Sciences et savoirs technologiques dans l'enseignement professionnel et technique

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La question de l'élaboration de dispositifs de formation ou d'éducation dans le monde technologique et professionnel est cruciale. Dans ce sens, la question, que soulève les auteurs de cet ouvrage est la suivante : « Quelle est la part du scientifique, du technologique et du professionnel dans les formations technologiques et professionnelles ? ». Pourrait-on étudier, comparer, discuter la part qui est donnée à chacun de ces trois éléments, par les concepteurs de plans de formations, de dispositifs mais également par les formateurs eux-mêmes lors de la mise en oeuvre ?
Publié le : lundi 15 février 2016
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EAN13 : 9782140002021
Nombre de pages : 220
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Pratiques en formation
Coordonné par Alain JEAN
SCIENCES ET SAVOIRS TECHNOLOGIQUES DANS L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL ET TECHNIQUE
Confrontations des perspectives de recherche
Préface de Richard Etienne
Sciences et savoirs technologiques dans l'enseignement professionnel et technique Confrontations des perspectives de recherche
Pratiques en Formation Collection dirigée par Daniel Bertaux, Véronique Bedin, Catherine Delcroix et Michel Fournet La collectionPratiques en Formationregroupe des ouvrages qui traitent de l’évolution des différents types de pratiques sociales, des contextes dans lesquels elles s’inscrivent et de leurs méthodes d’observation. Les travaux retenus répondent à trois objectifs majeurs : construire des cadres de référence appropriés à l’analyse de pratiques contextualisées, étudier les interactions entre pratiques individuelles et organisationnelles dans des systèmes d’activités différenciés : formation, travail social, professionnalisation, développement local ; enfin, enrichir les savoirs et pratiques en formation tout au long de la vie selon une approche pluridisciplinaire. Dernières parutions Patrick SARAMON,Panser ou repenser les Z.E.P. ? De la « discrimination positive » au recul institutionnel, 2003.Sous la direction d’Anne JORRO,Évaluation et développement professionnel, 2007.Sous la direction de Bernard FRAYSSE,Les sciences de l’éducation dans les champs de formation. Quelles mobilisation et légitimation, 2011.Sous la direction de Bernard CALMETTES,Didactique des sciences et démarches d’investigation. Références, représentations, pratiques et formation, 2012.
Sous la direction de Nadia PÉOC’H,Les représentations sociales de la douleur chez les personnes soignées... Contribution à la modélisation de la pensée sociale,2012.
Sous la direction de Véronique BEDIN, Conduite et accompagnement du changement. Contributions des sciences de l’éducation, 2013.
Sous la direction de Richard ÉTIENNE, Jean VINET et Josiane VITALI, Quelle formation professionnelle supérieure pour les arts du cirque ? 2014.
Coordonné par Alain JEAN Sciences et savoirs technologiques dans l'enseignement professionnel et techniqueConfrontations des perspectives derecherche
Pfacede RichardETIENNE
© L’HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08272-1EAN : 9782343082721
PREFACE
1 Richard Étienne
La formation des enseignants connaît une accélération de ses transformations dans la plupart des pays (Desjardins, Beckers, Guibert & Maulini, à paraître). Il en va de même pour la formation professionnelle, qu’elle soit initiale, continue ou « tout au long de la vie ». Cette « crise » et ces mutations précipitées peuvent être considérées comme une menace pour la pérennité des métiers ou comme une chance pour en inventer de nouveaux, voire pour en renouveler d’anciens, puisque les découvertes scientifiques, les progrès technologiques et la volonté d’optimisation des formations professionnelles peuvent converger vers cette double finalité si une place et un temps sont trouvés pour des recherches et des controverses articulant ces trois dimensions. C’est en effet l’ambition de ce livre que de « problématiser ce qui relève du technologique, du professionnel et du scientifique dans les formations techniques et professionnelles » (Jean). Mais il va bien au delà car il établit qu’il ne suffit pas d’étiqueter pour opérationnaliser et il participe à l’étude de nouveaux paradigmes pour la formation professionnelle. C’est l’entrelacs des trois dimensions énoncées ci-dessus et présentes dans le titre, irréductibles les unes aux autres, mais liées de manière indissoluble dans les nouvelles pratiques de et en formation qui caractérise le changement paradigmatique qui bouleverse sous nos yeux les fondements de la formation professionnelle.
En effet, cet ouvrage s’inscrit dans un mouvement assez récent mais relativement long et difficile à dater puisque certains auteurs, comme Prévost, le font remonter à Ardoino (1993) et à son concept d’approche multiréférentielle ou plurielle, seule susceptible de rendre compte d’une complexité dont je n’évoquerai qu’une cause : l’ensemble des métiers et
1 Richard ETIENNE est professeurs émérite en sciences de l’éducation
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des diplômes dont la préparation et l’exercice sont détaillés ici présentent la double particularité de s’inscrire dans une « obligation de résultats sans dégâts » (c’est le cas des conducteurs ou conductrices de travaux, des maïeuticiennes et maïeuticiens, des ingénieurs et des techniciens formés en alternance, voire dans des situations intermédiaires, et enfin des spécialistes de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement utilisateurs des sciences techniques agricoles) et dans une contrainte de créativité dans les formats, modalités et transpositions didactiques puisqu’il est impossible d’y transmettre ce que les Anglo-Saxons désignent sous l’expression de « bonnes pratiques ». Elles n’existent pas encore, excèderaient les capacités de la mémoire humaine, voire se signaleraient par leur singularité qui empêche toute reproduction mécanique de gestes de métier. Au contraire, l’ensemble des contributions réunies ici démontre qu’il n’est pas de bonne pratique sans bonne analyse de la pratique, laquelle d’ailleurs se fonde sur l’analyse de situations professionnelles (Étienne & Fumat, 2014) perçues comme « situations significatives » (Mayen, Métral et Tourmen, 2010) .
Mais ces travaux ne dispenseront jamais enseignants et formateurs d’une préparation de leur intervention auprès de leur public, aussi varié et divers qu’il soit de par son origine, son âge, son parcours antérieur, son expérience et ses projets. C’est donc de didactique dans un sens renouvelé qu’il faut traiter ici, comme y invitent Zaïd et Lebeaume. Il ne s’agit plus seulement d’opérer une simple « transposition didactique » de savoirs savants en savoirs enseignables, comme on a trop rapidement caricaturé le propos de Chevallard (1985) reprenant les apports de Verret (1975). La recherche nous engage à enrichir ce domaine de la préparation et de la systématisation de l’enseignement et de la formation selon les apports de Lenoir et Pastré (2008) qui ont ouvert la voie à une rencontre entre ce qu’on a appris du monde universitaire et scolaire, dans lequel le classement en disciplines de plus en plus spécialisées autorise une transmission des savoirs depuis que l’on a renoncé aux utopies de Pic de la Mirandole, et ce que l’on sait de la manière
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dont se transmettent les métiers entre le prescrit et le réel (Clot, 2007). L’erreur de Descartes (Damasio, 1995) fut bien de croire que le tout se résumait à la collection des parties en se fondant sur une approche qui se voulait strictement rationnelle. Cet empêchement de penser la complexité dans sa globalité se paie encore de nos jours. L’obsession de la simplification touche bien souvent à la falsification : l’enchaînement causal et mécanique empêche de penser la conduite d’un chantier. Comment former à la globalité d’une opération de construction si l’on est accoutumé à penser par thème plus que par système (Jourdan & Huchette) ? L’approche systémique n’est pas la plus partagée dans un système éducatif et de formation qui repose sur une approche linguistique qui veut que « Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, / Et les mots pour le dire arrivent aisément » (Boileau,L’Art poétique, 1674).le langage Or, fonctionne sur un principe séquentiel et non sur un mode simultané. En clair, on ne peut pas dire plusieurs choses à la fois. Depuis le déclin du compagnonnage et la montée en puissance des « écoles normales », la formation s’est alignée sur la norme et cette norme est principalement transmise et vérifiée dans son appropriation sous une forme langagière. Les progrès technologiques, scientifiques et méthodologiques déterminent des conduites qui ne peuvent plus être simplement applicatives (l’ont-elles jamais été ?) : le technicien, chef de chantier ou conducteur de travaux, est responsable de la bonne fin d’un ensemble complexe. Ce dont il a à répondre ce n’est pas de l’interprétation d’un cahier des charges mais d’une capacité à affronter les imprévus (Jean, 2012) dans une « dynamique processuelle » (Azéma, 2015) qui suppose une vision globale du chantier ou des travaux, ce qui n’est pas accessible par la seule verbalisation. « Jamais la première fois sur le patient ! » préconise le rapport remis par Granry et Moll (2012) à la Haute autorité de santé (HAS). La simulation est ainsi, comme très souvent, présentée comme un palliatif sécurisant pour des domaines qui mettent en jeu la vie d’autrui et celle du ou des opérateurs (pilotage d’avions, incidents critiques en centrale nucléaire,
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