Cet ouvrage et des milliers d'autres font partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour les lire en ligne
On lit avec un ordinateur, une tablette ou son smartphone (streaming)
En savoir plus
ou
Achetez pour : 7,49 €

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Partagez cette publication

Vous aimerez aussi

L'affaire Moon

de fleurus-numerique

Le Petit Prince pour les enfants

de fleurus-numerique

suivant
FashionDetective_T3_couv
9782215131113-titre

Table des matières

Fashion detective

Le secret de Johnny Vane

Pour Annie et Mary,
avec toute mon affection et mes remerciements.

Charlotte se pencha vers moi, par-dessus son bureau et conclut :

– Et c’est pour ça, Axelle, que tu vas devoir la jouer fine. Si tu es sur une affaire, alors je te demande, en tant qu’agent de mannequin détective, dit-elle en souriant à l’intitulé de son métier, de ne pas en souffler un seul mot à quiconque et d’être la plus discrète possible jusqu’à ce que tu sois absolument sûre de ce que tu avances. Je n’ai pas besoin de te rappeler combien les gens de la mode ont un ego surdimensionné. Et une accusation, surtout si elle est fausse, ne sera pas prise à la légère, d’accord ?

– Oui, répondis-je, et je le pensais.

Le pire qui pourrait m’arriver, ce serait de mettre en danger ma carrière de détective à cause d’une accusation infondée. Dans ce monde de langues de vipères qu’est la mode, j’aurais vite fait de devenir aussi infréquentable que du polyester !

LUNDI SOIR

Message de Miami

Je t’envoie quelqu’un. Tu peux lui faire confiance. Désolée, pas le temps de t’en dire plus, j’embarque. On se voit à Londres. Bise, Ellie.

MARDI MATIN

L’appel de Londres

J’étais chez moi, à Notting Hill, debout face à mon armoire, en train de regarder mes chaussures. J’imagine très bien qu’en me voyant ainsi, les yeux perdus dans ma rangée de talons aiguilles, on aurait pu me croire en train de rêver à mon prochain défilé sur les podiums de la mode… Eh bien, on se mettrait le doigt dans l’œil.

À cet instant précis, j’étais juste en train de me demander si viendrait enfin le jour où j’aurais une autre affaire à résoudre.

Malgré ma mère qui avait déjà tout prévu pour faire de moi la nouvelle Karlie Kloss, la seule chose dont j’avais envie, c’était de résoudre des mystères, et ça ne datait pas d’hier. En fait, ça remontait même à mon enfance, lorsque ma grand-mère me biberonnait aux histoires de détectives : je connaissais tout Alice Roy avant même de savoir lire, et en rentrant de l’école, je regardais les rediffusions de Miss Marple au lieu des dessins animés. Arrivée à l’âge de jouer au Cluedo, je crois qu’on peut dire que j’étais déjà obsédée par l’idée de devenir détective. En plus, comme ma grand-mère aimait à le rappeler à mes parents, « Elle a ça dans le sang, que voulez-vous ». En général, cette phrase était accueillie par deux paires d’yeux levés au ciel d’exaspération, mais le fait est que Granny avait raison : mon grand-père, son mari, avait été un détective de Scotland Yard1. Mon destin, selon Granny et moi, était déjà tout tracé. Alors malgré tout ce que ma voisine et BFF2, Jenny Watanabe, n’arrêtait pas de répéter (« Tu dévores plus souvent d’articles sur les techniques criminalistiques de Scotland Yard que tu ne feuillettes de Miss Vogue, Axelle. Tu te rends compte que ce n’est pas normal ? »), je ne voyais pas comment résister à suivre la voie qui, je le sentais, m’était déjà toute destinée !

Et puis, il y a quelques semaines, mes parents avaient astucieusement essayé de me détourner de mes activités de détective en m’envoyant à Paris pour la Fashion Week. Mais les dieux des détectives ne m’avaient pas laissé tomber et, pour mon plus grand bonheur, le plus sombre et le plus juteux des mystères que Paris avait jamais vus me tombait tout cru dans le bec. Bon, d’accord, peut-être pas complètement dans le bec, mais pas loin : ma tante Venetia, grande prêtresse des rédactrices en chef de mode, faisait partie des suspects dans l’affaire de la disparition de Belle Moon, la créatrice de mode. Enfin, comprenez-moi, qu’est-ce que vous vouliez que je fasse : laisser passer la chance de ma vie, quitte à ce que ma grand-mère se retourne dans sa tombe ? Mais bien sûr… Autant demander à une fashionista si elle mettrait des chaussettes dans ses Birkenstock.

Alors j’ai simplement fait ce que j’avais à faire et j’ai retrouvé Belle Moon avant la police. Je ne m’en étais pas vantée car me servir de ma couverture de mannequin pour retrouver Belle m’avait appris que : A) une vraie enquête, c’était quand même dix mille fois mieux qu’un Cluedo, et que B) si j’avais envie de continuer à enquêter dans le monde de la mode, j’avais intérêt à me faire discrète sur mes intentions réelles.

Ce plan d’attaque avait été payant puisqu’il m’avait aussi permis de remettre la main sur un voleur de diamant à New York pendant la semaine des défilés.

Je n’aurais pas pu rêver mieux que les affaires de Paris et de New York pour me lancer dans la carrière de détective… Enfin, c’est ce que je pensais. Mais ce qui me rendait folle, c’est que depuis mon retour de New York, trois mois plus tôt, je n’avais pas vu passer la moindre affaire. Rien. Nada. En ce moment, j’avais l’impression d’être aussi demandée que les tendances de la saison dernière.

Voilà ce que j’étais en train de me dire, les yeux rivés sur mes talons aiguilles, à me demander si un jour, mon chemin croiserait celui d’un mystère, lorsque ma mère frappa à ma porte et entra dans ma chambre, me prenant par surprise.

– Ah, tu es là ! dit-elle gaiement.

Je sentais ses yeux dans mon dos.

– Pressée de retrouver les podiums, hein, ma chérie ?

– En fait, maman, répondis-je…

Mais je fus interrompue avant d’avoir pu en dire plus.

– Je serais toi, je ne m’en ferais pas trop, Axelle. L’agence t’a bien occupée depuis la fin de ton GCSE3, et avec les défilés croisière qui commencent cette semaine, tu replongeras dans le bain en un clin d’œil. À propos de défilé, l’agence n’avait pas dit que tu avais un fitting pour les Moon, demain ? Et il n’y a pas quelque chose avec Jorge Cruz, cette semaine, aussi ?

Argh ! Ma mère… Incapable de penser à autre chose qu’à ma carrière de mannequin.

Mais elle n’avait pas tort : Thunder, mon agence de mannequinat londonienne, m’avait bien occupée ces deux dernières semaines. À mon retour de New York, je m’étais d’abord concentrée sur mes études et sur le GCSE, et il me semblait que je ne m’en étais pas trop mal tirée. Et en attendant les résultats, je m’étais dit que je pouvais accepter quelques-unes des options que l’agence m’avait proposées, dans l’espoir qu’en remettant un pied dans ce monde, un bon gros mystère me tomberait dessus. Mais pour l’instant, cette stratégie n’avait pas vraiment fonctionné.

Je soupirai et, alors que je m’apprêtais à me retourner vers ma mère, elle m’arrêta dans mon élan.

– Et ce n’est pas tout : apparemment, le monde de la mode est arrivé jusqu’à notre porte, s’exclama-t-elle. Il y a une blogueuse mode en bas qui demande à te voir. Elle s’appelle Tallulah Tempest et, si j’ai bien compris, je crois qu’elle aimerait t’interviewer. Tu vois ? Quand je pense que tu as perdu tellement d’années à rêver d’être détective alors que ta carrière de mannequin est tout ce qu’il y a de plus réel et m’a tout l’air d’être partie pour durer. Je lui dis que tu arrives ?

Je refermai la porte de l’armoire, me penchai pour attraper Halley (ma petite westie blanche) et déposai un baiser sur sa petite tête touffue tout en réfléchissant.

A priori, je ne voyais qu’une seule explication au fait qu’une blogueuse mode se soit donné la peine de se déplacer jusque chez moi, et cette explication n’avait rien à voir avec la mode, ou en tout cas, pas directement. En effet, n’importe quelle personne cherchant des informations (blogueur, journaliste de magazine, intervieweur, souvent à la recherche d’informations aussi cruciales que le menu du petit-déjeuner de telle top-modèle) passerait d’abord toujours par l’agence de la mannequin en question, à moins qu’ils ne soient déjà amis. Alors pour qu’une blogueuse mode soit venue directement chez moi…

Le texto que j’avais reçu hier soir tard de la part d’Ellie, celui qu’elle avait envoyé depuis l’aéroport de Miami juste avant d’embarquer pour Londres, me revint en mémoire. Tallulah devait certainement être ce « quelqu’un » auquel elle faisait référence ! Je jetai un coup d’œil à ma montre ; il était encore trop tôt pour appeler Ellie, son avion n’atterrissait pas avant au moins une heure…

– Axelle ? Je lui dis que tu descends ?

Soudain, le nom de Tallulah Tempest me dit quelque chose… Hum… Je sentis monter l’adrénaline : si mes hypothèses sur les raisons de sa venue étaient bonnes, alors il n’y avait pas une seconde à perdre. Je posai Halley par terre.

– Axelle ?

– Ne t’inquiète pas, maman, dis-je en l’embrassant sur la joue et en passant devant elle. Je descends la voir tout de suite.

 

Tallulah était debout dans notre salon et regardait le jardin par une des fenêtres. Tout en refermant la porte derrière moi, je jetai un rapide coup d’œil vers elle. Elle me plut tout de suite.

Grande et aussi fine qu’un lévrier, les cheveux de jais rasés d’un côté de sa tête, elle portait une petite jupe noire serrée en cuir sous un grand pull aux motifs géométriques. Sa tenue était soulignée par un grand snood qui pendait à son cou, des collants noirs et des bottines à talons noires cloutées. Celles-ci ressemblaient beaucoup aux bottines que j’avais vues sur le podium de Valentino lors de la Fashion Week de Paris. Au bout de la chaîne en or qu’elle portait en bandoulière était suspendu un petit sac à main matelassé Chanel, d’un turquoise vif. Le style de Tallulah était en même temps féroce et exotique et dégageait cette fameuse touche londonienne : branchée, sans être trop travaillée, et mystérieusement cool. Et en plus de tout cela, il émanait de sa personne une certaine maîtrise d’elle-même et une sorte de confiance sereine.

En m’approchant d’elle, j’aperçus mon reflet dans le grand miroir du salon. Avec mes énormes lunettes de geek et mes cheveux mal coiffés, je perdais un sacré nombre de points sur l’échelle du style. D’un autre côté, ce qu’on demande à un détective, c’est de passer inaperçu, me dis-je.

Elle se tourna vers moi et, sans détacher de moi ses yeux bleus bordés de khôl noir, me tendit la main.

Je la vis jeter un rapide regard par-dessus mon épaule, en direction de la porte, pendant que nous nous serrions la main. Cela ne dura qu’une fraction de seconde, mais c’était suffisant pour me faire comprendre qu’elle préférait que ce qu’elle était sur le point de me confier reste entre nous.

Sans dire un mot, je fis signe à Tallulah de me suivre. Nous sortîmes, Halley sur mes talons, et nous dirigeâmes vers le fond du jardin, un coin sauvage mais plutôt romantique. Là, je pris une clé cachée sous une pierre et ouvris la petite cabane de jardin qui faisait également office de salon de thé et qui aurait mérité que l’on s’en serve plus.

Même s’il faisait plutôt frais en cette matinée de fin juin, il avait fait beau et chaud ces dernières semaines, et les roses et les pivoines qui avaient fleuri, embaumaient l’air frais du jardin de leur intense parfum. Les dernières gouttes de rosée matinale s’étaient évaporées, et au-dessus de nous, les nuages filaient dans le ciel. Halley préféra faire un petit tour de reconnais­sance dans le jardin plutôt que d’entrer avec Tallulah et moi dans la petite cabane.

– C’est Ellie qui m’a envoyée, me dit-elle avant même que nous soyons assises. Elle m’a dit que tu pouvais m’aider…

J’acquiesçai. Tallulah était donc bel et bien la mystérieuse personne dont Ellie m’avait parlé. Elle avait bien fait, d’ailleurs, parce que cela facilitait les choses de savoir que je pouvais lui faire confiance. Nous allions pouvoir entrer rapidement dans le vif du sujet… S’il s’agissait bien là d’une nouvelle affaire.

– Elle dit que tu es… une sorte de future Sherlock Holmes…

Je haussai les sourcils de surprise.

– C’est vrai, elle a dit ça ? demandai-je.

De la part de ma BFF de mannequinat, Ellie B (de son vrai nom hors podium : Élizabeth Billingsley), c’était effectivement un sacré compliment, d’autant plus que j’étais à peu près sûre de ne jamais l’entendre de sa bouche même !

– Je… J’ai été surprise qu’elle m’envoie vers toi. Je savais que tu étais mannequin, mais je ne savais pas que tu…

Je la regardai chercher ses mots pour essayer de décrire ce que je faisais. Pour l’aider, je lui dis :

– Que je pouvais aider à résoudre les… situations délicates ?

Elle fit oui de la tête.

– Ce n’est pas vraiment le genre de chose que tu cries sur tous les toits, c’est ça ?

– Absolument. J’évite d’ébruiter ce petit loisir, je n’ai pas le choix. Je serais incapable d’obtenir la moitié des informations dont j’ai besoin si tout le monde savait que j’étais détective.

– Bien sûr, répondit Tallulah. Et pour te rassurer, personne, à part Ellie, ne sait que je suis là…

– Merci.

– Pas de problème.

Tallulah prit une profonde inspiration avant de poursuivre.

– Je ne sais pas vraiment par où commencer…

Je restai muette et attendis que Tallulah se lance sans aide de ma part. C’était une des techniques d’enquête de mon grand-père, et je savais par expérience que cela fonctionnait. Voilà la règle : si quelqu’un est nerveux et qu’il tente de livrer un secret, ne jamais, et ce, sous aucun prétexte, l’interrompre. Restez sagement assis et laissez cette personne dérouler le fil de son histoire à son propre rythme. Essayer de lui soutirer des informations ne fera que la stresser encore plus.

– Mon frère, Gavin, est photographe de mode, ou plutôt, il travaille aussi dans la mode pour boucler ses fins de mois. Il est étudiant en photojournalisme… C’est là-dedans qu’il aimerait travailler plus tard. Et comme il est très doué avec son appareil photo, le monde de la mode adore son travail, et surtout ses portraits. Bref…

Tallulah remua nerveusement sur sa chaise pendant quelques instants, puis elle se ressaisit, leva les yeux vers moi et me dit :

– Gavin est à l’hôpital.

Elle poussa un long soupir avant de continuer.

– Il a été retrouvé inconscient sur les bords de la Tamise près du pont de Westminster dimanche. La police nous a dit qu’il avait reçu un mauvais coup sur le crâne…

Je fus choquée.

– Il s’en remettra ? demandai-je.

Tallulah hocha lentement la tête.

– Les médecins semblent penser que oui. Mais en ce moment, c’est un peu délicat : il a été plongé dans un coma artificiel.

– Pour combien de temps ?

– S’il continue à réagir comme il le fait, alors ils le réveilleront d’ici la fin de la semaine.

Tallulah tourna la tête ; ses mâchoires et ses poings serrés disaient bien combien il était difficile pour elle de parler de cette situation. Il lui fallut quelques minutes avant qu’elle ne tourne à nouveau son visage vers moi.

– Alors, que lui est-il arrivé, dimanche ? demandai-je.

– Nous pensons que quelqu’un l’a agressé.

Je réfléchis quelques instants.

– Est-ce qu’on lui a pris quelque chose ?

– Son appareil photo.

– Rien d’autre ?

Tallulah fit non de la tête.

– Est-ce qu’il avait rendez-vous avec quelqu’un ?

Elle haussa les épaules.

– Je ne sais pas. Il m’a dit qu’il devait « vérifier quelque chose », selon ses propres mots, du côté de Westminster, mais il ne m’a pas dit quoi. Et il ne m’a rien dit sur un quelconque rendez-vous, mais j’avais l’étrange impression qu’il devait voir quelqu’un. Ce qui est bizarre, quand même, c’est qu’en général il ne me cache jamais rien. On est toujours au courant de ce que l’autre fait, normalement… Gavin et moi avons toujours été très proches, m’expliqua-t-elle en voyant mes yeux s’arrondir, et le fait que nous soyons arrivés en même temps à Londres nous a encore plus rapprochés, d’autant plus qu’on travaille tous les deux dans la mode. Et pour répondre à ta question, non, il n’avait rien noté dans son agenda concernant un éventuel rendez-vous dimanche matin.

Tallulah fit une pause puis, en plantant ses yeux dans les miens, me dit :

– La police est convaincue que ce n’était qu’un vol ordinaire.

– À cause de l’appareil photo qui a disparu ?

– Oui. Et à cause des caméras de surveillance. Il n’y a rien de spécial sur les images qu’ils ont visionnées, juste un couple de personnes âgées, une dame aveugle et quelques coureurs. Ils disent aussi que les rives de la Tamise sont des nids à voleurs, à cause des touristes, même le dimanche matin. La police pense que Gavin a été agressé peu après 8 heures du matin, parce qu’à 8 heures, on le voit encore en bonne santé sur les bandes vidéos. Il a été retrouvé vers 8 h 15.

Elle hésita quelques instants avant de continuer.

– Mais moi, je ne pense pas qu’il s’agisse d’un vol ordinaire. Je crois que quelqu’un était à la recherche de quelque chose. Quelque chose que mon frère a en sa possession.

– Qu’est-ce qui te fait dire ça ?

– Après être allée voir Gavin à l’hôpital, je suis revenue dans notre appartement de Camden ; quelqu’un était entré par effraction et l’avait fouillé de fond en comble pendant mon absence.

Pour la première fois, je vis apparaître une légère fissure dans sa façade apparemment cool : elle s’était mise à gratter le vernis à ongles violet qui ornait le bout de ses doigts.

– Fouillé ? Genre, tout était sens dessus dessous, tous les tiroirs renversés, ce genre de fouille ?

Tallulah hocha la tête.

– C’est la première fois que ça m’arrive, et je t’assure que j’espère que c’est la dernière. C’est horrible de rester dans cet appartement, mais je dois le faire, pour Gavin.

J’avais donc vu juste quand j’avais tablé sur sa maîtrise d’elle-même et sa confiance : je ne connaissais pas beaucoup de personnes capables de rester dans un appartement qui venait d’être mis à sac. Je l’écoutai continuer son histoire.

– J’ai tenté de ranger ce que je pouvais dans l’appartement, mais je ne voulais pas le dire aux parents, tu comprends… Ils sont déjà bien assez inquiets comme ça ! Mais j’ai quand même appelé la police.

– Et ?

– Eh bien, comme rien n’a été volé, ils ne pensent pas pouvoir faire grand-chose. Ils ont rédigé un rapport, et c’est tout.

– Est-ce que ça pourrait être un vol qui aurait mal tourné ? Peut-être que la personne qui est entrée chez vous par effraction a été dérangée avant d’avoir pu prendre quoi que ce soit ? Peut-être que le chien d’un voisin s’est mis à aboyer, ou que quelqu’un est passé dans les escaliers ?

Tallulah acquiesça.

– Oui, mais notre voisin du dessus était parti pour le week-end, et le magasin juste en dessous de nous, une librairie de livres d’occasion, est fermé le dimanche. Alors je ne pense pas que l’intrus se soit fait surprendre.

– Hum… Et donc, il a vraiment fouillé tout l’appartement ?

Elle hocha la tête.