Pour un nouvel enseignement moral au Cameroun

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Ce livre est une invitation à une réflexion soutenue sur l'éducation nationale camerounaise. A travers une analyse profonde et critique, l'auteur juge sévèrement le système éducatif de son pays, faisant ressortir les principales lacunes et illustrant abondamment ses propos de statistiques, de faits et de chiffres. Pour réussir le pari de l'avènement d'un nouvel enseignement au Cameroun, il propose un "plan prospérité" : auto-formation, égalité et efficacité, et retour d'une dimension morale.
Publié le : samedi 1 octobre 2011
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EAN13 : 9782296469280
Nombre de pages : 182
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Pour un nouvel enseignement moral au Cameroun
Alain DésiréTAÏNOKARIPour un nouvel enseignement moral au Cameroun Préface de Bienvenu Denis Nizésété
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55447-4 EAN : 9782296554474
DEDICACE
- Au Renouveau camerounais et à son illustre promoteur, S.E. Paul Biya ; - À tous ceux qui, toute leur vie durant, se préoccupent véritablement de la jeunesse et n’ont qu’un désir : la voir heureuse, libre et prospère ; - À mon fils Michel-Archange et à sa mère, Estelle pour leur soutien affectueux.
PREFACE
Pour un nouvel enseignement moral au Cameroun, ouvrage de M. Alain Désiré Taïno Kari, est une invitation forte à une réflexion soutenue sur l’éducation nationale camerounaise dans toutes ses composantes : maternelle, primaire, secondaire et supérieure. Le regard de l’auteur transforme cet univers de production et de transmission du savoir, du savoir-faire et du savoir-être, en une étrange arène où tous les acteurs s’affrontent, se côtoient sans se voir, se parlent sans se comprendre. Le quiproquo y est assourdissant.
La première partie de l’ouvrage fait ressortir ce que l’auteur appelle« les lacunes du système éducatif camerounais actuel ». Par son ton parfois virulent, on dirait qu’il s’agit là de son livre noir, car l’état des lieux y paraît terne, archaïque, corrompu et décevant. Presque rien ne s’y peint en blanc, en rose ou en vert. L’auteur semble voir du rouge partout : enseignements inadaptés et bien souvent nocifs, élèves et étudiants indisciplinés, paresseux et enclins à la facilité, administrateurs pédagogiques corrompus, parents indifférents et anachroniques, enseignants incompétents et affairistes. Ces enseignants véreux qui n’enseignent rien, mais distillent plutôt des savoirs problématiques qui pervertissent les apprenants au lieu de couvrir leurs cerveaux du manteau gris de la science et de les irriguer de la sève fécondante de l’éthique.
Certains enseignants, sous la plume de Taïno Kari se muent en« enseigneurs », dogmatiques bourreurs de crâne, incapables d’innovation et de créativité sauf quand ils se prélassent dans leurs lieux de prédilection que sont les bistrots et les lieux obscènes. Ceux d’entre eux, qui parviennent encore à « enseigner », incitent les enfants à la révolte, à la colère et à l’irréligiosité, loin des sentiers de la révolution pour le progrès individuel et collectif.
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Plusieurs apprenants d’ailleurs coopèrent pour leur chute. Ils sont prêts à tout : tricher, acheter les sujets et les notes, se vendre s’il le faut pour réussir. Cela est d’autant plus facile qu’en face, campent des vendeurs désabusés, qui n’attendent que le moindre geste, le simple appel, pour soulager leur misère sociale et… leur fougueux appétit sexuel. Dans cet univers glauque, se développe forcément une sorte de corruption morale caractérisée par le népotisme, les concussions, les trafics d’influence, des luttes pour la confiscation des privilèges, la cleptomanie, les détournements des deniers publics, des « paquets minima », des aides, des cotisations, des salaires, de l’argent pour la construction des salles de classes etc. Le ton est inhabituel. Il est brutal, préoccupant, inquiétant et certaines affirmations invitent au débat, à la discussion. Lisons par exemple : 1) « L’élève surtout, n’a pas le choix pour exprimer son point de vue, pour prendre position. Il doit digérer et restituer exactement ce qu’il a appris de ses enseignants sans rien ajouter, ni rien retrancher.» 2) «En clair, l’enseignement tel qu’exprimé, paralyse, dépersonnalise, mutile. Il tue toute initiative créatrice, libératrice, transformatrice. Il est d’autant plus oppresseur que de plus en plus, on bourre les élèves et les étudiants de connaissances de toutes sortes, de savoir-faire. Mais, on ne leur en apprend pas l’importance3) « Quant-aux personnes contractualisées comme enseignantes, elles ne subissent généralement aucune formation.Une fois recrutées, elles sont affectées dans les lycées et collèges qui en ont besoin. Et elles enseignent sans méthode.D’ailleurs, la plupart d’entre elles se sont retrouvées dans l’enseignement pas pour
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l’amour du métier, mais à cause d’un contexte social difficile qui a remis au goût du jour la théorie darwinienne de ‘’ The survival of the fattest’’ ou le ‘’ struggle for life’’, la lutte pour la survie du plus fort à n’importe quel prix. C’est dire qu’on enseigne, faute de mieux, pour de l’argent tout simplement. Parce qu’il faut quand même vivre. »
Ces propos rigides parmi d’autres de l’auteur, ne sauraient laisser les enseignants que nous sommes indifférents, étant entendu que, dans la structuration des curricula de formation, il est prévu des travaux dirigés (TD), des travaux personnels pour étudiants (TPE) et bien d’autres exercices où l’apprenant est appelé à faire valoir ses recherches personnelles et à contribuer à sa propre formation. La présence de quelques brebis galeuses dans le corps enseignant, tous secteurs confondus, ne devrait pas conduire à des conclusions générales et hâtives. Il existe des femmes et des hommes dévoués qui, de la forêt au sahel, œuvrent chaque jour avec dévouement pour la formation de millions de Camerounaises et de Camerounais.
Comme le jardinier armé du râteau pour se débarrasser des mauvaises herbes, Taïno Kari identifie et « racle » les pratiques et habitudes pernicieuses qui semblent s’être installées dans nos écoles, dans nos lycées et collèges ainsi que dans nos universités. Le ciel y est noir et lourd. C’est à un violent orage qu’on doit s’attendre si rien n’est entrepris pour éloigner les sombres nuages qui planent au-dessus de nos centres de formation.
L’auteur considère d’ailleurs son « opuscule » comme une invitation au débat-bilan sur un système éducatif sclérosé et corrompu qui n’est plus adapté au contexte actuel et à une réflexion critique sur les conditions favorables à l’émergence d’une éducation nationale dynamique et compétitive. Le débat reste donc ouvert.
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La deuxième partie de l’œuvre si elle n’est pas noire, s’apparente au livre blanc de la réforme scolaire et universitaire. Abondamment illustrée de tableaux statistiques et faisant référence à de nombreux textes réglementaires (décrets et arrêtés) qui créent, encadrent et régissent les fonctionnements des différentes institutions publiques de formation, elle nous donne la mesure du maillage du territoire camerounais par des milliers de centres de formation. La densité est impressionnante ! La carte scolaire et universitaire du Cameroun est en effet de plus en plus richement étoffée et la dynamique est toujours de saison au cœur du système. Ceci témoigne sans aucun doute de la volonté politique et de l’engagement personnel de l’actuel président de la République, Paul Biya, et de ses ministres en charge de l’Education de base, des Enseignements secondaires et de l’Enseignement supérieur, tous déterminés à toujours enrichir et embellir les paysages scolaire et universitaire camerounais.
Le problème majeur selon Taïno Kari c’est la crise des infrastructures d’accueil et du personnel enseignant qualifié pour dispenser un savoir de qualité. C’est aussi celui d’un personnel administratif qui est parfois enclin à la corruption.
Pour réussir le pari de l’avènementd’un« nouvel enseignement au Cameroun », l’auteur pense qu’il faut tuer ou à tout le moins reformer l’ancien système, et promouvoir un nouveau système qui lutterait efficacement contre la pauvreté matérielle, la pauvreté intellectuelle et la pauvreté morale de bon nombre de Camerounais.
Contre la pauvreté matérielle qui pousse régulièrement les enseignants dans les rues, il préconise de revoir à la hausse, les salaires et les primes divers des différents personnels éducatifs notamment. En effet, la modicité actuelle des salaires ne permet guère aux enseignants de vivre décemment dans un environnement caractérisé par la vie chère et un taux de chômage impressionnant ; taux de chômage qui oblige un
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