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Le chevalier Gui et la forêt ensorcelée et autres contes et nouvelles

De
69 pages

Gui chevauchait dans la forêt sombre depuis plusieurs heures à la recherche d’une aventure. Chevalier errant de son état, il allait là où le conduisait sa fantaisie en quête de sensations fortes et de gloire.

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Ajouté le : 01 mai 2015
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Le chevalier Gui et la forêt ensorcelée
Gui chevauchait dans la forêt sombre depuis plusieurs heures à la recherche d’une aventure. Chevalier errant de son état, il allait là où le conduisait sa fantaisie en quête de sensations fortes et de gloire.
Alors qu’il approchait d’une clairière, un arbre s’abattit brutalement devant lui. Son cheval surpris se cabra, ne put éviter le tronc qui entravait le chemin et tomba, entraînant son cavalier qui se retrouva coincé sous lui.
Gui essaya en vain de se dégager ; le destrier blessé ne parvenait pas à se relever et l’écrasait. Un nain apparut alors, comme par enchantement.
- Si tu veux que je t’aide il va falloir résoudre une énigme, proposa le nain à Gui.
- Comment pourrais-tu m’aider ? demanda Gui incrédule. Tu n’auras jamais la force de soulever mon palefroi.
- On n’a pas besoin de la force lorsqu’on possède les secrets de la magie. Tu es ici dans la forêt ensorcelée. Elle appartient aux nains qui sont aussi des magiciens. Si tu réponds à ma question je te délivrerai et je t ’offrirai un pouvoir qui te rendra invincible. Mais si tu échoues, tu deviendras notre esclave et tu feras toutes nos volontés.
- Je relève ton défi. Dis-moi quelle est l’énigme qui m’est destinée. J’ai toujours été très fort à ce jeu.
- Ne sois pas présomptueux et écoute attentivement. Qu’est-ce qui vit la nuit, change de forme plusieurs fois dans l’année et n’est pas toujours visible ?
Gui réfléchit un long moment. L’enjeu était important et il ne fallait pas répondre trop vite. Soudain un grand sourire éclaira son visage.
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- Je sais. C’est la lune : on ne la voit que la nuit, elle peut être pleine ou croissant
et elle est parfois cachée par les nuages.
Le cheval se redressa alors, délivrant son cavalier, fou de joie.
- Bravo, s’exclama le nain. Tu es intelligent, tu mérites la récompense promise. Suis-moi.
Un buisson de broussailles s’écarta sur leur passage et ils pénétrèrent dans un lieu étrange. De petites cabanes en bois étaient disposées en cercle au centre duquel était dressée une cahute plus haute pour les hommes-esclaves.
Les nains étaient tous réunis et semblaient attendre Gui.
- Je savais bien qu’il réussirait l’épreuve, dit l’un d’eux.
- Nous t’attendions, déclara celui qui semblait être le plus vieux, à Gui. Tu as franchi le premier obstacle mais bien d’autres seront dressés sur ta route. Pour t’aider à les surmonter nous allons te donner un anneau magique qui te rendra invincible à la seule condition que tu utilises aussi ton intelligence pour trouver les solutions aux épreuves que tu rencontreras. As-tu compris ?
- Oui, je crois, répondit Gui impressionné.
- Puis-je vous poser une question ? ajouta-t-il, presque timidement.
- Nous t’écoutons.
- Comment saviez-vous que j’allais venir ?
- Je t’ai dit que nous avions des pouvoirs magiques. Nous connaissons l’avenir immédiat mais nous ne pouvons prédire ce qui t’arrivera dans plusieurs mois ou plusieurs années.
- Voici l’anneau que je t’ai promis, dit le nain qui lui avait posé l’énigme. Fais-en bon usage. Mais attention, si tu ne réfléchis pas avant d’agir, non seulement cet anneau ne te protégera plus mais il te rendra encore plus vulnérable.
L’anneau brillait d’un éclat surprenant qui diminua dès que Gui le mit à son doigt.
Les nains le convièrent ensuite à un repas composé uniquement de légumes et de
fruits qu’apportèrent les hommes-esclaves. Tous s’assirent à même le sol, formant un
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grand cercle. Une musique harmonieuse semblait venir de nulle part. On ne voyait aucun musicien. Gui se sentait tout alangui par la mélodie mélancolique et douce.
Puis le repas prit fin et la mélopée s’interrompit aussitôt.
Gui sortit de sa torpeur et, suivant l’exemple des nains, se leva.
- Il est temps pour toi de partir et de faire tes preuves. L’aventure t’attend, lui dit le plus vieux des nains.
Gui se retrouva à l’endroit où son cheval avait trébuché, sans savoir comment il y était parvenu. Seul le tronc d’arbre en travers du chemin lui indiqua qu’il n’avait pas rêvé. Il regarda alors sa main et y vit l’anneau.
- Quelle histoire ! s’exclama-t-il.
Au même moment surgit d’un taillis un chevalier tout de noir vêtu qui s’élança vers lui en hurlant :
- A moi ! Par le diable ! Défends-toi, chevalier !
Gui surpris esquiva de justesse le coup de lance du chevalier noir qui heurta le bord de son bouclier. Gui attaqua à son tour son adversaire avec adresse et parvint à le désarçonner. Le combat continua à pied. Les yeux de braise du chevalier noir lançaient des éclairs, on l’aurait cru surgi de l’Enfer. Du reste, il ne cessait de répéter :
- Par le Diable !
Mais Gui ne se laissa pas impressionner par sa fureur meurtrière et lui tint tête avec toute son énergie et sa vaillance, en preux chevalier qu’il était. Se souvenant des conseils donnés par le nain, il déjoua les ruses de son assaillant. Le duel dura une bonne heure car les deux chevaliers étaient d’égale force. Cependant l’un et l’autre commençaient à faiblir. Ce fut Gui qui fit la différence en assénant un coup très rude sur la tête de son adversaire qui mit un genou à terre.
- Rends-toi, ordonna-t-il à son adversaire.
- Jamais, répondit l’autre.
Alors Gui décapita le chevalier noir dont la tête roula à terre dans un flot de sang bouillonnant.
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Sous ses yeux stupéfaits, le chevalier noir se désintégra en quelques secondes.
Gui remonta alors sur son destrier et continua son chemin en quête d’une nouvelle aventure.
Celle-ci ne se fit pas attendre. Il n’avait pas chevauché depuis une demi-heure qu’il arriva à une petite rivière qu’enjambait un pont en lianes. Il descendit de cheval pour éprouver la solidité du pont. C’est alors qu’un cri de femme retentit dans le lointain.
- Au secours ! A moi ! Mon cheval s’est emballé !
Il fallait agir vite. Mais Gui ne se laissa pas pour autant aller à la précipitation. Il fit quelques pas sur le pont et vit qu’il ne supporterait pas le poids de son cheval. Il chercha un gué pour traverser la rivière. Il vit alors un cerf qui rejoignait l’autre rive quelques mètres plus loin. Il décida de passer au même endroit. Bien lui en prit car il arriva sans encombre de l’autre côté.
Il se précipita enfin dans la direction d’où venaient les cris et parvint à rejoindre la jeune fille. Il la rattrapa, saisit les rênes de son cheval et l’arrêta.
- Merci, gentil chevalier, le remercia la damoiselle avec un doux sourire. Sans vous, je ne sais ce que je serais devenue. Je vous dois ma vie.
- Je n’ai fait que mon devoir de chevalier, répondit modestement Gui.
Il prit alors le temps de regarder attentivement la jeune fille et fut ébloui par sa beauté. Ses tresses blondes descendaient jusqu’au bas de son dos, ses yeux étaient d’un bleu lumineux, sa bouche parfaite laissait entrevoir des dents d’une blancheur éclatante.
Son rire argentin le tira de sa contemplation muette.
- Puisque vous voilà devenu mon chevalier servant, escortez-moi jusqu’au château de mon père, vous y recevrez votre récompense.
Avant que Gui ait pu répondre, la voilà repartie au galop. Le chevalier éperonna son cheval pour ne pas être distancé. La jeune fille était manifestement une excellente cavalière et Gui s’étonna qu’elle se soit trouvée en difficulté. L’espace d’un instant, il se demanda s’il n’y avait pas un piège là-dessous mais il rejeta tout-de-suite cette idée. La
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