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La société i Matériel

De
158 pages
La matière première de l'art dans une société de l'information se compose de gré ou de force d'informations diffusées dans les médias pour les détourner de leur stricte fonction communicationnelle et les interroger dans des appareillages critiques. À partir d'œuvres hypermédias diffusées dans des installations ou sur les réseaux, la Société i Matériel se déploie comme une entreprise virale pour s'infiltrer dans le système de l'art et sur ce nouvel eSPACE que nous côtoyons quotidiennement, inexorablement augmenté par les technologies numériques.
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Marc Veyrat
La Société i Matériel
De l’information comme matériau artistique, 1
Nous sommes désormais dans une société de l’information. De fait, la
matière première de l’art se compose de gré ou de force d’informations
diffusées dans les médias pour les détourner de leur stricte fonction
communicationnelle et les interroger dans des appareillages critiques. Ainsi, La Société i Matériel
à partir d’œuvres hypermédias exposées, diffusées dans des installations ou
tout simplement sur les réseaux, la Société i Matériel se répand, se déploie De l’information comme matériau artistique, 1
comme une entreprise virale pour s’infltrer, non seulement dans le système
de l’art, mais également sur l’ensemble de ce nouvel eSPACE que nous
côtoyons quotidiennement, inexorablement augmenté par les technologies
numériques.

Marc Veyrat, artiste et enseignant chercheur à l’Université Savoie
MontBlanc, est membre fondateur du groupe de recherche G-SICA, Image, Art &
Communication Research Group. Il conçoit et développe depuis 2010 avec
Franck Soudan l’œuvre U-rss http://u-rss.eu & http://u-rss.eu/ljdd
Préface de Gilles Rouet
En couverture © Société i Matériel, T i-LÉGAL_023, 2013.
ISBN : 978-2-343-05665-4
15,50 €
La Société i Matériel Marc Veyrat
Collection Eidos
Série RETINA









La Société i Matériel

De l’information comme matériau artistique, 1























Dirigée par
Michel Costantini & François Soulages


Comité scientifique international de lecture
Argentine (Silvia Solas, Univ. de La Plata), Belgique (Claude Javeau, Univ. Libre de
Bruxelles), Brésil (Alberto Olivieri, Univ. Fédérale de Bahia, Salvador), Bulgarie
(Ivaylo Ditchev, Univ. de Sofia St Clément d’Ohrid, Sofia), Chili (Rodrigo Zuniga,
Univ. du Chili, Santiago), Corée du Sud (Jin-Eun Seo (Daegu Arts University,
Séoul), Espagne (Pilar Garcia, Univ. Sevilla), France (Michel Costantini & François
Soulages, Univ. Paris 8), Géorgie (Marine Vekua, Univ. de Tbilissi), Grèce (Panayotis
Papadimitropoulos, Univ. d’Ioanina), Japon (Kenji Kitamaya, Univ. Seijo, Tokyo),
Hongrie (Anikó Ádam, Univ. Catholique Pázmány Péter, Egyetem), Russie (Tamara
Gella, Univ. d’Orel), Slovaquie (Radovan Gura, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica),
Taïwan (Stéphanie Tsai, Unv. Centrale de Taiwan, Taïpei)


Série RETINA
3 François Soulages (dir.), La ville & les arts
11 Michel Gironde (dir.), Les mémoires de la violence
12 Michel Gironde (dir.), Méditerranée & exil. Aujourd’hui
13Eric Bonnet (dir.), Le Voyage créateur
14 Eric Bonnet (dir.), Esthétiques de l’écran. Lieux de l’image
17 Manuela de Barros, Duchamp & Malevitch. Art & Théories du langage
18 Bernard Lamizet, L'œil qui lit. Introduction à la sémiotique de l'image
30 François Soulages & Pascal Bonafoux (dir.), Portrait anonyme
31 Julien Verhaeghe, Art & flux. Une esthétique du contemporain
35 Pascal Martin & François Soulages (dir.), Les frontières du flou
36 Pascal Martin & François Soulages (dir.), Les frontières du flou au cinéma
37 Gezim Qendro, Le surréalisme socialiste. L’autopsie de l’utopie
38 Nathalie Reymond À propos de quelques peintures et d’une sculpture
39 Guy Lecerf, Le coloris comme expérience poétique
40 Marie-Luce Liberge, Images & violences de l'histoire
41 Pascal Bonafoux, Autoportrait. Or tout paraît
42 Kenji Kitayama, L'art, excès & frontières
43 Françoise Py (dir.), Du maniérismeà l’art post-moderne.
À la mémoire de Laura Malvano-Bechelloni
44 Bernard Naivin, Roy Lichtenstein, De la tête moderne au profil Facebook


Suite des livres publiés dans la Collection Eidos à la fin du livre

Secrétariat de rédaction : Sandrine Le Corre

Publié avec le concours de Marc Veyrat









La Société i Matériel

De l’information comme matériau artistique, 1




Préface de Gilles Rouet


































































































































A Carole Brandon


































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05665-4
EAN : 9782343056654








Préface

Un artiste du quotidien digital


Bien entendu, la carte fait le territoire comme la
photographie fait l’événement… et alors est-ce que
l’information fait l’art ? Le territoire, l’événement,
l’esthétique sont (aussi) des construits, en conscience ou
non.
Même s’il ne s’agit pas que de cela, s’il est question
dans ce livre de « matériaux », de contexte,
d’environnement au moins autant que d’intention, de
représentations, de désirs et d’impressions, la relation entre
l’information et l’art ne va pas de soi et explorer cette
relation est un projet passionnant.
Marc Veyrat invite le lecteur à l’accompagner dans sa
réflexion. Une réflexion qui repose, avant tout, sur une
pratique, sur la réalité du quotidien, le sien, bien sûr, mais
aussi de chacun d’entre nous.

Dans un environnement d’écrans, de pixels,
d’images, ce qui semble devenir compliqué, ce que chaque
génération pratique selon ses spécificités, c’est pourtant
bien de (se) construire une carte, sa carte. Chacun construit
et utilise des modes d’emploi, ou bien en cherche, en
partage.
Notre quotidien est en particulier caractérisé par une
banalisation d’objets et d’usages qui, plus ou moins de
ma5
nière transparente, modifient radicalement notre rapport à
l’information, nos réceptions.
L’image photographie, par exemple, n’impressionne
plus, elle-même n’est d’ailleurs plus non plus une
impression. Et les objets nouveaux sont à la fois fermés et à
l’usage intuitif. La plupart de nos contemporains n’ont pas
plus envie (ou la nécessité) de tenter de comprendre
comment fonctionne un ordinateur qu’une voiture. Une posture
qui n’est pas nouvelle, mais qui se généralise, et pas
seulement avec la complexification des mécanismes internes des
objets usuels. Nous avons intégré une époque digitale.
De nombreux objets, anciens, nouveaux, renouvelés,
peuplent nos intérieurs comme nos extérieurs. Prenons
l’exemple des appareils photo, après un changement radical
de technologie, du chimique à l’électronique, les fabricants
et les distributeurs vendent toujours des appareils photo
alors même que la fonction photographique est désormais
intégrée à toutes sortes d’appareils, du smartphone jusqu’à
la tablette numérique.
L’appareil photo n’est pas seulement un objet
pratique à offrir en cadeau : une photographie prise avec un tel
appareil ne sera pas la même que celle prise avec un
smartphone. Non pas parce que l’opérateur sera devenu, d’un
coup, un artiste ou un reporter (même si l’outil peut
déterminer en partie la production) : dans le premier cas, se
munir d’un appareil photo revient à concrétiser une intention,
celle de prendre des photos, justement, par rapport à des
circonstances, des événements, des relations – une
intentionnalité préméditée, parfois ritualisée – tandis que dans le
deuxième cas, la fonction étant disponible chaque jour sur
un simple smartphone, l’intentionnalité comme la
préméditation est différente.
Il reste qu’une évolution est évidemment possible,
qu’à terme le smartphone ou tout autre objet capable de
photographier supplante l’appareil photo qui peut
disparaître en tant qu’appareil mono-usage. Actuellement,
l’appareil photo s’inscrit dans une démarche, quand il sort
du placard bien sûr, sans que cela ne détermine pour autant
de différenciations quant à l’avenir des productions
réali6
sées et à leur réception : en dehors du souvenir,
éventuellement raconté, du preneur d’images, les photos ne portent
pas de manière évidente, au niveau de leur réception, la
trace de l’appareil qui a servi à les réaliser.

Cependant, le rapport à l’objet reste fondamental et
les usages témoignent des formes d’appropriations
pratiques, mais aussi symboliques, affectives, et il convient de
distinguer la relation à l’objet d’autres perceptions… en
particulier dans cette « société de l’information » où les
objets restent omniprésents. Au travail comme à la maison.
Les appropriations sont multiples et complexes, le
clavier induirait d’autres manières d’écrire, l’écran, de voir.
Tous les sens sont concernés, comme toutes les démarches,
1les postures, les attitudes . Alors vraiment, écrit-on, lit-on,
pense-t-on différemment désormais et quelles sont les
évo2lutions de nos perceptions esthétiques ?

Extrapolons l’exemple de la production d’images
photographiques à l’ensemble des pratiques
informationnelles. La production d’informations s’est bien banalisée,
pour chacun. En même temps que la réception,
l’appropriation, la transparence des technologies. Avec ces
technologies, on ne répare plus, on constate un état de
marche (ou non). Dans les usages aussi le numérique (ou
mieux, le digital), ces 0 et 1, ces vrais ou faux, ces
différenciations radicales, ont supplanté l’analogique, le progressif,
le nuancé. Dans le même temps, l’impression est
permanente. Avec l’Internet, les réseaux dits « sociaux », la
généralisation d’outils de communication à une grande partie de
la planète, les productions d’images, d’écrits, de dessins,
plus généralement d’informations au sens de mise en
forme, s’accompagnent désormais d’activités d’édition, de

1. Cf. Serge Dufoulon (dir.), Internet ou la boîte à usages, Paris, L’Harmattan,
Collection Local & Global, 2012.
2. Cf. sur ces thématiques, Serge Dufoulon & Jacques Lolive (dir.),
Esthétiques des espaces publics, Paris, L’Harmattan, 2014 & Thierry Côme &
Gilles Rouet (dir.), Esthétiques de la ville, équipements et usages, Paris,
L’Harmattan, Collection Local & Global, 2014.
7
diffusion, de reprises, de transformations. Chacun peut
accéder à de nouveaux espaces « publics ». Facebook est
devenu une gigantesque salle virtuelle de partages, de
commentaires, de retouches. Il s’agit d’une culture de
l’information installée avec et par ces pratiques qui
valorisent aussi la créativité et les relations ludiques.
Dans ce contexte, et alors que l’« information art »
désigne un art « digital » et donc surtout lié à des usages de
technologies et d’objets, la question de la relation entre
l’information et l’art prend une nouvelle pertinence. On sait
bien, en particulier avec les travaux d’Abraham Moles, que
l’information, matérialité de la communication (car il s’agit
bien de développer une théorie de l’information), peut être
3à l’origine d’une esthétique nouvelle . Pour cet auteur, c’est
bien la communication intersubjective qui remet l’œuvre
d’art au cœur du social, par sa valeur de création de
sensations. Alors que la communication fait exister l’information,
cette dernière est bien un « matériau artistique », mais pas
dans l’exception ou l’exclusif, ni dans l’officiel ou le sacré,
dans le quotidien. L’intention artistique se conjugue alors
aux perceptions esthétiques.

Voici quelques éléments du contexte de la réflexion
que Marc Veyrat livre dans cet ouvrage.
Sa Société i Matériel est une vraie entreprise, un
projet artistique déposé à l’INPI « conçu sur le modèle de
l’entreprise… et organisée en réseau ». Nous sommes dans
du concret et de l’entrepreneuriat (il n’est d’ailleurs pas
question de tenter toute différenciation entre « virtuel » et
réel).
Des choix sont assumés, expliqués, revendiqués :
principalement de pouvoir, efficacement, collectivement
développer une activité artistique.
La Société i Matériel est un outil et un résultat, un
ancrage concret dans le social. Peut-être même que c’est

3. Abraham Moles, Théorie de l’information et perception esthétique, Paris,
Denoël Gonthier, 1972.
8
cette société qui permet la cohérence de l’ensemble des
démarches esthétiques des membres du réseau.
Cet ouvrage non seulement en raconte l’histoire, en
explique l’intention, mais aussi justifie avec pertinence la
démarche. Marc Veyrat est un artiste, mais pas un créateur
d’entreprise artistique, car il ne s’agit pas du tout de cela.
L’inscription dans le contexte est fondamentale. L’auteur
est lucide. Il mesure les risques et les accepte.
Il s’installe et anime un réseau dans cet espace public
d’aujourd’hui à la fois espace concret des formes urbaines
accessibles au public (public space), ou bien espace ou
cyberespace de dialogue (public sphere) d’échange, de réalisation.
Un espace public, a priori ouvert à tous, qui ne peut plus
être mis facilement en opposition à l’espace privé. Les
frontières ont été bousculées et la délimitation entre les espaces
privés et publics n’est pas (plus ?) évidente, notamment en
matière d’art, car la vie privée est désormais « publicisée » et
4les espaces publics sont « privatisés » , au point où il
convient, maintenant, d’interroger l’intime pour tenter de
comprendre les articulations entre privé et public.
Cet ouvrage est donc une analyse et un témoignage,
d’un projet réalisé et en devenir, mais aussi d’une démarche
personnelle, et partagée.
Ainsi, il convient d’encourager le lecteur à parcourir
les sites cités, à explorer l’univers artistique des artistes du
réseau et à s’interroger sur ses perceptions, ses impressions.
Il faut entrer dans le vif du sujet de ce livre, et tenter de
s’approprier la démarche à partir des développements et
des analyses.
Cette expérience ne sera pas neutre, car, après tout,
c’est aussi un peu la nôtre, chaque jour.

Gilles Rouet
Chaire Jean Monnet ad personam en études interdisciplinaires sur l’Union
européenne, est professeur de sciences de l’éducation à Reims et des relations internationales
à Banská Bystrica (Slovaquie) et membre du Laboratoire de Recherche en
Management (LAREQUOI) de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelinese.

4. Cf. Marc Veyrat (dir.), Arts et espaces publics, Paris, L’Harmattan,
Collection Local & Global, 2013.
9































































Introduction


L’information joue sur elle-même, dépeint la réalité
et fait œuvre par la forme qu’elle emprunte inévitablement
aux médiums avec lesquels elle se propage. En s’appuyant
sur le développement rapide et constant des technologies,
la société i matériel crée, diffuse et communique des œuvres
exploitant ces systèmes d’informations. Dans cet essai et
pour tenter d’attacher une pensée fluide, ouverte à ma petite
entreprise, il était naturellement souhaitable, voire nécessaire
de refroidir considérablement une structure imaginée comme
rhizomique (Deleuzienne). La priorité a donc été donnée à la
réception, dans sa traduction verbale. Mais jouer avec la
figure du texte poético-relationnel est à l’origine de mes
recherches plastiques. Un soupçon de résistance pointe,
persiste donc dans cette mise en page, afin que cette forme de
l’information fabrique par contamination ce que nous pourrions
peut-être appeler désormais une hypermodernité.
Par exemple en attendant toto présenté ci-dessous
signifie bien une préfiguration du chapitre consacré au travail
sur les toto. Or l’encadrement, à travers cet i-lisible (de ce
lisible à extraire dans la forme donnée à l’information) isole
l’expression du reste du texte. À travers cette opération,
non seulement le dérapage sémantique nous offre un détour
volontaire vers l’œuvre de Samuel Beckett En attendant
Godot mais l’objet textuel préfigure l’attente… par l’utilisation de
plusieurs signes non explicités. Le voilier schématique
naviguant sur une mer d’huile, posé sur une ligne d’horizon,
11
ralentit la lecture : les lettres jouent alors autant sur leurs
différences typographiques qu’elles ne fabriquent des images.
~)(&
en attendant toto
~~~)~~~

®≠MAKE, 2008.


























12







Chapitre 1

° ° °
Introduction à l’i monde

La pensée créatrice en art, en science,
a pour fonction de rendre les gens conscients de ce qu’ils savent.
1William Burroughs

Nous reprendrons à notre compte, pour la
définition du mot information sa racine latine informatio, qui signifie,
2figure non seulement « conception, explication » , mais
éga3lement « dessin, esquisse » . Informer de l’ancien français
enformer, reprend son sens latin au XVIème siècle de donner
une forme à. Si l’information est donc toujours liée à l’idée
d’instruction, elle garde inscrite cette singularité de lier l’idée
à la forme. Or celle-ci est toujours par essence paradoxale en
fonction de sa matérialité, son inscription dans un contexte
et la perception qu’elle nous offre de ses limites. Donc, en
trahissant en quelque sorte l’idée (par définition abstraite),
4elle la « codifie de manière fictive » et lui fournit en con-

1. William Burroughs, propos recueillis par Jean-Jacques Lebel, Libération,
15 octobre 1981.
2. Sous la direction d’Alain Rey, Le Robert, dictionnaire historique de la langue
française, Paris, 1998, pp. 1832-1833.
7. Idem.
4. « Un code est une liste de signes. Nous appellerons signes les éléments
énoncés par convention comme existants dans une source
informationnelle. Tout signe est un biface, une de ses faces étant le signifiant,
c’est-àdire la modulation qui l’inscrit dans le vecteur, l’autre étant le signifié,
13
trepartie d’autres renseignements sous-jacents à la pensée
que la pensée ne peut vraisemblablement pas «
re5connaître » , sans prendre forme. Ces codes, ces ensembles
de signes qui donnent forme à la pensée doivent donc pouvoir
être re-connus. Ils sont identifiés ainsi par le décodeur
potentiel — le lecteur — comme des messages.
Mais tous ces systèmes de re-connaissance restent
également relatifs. Non seulement la forme (plurielle) reste
singulièrement différente de la pensée puisqu’elle semble
toujours incomplète mais les conventions généralement
élaborées pour codifier cette pensée ne sont jamais accessibles
par tous en même temps. Cette relativité de l’accessibilité est un
des enjeux majeurs de notre monde contemporain. « Vous
6avez un message » est ce tout petit rien d’un grand tout qui
place l’information désormais au centre du réseau
économique, artistique et esthétique développé par nos systèmes
hypermédias actuels. L’information marque notre condition
sociale. Elle affirme a priori les limites de nos contingences
et à dessein questionne, interroge... Et c’est peut-être pour
ces raisons qu’elle est maintenant devenue le matériau
privilégié des artistes actuels, comme de la Société i Matériel.


U & i, PiM’s réalisé à partir de l’intervention au Palais de Tokyo
T i-légal, tatoo i too, Société i Matériel, 2008.
www.cbox-office.com/protosite

c’est-à-dire la définition conventionnelle de l’incertitude qui est annulée
par l’apparition du signe ». Robert Escarpit, Théorie générale de l’Information
et de la Communication, Paris, Éditions Hachette, 1976, p. 26.
5. Si l’on considère que tous les renseignements à connaître sont
contenus potentiellement dans une idée, ils préexistent donc à toutes les formes
possibles que peut prendre cette idée. En visualisant celle-ci sous toutes ces
formes possibles, nous n’aurions dans ce cas plus qu’à les re-connaître.
6. ®-Voir note 45, p. 26.
14