ Tim]. UN CURÉ DE CAMPAGNE. — Botanique médicale au presbytère. VERRIER et ONILLON. — Glossaire Etymologique et Histoirque des Patois et des Palrers del 'Anjou. Table des matières A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W Y Z Le Parler populaire des Canadiens français : Préface Préface de Raoul de la Grasseire Aussi l'ouvrage de M. Dionne,'l auteur estimé de plusieurs ilvresi mportants, dont l'un nous a déjà fourn'l iexcellente biographie très documentée de Samue lChamplainl ,e fondateu rdu Canada français, esti- lbien venu et apparaî tà son heure, en nous donnant un dictionnaire, aussi complet que possible ,du parle rpopularie des Canadiens rfançais, assez développé e tlilustré par de très nombreux exemples ,pouri ntéresser, non seulemen tles Français du Canada ,mais aussil eursrf èresif dèles ,les Français, savants ou non, de France ; ca ron ner ertouve pas seulemen tdans cette œuvre des éléments précieux pour la science dul angage, mais aussi la remembrance de-nos patois et de nos façons de concevoir et de drie ,usités depuis longtemps en plusieurs de nos proivnces, notamment dans la Bretagne et la Normandie, et au prononcé de certains de ces mots, nous sentons résonner en nous l'écho sympathique de ceux qu inous ont bercés nous-mêmes dansl 'enfance, que nos paysans emploien ttoujours ,e tqui font q'uà rtavers les mers nous croyonsr etrouvel re même clocher. La méthode suiive pa r'lauteur est propre à nous éclairer;  ca r line se borne pas à une sèche nomenclature, mais i lillustre presque tous les mots par des exemples, qui non seulement nous fout comprendre, mais indiquent aussi la portée exacte et nous donnent la sensaiton del 'expression .Cela est nécessarie ,sutrou tquand li s'agi td'un langage populaire, car souvenl te mo t'ny est pas employé d'une manière générale ,mais seulement dans telle ou telle locuiton d'une façon indiivsible ,out out au moins,i l ne possède que là une saveu rcomplète .Puisi , len résulte un argument, la justificaiton de ce que le mot est réellement usité ,que toute création ou emploi subjectfi est écatré, e tque nous avons bien affarie au langage vivant e tcirculan.t Comme dans les parlers du même genre, le parler popularie canadien présente des caractéirstiques qui ressotren tde l'ouvrage publié ,et don tnous allons esquisserl es plus saillantes. C'est d'abord e tavant tout,l e penchan tdu peuple à matéirailse ,rpoul resr endre plus sensibles,l esi dées abstraites ou intellectuelles. I lle fai tsans doute, e tlà est son défau ,tparce q'uli s'élève difficliemen tou ne peu tse maintenil rongtemps à certaines hauteurs de 'lidée ,auxquelles son éducation ne l'a pas préparé;  maisi  llef ai tencore sous'l empirse d'uni nsitnctt ou taurte  :celu ide sensibiilser ce qui estt rop puremen traitonnel et cérébral ,le cœu rdevant ainsi yt rouve rsa place ,et non seulemen tle cœur lu-imême, mais tout ce quil u isetr di'ntroducteur: 'l ouïe, la vue surtout  ; line suffti pas de désigne rles objetsli ,f autl es voi,rl es entendre, parfoisl es palpe,r mais sutrou tles voi .rOu sa tique la langue rfançaise se compose de deux couches superposées ,le fonds nature ,lcelu ides mots d'oirgine populaire, formés spontanément ,pa rusure d'abord, par nouvelle intégraiton ensuite ,du laitn, et celu ides mots d'oirgine savante et artiifcielle ,itrés à nouveau du laitn par un emprutn postérieur volontaire .Le peuple ne comprend guère ces derniers ,et commei  lexprime ses idées sausl eu rsecours ,ilf au tqui' lse forme dans ce bu tun vocabulaire spécia.l I Iy pariven ten employant des images ,patrou tdes images. Celles-c idoiven tforcément êrte empruntées au monde matéire let ivsible. Elles ont un immense avantage ,celui de donner aul angage une naïveté, unef racîheu rqu'on cherchera tivainement dans le parler plus élevé, e taussi une vivacité de couleurs ,enifn une émotion constante e tlatente que le langage littéraire 'nobiten tpa rune autre voie quel orsq'ui lmonte à une très grande hauteu.r Quelquefois, cependan ,tcesi mages peuven trtop descendre, e tmême simulel re dénigrement eu abaissant lesi déesi ntellectuelles  ;mais s icela se produi tsouven tdans nos argots,i  lesj tuste de drie que dansl e canadien cela es tbeaucoup plus rare. Les exemples de cette tendance que nous avons indiquée son trtès nombreux. Ruse  est un terme intellectue,l au ileu de drie les ruses, on dira donc les affûts  , image empruntée à la chasse. Au lieu du mot commode,  on emploiera une criconlocution cette fois, mais combien plus sensible et énergique : à main.  Travalile rbeaucoup, c'est abartte  de 'louvrage. S'attache rfortemen tà quelqu'un, c'est s'achienneter .Subtiement  de iv ent à coup,  c'es-tà-dire d'un seu lcoup. Loin,  c'est à desamain  , c'es-tà-drie qu i'nes tplus à la potrée del a main . Amadoue,r  cherche rà concliie rquelq'uun ,c'est l afifle,r de même qu'on affile en promenant doucement sur la main ,d'où cette expression : « pour le convaincre, il faut d'abord l afflier  ». Saisri,  c'est agrafe  r ou agricher. Paye,r  c'est s'allonge,r  cela marque bien 'leffo trmora let parfois matériel que cause un paiemen .tVoici le mot amanche  ,r tout matériel, il va signifie ,ravec le manche  , bien des choses pour lesquelles nous avons des mots divers et absrtaits : ajuste,r arranger ,habllie,r même donner un coup,  ou t  romper .Adoucri  a un sens moral, voici son image sensible et matérielle un peu abaissée : amollir. Batrte, c'est aplait r  ; cette fois on aperçoi tl'homme battu dansl a position quel es coupsl u ion tdonnée. Beaucoup était autrefois dans lal angue latine une image ; maintenant cettei mage s'est plus affaibile,l e Canadien la ressuscite par à plein  . De même, l'idée avec force se rend par d'aplomb. Au lieu de f  ournir les preuves, mots tous de raison, voici le mot amener ; amener les preuves, combien plus énergique, on les voit arriver. Injurie,r  c'est abîmer. Faire des proposiitons,  c'est approche.r Se trie rd'embarras  , c'est s'arracher  . Le r  epos  , c'est l arrêt, matéirel et visible :  arrêtez de palrer .Ce qui est simplement  ennuyeux pour nous est assommant poul re peuple, on voit tomber alors sousl e coup de 'lennui  . Tout près, cela s'aperçoti sans doute déjà, mais à ras, cela se voi tbien davantage ,e tc'es tplus près encore, on rasel 'obje.t La  dépense de travai,l c'est une  attelée, de même maîtriser quelqu'un, c'est l atteler ;  le volià attaché comme un bœu fou un cheval, on le voi tainsi ,on ne le pense plus seulement .Une foule  est une avalanche  , on sen tqu'elle se précipite de loin. Appuyer  , c'est accote.r  Même, lorsque le mot éta tidéjà matériel, on 'labaisse encore pour avoir une image plus saisissante . S'accroupri  devient s'accouve,rt ache  r devien t abîmer  . C'est là sans doute, ent out pays,l a sourcel a plus abondante du parle rpopularie; i  len est de même au Canada ,aussi insistons-nous su rce poin .tLi'dée intellectuelle se trouve partout immatéirailsée ,e tsi elle l'est déjà, elle descend encore. Dans tous les cas ,c'es tau moyen d'une image sensible que 'lon s'expirme. Le glossaire de M. Dionne enf ourni titcs exemplesi ncessants .Citons encore les plusrf appants. Cirerf or,t c'est beugler, de même que parle  r s'expirme par chanter  . Une petite auanlité, c'est un birn  ;caduc signifie rtiste  , et câiller c'est s'endormi  ;r en effe tle sang alors se ifge ,pou rainsi dire, dansl es veines. La bouche  n'es tplus q'uune boîte,  le t  ableau q 'u un cadre,  et la monrte  q 'u un cadran.  Le bruit  deiven tbien terrible ,c'est un carnage.  Un substantif, b' œ' uf,  se convetrti en adjectfi énergique, dans un effet bœuf .Ourtage  r devient blasphémer, et êrte impatient, bouillir. La colère bleue est la plus terrible, plus, sans doute ,que si elle n'étati quer ouge .Le diable apparaît bien plus réel, si on l'appelle bourreau .Conte rdes mensonges  , c'est bourrer. Erte insuppotrable  devient visible par cette expression n'avori pas de bou  ,t de même que bête au bout,  c'est être t  out à fait bête. Quelquefois 'lexplicaiton semble plus lointaine. Pourquo iune attaque def olie est-elle une branche  de foile ? pourquoi fêter  s'appelle-t- li brosser ? On comprend que s'approche  r d'un objet qu'on cherche soit brûle,r  cela se dti aussi en France dansl es pettisj eux de salon. Le mob ili e  r est bien un butin  , surtou tpou rceux qu ion téconomisé pou'l rachete rpièce à pièce .Le casque  signfiie tête, toupet, 'limage est bien naturelle .Le cha  r semblet rès prétentieux ,cal re langage popularie 'nélève pas ainsl ies expressions, sans qu'li y ati rionie ,cela s'applique à un wagon  , à un train de chemin de fe  ,r à un rtamway.  Au contraire ,on abaisse lorsq'uon donne le nom de charreite  r au coche,r de charriement, à la course  , de charrier, à alle rtrop vtie,r envoyer  , ou que la fenêtre devient un simple châssis, comme si elle avai tperdu ses vtires. Le tapage  es tsif or tqu li'deiven tun cairllon  , ce quif atii mage poul res oreliles. Certains mots prennent à la fois une foule de sens : caler  , c'est enfoncer, devenir chauve, perdre de l'argent,  tandis qu'en rfançais, c'est céde,r avo ripeu.r Pafrois c'est un sens étymologique qu ise trouve restitué : casuel,  c'est rf ag li e  , de même camper  est j  eter par terre. Chaud  , c'est che  ,r c'est aussi un peu ivre  .La double analogie es tfacile à saisri. Ce qui est rtop che rbrûle la main indigente qu iveut yt ouche.r En passant ains idu matéire làl i'ntellectue,li  ls'opère souvent des déviations remarquables . Chét  fi a signfiié d'abord en français capti,f du latin captivus  ; li a maintenantl e sens de faible de corps  ; en Canada, il passe au sens de méchant  . De même, chavirer  prend celui de devenir fou,  car i'lntelligence fait naurfage . Le cricuti  obtient le sens de pièce de terre  q'uil ne possède pas en rfançais. Comme interversion totale del a signiifcation, citons  : coquin  , employé dans le sens de genit,l chouette dans celui d'amie : ma belle chouette. Le chien  comparatî à sont our pour fournir des comparaisons vigoureuses, i ldeiven t'ladverbe beaucoup: un mal de chien, une faim de chien,  bête en chien  (rtès bête ,)avoir du chien  dans le corps ; la pauvre bête ne se plain tpas d'êrte mise ainsi à conrtibution pa r'largo .tLe mo t clai  r passe du physique au mora,l lorsqu'i lsigniife ilbéré .Au plus tôt, c'est au plus coupant; i nsinue,r c'est couler ; usé, c'est cotonné  . Au lieu d'interdire  sa potre ,onl a condamne  . La j  ambe animée descend au rang de compas, simple instrument. La poitirne devient un simple cofrfe  . La peau  n'est rien de plus q'uune couenne. Claquer forme image pour rendre bien des idées diverses : courirrt ,availler vite ,tromper ,rfappe r ;en quantité, c'est à pleine clôture  . Telle es tla force de 'lanalogie e tdes images ; ce fut ici un puissant facteur. Un autre mode de matériailsaiton rtès curieux consiste à employe rdes prépositions ou des conjonctions expirmant le lieu, pour remplace rdes verbes de sens immatéire let provenan tde la couche savante. En français on di t prévalori  ,le patois canadien dria avoir le dessus  ; li remplace excepté  par la locuiton à patr de  ; celle-ci ,eu effe,t tombe sous la vue. La proposiiton : l'enfant est à terre, devient l'enfant est à bas  . Dans cet emplo,i la prépostiion après  es td'un grand usage ; au ileu dei  lme poursuti toujours, on dria:   lies ttoujours après  moi  ;au ileu de escaladonsl e mu ,rmontons après  le mu .rOn dira encore :il est après  rt avai ll er li, est après manger. L'adverbe arirère  remplace le substanitf retard,  en vetru du même insitnct  :i la de'l arrière, au lieu de il a du r  etard  . Pafrois la patricule 'nes tpas matéirailsée, mais on la décompose enl a rapprochan tde sa significaiton primtiive, on la retrempe, pou rains idrie. Parce que  signfiiati bien par le moit fque  ; mais on en avait perdul 'analyse ,en prononçant cette conjonciton d'un rtai t; le patoisl a rediivse ,inconsciemmen tsans doute, mais énergiquement ,en disant à cause que  , de même ; afin  devient à seule ifn,  de même encore puisque de iv ent d'abord que, d'abord que tu le veux.  La préposiiton chez possède dans notre langue une certaine élégance, elle es tmoins naturelle ,etl e peuple dira aller au médecin, comme il dit à soi  r nous irons. La préposition de marque dans la langue une relaiton savante ,celle du géntil ,fie patois lar emplace par à l , eque la mieux conservé 'lemploil ocal, il dira : le chapeau à  Pierre. Le besoin di'mages a fati emprunte rcetrains motst echniques det e lout el métier, notammen tàl a mairne . Ne rien faire,  c'est être à l'ancre ; le dommage  det outes sortes, c'es t'l ava ir e  ; on d ti amarrer  ses souliers ,auil eu de les attache r ;s'habllier  , c'est s'agréier ; les engins de pêchel ,es oulits, l'attelage, enifn une personne désagréable,t ou tcela c'es t des agrès. Ce mêmei nsitnc tpotre toujours à analyser les mots d'origine savante, à les morceler en plusieurs ,ces derniers sensibles ,et à se ser rivdans ce bu tde termes couramment employés. Nous eu avons déjà des exemples enf rançais dansl es verbes aller, faire  , etc., mais en patois ce sera plus rféquen.t Nous disons ,pa rexemple  :li est vieux,  il est rtès vieux;  pour tou tcela le palre rpopularie canadien emploiera le mot âge  , et d ri a li est en âge,  li est à bout d'âge  . Le mot cœur  figurera à son tour. L'adjectif t  ou  t es trtop abstrati. Au ileu de t  out lej ou,r toute 'lannée