Vaudou et Cacao du Bénin au Nigeria

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Léa, collégienne de 12 ans, se mobilise avec ses camarades pour les enfants du Bénin en participant à une collecte de trousses et de stylos. Elle parvient à persuader ses parents de partir en vacances en Afrique pour faire un reportage dans l'école Mathieu Kérékou qui a reçu les dons de son collège. Son père, chocolatier, a prévu un voyage au Nigeria pour visiter des champs de cacaoyers. Mais rien ne se passera comme prévu. Les trousses ont disparu, Léa mène l'enquête...
Publié le : mardi 15 mars 2016
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EAN13 : 9782140004209
Nombre de pages : 112
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Daniel Roques
Vaudou et Cacao
du Bénin au Nigeria
Vaudou et Cacao
du Bénin au Nigeria
Jeunesse Collection dirigée par Isabelle Cadoré, Denis Rolland et Joëlle Chassin
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Daniel Roques
Vaudou et Cacao
du Bénin au Nigeria
© L’HAR M ATT A N, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-08515-9 EAN : 9782343085159
Pour Eléna qui me donne toujours de précieux conseils.
1 La grande cour de l’école Mathieu Kérékou était en pleine effervescence. Des centaines d’élèves en uniforme beige couraient pieds nus dans le sable, soulevant un nuage de poussière et se pressant pour nous regarder. Le drapeau béninois flottait au-dessus de la foule des gamins et certains audacieux s’étaient hissés le long du poteau pour mieux nous apercevoir. Inutile de dire que nous n’étions pas frais : nous avions débarqué de Paris la veille au soir. Au cours de la visite des classes, les écoliers nous mangeaient des yeux. C’était leur dernière semaine d’école avant les grandes vacances de la saison des pluies. Il faisait une chaleur infernale et j’avais la sensation que nous étions des Pères Noël en train de fondre. De drôles de Pères Noël… en chocolat blanc. Malgré ces conditions inconfortables, une maîtresse moulée dans un impeccable tailleur bleu nous a invités dans sa classe où une interminable procession d’écoliers en uniforme était entrée. Elle nous a fait monter sur l’estrade tandis que les gamins s’asseyaient. Madame Sodji a attendu le silence. A un signe de sa main, plus de cinquante voix ont crié à l’unisson dans un bruissement de corps en mouvement : - JE ME LÈVE !!! Sa règle a claqué sur le bureau. - MADAME, MONSIEUR, BONJOUR ! ÇA VA BIEN, MERCI ! - Maintenant les enfants vont vous chanter une petite chanson de bienvenue. Les enfants ? Nouveau claquement sec et chant des écoliers à tue-tête. Nous avons reconnu la mélodie entraînante
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deDouce France mais les paroles étaient peu compréhensibles. Mes parents souriaient de toutes leurs dents. J’étais éberluée. Un dernier claquement. - JE M’ASSOIS ! Les uniformes étaient redescendus derrière les pupitres de bois. Des dizaines de paires de grands yeux étonnés continuaient à nous fixer. Mon père ne savait visiblement pas quoi dire. Il a essayé un timide : - Merci les enfants ! Nous sommes heureux de vous rencontrer… et… hum, hum… Il s’est éclairci la voix sans doute pour se lancer dans un petit discours improvisé mais peu à peu et de plus en plus fort, un brouhaha incompréhensible s’est élevé dans l’immense salle de classe aux grandes ouvertures sans porte ni fenêtre. Le motYovoétait répété par des dizaines de petites voix excitées. Mon père a renoncé immédiatement et nous sommes restés quelques secondes à regarder autour de nous avec un air quelque peu ahuri. Nous étions entourés de murs de parpaings coiffés d’un plafond de tôles ondulées. Nous étions cloués sur l’estrade de bois devant un tableau noir tellement usé qu’on se demandait comment on pouvait écrire dessus avec une craie. Devant nous, la masse des gamins aux grands yeux rieurs me semblaient tous identiques. Le brouhaha ne s’arrêtait plus. Madame Sodji, serrée dans son tailleur, un peu confuse a tenu à préciser : - Il faut excuser les enfants, ils ne sont pas habitués… Elle voulait dire pas habitués à voir des Blancs. Nous sommes partis rapidement. J’étais sonnée par la
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chaleur, oppressée par la foule bruyante qui s’agglutinait à nouveau autour de nous. Le directeur, Monsieur Onwochei, un petit homme en costume sombre, transpirait lui aussi. On se demandait comment il faisait pour supporter cette veste et cette cravate. Il était accompagné par un grand gaillard jovial en chemise colorée qui représentait le ministère de l’Éducation et de la Jeunesse. Les discours de bienvenue avaient été parti-culièrement longs et ampoulés. Il avait été question de nos très chers hôtes venus de France, de nos généreux donateurs du collège Marcel Proust et de l’amitié éternelle de la France et du Bénin. Moi, j’attendais des informations précises qui ne venaient toujours pas si bien que j’ai fini par demander : - Et où sont les trousses, les crayons et les livres que vous avez reçus de mon collège ? Le représentant du ministère s’est tourné osten-siblement vers le directeur : - Monsieur le directeur ? Mademoiselle Debernard demande où vous avez mis les livres et les crayons ? - Les livres sont dans mon bureau. Voyez ici dans cette armoire qui ferme à clé. Les maîtres peuvent venir les emprunter. - Et les trousses ? - … Hum, il y a eu un petit problème avec les trousses, a-t-il dit en évitant mon regard et en se tournant vers Madame Sodji. La maîtresse au tailleur bleu hochait gravement la tête. - Mais quel problème, Madame Sodji ? l’encourageait le fonctionnaire du ministère. La maîtresse baissait maintenant les yeux.
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