Théoriser les pratiques professionnelles

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Cet ouvrage analyse les pratiques professionnelles dans le champ du travail social. Il se centre sur les expériences menées dans le cadre d'intervention et de recherche-action. Sont d'abord rassemblées dans une première partie les contributions dans lesquelles les dimensions de changement au sein de collectifs de travail institués paraissent prépondérantes. Dans la seconde partie, les auteurs ont regroupé les articles privilégiant une visée de production des connaissances, qu'il s'agisse d'étudier l'action pour la caractériser ou pour l'orienter.
Publié le : dimanche 1 juin 2003
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EAN13 : 9782296328044
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THÉORISER LES PRATIQUES PROFESSIONNELLES
Intervention et recherche-action en travail social

Collection Savoir et formation dirigée par Jacky Beillerot et Michel Gault
A la croisée de l'économique, du social et du culturel, des acquis du passé et des investissements qui engagent l'avenir, la formation s'impose désormais comme passage obligé, tant pour la survie et le développement des sociétés, que pour l'accomplissement des individus. La formation articule savoir et savoir-faire, elle conjugue l'appropriation des connaissances et des pratiques à des fins professionnelles, sociales, personnelles et l'exploration des thèses et des valeurs qui les sous-tendent, du sens à leur assigner. La collection Savoir et Formation veut contribuer à l'information et à la réflexion sur ces aspects majeurs. Dernières parutions Dominique FABLET, Les interventions socio-éducatives, 2002. Collectif, L'identité chez les formateurs d'enseignants. Echanges francoquébécois, 2002. Jean-François CHOSSON, Pratiques de l'entrainement mental, 2002. Bernadette TILLARD, Des familles face à la naissance, 2002. Jacky BEILLEROT, Pédagogie: chroniques d'une décennie (19912001), 2002. P. CARRE, M. TETART (coord.), Les ateliers de pédagogie pe rsonnalisée, 2002. Bernadette TILLARD (coord.), Groupes de parents, 2002. Ouvrage coordonné par Chantal HUMERT, Institutions et organisations de l'action sociale. Crises, changements, innovations, 2003. Claudine BLANCHARD-LAVILLE (coord.), Une séance de cours
ordinaire.
«

Mélanie tiens passe au tableau

»,

2003

Patricia VALLET, Désir d'emprise et Éthique de la Formation, 2003. Claudine BLANCHARD-LA VILLE, Dominique FABLET, Travail social et analyse des pratiques professionnelles. Dispositifs et pratiques de formation,2003. M.C. BAIETTO, A. BARTHELEMY, L. GADEAU, Pour une clinique de la relation éducative, 2003. Fabien FENOUILLET, Motivation, mémoire et pédagogie, 2003.

ouvrage coordonné par Claudine BLANCHARD- LA VILLE et Dominique FABLET

THÉORISER LES PRATIQUES PROFESSIONNELLES Intervention et recherche-action en travail social

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3

1026Budapest
HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

cg L'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-4762-0

SOMMAIRE
Avant...propos Claudine Blanchard-Laville, Dominique Fablet... ... ... . . . . . . ..7 Première partie - Supervision, consultation et intervention institutionnelle 1 Analyser les pratiques professionnelles en situation d'intervention,

-

Dominique

Fable!. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21

2 - A11alyser les pratiques d'une équipe d'accueillants de
personnes atteintes par l'infection VIR, Christine Amaral-Giacomino. . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .43 3 - Responsables de Relais et formation complémentaire des assistantes matenlelles : quel accompagnel11el1t ?, Bernard Pueyo. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. .. . . . . . . . . . . . . . . . ...59

4 - Une formation-intervention en direction d'un groupe d'assistantes sociales, Alain Duléry.. . ... .. . .. . ... .. . ... ... ... ... .. . ... .. . .. . ... ... ... .. . ... ..85 5 - Travail social et Inétllodologie de l'intervention dans une Maison d'Enfants à Caractère Social, Jean-Luc Prades.. . ... .. . ... .. . ... .. . ... .. . ... ... ... .. . .. . .. . .. . .. . .105 6 Temporalités des processus de coopération entre acteurs dans les changements organisationnels et dispositifs d'interventions sociologiques,
Michel Foudriat et Bernard Immel. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. .127

Deuxième partie - Recherche-action, recherche sur l'action
7 - La recherche-action: oÙ en sommes-nous plus d'un demi-

siècle après Kurt Le,vin ?, Gérald Boutin ...149 8 - Interventiol1s auprès d'équipes éducatives en llltemat. Essai de justification d'une approche psycho-socio-éducative,
Pau I Du rn in g. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 71

9 - L'intervention du chercheur dans un cadre décisionnel: l'exemple de la modification du statut des assistantes maternelles,
Catherine Sellenet... ... .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191

10 - Observation participal1te des interactions entre familles et technicien(ne)s d'intervention sociale et familiale, Bernadette Tillard ... ... 211 Il - La communauté comme ressource: pratiques émergentes et
interventions professionnelles,

Allal Belqasmi, Bénédicte Madelin, Alain Vulbeau

.227

Avant-propos
Claudine Blanchard-Laville et Dominique Fablet

Voici le septième ouvrage collectif sur l'analyse des pratiques professionnelles que nous coordonnons depuis 19961. En décidant d'explorer un champ d'activités professionnelles plus étendu que celui des interventions socio-éducatives auquel nous avions consacré notre troisième ouvrage, celui du travail social, nous avons, comme précédemment, sollicité un certain nombre de praticiens en les invitant à formaliser leur expérience d'analyse des pratiques professionnelles et il nous a semblé préférable de rassembler les contributions qui nous sont parvenues en deux volumes. Ce qui permet avant tout de différencier les dispositifs d'analyse des pratiques professionnelles, c'est, en effet, la finalité poursuivie: la formation initiale ou continue des professionnels, la production de connaissances quant aux pratiques professionnelles ou encore l'évolution de celles-ci, sans d'ailleurs que l'une
1

Après L'analyse des pratiques pr~fessionnelles,cinq autres volulues

ont été successivenlent publiés dans la collection «Savoir et formation» des éditions L'Harmattan: Analyser les pratiques professionnelles en 1998, Développer l'analyse des pratiques profèssionnelles dans le champ des interventions socio-éducatives en 1999, Pratiques d'intervention dans les institutions sociales et éducatives, en 2000, Sources théoriques et techniques de l'ana(yse des pratiques professionnelles en 2001 et, enfin, Travail social et analyse des pratiques professionnelles. Dispositifs et pratiques de formation. Une nouvelle édition revue et corrigée des deux premiers ouvrages a été publiée en 2000.

soit exclusive d'autres. Le premier ouvrage a donc regroupé les articles traitant de dispositifs d'analyse de pratiques à visée formative en direction de différentes catégories de travailleurs sociaux2, qu'il s'agisse de formation initiale ou de formation continue (d'où le soustitre: Dispositifs et pratiques de formation). Celui-ci se centre sur les expériences menées dans le cadre d'intervention et de recherche-action et c'est précisément la référence à ces modalités d'analyse des pratiques professionnelles qui nous a conduits à choisir le sous-titre de cet ouvrage: Pratiques d'intervention et de rechercheaction dans le champ du travail social. Quant au titre, il s'agit d'un emprunt à l'un des ouvrages de Jacky Beillerot, La société pédagogiqlJe, dans lequel il interrogeait au début des années 1980 l'utilisation de plus en plus fréquente par les travailleurs sociaux de l'expression «théoriser la pratique». «Théoriser la pratique, au-delà du slogan de toute formule, semble indiquer:
- la désillusion envers les sciences et les méthodologies

extérieures au champ d'exercice, où l'éclatement hétérogène oblige à la multiplication des séances et des approches qualifiées de pluridisciplinaires (. ..) ; -l'agacement contre la suffisance des universitaires et des théoriciens scrutateurs sans bienveillance d'un domaine dont ils profitent sans y contribuer (contestation de la division du travail intellectuel/travail manuel, ici représentée par la division chercheurs/professionnels) ; -la revendication de compter sur ses propres forces, c'està-dire le postulat que les travailleurs ont les moyens psychiques et intellectuels de déterminer le sens de l'action. » (Beillerot, 1982, p. 135).
Dans l'avant -propos nous nous sommes efforcés de caractériser brièvelnent le champ du travail social. Pour des cOlllpléments, cf. Ion et Ravon (2002). 8
2

Or, c'est parce que les tenants de pratiques d'intervention et de recherche-action prétendent justement développer d'autres types de rapports entre professionnels et chercheurs, basés sur la coopération, qu'il devient possible pour les praticiens de contribuer, selon des modalités excluant le « psychopompage », à la théorisation de leurs pratiques professionnelles. Bien que les notions d'intervention et de rechercheaction ne soient pas exactement équivalentes, elles sont suffisamment proches pour qu'on les ait regroupées dans un même article du Vocabulaire de psychosociologie, tout récemment publié (cf Dubost et Lévy, 2002). Rien d'étonnant à cela puisqu'on y a recours lorsqu'il s'agit de qualifier dispositifs et pratiques affichant une double visée: l'aide, le soutien ou encore l'accompagnement au changement social et la production de connaissances sur les processus sociaux. Sans vouloir entrer immédiatement dans une discussion quant à ces notions et à leur distinction3, dans la mesure où l'on trouvera des points de repère plus particulièrement dans les contributions respectives de Dominique Fablet et de Gérald Boutin qui figurent au début de chaque partie, indiquons que les textes qui nous sont parvenus ont été regroupés dans la première partie lorsque la visée de changement se révélait, selon nous, prépondérante, alors que dans la seconde il nous a semblé que la dimension recherche, même au service de l'action, semblait davantage prégnante. Sous l'intitulé «Supervision, consultation et intervention institutionnelle» sont d'abord rassemblés les articles dans lesquels les dimensions de changement au sein de collectifs de travail institués paraissent privilégiées
3

Des éléments ont déjà été avancés dans l'introduction quatrième ouvrage (cf. Fablet, 2000). 9

de notre

par rapport aux investigations développées pour étudier les pratiques professionnelles mises en œuvre. Après avoir dégagé les principales caractéristiques de la notion d'intervention, l'article de Dominique Fablet se propose de définir les contours d'une démarche de formation intrainstitutionnelle d'accompagnement au changement dans des structures d'éducation résidentielle. La contribution suivante de Christine Amaral-Giacomino témoigne d'une pratique de supervision d'une équipe d'accueillant(e)s de personnes atteintes par l'affection V.I.H.. Alors que ce sont les relations aux usagers et les modalités d'accompagnement social sur lesquelles se centre l'analyse dans cet article, Bernard Pueyo rend compte, quant à lui, d'une pratique de consultation dans laquelle il s'agit avant tout d'aider une équipe de professionnel(le)s de la petite enfance dans leur projet de professionnalisation des assistantes maternelles au sein d'équipements développant l'accueil éducatif de jeunes enfants. Alain Duléry fait part ensuite d'une expérience de formation-intervention menée durant une année avec un groupe d'assistantes sociales exerçant dans différentes circonscriptions de service social du même département. Enfin, deux contributions traitent de pratiques d'intervention institutionnelle à partir de systèmes de références différents: approche sociopsychanalytique pour Jean-Luc Prades, approche socioconstructiviste pour Michel Foudriat et Bernard Immel, sachant que les auteurs apportent à chaque fois des éclairages sur le type de démarche mise en œuvre. Dans la seconde partie, « Recherche-action, recherche sur l'action », figure un ensemble d'articles privilégiant la visée de production de connaissances, qu'il s'agisse d'étudier l'action pour la caractériser ou pour l'orienter. À chaque fois ce sont les rapports entre théorie et pratique et les relations entre chercheurs et 10

professionnels qui sont interrogés. Gérald Boutin tente de faire le point sur les origines et le développement de la recherche-action depuis Kurt Lewin, sur ses modalités ainsi que sur ses avantages et ses limites. Il donne ainsi une idée de l'importance de la renaissance de la rechercheaction dans le champ psychosocial et éducatif: sans pour autant occulter les nombreuses résistances dont ce type de recherche fait encore l'objet. Dans l'article suivant, Paul Durning dégage les principales caractéristiques du type d'approche développé dans un ensemble de travaux combinant recherche, intervention et formation menés dans le champ de la suppléance familiale. À partir d'une commande ministérielle relative aux procédures d'agrément et de formation des assistantes maternelles permanentes et non permanentes, Catherine Sellenet montre l'utilité d'investigations pour éclairer la prise de décisions. Ensuite, dans le cadre d'une recherche visant à caractériser les pratiques des travailleuses familiales (récemment renommées technicien(ne)s d'intervention sociale et familiale), Bernadette Tillard met en évidence l'intérêt d'une approche par observation participante. Enfin, le dernier article d'Allal Belqasmi, Bénédicte Madelin et Alain Vulbeau se centre sur des pratiques « émergentes» d'intervention sociale (médiation sociale, femmes relais), donnant ainsi à voir les résultats fructueux auxquels aboutit le dialogue entre chercheur et professionnels. Tous les textes rassemblés dans ce nouvel ouvrage sont inédits. Le lecteur désireux de se reporter aux textes déjà publiés dans les volumes collectifs précédents sur l'analyse des pratiques professionnelles et qui traitent d'intervention et de recherche-action dans le champ du travail social peut consulter les articles suivants: dans Analyser les pratiques pr~fessionllelles (1998/2000) les Il

contributions de Pierre Dosda, Dominique Fablet, Paul Fustier et Chantal Humbert; celles de Gérald Boutin, Jean-Louis Chapellier, de Michel Corbillon, Patrick Rousseau et Daniel Rose, d'Alain Duléry, Dominique Fablet, Michel Foudriat, Claude Rouyer, Catherine Sellenet, dans Développer l'analyse des pratiques professionnelles darls le champ des interventions socioéducatives (1999); enfin, celles de Dominique Fablet, Chantal Humbert, Patrick Mauvais, Bernard Pueyo dans Pratiques d'ifltervefltiofl dafls les iflstitutioflS sociales et éducatives (2000). Présentation des auteurs Elle suit le plan retenu pour cet ouvrage.
1ère partie institutionnelle Supervision, COllsultatioll et illtervelltion

Dominiqlle Fablet est enseignant-chercheur au Département de Sciences de l'Éducation de l'Université de Paris X Nanterre. Il poursuit des recherches au Centre de
Recherche Éducation et Formation (CREF

-

EA

1589)

dans l'équipe «Éducation familiale et interventions sociales auprès des familles» ainsi que des activités d'intervention-formation dans des établissements et des services, principalement auprès de professionnels exerçant dans le champ de la suppléance familiale. Outre les ouvrages collectifs réalisés en coordination avec Claudine Blanchard-Laville et publiés dans la collection « Savoir et Formation» aux éditions L'Harmattan, il en a coordonné deux autres, publiés également dans la même collection: La formation des fornlateurs d'adultes (2001) et Les interventions socio-éducatives. Actualité de la Recherche (2002).
12

Christine Amaral-Giacomino est chargée de cours au département des Sciences de l'Éducation de l'Université de Paris X Nanterre. Elle anime depuis plusieurs années des groupes d'analyse des pratiques d'inspiration Balint pour des travailleurs sociaux, des professionnels de la santé et des enseignants de l'Éducation nationale. Bernard Pueyo est Directeur-Adjoint du Département Éducateurs de Jeunes Enfants, à l'École de Service Social du Sud-Est (E.S.S.S.E) à Lyon. Il est plus particulièrement chargé, à ce titre, des dispositifs de formation en cours d'emploi ainsi que de la supervision et de l'accompagnement des intervenants sur les actions de Formation Continue (formations et interventions sur site notamment). Il intervient, par ailleurs, depuis une douzaine d'années auprès d'équipes et d'organisations (crèches, centres sociaux, foyers éducatifs, maisons de retraites, associations...) dans une approche psychosociologique. Alain Duléry est éducateur spécialisé et formateur. Il mène depuis plusieurs années des activités d'intervention-formation dans des établissements sociaux et médico-sociaux auprès d'équipes de professionnels, principalement dans le champ de la suppléance familiale. Il conduit des démarches de projet et de changement dans différents types d'organisations. Jean-Luc Prades, sociologue, est enseignantchercheur à l'Institut d'Enseignement Supérieur de Travail Social (lESTS Nice) et à l'Université Nice Sophia Antipolis (STAPS). Il poursuit des recherches dans le cadre du «Laboratoire Sports et régulations sociales» et effectue des interventions au sein de l'ADRAP 13

(Association De Recherche et d'Action Psychosociologique). Il a publié (en collaboration): La mouvance des communistes critiques. Enquête sur le désarroi milital1t, Paris, L'Harmattan, 1997 ; Sur le travail social et la vie à l'école, Nice, Z' Éditions, 1999; Les méthodes de J'intervention psychosocioJogique, Paris, La Découverte, 2002. Michel Foudriat et Bernard Immel, sociologues, sont enseignants à la faculté des Sciences de l'Éducation, Université Paris XII. Ils ont réalisé des études sur les fonctionnements socio-organisationnels et ont mené des interventions socioconstructivistes dans les organisations des secteurs social et médico-social.
2èmepartie - Recherche-action, recherche sur l'action

Gérald Boutin est Professeur de Sciences de l'Éducation à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Responsable du dossier de la formation pratique, il poursuit des recherches en intervention psycho sociale et en formation continue des personnels. Depuis plusieurs années, il anime des ateliers de formation dans ces domaines en lien avec l'analyse des pratiques. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les méthodologies de recherche et l'éducation parentale et familiale. Paul Durning est Professeur de Sciences de l'Éducation à l'Université de Paris X Nanterre. Il co-anime l'équipe « Éducation familiale et interventions sociales auprès des familles» du Centre de Recherche Éducation et
Formation (CREF

- BA

1589). Il a publié de nombreux

articles et deux ouvrages: Éducation familiale, acteurs processus et enjeux, aux Presses Universitaires de France réédité en 1999, et, en collaboration avec Gérald Boutin, 14

Les Interventions auprès des parents. Innovations en protectioll de l'erifallce et ell éducation spécialisée chez Dunod, réédité en 1999. Il a été, jusqu'en 2002, le premier

rédacteur

en chef de La Revue
fondée en 1997.

illterflatiollale de

l'éducation~fan1iliale,

Catherine Sellenet est Professeur de Sciences de l'Éducation à l'IUT de la Roche-sur-Yon (Université de Nantes) et chercheur dans l'équipe «Éducation familiale et interventions sociales auprès des familles» du Centre de Recherche Éducation et Formation (CREF - EA 1589) de l'Université de Paris X Nanterre. Psychologue clinicienne de formation, docteur en sociologie et titulaire d'une maîtrise de droit, elle poursuit des recherches centrées sur la parentalité, la parentalité violente, la parentalité adoptive et sur les violences individuelles (adultes et enfants) ou institutionnelles. Sur ces questions elle a publié en 2001 Avoir mal et faire mal. Approche des violences en famille et en institlltion, Paris, Hommes et Perspectives. Bernadette Tillard est maître de conférences en Sciences de l'Éducation à l'Université de Paris X Nanterre. Anthropologue et médecin, elle s'est intéressée à la grossesse, la naissance et la nomination des enfants, plus particulièrement ceux dont les parents habitent un quartier populaire de la ville de Lille. Ses travaux ont fait l'objet d'un ouvrage Des Familles face à la naissance (2002) et elle a également coordonné un ouvrage collectif: Groupes de parents. Recherches en éducatiol1 ~fan1iliale et expériences associatives (2003), dans cette même collection. Actuellement, elle poursuit ses recherches sur les familles dans la région Nord en examinant les relations entre les familles et les travailleuses familiales

15

(renommées TISF, techniciens d'intervention sociale et familiale). Allal Belqasmi, après une formation d'animateur, s'oriente vers la prévention spécialisée. Il est éducateur depuis 1994 dans un quartier d'une commune de la SeineSaint-Denis. Il mène depuis plusieurs années un travail avec et sur différents outils pédagogiques comme la boxe française ou le full contact. Il participe à différents séminaires, aux plans national et européen, permettant l'analyse des pratiques et l'interaction entre les partenaires du travail social. Bénédicte Madelin, après avoir été directrice de centre social puis chargée de mission Fonds d'action sociale est depuis 1993 directrice de Profession Banlieue, centre de ressources pour la politique de la ville en SeineSaint-Denis. Trois axes structurent les travaux du centre de ressources: la pertinence du territoire de l'action, la cohésion sociale, la professionnalité des acteurs de la politique de la ville. C'est dans ce cadre que Profession Banlieue a conduit différentes recherches-actions sur les femmes-relais, qui ont donné lieu à plusieurs publications. Alain Vulbeau, sociologue, d'abord dans des bureaux d'études puis à l'Institut de l'enfance et de la famille, est depuis 1996 enseignant-chercheur en sciences de l'éducation à l'Université de Paris X Nanterre. Dans l'équipe «Crise, École, Terrains sensibles» (CREF EA 1589), il mène des travaux sur les jeunes et leurs institutions. Il a publié récemment La Jeunesse comme ressource (colI. Questions vives sur les banlieues, Érès) et Les Inscriptions de la jeunesse (coll. Débat Jeunesse, L'Harmattan).

16

Références bibliographiques
Beillerot J. (1982), La société pédagogiqlle, Paris, PUF. Blanchard-Laville C. et Fablet D. (Coord.), (1998)~ Allalyser les pratiques professiollllelles, Paris, L'Harmattan(édition revue et corrigée, 2000). Blanchard-Laville C. et Fablet D. (Coord.), (1999), Développer l'analyse des pratiques professiollnelles dans le chanlp des illtel1JelltiollS soci()-éducatives, Paris, L'Harmattan. Blanchard-Laville C. et Fablet D. (Coord.), (2000), Pratiques d'intervention dans les institlltions sociales et éducatives, Paris, L'Harmattan. Dubost J., Lévy A. (2002), « Recherche-action et intervention », in Barns-Michel J., Enriquez E., Lévy A. (dir.), Vocabulaire de pS)Jchosociologie, Toulouse, Érès, 391-416. Fablet D. (2000), «La notion d'intervention », in Blanchard-Laville C., Fablet D. (Coord.), Pratiqzles d'intervention dans les institutiollS sociales et édllcatives, Paris, L'Harmattan, 15-25. Ion J., Ravon B. (2002), Les travailleurs sociaux, Paris, La Découverte.

17

Première partie

SUPERVISION, INTERVEN'TION'

CONSULTATION ET IN'STITUTIONNELLE

1
Analyser les pratiques professionnelles en situation d'intervention
Une démarche d'accompagnement au changement dans des structures d'éducation résidentielle Dominique Fablet

Le travail conduit dans les dispositifs d'analyse des pratiques vise essentiellement l'évolution de l'identité professionnelle des praticiens dans ses différentes composantes: renforcer les compétences requises dans les activités professionnelles exercées, accroître le degré d'expertise, faciliter l'élucidation des contraintes et enjeux spécifiques de leurs univers socioprofessionnels, développer des capacités de compréhension et d'ajustement à autrui... Mais ce qui permet avant tout de différencier les dispositifs d'analyse des pratiques professionnelles, c'est la finalité poursuivie: la professionnalisation des praticiens par la formation initiale ou continue, la production de connaissances quant aux pratiques professionnelles ou encore l'évolution de cellesCI.

C'est dans cette dernière perspective que l'on se situera ici puisque, après avoir rappelé les significations attribuées à la notion d'intervention, on dégagera les principales caractéristiques d'une démarche

d'accompagnement au changement, dénommée intervention-formation ou formation intra-institutionnelle, que nous avons contribué à développer plus particulièrement dans le champ des structures d'éducation résidentielle, c'est-à-dire dans des internats ou foyers relevant des domaines de l'enfance en difficulté ou de l'enfance handicapée et principalement auprès de professionnels de la filière socio-éducative du travail social4. La notion d'intervention5 D'usage fréquent dans le langage courant, le terme intervention sert à désigner, dans une acception plus technique, un ensemble d'activités développées à partir du milieu des années cinquante en France par des praticiens en sciences sociales et humaines qui, par cette
dénomination ou par des termes voisins

-

consultation,

recherche-action -, cherchaient alors à les distinguer de différents types d'activités, qu'il s'agisse de formation, d'études ou d'autres formes encore d'expertise, notamment
Panni les travailleurs sociaux, cette filière regroupe environ 125 000 professionnels: 55 000 éducateurs spécialisés, 22 000 moniteurs éducateurs, 10 000 moniteurs d'ateliers, 3 000 éducateurs techniques, 4 000 éducateurs techniques spécialisés, 9 000 éducateurs de jeunes enfants, 22 000 aides médico-psychologiques, sans intégrer les assistantes n1atemelles à titre pennanent, les éducateurs du Ministère de la Justice (PJJ, pénitentiaire) ainsi que les enseignants spécialisés qui exercent également des fonctions éducatives (Ministère de l'Emploi et de la Solidarité, Études et résultats n° 79 - Septelubre 2000, DREES). 5 Les éléments qui suivent sont davantage développés dans un ouvrage précédent (cf. Fablet D. (2000), «La notion d'intervention », in Blanchard-Laville C., Fablet D. (Coord.), Pratiques d'intervention dans les institutions sociales et éducatives, Paris, L'Harmattan, 1525). 22
4

en se proposant d'adopter une approche « collaborative» (intervention avec) plutôt que « technocratique» (intervention sur). Au cours des décennies suivantes le terme se retrouvera accolé à d'autres dans une multiplicité d'expressions (interventions socianalytique, sociopédagogique, sociopsychanalytique, institutionnelle, systémique, stratégique...), en fonction des systèmes de références théoriques privilégiés et/ou des types de démarche préconisés. Des pratiques diversifiées Les pratiques d'intervention constituent un ensemble d'activités hybrides empruntant à la fois: - à des pratiques de recherc11e, les enquêtes en sciences sociales et humaines,
- à des pratiques de formation, principalement les

méthodes de formation psychosociale,
-

à des pratiques de débat social dont les formes peuvent

se révéler multiples, soit les trois sources techniques de l'intervention psychosociologique répertoriées par J. Dubost (1987). En outre, plusieurs traits contribuent à structurer toute situation d'intervention: l'énonciation d'une demande, émanant d'un collectif et le concernant (établissement, ou sous-ensemble organisationnel d'un établissement, dans le cas de figure d'une intervention intra-organisationnelle), dans la mesure où ce collectif se trouve confronté à une situation-problème pour le traitement de laquelle il s'estime, à tort ou à raison, démuni et cherche de ce fait à obtenir le concours d'un tiers, consultant ou intervenant (individu ou équipe). On conçoit qu'en fonction du collectif considéré - le système client - (taille de l'organisation et domaine social: entreprise, établissement éducatif: organisme sanitaire ou social), du type de situation-problème, de l'intervenant sollicité (ses options 23

épistémologiques et visées idéologiques), les situations d'intervention se révèlent des plus variables. Lorsqu'il est question de travailler à l'analyse des pratiques professionnelles dans une structure donnée, la place accordée aux praticiens peut s'avérer plus ou moins importante. Si la démarche est plutôt du type enquête, l'intervenant cherchera à rassembler un ensemble de données relatives aux pratiques (par observation, questionnaire, entretiens...), puis procèdera à leur analyse avant de restituer les résultats de son travail aux professionnels concernés. Mais, quant une visée de changement prime sur une visée de connaissance, une autre voie, moins en extériorité et qui caractérise davantage selon nous une approche d'orientation psychosociologique, consiste à emprunter à la formation psychosociale, en proposant des dispositifs dans lesquels l'analyse de la pratique s'effectue à partir des récits que font des professionnels de leur expérience au sein de «groupes réels» ou «groupes naturels », soit dans un contexte autre que de formation. L'analyse des pratiques en situation d'intervention L'intervention se différencie de la formation. Pourtant, bien souvent, on parle de « formation intra» ou de « formation sur site»; en ce cas c'est pour les distinguer d'actions de formation dites « interentreprises» ou « stages inter». Ces expressions soulèvent un certain nombre d'ambiguïtés puisqu'en les utilisant on ne caractérise pas la nature de l'action, le type de processus pédagogique à l' œuvre. On signifie simplement que l'action se déroule sur le lieu de travail des stagiaires, que le formateur s'y est rendu pour animer le stage de formation, et, le plus souvent, on invoquera des raisons budgétaires ou financières pour justifier ce déplacement. En situation d'intervention, les dimensions collectives se 24

révélant davantage prégnantes, le changement concerne certes les sujets mais aussi les structures organisationnelles au sein desquelles ceux-ci sont amenés à évoluer. L'appartenance à un même collectif de travail constitue un paramètre fondamental trop souvent négligé, voire ignoré, et dès qu'on s'adresse à un groupe de professionnels ayant des liens de travail obligés, alors des dimensions d'intervention sont nécessairement présentes. On utilise donc le terme d'intervention dans les cas où le travail s'engage à partir d'une demande qui concerne des agents appartenant à une même organisation, à un collectif de travail qui leur est commun. En ce cas, la finalité de l'action n'est plus seulement le changement ou l'évolution des personnes qui y participent mais aussi, peu ou prou, celui de leur collectif de travail. Dans une action de cette nature, les interactions entre participants diffèrent de celles existantes dans des groupes de formation, c'est-à-dire dans des groupes réunissant de manière épisodique et limitée dans le temps un ensemble de professionnels exerçant dans des structures diverses. En présentant des situations de travail qui les questionnent, les professionnels ne traitent pas seulement des représentations qu'ils ont de ces situations, mais directement des problèmes rencontrés par les membres d'un groupe «réel» ou «naturel », c'est-à-dire inscrits dans un contexte institutionnel déterminé; ce qui n'a rien d'évident dans la mesure où les professionnels ayant des liens de travail obligés peuvent être en désaccord sur la façon d'exercer ou en butte à des conflits interpersonnels induits par l'organisation du travail. Secondairement, car c'est bien l'appartenance ou pas à un même collectif de travail qui apparaît avant tout déterminante, en fonction de la (des) catégorie( s) de professionnels et de leur type d'activité, des missions de 25

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