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L’opéra chinois contemporain et le théâtre occidental Entretiens avec WU Hsing-Kuo
Univers Théâtral Collection dirigée par Anne-Marie Green  On parle souvent de « crise de théâtre », pourtant le théâtre est un secteur culturel contemporain vivant qui provoque interrogation et réflexion. La collectionUnivers Théâtralcréée pour donner la est parole à tous ceux qui produisent des études tant d’analyse que de synthèse concernant le domaine théâtral.  Ainsi la collectionUnivers Théâtral entend proposer un panorama de la recherche actuelle et promouvoir la diversité des approches et des méthodes. Les lecteurs pourront cerner au plus près les différents aspects qui construisent l’ensemble des faits théâtraux contemporains ou historiquement marqués. Dernières parutions Françoise QUILLET,Arts du spectacle, Identités métisses, 2011. Emmanuelle GARNIER,Les dramaturges femmes dans l’Espagne contemporaine, 2011. Françoise QUILLET,Le théâtre s’écrit aussi en Asie(Inde, Chine, Japon),2011. Salah EL GHARBI,Yasmina Reza ou le théâtre des paradoxes, 2010. Marjorie SCHÖNE,Les figures géométriques et arithmétiques dans le théâtre d’Eugène Ionesco, 2009. Jean VERDEIL,L’acteur et son public. Petite histoire d’une étrange relation, 2009. Stina PALM,Bernard-Marie Koltès, vers une éthique de l’imagination, 2009. e Romuald FÉRET,Théâtre et pouvoir au XIX siècle. L’exemple de la Seine-et-Oise et de la Seine-et-Marne, 2009. Johannes LANDIS,Le théâtre d’Henry Bernstein, 2009. Daniela PESLIN,Le théâtre des nations, une aventure théâtrale à redécouvrir, 2009. Isabelle BARBERIS,Philippe Adrien, un théâtre du rêve éveillé,2009. Colette DERIGNY,Jean-Paul Farré. Le monde burlesque d’un homme de théâtre, 2008. Maurice ABITEBOUL,Dames de cœur et femmes de tête. La femme dans le théâtre de William Shakespeare, 2008. Isabelle CATA,Le Siddhartha de Victor SEGALEN, 2008.
Françoise Quillet L’opéra chinois contemporain et le théâtre occidental Entretiens avec WU Hsing-Kuo Traduits du chinois par Ting Lee-Ting L’HARMATTAN
Illustration de couverture : Jean-Marc Quillet © L'HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54986-9 EAN : 978229654986-9
Remerciements
Je tiens à remercier particulièrement :
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Wu Hsing-Kuo, pour son accueil chaleureux, Ting Lee-Ting, notre traductrice, Marie-Pierre Vial, notre assistante pour la relecture attentive du texte et sa mise en page, Jean-Marc Quillet, notre dessinateur, vidéaste et relecteur, qui a filmé les entretiens, Patrick Lefèvre, notre infographiste, Zhang Bo-Chun, étudiant à l’Université Nationale des Arts de Taïwan, qui a filmé les entretiens, l’Université Nationale des Arts de Taïwan, qui a mis gracieusement à notre disposition ses locaux, son personnel et son matériel pour filmer les entretiens, le Contemporary Legend Theater pour ses documents, Lin Hsiu-Wei, qui nous a accordé un entretien sur son mari, Yang Wan-Ping, pour ses traductions en français,
enfin, l’ensemble des personnes qui m’ont encouragée à faire cet ouvrage et que je ne peux toutes nommer ici.
NB : La transcription du chinois est en pinyin.
PRÉFACE
Si l’on cherche des renseignements sur internet, Wu Hsing-Kuo est mentionné comme un célèbre acteur de cinéma qui a joué aux côtés de Jacky Chan et de Gong Li, et a reçu de nombreuses distinctions, dont le prix du meilleur acteur, leHong Kong Film Award, pour son rôle dansThe Temptation of a Monkpar Clara Law en réalisé 1994. Mais c’est à l’homme de théâtre que nous nous intéressons ici, à celui qui dit avoir préféré le théâtre au cinéma, même s’il lui faut un ou deux ans pour gagner une somme équivalente à celle que lui rapporte le cinéma en quelques semaines.
Nous avons ressenti l’importance de ce choix en assistant, en 2009, à la représentation deKing Lear, une adaptation de la pièce de Shakespeare. On voyait d’emblée un immense acteur, un homme de théâtre exceptionnel, un des grands réformateurs non seulement de la scène chinoise mais de la scène internationale. Comment être à la fois fidèle à la forme artistique de l’opéra de Pékin et vouloir être le moteur du renouvellement de ses formes ? Cette question que se pose Wu Hsing-Kuo et qui rejoint son affirmation :
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L’héritage n’est plus suffisant, nous devons créer de nouveaux genres qui deviendront un nouveau patrimoine.
a confirmé notre sentiment. Pour comprendre ce que nous estimons être une recherche fondamentale du théâtre contemporain, nous sommes allés à Taïwan interroger Wu Hsing-Kuo. Les entretiens que nous présentons ont eu lieu en décembre 2010. Ils ont été filmés par les soins de Jean-Marc Quillet et Zhang Bo-Chun. Ting Lee-Ting a été notre traductrice. Certains de ces entretiens se sont passés dans les locaux de l’Université Nationale des Arts de Taïwan où enseigne Wu Hsing-Kuo. Depuis six ans, nous avons signé, en tant que responsable du département Arts du Spectacle de l’université de Franche-Comté, un accord avec cette université qui permet un échange dynamique entre étudiants et enseignants taiwanais et français. La plupart des entretiens se sont déroulés dans les locaux modestes, mais si importants, du C. L. T., où nous avons été reçus avec gentillesse et générosité. Durant six jours, Wu Hsing-Kuo a répondu aux multiples questions que nous lui posions, toujours concentré et plein d’attention, parfois même, ce qu’il est impossible de transcrire, se mettant à chanter tel ou tel passage de ses pièces.
Wu Hsing-Kuo n’est pas un artiste très connu en France. Certes, il est venu jouer au Festival de Châteauvallon, au Festival d’Été à Paris, au Festival d’Avignon. Il a été invité par Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil, mais ses spectacles ne sont pas encore largement diffusés, à preuve sa création deEn Attendant Godot, qui ne sera représentée que deux fois en avril 2011 au Théâtre de l'Agora, scène nationale d’Évry-Essonne. Pourtant, il est allé jouer au Théâtre National Royal de Londres, chez Eugenio Barba à l’Odin Teatret au
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Danemark, en Espagne, en Allemagne, en Hollande, aux États-Unis, et naturellement dans de nombreux pays asiatiques comme la Corée, le Japon, la Chine, la Malaisie...
Ce livre est le premier ouvrage en français sur Wu Hsing-Kuo. Nous avons orienté ces entretiens autour des créations qui se sont inspirées des théâtres occidentaux, théâtres shakespeariens, théâtres grecs, théâtre de Beckett et de Tchékhov. C’est donc à l’artiste interculturel que nous avons consacré ces pages, en insistant moins sur le travail d’acteur que sur le travail de concepteur, de metteur en scène, de directeur de compagnie. Car, pour reprendre 1 les termes de Lin Hsiu-Wei :
Contemporary Legend Theater se résume en un seul nom : Wu Hsing-Kuo. Il s’occupe de tout. Il décide du sujet et adapte le livret. C’est lui qui recrute un vieux maître pour créer la musique et un musicien contemporain pour les arrangements. Il met en scène les dialogues, les scènes d’arts martiaux, les mouvements. Il dessine les costumes et les décors, s’occupe de la lumière. Il rassemble tout le monde pour les répétitions. Il fait tout !
Les pages qui suivent resituent les différentes étapes de son parcours. C’est là une méthode simple mais éclairante pour comprendre sa pratique complexe des échanges interculturels au théâtre. Elles visent à retracer le chemin de ce théâtre à travers ses créations, à interroger quelles noces flamboyantes peuvent s’opérer entre l’opéra chinois et le théâtre occidental. 1 Lin Hsiu-Wei , première danseuse de la Cloud Gate Dance Company de 1975 à 1985. Elle fonde en 1988 le Tai-Gu-Tales Dance Theatre. Elle suit une formation en ballet et apprend les styles de Martha Graham, de José Limon ainsi que les techniques de l’opéra chinois. Cette compagnie a une réputation internationale et se produit partout dans le monde. Elle est mariée avec Wu Hsing-Kuo.
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La rencontre a duré plus de 20 heures. Nous avons fait des choix. Nous n’avons pas évoqué les transformations opérées dans ses mises en scène de pièces ou de romans chinois. Nous avons dû omettre le moment où il a collaboré à la création de la pièceLa Neige en aoûtde Gao Xingjian, Prix Nobel de Littérature 2000.
Wu Hsing-Kuo cherche à rénover l’opéra chinois en ouvrant ce dernier à de nouveaux répertoires, notamment aux répertoires occidentaux, et en retravaillant les éléments de base : la déclamation, le chant, la gestuelle, les arts martiaux. À partir de ce qu’il appelle la fusion du théâtre chinois et du théâtre occidental, il cherche à créer un théâtre contemporain qui part de la tradition, la transforme sans la renier. Ce travail, quoique différent, est aussi important que celui des grands réformateurs qui, au e cours du XX siècle, ont interrogé les arts asiatiques pour rénover la scène occidentale.