Autour de la traduction

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Autour de la traduction résume la vie professionnelle de cet auteur polonais, théoricien et traducteur. Le présent ouvrage englobe une bonne part de sa production scientifique en français.
Publié le : jeudi 8 octobre 2015
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EAN13 : 9791030903553
Nombre de pages : 282
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Jerzy BrzozowskiJerzy Brzozowski
Autour de la traduction
Le titre Autour de la traduction résume très exactement la vie
professionnelle de l’auteur. Le présent ouvrage englobe une bonne
part de sa production scientifque en français : l’œuvre du critique Autour
dialogue avec celle du théoricien ; l’une et l’autre s’expliquent et
s’épaulent mutuellement. Le point de départ de cette réfexion est le
constat surprenant qu’en dépit du succès actuel de la traductologie,
prédomine, toujours, dans le discours critique, la tendance à scruter de la traductionles erreurs, et rares sont ceux qui se décident à « prendre le parti du
traducteur » (titre d’un ouvrage de Jerzy Brzozowski, paru en 2011,
en polonais), si son travail le mérite.
De l’avis de l’auteur, telle tâche ne pèche pas par manque de
volonté mais par absence des outils nécessaires à son
accomplissement. Depuis dix ans, Brzozowski a suivi la perspective tracée
par Antoine Berman, dans l’espoir de pouvoir fournir précisément
quelques outils d’une poétique descriptive de la traduction.

Jerzy Brzozowski est professeur en littérature comparée et en
traductologie de l’Université Jagellonne de Cracovie. Il a publié, en français, Rêve
exotique. Images du Brésil dans la littérature française 1822-1888 (2001),
en polonais, Stanąć po stronie tłumacza [Prendre le parti du traducteur] ,
2011, et Czytane w przekładzie [Lu en traduction], ainsi qu’une centaine
d’articles en polonais, français et portugais.
28 €
Universités
Orizons
13, rue de l’École Polytechnique
75005 Paris
ISBN : 979-10-309-0050-7
Jerzy Brzozowski
Autour de la traductionDaniel Cohen éditeur
www.editionsorizons.fr
Universités
Collection dirigée par Peter Schnyder
www.orizons-universites.com
Conseillers scientifques : Jacqueline Bel – Université du Littoral – Côte
d’Opale – Boulogne-sur-Mer • Peter André Bloch – Université de
Haute-Alsace – Mulhouse • Jean Bollack (†) – Paris • Jad Hatem – Université
Saint-Joseph – Beyrouth • Éric Marty – Université Paris 7 • Jean-Pierre
Thomas – Université York – Toronto – Ontario • Erika Tunner – Université
Paris 12.
La collection « Universités » poursuit les buts suivants : favoriser la
recherche universitaire et académique de qualité ; valoriser cette recherche
par la publication régulière d’ouvrages ; permettre à des spécialistes, qu’ils
soient chercheurs reconnus ou jeunes docteurs, de développer leurs points de
vue ; mettre à portée de main du public intéressé de grandes synthèses sur des
thématiques littéraires générales.
Elle cherche à accroître l’échange des idées dans le domaine de la
critique littéraire ; promouvoir la connaissance des écrivains anciens et
modernes ; familiariser le public avec des auteurs peu ou pas encore connus.
La fnalité de sa démarche est de contribuer à dynamiser la réfexion sur
les littératures européennes et ainsi témoigner de la vitalité du domaine
littéraire et de la transmission des savoirs.
ISBN : 979-10-309-0050-7
© Orizons, Paris, 2015Autour de la traductionOuvrages de l’auteur
Prière de consulter la liste des livres et études que Jerzy Brzozowski a
placée aux pages 266-267 de cet ouvrage.Jerzy Brzozowski
Autour de la traduction

2015Universités
• Sous la direction de Peter Schnyder :
eL’Homme-livre. Des hommes et des livres – de l’Antiquité au XX
siècle, 2007.
Temps et Roman. Évolutions de la temporalité dans le roman
euroepéen du XX siècle, 2007.
Métamorphoses du mythe. Réécritures anciennes et modernes des
mythes antiques, 2008.
• Sous la direction d’Anne BAndry-ScuBBi :
Éducation – Culture – Littérature, 2008.
• Sous la direction de tAniA collAni et Peter Schnyder :
Seuils et Rites, Littérature et Culture, 2009.
Critique littéraire et littérature européenne, 2010.
• Sous la direction de luc FrAiSSe, GilBert Schrenck et Michel
StAneSco (†) :
Tradition et modernité en Littérature, 2009.
• Sous la direction de GeorGeS Frédéric MAnche :
Désirs énigmatiques, Attirances combattues, Répulsions
douloureuses, Dédains fabriqués, 2009.
• Sous la direction d’Éric lySøe :
Signes de feu, 2009.
• Sous la direction de réGine BAttiSton et PhiliPPe WeiGel :
Autour de Serge Doubrovsky, 2010.
• Sous la direction d’enrico Monti et Peter Schnyder :
Autour de la retraduction, 2011.
• Sous la direction de kArin dietrich-chénel et MArc WeiSSer :
L’Interculturel dans tous ses états, 2012.
• Sous la direction d’olivier lArizzA :
Les Écrivains et l’argent, 2012.
• ArnAud BuchS et d’AriAne lüthi :
Présences de Pierre Chappuis, 2014.
• Sous la direction d’ElżbiEta SkibińSka, REgina Solová Et kaja
goStkowSka :
Vingt cinq ans après... — Traduire dans une Europe en
reconfiguration, 2015.
• Anne ProuteAu, Albert Camus ou le présent impérissable, 2008.
• roBerto PoMA, Magie et guérison, 2009.• Frédérique toudoire-SurlAPierre et nicolAS SurlAPierre,
Edvard Munch – Francis Bacon, images du corps, 2009.
• Michel ArouiMi, Arthur Rimbaud à la lumière de C.F. Ramuz et
d’Henri Bosco, 2009.
• FrAnçoiS lABBé, Berlin, le Paris de l’Allemagne ? Une querelle du
français à la veille de la Révolution (1780-1792), 2009.
• GiAnFrAnco StroPPini de FocArA, L’Amour chez Virgile : Les
Bucoliques, 2009.
• réGine BAttiSton, Lectures de l’identité narrative, 2009.
• rAdu cioBoteA, Le Mot vécu, 2010.
• Michelle ruivo coPPin, Philippe Le Guillou — L’Emprise des
modèles paternels, 2010.
• nAylA tAMrAz, Proust Portrait Peinture, 2010.
• PhiliPPe Wellnitz, Botho Strauβ en dialogue avec le théâtre, 2010.
• FrAnçoiS lABBé, Berlin, le Paris de l’Allemagne ?, 2011.
• hAdj dAhMAne, Le Théâtre algérien, 2011.
• céline GAillArd, Rudolf Steiner artiste et enseignant, l’art de la
transmission, 2012.
• juStine leGrAnd, André Gide : de la perversion au genre sexuel,
2012.
• MArc loGoz, Charles-Albert Cingria, entre origine et création,
2012.
• nicolAS cAzelleS, Franz Kafka, l’angoisse de la station verticale
— suivi de Le Drapeau de Robinson, 2013.
• Ahmed khArrAz, Le Corps dans le récit intime arabe, 2013.
• Maja Vukušić Zorika, André Gide : les gestes d’amour et l’amour
des gestes, 2013.
• Affonso roMAno de SAnt’AnnA, L’Énigme vide, 2013.
• Joë FriedeMAnn, Le Masque et la Figure, études sur le rire, 2014.
• jerzy BrzozoWSki, Autour de la traduction, 2015.
Série « Sciences du langage »
dirigée par Greta Komur-Thilloy
Presse écrite et discours rapporté. Théorie et pratique, 2010.
• Sous la direction de PAScAle tréviSiol-okAMurA et GretA
koMur-thilloy :
Discours, acquisition et didactique des langues, 2011.Série « Culture des médias » dirigée par Anne Réach-Ngô
• Sous la direction de GilleS Polizzi et Anne réAch-nGô :
Le Livre « produit culturel » ?, 2012.
Série « Des textes et des lieux »
dirigée par Aurélie Choné et Philippe Hamman
• Sous la direction d’Aurélie choné :
Villes invisibles et écritures de la modernité, 2012.
• Sous la direction de jeAn-Pierre BrAch, Aurélie choné,
chriStine MAillArd :
Capitales de l’ésotérisme européen et dialogue des cultures, 2014.
• Sous la direction d’Aurélie choné, cAtherine rePuSSArd,
lAurence GrAnchAMP :
(In)visibles cités coloniales, 2014.
• Sous la direction de PhiliPPe hAMMAn :
Ville, frontière, participation, 2012.
• GuillAuMe chriSten, PhiliPPe hAMMAn,
MAthiAS jehlinG et MAurice Wintz :
Systèmes énergétiques renouvelables en France et en Allemagne,
2014.
Série « Comparaisons »
dirigée par Florence Fix et Frédérique Toudoire-Surlapierre
• BenGi Ateşöz-dorGe :
Écrire la danse ? Dominique Bagouet, 2012.
• AliciA Bekhouche :
À la conquête du Graal, 2012.
• Frédérique toudoire-SurlAPierre, Notre besoin de comparaison,
2013.
• Yannick tAuliAut, L’Invisible théâtral de Shakespeare à Ibsen et
Strindberg, 2013.
• Isabelle BArBériS, Les mondes de Copi, 2014.
• Antonio doMinGuez leivA, L’Amour singe, 2014.
• Alain MontAndon, La plume et le ballon, 2014.
• Muriel PlAnA, Théâtre et Politique, tome I : ThéâTre
PoliTique — Modèles et concepts, 2014.• Muriel PlAnA, Théâtre et Politique, tome II : ThéâTre
PoliTique — Pour un théâtre politique, 2014.
• Arnaud rykner, Corps Obscènes, Pantomime, tableau vivant, et
autres images pas sages, 2014.
• Sous la direction de Florence Fix :
Le Théâtre historique et ses objets : le magasin des accessoires,
2012.
• Sous la direction de Florence Fix, PAScAl lécroArt et
Frédérique toudoire-SurlAPierre :
Musique de scène, Musique en scène, 2012.
• Sous la direction de didier Souiller :
Maniérisme et Littérature, 2013.
• Sous la direction d’iSABelle BArBériS et Florence Fix :
Le parasite au théâtre, 2014.
Série « Histoire »
dirigée par Laurent Berec
• lAurent Berec, Claude de Sainliens, un huguenot bourbonnais au
temps de Shakespeare, 2012.
• Sous la direction de céline Borello et d’Airton Pollini :
Questions d’appartenance, les identités de l’Antiquité à nos jours,
2014.Cet ouvrage est publié avec le concours de l’Institut de Philologie
Romane de l’Université Jagellonne de Cracovie.meL’auteur remercie le professeur Peter Schnyder et M
Aleksandra Stodolna pour toute leur aide portée lors de la rédaction du
présent ouvrage.
L’auteur remercie également les éditeurs qui détiennent des
droits pour leur consentement à la publication de textes qu’il leur
avait fournis et qui sont reproduits dans le présent volume.Avant-propos
assé le cap de la soixantaine, l’auteur du présent ouvrage a eu la Pprésomption de recueillir dans un volume sa production scientifque
en français, sa deuxième langue de travail, rivalisant parfois avec le
portugais, cédant le pas, il est clair, au polonais. Il s’agit d’une vingtaine
d’études et d’un ouvrage — Rêve exotique. Images du Brésil dans la
littérature française 1822-1888 (thèse d’habilitation, Cracovie, 2001) —
parus depuis 1995, l’année où nous avons quitté la carrière diplomatique,
celle-ci mettant en attente la recherche commencée par le lancement de
l’édition bilingue (français-polonais) des Fleurs du mal en 1990 et la thèse
de doctorat en 1991, consacrée aux traductions polonaises de Baudelaire
en Pologne et inspirée par des entretiens avec Henri Meschonnic.
Le titre Autour de la traduction, peu original sans doute, résume très
exactement une vie professionnelle, la nôtre : dès 1977, rédacteur dans le
service des traductions d’une maison d’édition importante, Wydawnictwo
Literackie (Cracovie) ; traducteur se penchant sur différents domaines :
les belles-lettres, la philosophie, la théologie, les sciences politiques,
l’interprétation, la traduction assermentée…, toute notre carrière est donc
centrée sur la traduction, y compris à l’Université Jagellonne de
Cracovie, où nous entamons très tôt une coopération fructueuse avec l’équipe
éditoriale de la série Między Oryginałem a Przekładem, aujourd’hui
revue trimestrielle que nous dirigeons ; enfn, depuis 1997, une coopération
tout autant enrichissante avec le réseau « La traduction comme moyen de
communication interculturelle » formé par les équipes des Universités
de Lille, Wrocław, Cracovie et Mulhouse, avec le concours de plusieurs
autres collègues de France, Pologne, Grèce, Italie, Suisse et Finlande.
Dans notre travail de chercheur, il faut rappeler également un autre
repère important, la coopération avec le Centre de Recherche sur l’Ima-14 Autour de la traduction
ginaire symbolique de Grenoble, dirigé dans les années 1998-2000 par
Danièle Chauvin, notre « maître à penser » dans le domaine de la
littérature comparée (et aujourd’hui une amie de longue date). Un autre nom
qui s’impose : celui de Daniel-Henri Pageux, suggérant une méthode et
encourageant notre recherche dans le champ de l’imagologie. La
littérature comparée reste toujours le domaine qui nous inspire, tout à fait
compatible, quoique distinct de celui de la traductologie.
Le projet initial, quelque peu nostalgique, s’est vite transformé :
un certain succès de notre réfexion au sein de la traductologie, avec
notamment la traduction allemande des chapitres clés du livre Prendre
le parti du traducteur (Stanąć po stronie tłumacza, Cracovie, 2011) parus
dans la revue Oder Uebesetzen, nous a inspiré l’idée de consacrer tout un
volet de ce volume aux traductions vers le français, dont le fruit sont les
textes « La traductologie dans le système des sciences humaines » ; « La
créativité du traducteur : les fgures de la traduction », et l’inédit « Le
théoricien face à la philosophie : fgures de la perplexité », complétés
par l’article « Le problème des stratégies du traduire », paru en 2008 dans
la revue Meta de Montréal. Les traductions en question ont subi le sort
de plusieurs autres auto-traductions : les textes de départ ont été
profondément remaniés, adaptés surtout aux besoins du public français avec
nombre d’exemples nouveaux ; certaines idées initiales ont été revues.
Au fnal, ce sont désormais des chapitres d’une étude
monographique, ce qui ouvre une perspective nouvelle : il s’agissait, dès lors, de
la compléter avec ce qui restait du projet initial, de faire une sélection
de notre production antérieure afn de former un tout plus ou moins
cohérent, où l’œuvre du critique pourrait dialoguer avec celle du
théoricien, s’expliquant et s’épaulant mutuellement. Un autre inédit y a été
ajouté, « Est-il nécessaire de traduire bien ? Les cas du Trans-Atlantique
en français et en espagnol », fruit de nos cogitations récentes, qui vient
épouser les articles épars publiés dans des revues et ouvrages collectifs
d’accès parfois diffcile, parus pour une bonne part en Pologne et peu
(ou pas du tout) connus en France. Il s’agit en somme de quatorze textes,
devenus les chapitres de cet ouvrage, écrits entre 1997 et 2015,
d’épaisseur inégale, qui présentent les étapes successives de notre recherche :
la troisième et dernière partie, « Baudelaire, Hugo, Verlaine », remonte
eà la fn des années 1990, la deuxième, « Les auteurs du XX siècle », lui Avant-propos 15
emboîte immédiatement le pas, quoique des études nouvelles y aient été
insérées : pour éviter la confusion et permettre de mieux situer ces textes,
nous insérons à la fn de ce volume la bibliographie de nos publications
en français. La première partie, qui présente notre travail de théoricien,
est composée des études les plus récentes, de 2008 à 2015.
Nous croyons utile, enfn, de commenter brièvement nos vues sur
le phénomène de la traduction elle-même. Pourquoi faut-il « prendre le
parti du traducteur » ? La posture dominante, qui pourrait se résumer
par l’adage trop connu, « traduttore, tradittore », tient de l’hypocrisie.
La plupart des messages qui nous parviennent dans le monde globalisé
actuel (les résultats de la NBA, NHL, Primera División, Premiership, une
bonne part des informations du journal télévisé concernant la situation
internationale, les instructions pour les usagers de maints appareils,
machines, médicaments, etc.) sont des traductions. On peut (doit-on ?)
traiter ces traductions « pragmatiques » à la légère, et toutefois, si l’on
considère le domaine de la « haute culture », on se rend compte que
les textes des grands classiques de la culture mondiale (Homère,
Sophocle, Dante, Cervantès, Shakespeare, Goethe, pour n’en nommer que
quelques-uns) ne sont accessibles, pour la plupart du public lettré, qu’en
traduction. Et même plus : les programmes de littérature comparée des
grandes universités acceptent tacitement qu’on travaille sur des
traductions, même si, théoriquement, chaque adepte devrait parler au moins
deux langues étrangères.
Il s’agit donc d’abord de rendre honneur aux traducteurs : ils ont
le droit d’être fers de leur travail, disait John D. Rutherford, applaudi
e vivement, à la clôture du XIV Iberian Forum à Oxford ; car les bonnes
et très bonnes traductions existent. Il est toutefois surprenant qu’en dépit
du succès actuel de la traductologie (didactique, théorie, critique de la
traduction), prédomine toujours, dans le discours critique, la tendance
à scruter les erreurs, et rares sont ceux qui suivent les idées d’Antoine
Berman qui, dans son livre posthume, Pour une critique des traductions :
John Donne, préconisait, à la fn de son parcours méthodologique, une
critique productive, « critique au sens le plus élevé possible », consistant 16 Autour de la traduction
à « démontrer l’excellence et les raisons de l’excellence de la
traduc1tion ».
À notre avis, pour une telle tâche, ce n’est pas forcément la volonté
qui manque, ce sont surtout les outils. Depuis dix ans, nous avons donc
suivi la perspective tracée par Berman, dans l’espoir de pouvoir fournir
quelques outils nécessaires à une analyse descriptive de la traduction,
qui devrait précéder toute tentative — inévitable et nécessaire —
d’évaluation, pour réduire au minimum le risque de « simplement reféter les
idées, les théories […] du critique en matière de littérature et de
traduction ». Les pages qui suivent proposent donc, entre autres réfexions
théoriques, un catalogue des « fgures de traduction » ; au lecteur de
juger de leur utilité.
Cracovie, le 22 mai 2015
1. Paris, Gallimard, 1995, p. 97.I
La théorie de la traductionLa traductologie dans le système
des sciences humaines
ans l’opinion de l’auteur, la première discipline, et certainement Dla discipline de base, défnissant l’horizon de nos réfexions, est
1l’histoire de la traductologie , ou plus précisément, l’histoire des opinions
e« pré-scientifques » sur ce problème (jusqu’à la fn du XVIII siècle) ainsi
que l’histoire des idées sur la nature de la traduction des philosophes du
e eXIX et XX siècle. La preuve en est de nombreuses anthologies, en
commençant par les œuvres de base d’André Léfévère Translation —
History — Culture. À source book (1992) ou celle, plus large, de Douglas
Robinson Western Translation Theory: From Herodotus to Nietzsche (1997),
celles de Rainer Schulte et John Biguenet Theories of Translation: An
Anthology of Essays from Dryden to Derrida (1992), Michel Ballard, De
Cicéron à Benjamin (1992), Miguel Angel Vega, Textos clásicos de teoría
de la traducción (1994), ou bien des volumes successifs de l’anthologie
bilingue du centre traductologique brésilien à Florianopolis (Heidermann
2001, Borges de Faveri et Torres 2004, Guerini et Arrigoni 2005, Furlan
2006). Il faut noter aussi un ouvrage très important, apportant un souffe
nouveau à ce courant de recherche : Cent ans de la théorie française
de la traduction, 1748-1847 (1990) de Lieven d’Hulst. Dans ce chapitre,
nous allons nous référer à une base (sous-entendue) d’informations sur
la traductologie qui se trouvent dans les œuvres mentionnées ci-dessus ;
1. On trouve une idée similaire dans la conclusion de l’article connu de James Holmes,
« The Name and Nature of Translation Studies » (1988), qui sera souvent cité dans nos
réfexions. 20 Autour de la traduction
ce qui nous permettra de traiter ici certains problèmes et notions, dans
notre opinion essentiels, mais pas suffsamment discutés jusqu’à présent.
Le premier, et le plus important, regroupe des notions présentées
dans la « carte d’Holmes », basée sur d’une étude présentée par l’Auteur
ependant le III Congrès de la Linguistique Appliquée à Copenhague en
1972, originellement publiée comme une plaquette de 23 pages, ensuite
traduite en néerlandais (1977), dix ans après publiée dans une revue plutôt
obscure en Inde (1987). Une version accessible au public plus large a été
publiée sous le titre The name and nature of Translation Studies, dans
un volume posthume portant le titre Translated! en 1988.
Cette « carte » est en fait une adaptation graphique de Gideon Toury
publiée dans le livre Descriptive Translation Studies and Beyond (1995),
2grâce à laquelle l’article d’Holmes est devenu largement connu . Nous
présentons ci-dessous la « carte d’Holmes » selon la forme proposée par
Toury, dénommée Holmes’ basic “map” of Translation Studies.
Toutefois, le diagramme demande un commentaire ; pour ce faire, nous allons
nous référer à la source, c’est-à-dire à l’article d’Holmes, mais aussi aux
exemples pouvant l’illustrer (et élargir, parfois d’une manière critique, la
perspective présentée — la « carte » date, après tout, de presque 40 ans
déjà). Ce que nous considérons important, c’est de remonter aux idées
de l’Auteur lui-même, et de surcroît, de suggérer, à la base de ces idées,
les approches jusqu’ici négligées. Les résultats de la discussion seront
illustrés, quelques pages plus loin, par un autre diagramme, cette fois
développé par nous-même, démontrant la position de la traductologie
dans le système des sciences humaines, et au sein de la traductologie
elle-même, une place possible de la poétique descriptive de traduire.
3Voici donc la carte d’Holmes :
2. Toury, dans l’ouvrage cité, commente avec surprise le manque d’intérêt des spé -
cialistes en traductologie envers cet article révolutionnaire, tant avant qu’après la
publication de 1988, prouvé par le manque de références (même bibliographiques)
dans les livres les plus connus de Steiner, House, Koller, Bassnett-McGuire, Reiss et
Vermeer, Snell-Hornby, Gutt, Pym, c’est-à-dire dans les publications du canon de la
discipline ; cf. Gideon Toury, Descriptive Translation Studies and Beyond, Amsterdam,
John Benjamins, 1995, p. 8.
3. Ibid., p. 10.La traductologie dans le système des sciences humaines 21
ʽPureʼ
Commençons par la recherche appliquée (applied) — elle englobe
sans doute les méthodes de l’enseignement de la traduction et de
l’interprétation, ainsi que la préparation des dictionnaires, glossaires, dossiers
et outils d’assistance, comme « Trados » et d’autres logiciels CAT
(Computer-Assisted Translation). Ce qui peut engendrer des doutes, c’est la
position isolée de la critique de la traduction dans ce groupe, la dernière à
être commentée par Holmes, et seulement en neuf lignes. Elle est traitée
par l’Auteur uniquement comme un outil d’évaluation, demandant en
même temps, à juste titre d’ailleurs, une plus grande infuence de la théo -
4rie sur l’activité des critiques de traduction . Nonobstant, un autre
théoricien distingué et très important pour l’auteur du présent texte — Antoine
Berman — a placé la critique dans son centre d’intérêt, et expliqué le
titre de son dernier livre (Pour une critique des traductions) de manière
suivante : « [Les œuvres langagières] ont besoin de la critique pour se
communiquer, pour se manifester, pour s’accomplir et se perpétuer […]
5la critique est ontologiquement liée à l’œuvre . »
Si l’on regarde le côté opposé du diagramme, l’on observe une
division en études théoriques et descriptives. En omettant le commentaire
d’Holmes lui-même, il semblerait que « la traductologie générale » ne
mérite plus aucune attention particulière, puisque ce sont les deux autres
4. James S. Holmes, Translated! Papers on Literary Translation and Translation Studies,
Amsterdam, Rodopi, 1988, p. 78.
5. Antoine Berman, Pour une critique des traductions : John Donne, Paris, Gallimard,
1995, p. 39.22 Autour de la traduction
parties du diagramme, ayant d’autres subdivisions, à savoir, les «
théories sectorielles » ainsi que la plus visible partie centrale « Recherche
descriptive » qui attirent l’attention du lecteur. En partie, cela est dû aux
6préférences de Toury, qui était par ailleurs critiqué pour ce changement ;
Toury admet dans son commentaire qu’il donne une position privilégiée
à la recherche descriptive orientée vers la fonction de la traduction dans
7le système de la culture (function-oriented ). Il faut pourtant rappeler
que Holmes a perçu la relation à l’intérieur du domaine de la recherche
traductologique descriptive (DTS) de la façon suivante :
Function-oriented DTS is not interested in the description of translations in
themselves, but in the description of their function in the recipient
socio-cultural situation: it is a study of contexts rather than texts. […] Greater emphasis
8on it could lead to the development of a feld of translation sociology .
C’est vrai que les chercheurs de l’école des polysystèmes sont
intéressés plutôt par le contexte que par le texte ; c’est vrai également que
Toury, dans la publication de 1995 dont nous avons parlé (et dans les
publications ultérieures) se dirige évidemment vers la sociologie des
traductions. Cependant, il n’est pas certain que ce type de recherche
occuperait la position centrale du système proposé par Holmes ; nous
revenons à ce problème dans la partie suivante de ce chapitre.
Passons donc à la recherche descriptive orientée vers le produit :
son point de départ constitue pour Holmes les traductions concrètes, et
à l’étape suivante, l’analyse comparée des différentes traductions du
même texte (dans la même langue ou dans plusieurs langues), dans une
perspective diachronique ou « plus ou moins » synchronique, comme
le dit l’Auteur, se rendant compte du nombre de diffcultés posées par
6. Cf. l’article de Daniel Simeoni, « The pivotal status of the translator’s habitus », in
o Target, n 10, 1998, surtout p. 4-5.
7. « Thus, the prospective position (or function) of a translation within a recipient culture
(or a particular section thereof) should be regarded as a strong governing factor of
the very make-up of the product […]. The prospective function of the translation […]
inevitably also govern the strategies which are resorted to during the production of
the text in question, and hence the translation process as such » ; Gideon Toury,
Descriptive Translation Studies..., op. cit., p. 12-13. Une telle constatation ne répète-t-elle
pas l’essence de la théorie du skopos ? Il convient de dire que la théorie du skopos
ne propose pas un tel éloignement du texte qui exigerait la création d’une nouvelle
subdiscipline — la sociologie de la traduction.
8. James S. Holmes, Translated!, op. cit., p. 72.La traductologie dans le système des sciences humaines 23
la composition d’un corpus « synchronique ». De telles descriptions
partielles peuvent mener à la recherche se fondant sur des grands corpus
9de textes, de la même époque, langue, type de texte ou discours . Il faut
ajouter effectivement que le groupe de traductologues le plus infuent,
fonctionnant autour du magazine Target (dont l’éditeur en chef est
Toury) se concentre sur l’analyse des corpora quasi-synchroniques menant
à l’analyse des « normes » ou des « universaux » de traduction, tandis
que dans le texte fondateur d’Holmes on propose de commencer par la
recherche, aujourd’hui presque non existante, illustrant le phénomène
de la « série de traduction » ou bien la « vie » d’un texte au fl du temps.
L’accomplissement le plus précieux de James Holmes est
l’élaboration du sous-système des théories « partielles » ou sectorielles ; cette
distinction prouve que la théorie générale de traduction, la construction
10de laquelle serait le but ultime de chaque théoricien , doit être « très
11complexe », consciente de la nature hétérogène de l’objet de ses
analyses. Il n’est pas possible d’appliquer, pour plusieurs raisons méritant
une discussion plus détaillée, les mêmes critères à la pratique,
l’enseignement et l’évaluation de la traduction et de l’interprétation ; il est donc
approprié de placer au début de la liste le canal de communication (dans
12le texte source appelé « medium »).
Un autre facteur limitant est la « zone linguistique et culturelle » ;
Holmes croit que les traductions provenant des zones linguistiques et
culturelles différentes demandent une approche théorique spécifque : la
traduction du français au chinois serait d’un caractère considérablement
différent de la traduction entre deux langues slaves ; la traduction entre
9. Ibid.
10. Ibid., p. 73.
11. Ibid.
12. La nécessité d’une réaction instantanée, de travailler sous la pression du temps et le
manque de possibilité de correction (en tout cas, de « supprimer » de la mémoire du
public la première version de l’interprétation) — sont autant de questions théoriques
importantes qui fondent la différence entre traduction et interprétation. Les opinions
des théoriciens diffèrent en ce qui concerne la question de savoir si ce sont des
disciplines séparées ou bien s’il y a une base théorique commune pour les deux types
d’activité (voir Christina Schäffner [éd.], Translation Research and Interpreting Research.
Traditions, Gaps and Synergies, in Multilingual Matters, Clevedon, 2004) ; l’auteur
se range à l’avis de Daniel Gile (ibid.), pour qui il y a une base théorique commune à
ces domaines. 24 Autour de la traduction
une langue occidentale quelconque et une langue d’un jeune pays africain
poserait au chercheur d’autres problèmes spécifques.
Le facteur limitant suivant, selon Holmes, est le niveau
d’organisation du texte (même s’il nous semble que l’importance de cet élément a
13été surestimée par l’Auteur ). Un facteur bien plus important, méritant
d’être discuté directement après le « medium », semble le facteur « type de
texte » — ce qui est indiqué par les œuvres de Katharina Reiss, et surtout
14l’excellent diagramme, devenu déjà classique, de Mary Snell-Hornby . Il
est évident que la formation et les compétences littéraires d’un traducteur
de la Bible, de la poésie pour les enfants, de l’Ulysse de Joyce, d’une
notice antibiotique, d’une décision judiciaire ou d’un traité philosophique
doivent être complètement différentes, et il est diffcile de s’imaginer que
tous ces textes puissent être traduits par la même personne.
Le cinquième facteur mentionné est le moment où le texte a été
créé ; Holmes ne s’étend pas sur cette idée. On peut toutefois se référer
au diagramme de Snell-Hornby, démontrant que les compétences du
traducteur de la littérature ancienne doivent être fort spécifques ; Juliane
15House , avec ses notions de « overt » et « covert translation », en ce
qui concerne les textes anciens, suggère — si c’est la version « overt »
qui a été adoptée — l’application d’un fltre culturel, c’est-à-dire une
stylisation archaïsante, ou bien à l’envers : si l’on parle de la version
« covert », une neutralisation de l’étrangeté radicale qui résulte de la
16distance temporelle .
Le dernier facteur est la « limitation » résultant du « problème ».
Pour Holmes, ce sont des problèmes divers : des questions de base,
comme les limites des différences acceptables entre le texte-source et
13. Gideon Toury commente ce problème de la manière suivante : « Lorsque le
traducteur est non seulement peu expérimenté […] et de surcroit, fatigué […], il paraît bien
probable que dans le processus de la traduction il prêtera plus d’attention aux unités
plus réduites ou/et appartenant au niveau textuel plus bas » — c’est-à-dire au niveau
du lexique. Cf. Gideon Toury, Beyond Descriptive Translation Studies, Amsterdam,
John Benjamins, 2004, p. 27 (trad. Aleksandra Stodolna).
14. Mary Snell-Hornby, Translation Studies: An Integrated Approach, Amsterdam, John
Benjamins, 1988.
15. Juliane House, A Model for Translation Quality Assessment, Tübingen, Gunter Narr,
1977.
16. Voir George Steiner, After Babel, Oxford/New York, Oxford University Press, 1975/2000,
surtout p. 57-59.La traductologie dans le système des sciences humaines 25
le texte-cible ou la nature de l’équivalence, jusqu’aux questions
spécifques, comme la traduction des métaphores ou des noms propres ;
de nos observations (cf. les volumes XIII, XIV, XVI de la revue Między
Oryginałem a Przekładem) nous pouvons citer la liste exemplaire des
problèmes : traduction de l’humour, traduction du style soutenu,
stratégies des traducteurs, stratégies des éditeurs... Ce qui peut inquiéter, c’est
la question de savoir si, en introduisant des problèmes fondamentaux,
l’on n’a pas ouvert un débat sur un domaine trop large. Dans ce cas,
on peut se demander si p.ex. le facteur limitant dénommé par l’Auteur
« area restricted » (la « zone langue-culture ») ne contribue pas au
problème de l’altérité culturelle. Cela signiferait que Holmes a eu raison de
donner une importance essentielle à ce facteur pour le développement
17de la traductologie , même si les notions utilisées dans les années 1970
paraissent aujourd’hui insuffsantes. Notons quand même que les pro -
blèmes de base, telle la nature de l’équivalence ou des questions
d’invariant, représentent les questions classiques de la traductologie générale.
Ajoutons, pour clore ces premières réfexions : si le « problème » ne
doit pas rester une catégorie amorphe et imprécise, nous croyons que
cette notion pourrait être considérée comme synonyme de la dominante
stylistique et sémantique (terme employé dans les pays slaves).
Cédons, pour une dernière fois, la parole à l’Auteur :
[…] the order of presentation might be taken to suggest that their import
for one another is unidirectional […]. In reality, of course, the relation is
a dialectical one, with each of the three branches supplying materials for
the other two, and making use of the fndings which they in turn provide it.
Translation theory, for instance, cannot do without the solid, specifc data
yielded by research in descriptive and applied translation studies, while on
the other hand one cannot even begin to work in one of the other two felds
without having at least an intuitive theoretical hypothesis as one’s starting
point. In view of this dialectical relationship, it follows that, though the needs
of a given moment may vary, attention to all three branches is required if the
18discipline is to grow and fourish .
Le passage cité ci-dessus peut être considéré comme la conclusion
fnale de l’article d’Holmes. Il n’est pas facile de se rendre compte de ce
17. Werner Koller, Einführung in die Übersetzungswissenschaft, Berlin, Erich Schmidt,
1988/2009, p. 157.
18. James S. Holmes, Translated!, op. cit., p. 78-79.26 Autour de la traduction
« statut de parité » entre les domaines de la traductologie, ce qu’on peut
constater dans le cas de Toury, mais aussi d’apercevoir les relations
dialectiques entre eux, ce qui pose un problème évident aux théoriciens qui
reproduisent ce diagramme connu, mais qui en même temps oublient la
représentation graphique desdites relations, marquées (du moins
partiellement) dans la version de Toury comme trois subdivisions dirigées vers
19le bas , partant des divisions de la Recherche Descriptive de Traduction
(DST). Dans le diagramme ci-dessous, situant la théorie de la traduction
au centre et ayant pour objectif d’illustrer les relations qui la relient avec
d’autres domaines de la traductologie et des domaines « auxiliaires », le
plus souvent les sciences humaines voisines, nous essayons de garder les
instructions d’Holmes qui parlait d’une relation (potentiellement)
réciproque entre ces domaines. Ce schéma n’est pas concurrentiel par rapport
à la « carte d’Holmes » ; son but est plutôt de compléter et approfondir
l’image qui en résulte, remplissant à la fois quelques lacunes qu’on peut y
trouver ; s’il y manque quelque élément de la « carte », ce n’était que pour
en garder la lisibilité, et non d’éliminer par exemple les outils du traducteur.
Voici le diagramme :
19. Les fèches devraient être dirigées également vers le haut, mais cela rendrait la carte
illisible. La traductologie dans le système des sciences humaines 27
Puisque les notions de base — traductologie, théorie de la traduction
et poétique de traduire — sont parfois utilisées comme des synonymes,
il faut commencer en remettant ces notions en ordre.
Nous croyons donc que la notion primordiale pour la dénomination
française sera « traductologie », correspondant aux Translation Studies
selon Holmes. Un problème qui persiste est la relation entre la «
théorie » et la « poétique de la traduction » — le terme absent chez Holmes
et utilisé plus rarement, toutefois par les personnes importantes pour le
20développement de la discipline . Edwin Gentzler dédie son article de
Routledge Encyclopedia of Translation Studies, à cette notion, quoique
sa démarche ne contribue pas à mettre de l’ordre dans le champ de la
traductologie. La notion de la poétique descriptive du traduire n’apparaît
dans ce chapitre qu’« en creux », comme quelque chose de possible, mais
négligé, un problème constamment omis de la traductologie :
Current trends in translation research show little interest in fnding universal
21poetic devices or formal schemes for describing increasingly subtle shifts .
Il faut pourtant accepter une des idées de Gentzler ; puisque la
notion même de poétique suggère l’analyse des textes littéraires,
certains linguistes analysant les textes « pragmatiques » peuvent avoir des
objections légitimes envers cette notion et préfèrent utiliser le terme de
22« théorie de la traduction ». Néanmoins, dans la traductologie
contemporaine la division en « littéraires » et « linguistes » est devenue (on peut
le supposer) anachronique, et les deux notions sont trop importantes pour
renoncer à l’une d’elles en faveur de l’autre. Il convient par ailleurs de
20. Qu’on songe aux ouvrages d’Henri Meschonnic, Pour la poétique, II. Épistémologie
de l’écriture, poétique de la traduction (1973) et Poétique du traduire (1999), à
Poetics of Translation de Willis Barnstone (1993), Cognitive Linguistics and Poetics of
Translation d’Elżbieta Tabakowska (1993/2001), Poética da tradução: do sentido à
signifcância de Mario Laranjeira (1993) ; on peut aussi lire attentivement la préface
à After Babel de George Steiner(1975/2000). La notion de « poétique descriptive de
la traduction » utilisée dans ce livre diffère pourtant de la majorité d’œuvres citées
ci-dessus si fortement qu’une indication détaillée des différences nous semble inutile.
21. Edwin Gentzler, Poetics of translation, in Routlege Encyclopedia of Translation
Studies, Londres, Routlege, 1998, p. 170.
Cette phrase peut surprendre, car un an avant la publication de l’Encyclopedia, on a
publié une œuvre très importante d’A. Chesterman, Memes of translation, à laquelle
nous nous référons dans le chapitre « Figures de traduction ».
22. Ibid., p. 168.

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