Le voleur de rêves et autres contes du Gabon

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Ces contes nous ramènent à nos origines, à l'époque très lointaine où les hommes, les animaux, les arbres et les dieux vivaient ensemble. Cette cohabitation, dans bien des cas, ne se passait pas sans difficulté. Les uns utilisaient les autres pour conforter leurs pouvoirs, naturels ou magiques. Pour tirer son épingle du jeu, il fallait être très rusé.
Publié le : lundi 1 septembre 2003
Lecture(s) : 292
EAN13 : 9782296328525
Nombre de pages : 65
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Éric Joël BEKALE

LE VOLEUR DE RÊVE
Contes

L'Harmattan

DU MEME AUTEUR:
Le chant de ma mère (poèmes), La pensée Universelle, Paris, 1993. Cris et Passions (poèmes), Bajag-Méri, Paris, 1996. Au pays de Mbandong 2001. (nouvelles), L'Harmattan, Paris,

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L'Harmattan,

2003

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, ltalia s.r.l. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7475-4791-4

L'ENFANT

DU LAC

Il était une fois, il y a de cela très très longtemps, dans un petit village nommé Aboumzok: une femme qui n'était pas comme les autres. Cette dernière s'appelait Ekome-Avome. Elle vivait dans ce village depuis des temps immémoriaux. Mariée très tôt avec N ang- N dong, elle ne parvenait pas à lui donner la descendance qu'il souhaitait. Elle le privait ainsi de l'opportunité de laisser des héritiers, témoins de son passage sur terre. Cette situation devenait de plus en plus gênante pour le mari. En effet, Nang-Ndong franchissait inexorablement le troisième âge. Son impatience de voir sa femme enfanter un jour se transformait terriblement en une inquiétude existentielle. De fait, Ekome-Avome avait tout essayé pour satisfaire son époux. Nang-Ndong, dont la barbe commençait à ressembler à celle du maïs en saison sèche, la menaçait d'épouser une seconde femme si elle ne se dépêchait pas de lui donner un héritier. Sans progéniture, le nom de Nang-Ndong disparaîtrait avec lui. Ne sachant plus à quel saint se vouer, Ekome, un soir, alla rendre visite au ngangadu village afm que ce dernier trouvât une solution miracle au mal qui la rongeait. Après avoir consulté les esprits, le ngangapénétra dans la forêt et en revint avec un bocal rempli d'une mixture faite de plantes. IlIa donna à la jeune femme et lui conseilla de la boire chaque soir au clair de lune avant d'aller se coucher.

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La saison sèche qui suivit cette consultation arriva avec de bonnes nouvelles. Tout le village constata avec stupéfaction que le ventre d'Ekome gonflait à vue d'œil. En quelques mois, il se mit à ressembler à la calebasse de vin de palme du vieux Akwé, le patriarche du village. Cela combla d'orgueil Nang qui commençait à se lasser des railleries des autres hommes du village. Les femmes, quant à elles, ne pouvaient plus douter de sa virilité. Vers la fm de la saison des pluies, Ekome donna à son mari un garçon qu'on nomma Akamayong. Mais, si le village fut ravi de la naissance de ce dernier, les jours qui suivirent cette venue ne furent pas de tout repos pour Ekome. Déjà, à l'accouchement, le bébé tarda tellement à sortir que la mère, torturée par la douleur, faillit en mourir. Ensuite, Akamayong refusa de se nourrir au sein maternel. Il voulait manger la même nourriture que ses parents. Il ne se passait pas une nuit sans que les pleurs de l'enfant ne réveillassent tout le village. Il criait, il criait à tel point que sa mère en devenait folle. La pauvre maigrissait à vue d'œil. Les commères d'Aboumzok commencèrent à raconter que le fils de Nang était l'enfant du vampire et qu'en effet, Nang-Ndong n'était nullement son géniteur. Toutes ces médisances n'amélioraient pas la santé d'Ekome, bien au contraire. Une nuit, alors que tout le monde dormait, Ekome secoua son mari pour le réveiller. «Nang, Nang réveille-toi! ». « Que se passe-t-il femme, es-tu devenue folle? ». « Non, c'est Akamayong. Il ne pleure pas! ». « En effet, c'est étrange. A-t-il décidé de nous laisser en paix pour cette nuit? ». « Va voir! ». Nang se leva et se dirigea vers le coin où dormait l'enfant. Celui-ci était endormi sur sa natte. Mais, en se rapprochant pour toucher son ftis et vérifier si ce dernier n'était pas malade, Nang constata l'horreur: Akamayong était mort. Frappé de 8

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