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La terrasse Récit

De
106 pages
Depuis la terrasse de sa jeunesse lointaine, d'où l'on voyait la mer, Anne s'envole vers les moments les plus précieux de sa vie. Elle nous emporte dans ses vagabondages passionnés et plonge en elle et ses émotions si intenses, qu'elle voudrait prolonger. Il lui arrive d'être témoin de certains évènements du siècle, de l'Histoire qui se fait. Elle nous entraîne aussi dans une vision du cosmos, accompagnée partout par son Amour, qui vit cette aventure avec elle.
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Depuis la terrasse de sa jeunesse lointaine, d’où l’on voyait
Andrée Ferrier-Mayenla mer, Anne s’envole vers les moments les plus précieux
de sa vie.
Elle nous emporte dans ses vagabondages passionnés
en Italie, au Portugal, en Grèce ou en Égypte, ces pays de
grande civilisation et d’Art. On n’est jamais très loin de la
mer et de ses paysages infinis. Elle plonge aussi en elle et
ses émotions si intenses, qu’elle voudrait prolonger. Il lui
arrive d’être témoin de certains événements du siècle, de
l’Histoire qui se fait, dans sa chair vivante, avec de riches La terrasse
rencontres humaines.
Elle nous entraîne aussi dans une vision du cosmos,
avec le ciel, les étoiles, le temps du jour et de la nuit.
Accompagnée partout par son Amour, qui vit cette aventure Récitavec elle.
Andrée Ferrier-Mayen a été, jusqu’à sa retraite,
professeur de lettres classiques à Marseille.
Depuis elle a publié un récit, Jean-Baptiste de
Peyresq, aux éditions du Cabri, et de nombreuses
nouvelles dans les revues Sud, Connaissance
Hellénique, ainsi que dans la revue électronique Foi et Vie.
En couverture : collection de l’auteur.
ISBN : 978-2-343-05995-2
12€
Rue des Écoles / Récits
Andrée Ferrier-Mayen
La terrasse
Rue des Écoles / RécitsLA TERRASSERue des Écoles

Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux
personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique,
politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction
(romans) et des textes autobiographiques.


Déjà parus

Télégat (Constantin), La star et les pantins, 2015.
Philippart (André), Un milieu social face à la pauvreté, 2015.
Ducrocq (François), Théorie du stock froid, 2015.
Jacques-Yahiel (Simone), Ma raison d’être (réédition), 2015.
Albert (Thierry), Quel est votre nom ?, 2015.
Mbuyi Mizeka (Alfred) L’enfant noir d’Afrique centrale, 2015.
Alain Nesme, Léa la Sainte, 2015.
Pham Ngoc (Lân), De père inconnu, 2015.
Duhameaux-Lefresne (May), Le sourire du père, 2015.
Brousse (Odette-Claire), Sortir de chez soi, 2014.
Beuchée (Laurent), Un regard de Haute-Bretagne, 2014.
Lemaître (Vincent), Risques salés, 2014.





Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre
chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée
sur le site www.harmattan.fr Andrée Ferrier-Mayen
La terrasse
*
récit Du même auteur
Jean-Baptiste, de Peyresq, Petit oiseau sur la montagne,
Breilsur-Roya, Éditions du Cabri, 1993.
© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05995-2
EAN : 9782343059952Pour Agnès et Jacqueline PREMIERE PARTIE

I

La terrasse

C’était une grande terrasse couverte à l’air léger, qui
donnait envie de courir, de glisser en se poursuivant
d’une table à l’autre, ou bien tout à coup de s’arrêter, si
haut perchée, devant la dégringolade de la ville jusqu’à
la mer qui étincelle. Ou bien s’asseoir à une des petites
tables de fer avec une grappe à la main. Les petits
raisins dorés sont translucides, criblés par le soleil qui
vient de partout. Elle les porte à sa bouche, grain à
grain. Le reste de la maison n’a pas besoin d’exister. La
terrasse est le seul lieu de la vie.
Ils arrivent dans l’élan de leur jeunesse, leur présence
envahit tout. Quand ils se mettent à chanter elle ne
respire plus, elle garde la bouche ouverte, leur voix vibre
dans sa poitrine, deux voix profondes, si nouvelles pour
elle, si troublantes, qui chantent de beaux airs bien
rythmés sur des paroles inconnues qui vous emportent
ailleurs et vous révèlent le monde.

Andreï et Boris sont Russes. On dit qu’ils ont émigré.
Leur sœur s’appelle Gala. Et puis il y a les autres, qui
écoutent, qui se mêlent parfois au refrain.
Anne est la plus jeune. Elle assiste à leur vie.


______________


7 Que s’est-il passé ?
Les années seulement, les années. Il a suffi de vivre, et
elles ont couru. Anne est peut-être au milieu de sa
course, avec, loin derrière elle, l’enfance nébuleuse,
infinie, et depuis, la fièvre de vivre, sans penser aux
échelons du temps.
______________
8 II

Première classe

Anne est montée en scène, seule. Devant une trentaine
de filles qui ont presque son âge. La guerre et
l’Occupation ont tout bousculé. Ce sont des
normaliennes, normaliennes sans Ecole Normale,
regroupées dans un Lycée pour préparer le baccalauréat.
Elle n’a jamais parlé devant une classe. Il faut qu’elle
invente son rôle. Elle regarde cette troupe de
naufragées.
« Asseyez-vous». Il faut qu’elle parle.
Elle va leur dire simplement ce qu’elle éprouve, ce
qu’il faut essayer de faire quand le présent vous est
tombé sur la tête en pleine jeunesse et qu’on ne sait rien.
Leur dire qu’elles sont dans le même bateau, que les
jours sont difficiles et que ça peut durer longtemps.
Qu’il va falloir tenir, qu’il faut trouver des ressources en
soi-même. L’orgueil peut-être. L’orgueil d’être plus fort
que tout, de ne pas se laisser aller. Remporter cette
victoire quotidienne sur soi-même. Se tenir droit. Se
tenir. Etre le maître. « Vous me comprenez ? » Il faut
balayer la tristesse, le découragement. Il y a une volonté
prodigieuse en chaque être humain. Il faut se préparer,
savoir qu’il faudra tenir encore quelque temps. Et pour
ça, être tout entière dans le présent. Pour vous c’est
d’abord la préparation au bachot. Mais je ne parle pas
de ça. Puisque le présent seul est à notre portée, il ne
faut pas le laisser perdre. Il est gratuit. C’est un
« présent ».
Tous ces yeux, accrochés aux siens, lui demandent de
continuer.
9