Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9e au 15e siècle

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AVERTISSEMENT
Dans
le
Dictionnaire dont nous publions aujourd'hui
Il
le
premier fascicule, nous ne présentons pas tous
été très agréable d'essayer,
les
mots français qui
de di-
ont été usités durant les siècles que nous embrassons.
vers côtés, de donner, d'un coup,
nous eût
comme on nous
le conseillait
une œuvre complète. L'immensité des matériaux que nous avons réunis, étudiés
et
coordonnés
la
depuis plus de trente ans, nous permettait peut-être de concevoir celte ambition. Mais cette immensité
publication en un seul corps d'ouvrage à peu près impossible de nos jours.
possible à la portée
Il
même
en aurait rendu
le
fallait
courir au plus pressé, et mettre
le
plus tôt
du publicla partie de notre
travail qui lui est d'une utilité
immédiate,
lexique de la vieille langue. Et notre
dévouement à
la
science a été assez grand pour faire taire nos
scrupules et nos désirs. Quoiqu'il nous en coûtât, nous avons
renoncé sans hésitation, sinon sans regret, à publier d'une seule
reste le rêve
fois,
dans son ensemble,
le
Dictionnaire historique qui a été
et
qui
de toute notre vie,
et
nous nous sommes résigné à commencer par un fragment, fragment bien vaste encore.
les
Ce fragment, qui ne formera pas moins de dix volumes in-4°, contient
mots de
la
langue du
moyen
âge que
la
langue
Il
moderne
n'a pas gardés. Lorsque nous ...
Publié le : lundi 10 janvier 2011
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AVERTISSEMENT
Dictionnaire dont nous publions aujourd'hui le premierDans le fascicule, nous ne présentons pas tous les mots français qui
usités durant les siècles que nous embrassons. Il nous eûtont été été très agréable d'essayer, comme on nous le conseillait de
dicôtés, de donner, d'un coup, une œuvre complète. L'immensité des matériaux avonsvers que nous réunis, étudiés et coordonnés
depuis plus de trente ans, nous permettait peut-être de concevoir celte ambition. Mais cette immensité même en aurait rendu la
publication en un seul corps d'ouvrage à peu près impossible de nos jours. Il fallait courir au plus pressé, et mettre le plus tôt
possible à la portée du publicla partie de notre travail qui lui est d'une utilité immédiate, le lexique de la vieille langue. Et notre
adévouement à la science été assez grand pour faire taire nos scrupules et nos désirs. Quoiqu'il nous en coûtât, nous avons
renoncé sans hésitation, sinon sans regret, à publier d'une seule fois, dans son ensemble, le Dictionnaire historique qui a été et qui
rêve de toute notre vie, et nous nous sommes résigné à commencer par un fragment,reste le fragment bien vaste encore.
Ce fragment, qui ne formera pas moins de dix volumes in-4°, contient les mots de la langue du moyen âge que la langue
moderne n'a pas gardés. Lorsque nous enregistrerons des mots conservés, ce ne sera que pour certaines significations disparues. Il
suit de là qu'il ne faut pas toujours s'attendre à trouver une classification satisfaisante du sens des mots que nous citons, puisque
encore aujourd'hui vivante que nous supprimons sijsiématiquemenl.tel sens ancien peut dériver d'une signification
formes d'un même mot fournies par les différents dialectes aux diversesNous avons réuni sous un seul chef toutes .les époques,
multiplier les renvois pour faciliter les recherches. Nous avons justifié cha(iue forme, chaque signification etsauf à chaque
nuance de sens par des exemples abondants et variés, empruntés la plupart aux manuscrits les plus authentiques des diverses
bibliothèques et archives.
ne nous ont pas fait négliger les bonnes éditions publiées par de vrais connaisseurs de notre vieille langue enLes manuscrits
lesen Allemagne, en Belgique, etc. Mais on nous excusera si, ayant d'abord lu manuscrits, nous n'avons pas toujoursFrance,
Dans bien des cas il nous a sendjié que nousrecommencé nos lectures pour indiquer la source d'après l'édition. pouvions nous
d'autres lectures et par tous les soins d'un travail compliqué.'pargner cette peine et cette perte d'un temps réclauié par tant si
Les mots que nous aimons à étudier, ceux pour lesquels nous nous complaisons à prodiguer les exemples, les définitions, les
sont les mots bien faits et durables, les termes consacrés par les meilleurs é'-riv^ins,comparaisons, les recherches, ce poètes et
et xiir siècles. Mais, cherchant des mots partout, les poursuivant, pour ainsi dire, chez les auteurs ùc 'outprosateurs, des xi", xii"
de toute époque, de toute province, nous en avons recueilli aussi et admis beaucoup de mal faits et de [las-genre, de tout mérite,
s'agissait de dresser le répertoire des motsa semblé qu'il fallait abjurer tout purisme, quand il de l'anciennesagers. Il nous
époques. Le coté historique domine ici; or, un mauvais mot a, comme un bon mot,langue française comprise dans ses diverses
son intérêt historique.
nombre d'exemples des xv' et xvi° siècles. Généralement ils ne figurentOn trouvera dans ce Dictionnaire un certain que pour
Quelquefois ils ont été accueillis, quoique nous n'eussions pas d'exemples des sièclesmontrer la persistance de termes anciens.
fait formationleur nature et leur forme mêmes nous ont croire qu'ils étaient de ancienne.antérieurs, parce que
à sa plus lointaine apparition, et l'avoir suivi à travers les divers siècles jusqu'au momentAprès avoir tâché de saisir le mot
efforçons de suivredisparaître de la langue écrite, nous nous sa trace dans la langue parlée, et de le retrouver dansoii il semble
dénominations de personnes, dans les dénominations de lieux, partoutdivers idiomes populaires, dans les enfin où il a laisséles
jusqu'à nos jours quelques vestiges.
d'archives cherchés pour ainsi dire aux quatre vents du ciel. Indépendam-profit nous avons tiré des documentsOn verra quel
chartes trèsfrançaises, nous avons dépouillé beaucoup de latines anciennes pourd'une innombrable quantité de chartesment y
insérés dans ces chartes a^ec leur forme française, ou légèremenlmultitude de mots françaisà des dates reculées, uneretrouver,
nombre de termes qui n'apparaissent pas ou n'apparais.senlchercher aussi un certainmodiCée par une finale latine, pour y
guère ailleurs.termes techniques .explication tles termes — généralenietit dessommes contenté d'enregistrer sansl,;i et là nous nous
que nous avons consultés n'oftrecherches, et sur lesquels les savants français et étrangersle sens a écliappé ;\ toutes nosdont
de plus habiles ou ;\ de plus heureux le soin de débrouillsfournir les lumières qui nous manquaient. Nous laisserons àpu nous
Texemple de Du Gange qui, dans son Glossaire, a consigné tant de mots sans evpiication 'aoune.obscurités, suivant en celaces
indiquées très exactement et avec des détails inaccoutumés; si, dans quelques cas extrême-Les sources de nos exemples sont
que, malgré tous nos etforts, toute notre peine etsont moins complètes et moins rigoureuses, c'estment rares, ces indications
réparer entièrement un malheur qui nous est arrivé pendant la Gommune, la destrac-sacrifices, nous n'avons pu encore,ons nos
\olumineux registre où, depuis l'origine de nos travaux lexicographiques et littéraires, nous avions pristion d'un précieux et
sorte notes bibliographiques ou phi-d'inscrire toutes nos lectures, en accompagnant ces relevés de toute desoin, jour par jour,
li^ogiques.
publication. Xous n'en)ployons que l'accent aigu sur les e fermés,simplifié l'orthographe dans notre nonNous avons fort
et, pour l'uniformité, nous ramenons h cette orthographe tous les textes imprimés dontd'un s ou d'un z, ;\ la lin des mots,suivis
système nous a paru le plus prudent, vu l'incertitude qui règne encore sur cette matière des accents ap-nous faisons usage. Ce
langue.pliqués i l'ancienne
nous avons, quant présent, écartéexclusivement sur le terrain des faits authentiques, à l'étymologie, étudeNous maintenant
une science spéciale, et qui renferme souvent un élément conjectural peu à sa placepart, qui est devenue de nos jours dansà
dont la certitude est le caractère essentiel.un travail
Dans une œuvre si longue, si difficile, si complexe, les erreurs et les oublis sont inévitables. G'est pourquoi, dès que le premier
volume aura paru, nous commencerons la publication d'un supplément, que nous enrichirons avec bonheur de toutes les
commuqui auront pu nous être faites, de toutes les rectifications qui auront pu nous être adressées et que nous sollicitonsnications
instamment.
Dès aujourd'hui nous signalerons plusieurs mots et plusieurs exemples qu'un dérangement fâcheux dans la mise en page ou
renvoyer au supplément :au trouble dans la copie nous a obligé de
.v.visEMiixr.ii, s. {., commodité : ABiiORissEMEXT. Ajoutcr jiuur secoud
exemple ;>'e sai comment vos cuers endure
Que de laia muir en vo présence,
Avorissement, objet d'horreur.(xiv« s., iip.
S'aveis si bieQ Vaaisenifiicf Daruiesteler, Glosses et glossaires
UébreuxDe moi repaistre.
finançais, p. 44.)
."(J. OK Co.vDE, La messe des oisiaiis, oi(i,
111, 18.) ABSCOXSEn. Ajouter pour premiec
exemple
:.^iiKiiRiiciER (s'), v. réil., se lier
D'une part Gant es le (s) vos asconses.
l.ors leva li vilains s'aurauce.
(Auberi, 31, Tobler.)p.
Frôle ses ieuz, si s'aberrucr,
Fronce le nez, les ieuz roiUe.
3-2(Rose, Richel. l.")"3, f°
•Jiie le lecteur bienveilb"* Jo.iiie à l'auteur, dont la tâche est si vaste et si rude, lesf.u. fautes plus graves qu'il pourra remarquer.DICTIONNAIRE
DE
L'ANCIENNE LANGUE FRANÇAISE
ET DE TOUS SES DIALECTES
DU IX^ AU XV^ SIÈCLE
COMPOSÉ D'APRÈS LE DÉPOUILLEMENT DE TOUS LES PLUS IMPORTANTS DOCUMENTS
MANUSCRITS OU IMPRIMÉS
QUI SE TROUVENT DANS LES GRANDES BIBLIOTHÈQUES DE LA FRANCE ET DE L'EUROPE
ET DANS LES PRINCIPALES ARCHIVES DÉPARTEMENTALES
MUNICIPALES, HOSPITALIÈRES OU PRIVÉES
PAIt •
FRÉDÉRIC GODEFROY
DE L'INSTRUCTION PUBLIQUEPUBLIÉ SOUS LES AUSPICES DU MINISTÈRE
TOME PREMIER
-A CASTAIOXEUX
PARIS
ÉDITE U KF. YIEWEG, LIBKAl
HEliT, K II !; Il 1 11 ELI F. U,H L C G7
1881Pc

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