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La rivière

De
114 pages
La rivière rejoint le conte en chantant l'histoire de Nora, une femme qui essaie de vivre loin de la haine, personnifiée par Boris. Grâce à la magie de la rivière, de la musique, de la peinture, Nora a-t-telle une chance de vivre heureuse avec ses deux amours ?
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Marion Donnelly
La rivière rejoint le conte en chantant l’histoire de
Nora, une femme qui essaie de vivre loin de la haine,
personnifi ée par Boris. Pour ne pas lui laisser le
dernier mot, elle est en exil près d’une rivière, réelle et
imaginaire.
La rivière la berce et lui amène deux trésors essentiels :
l’amour – qui semble impossible – pour Jim, et l’amour
pour une petite fi lle maltraitée à qui elle donne des
cours de dessin, qu’elle adopte au fi l des pages : Méline.
Grâce à la magie de la rivière, de la musique, de la La rivièrepeinture, Nora a-t-elle une chance de vivre heureuse
avec ses deux amours ?
Roman
Marion Donnelly est enseignante en Lettres.
Elle est l’auteure de cinq ouvrages, dont le
dernier, Lettre à mon frère éternel, a été
édité chez L’Harmattan en 2007.
Les impliqués
Les impliquésLes impliquésISBN : 978-2-343-05342-4
ÉÉddiitteueurr12,50 €
La rivière
Les impliqués Marion Donnelly
É di teu r





LA RIVIERE



















Les Impliqués Éditeur
Structure éditoriale récente fondée par L’Harmattan, Les
Impliqués Éditeur a pour ambition de proposer au public des
ouvrages de tous horizons, essentiellement dans les domaines
des sciences humaines et de la création littéraire.
Déjà parus
Carrère (Pascal), Les tribulations d’un négociant en pierres précieuses, récit,
2015.
Flohic (François), Michel (Bernard-François), Charles de Gaulle,
dernier roi des Francs, essai, 2015.
Gilles (Claude), Porteur d’espoir, récit, 2015.
Blaise (Mario), Histoires de migrants, récit, 2014.
Peyrat (Jean-Michel), Rhapsodie pour une ombre, roman, 2014.
Thuillier (Alain), Coutumes et récits face à la mondialisation, essai, 2014.
Hombart (Jean-Claude), Naufragée de la dictature, récit, 2014.
Castellani (Robert-Noël), Vers l’apocalypse, essai, 2014.
Rabesahala-Randriamananoro (Charlotte), La religion malgache
ancestrale pratiquée, essai, 2014.
De la Caffinière (Jean-Yves), Glossaire d’un observateur des temps
présents, essai fragmenté, 2014.
Ces dix derniers titres de ce secteur sont classés par ordre
chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site :
www.lesimpliques.fr Marion Donnelly





La rivière

*

roman



















Les impliqués Éditeur © Les impliqués Éditeur, 2015
21 bis, rue des écoles, 75005 Paris
www.lesimpliques.fr
contact@lesimpliques.fr
ISBN : 978-2-343-05342-4
EAN : 9782343053424 À la petite fille aux yeux étoilés
« Celui-qui-prend-soin-des-invisibles
retient les fleurs de fâner. »
Christian Bobin, Edouard Boubat,
Donne-moi quelque chose qui ne meure pas.
« Tu verras toi et moi ça va être du tonnerre,
la pluie et le soleil à la fois!
Ça va être le déluge et l’arche. Tu verras. »
« Jim comme j’imagine comme j’aime.
Jim comme j’aime fumer cette cigarette.
Volutes vers le ciel qui se consument pour se terminer
en cendres. Peut-on être à la fois ici et ailleurs ? »
La chanson est un miracle, comme la fleur qui éclôt
au matin, comme ton sourire Méline,
et l’éclat de tes yeux. Je t’aime.
Esprit de la rivière, tu m’éclaires comme la mer,
comme la mère... C’est l’histoire la plus banale. Et pourtant elle est
extraordinaire. Pour vous la raconter, je l’écrirai au jour le
jour comme les mots me viennent, comme des tableaux de
sensations. Comme quand Mary Poppins avec son
amoureux arrête le temps en jouant à la marelle pour qu’ils
se retrouvent enfin tranquilles, loin du regard et des
obligations du monde.

Nora Delmare était assise sur le rebord de la fenêtre.
Ses cheveux fins baignés de soleil accompagnaient le
rideau qui doucement dansait. Cela faisait bien une heure
qu’elle était dans cette position. Un sourire et une pensée
l’accompagnaient.
Nora peignait. Elle vivait dans un petit village du nom
d’Aurez, près d’une colline et d’une rivière. Elle donnait
des cours aussi. Quand elle avait choisi de partir, elle ne
savait pas ce qui l’attendait. C’était si simple : des pinceaux
et de la toile, une vieille maison juste à sa taille, et un
travail. Voilà. L’air et la rivière. Les oiseaux et les fleurs
l’été. Les lacs gelés l’hiver, loin au bout du monde. Au
centre de la terre.
Il y a quelques mois, il était entré dans sa vie. Au début,
elle n’avait rien remarqué. Pourtant, à chaque fois qu’elle le
voyait...
Quelque chose se passait. Une prise de conscience, une
chaleur qui revenait sur ses joues qui s’étaient creusées ces
derniers temps sur le coup de l’immense peine à laquelle
elle avait dû faire face. Elle ne voulait pas penser à ça
aujourd’hui.
Juste se laisser glisser dans le songe éveillé... La vie qui
revenait.
Elle était sur le rebord de la fenêtre, mais à part l’objet
de ses pensées, il n’y avait rien. Pas de scénario. Pas de
spéculations sur l’avenir, pas d’imagination de comment ce
serait s’ils s’embrassaient, s’ils se touchaient. L’esprit avec
9 l’esprit. Elle quitta le rebord, accompagnée cette fois par
une ombre de pensée mauvaise, il lui avait dit avant de
mourir qu’il l’avait vue en rêve se jeter par la fenêtre.
Je chasse cette pensée. Je prie pour toi, pauvre cher ami,
mais laisse-moi vivre ma vie. Je prie pour moi aussi : j’ai
le droit d’être heureuse, et le devoir aussi. Tant d’amour ne
demande qu’à perler de moi. Un jour, quelqu’un lui avait
dit « Chat échaudé craint l’eau froide », et elle avait
répondu « non, c’est chat échaudé craint l’eau chaude, je
t’assure... » Je n’ai plus peur.
Il n’a pas spécialement d’allure, en fait il prend toutes
les formes, il est élastique. Ses cheveux sont clairs et ses
yeux changent de couleur comme moi suivant le temps.
Mais il faut que j’arrête ici la description sinon je vais le
figer.
Or, c’est tout le contraire que j’ai envie de faire ; j’ai
envie de m’envoler avec toi, que tu me libères. Que tes bras
soient des ailes que tu replieras quand la nuit sera là. Et les
clichés deviennent beaux ! Même ton air un peu niais, celui
que tu as quelquefois, je suis prête à te le pardonner
d’avance. Tu verras toi et moi ça va être du tonnerre, la
pluie et le soleil à la fois ! Ça va être le déluge et l’arche.
Tu verras.
Jim était un autodidacte qui ne parlait jamais de lui. Son
travail, c’était de composer de la musique pour l’image. À
quarante ans, il était capable de clouer quelqu’un sur place
rien qu’avec son regard. On aurait dit un pirate, et tout de
suite après un clown quand il clignait de l’œil l’air de dire
« eh, t’as vu, ça marche », mais moi, dans le fond, je joue,
je ne suis pas cruel, je suis un cœur en or. Choisis toujours
le chemin le plus difficile, le plus escarpé. Merci Pierre de
me l’avoir rappelé avant de disparaître. Jim n’était pas
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