La littérature camerounaise depuis la réunification (1961-2011)

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Le 1er octobre 1961 marque la réunification des deux anciennes parties du pays: le Cameroun occidental, anglophone, et le Cameroun oriental, francophone. La célébration du cinquantenaire de la réunification du Cameroun est un événement certes politique, mais concerne plusieurs autres domaines dont celui de la littérature. Ce livre analyse ainsi des oeuvres de la littérature camerounaise des deux langues.
Publié le : samedi 1 juin 2013
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EAN13 : 9782296539075
Nombre de pages : 264
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27ISBN : 978-2-343-00781-6
Sous la direction de Alice Delphine Tang et Marie-Rose Abomo-Maurin
LA LITTÉRATURE CAMEROUNAISE depuis la réunification (1961-2011) Mutations, tendances et perspectives
La littérature camerounaise depuis la réunification (1961-2011)
Sous la direction de Alice Delphine Tang et Marie-Rose Abomo-Maurin La littérature camerounaise depuis la réunification (1961-2011)
Mutations, tendances et perspectives
Comité scientifique :
Pr BOLE BUTAKE Pr Nol ALEMBONG Pr Richard Laurent OMGBA Pr Charles DIMI Pr Alphonse TONYE Pr Félix Nicodème BIKOI Pr Alice Delphine TANG Pr Christine DJOCKOUA MANYAKA Pr Germain EBA’A Marie-Rose ABOMO-MAURIN (HDR) Patricia Marie-Thérèse BISSA ENAMA (HDR) Dessin de couverture d’AliceD: un nœud qui attache définitivement leselphine Tang anciens Cameroun oriental et occidental. © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00781-6 EAN : 9782343007816
PREFACE
Il est des entreprises qui, dans la vie des chercheurs, amènent à inscrire leur discipline dans les événements et l’histoire d’un pays. Au moment où l’on célèbre le cinquantenaire de la Réunification du Cameroun, l’initiative d’Alice Delphine TANG et de Marie Rose ABOMO-MAURIN, enseignantes à la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Yaoundé 1, de publier un ouvrage collectif sur cette commémoration, mérite d’être saluée. Il ne s’agit pas uniquement d’une action ponctuelle, mais d’une véritable prise de conscience de la nécessité de faire cheminer ensemble les recherches littéraires dans nos deux langues officielles et de travail.
Le Cameroun est l’un de ces pays dont l’histoire, féconde en événements, oblige à un devoir permanent de mémoire. La Réunification du pays est cet « événement », en particulier, qui impose une commémoration exceptionnelle, dans la mesure où on fête le cinquantenaire des retrouvailles des deux parties du pays. Et si l’on part de l’étymologie latine d’événement, c’est-à-dire « ce qui advint », on peut affirmer avec Hérodote que « ce sont les événements qui commandent aux hommes et non les hommes aux événements ».
La longue marche du peuple camerounais qui était à construire ne pouvait pas se concevoir uniquement du point de vue des politiques. La célébration du cinquantenaire de la Réunification du Cameroun qui nous mobilise aujourd’hui est un événement certes politique, mais davantage autre chose. En effet, lorsqu’on évoque l’idée de fédération d’États, comme ce fut le cas en 1961 avec le Cameroun, il est cependant exclu de perdre de vue que la notion même d’État ne peut se comprendre que dans un contexte dont les assises réunissent un ensemble de domaines et de considérations, parmi lesquels le social et le patrimoine culturel.
On en convient, ainsi que le signale Abomo-Maurin dans son article, que la longue marche du peuple Camerounais a été semé d’embûches, mettant en danger la notion de champ littéraire camerounais. Toutefois, le premier pari qu’emporte l’ouvrage La Littérature camerounaise depuis la réunification (1961-2011). Mutations, tendances et perspectives, c’est celui d’exister en tant que confirmation de la richesse intellectuelle du Cameroun. De ce premier gage découle un second : l’assemblage d’articles sur la littérature, une littérature désormais portée par nos deux langues nationales : une littérature d’expression anglaise et une autre d’expression française dont le cheminement, comme l’indique encore l’article « De la réunification, acte politique, à la construction du champ littéraire camerounais : un chemin semé d’embuches », est chargé d’histoires.
Ce que Marie-Rose Abomo-Maurin fait remarquer pour la littérature d’expression française vaut également pour celle d’expression anglaise. Pour Bole Butake qui, dans « Recent orientation in Cameroon Anglophone literature », retrace le long éveil de la littérature camerounaise d’expression anglaise, la situation fut plus difficile encore. L’instabilité identitaire pour ces écrivains de première génération davantage tournés vers le Nigeria n’était plus à démontrer. La notoriété ne survient qu’avec la nouvelle génération d’écrivains dont la plupart sont universitaires.
Cet éveil ne se fait sentir que depuis 1982, grâce à la RevueABBIApubliée par les Editions CLE. Toutefois, on peut remarquer queLa Voix des poètes 1 camerounais/Voice of Cameroon Poets, une anthologie de la poésie camerounaise avant l’heure, projet initié par René Philombe, porte déjà ce souci de littérature dans les deux langues nationales du Cameroun. Cette anthologie paraît en même temps queNeuf Poètes camerounaisde Kesteloot qui ne retient que les poètes d’expression française.
La lecture de(1961-La Littérature camerounaise depuis la réunification 2011). Mutations, tendances et perspectivesmontre comment l’Historique de la littérature camerounaise colle à l’Histoire du Cameroun. Cela est évident lorsqu’on parcourt toute la production littéraire de Mongo Beti. Cela l’est davantage quand on décrypte les chapitres qui composent toute la première partie de cet ouvrage. Si, comme on l’a déjà souligné, « De la Réunification, acte politique, à la construction du champ littéraire camerounais : un chemin semé d’embuches » de Marie-Rose Abomo-Maurin souligne la lente construction du champ littéraire camerounais et les espoirs que suscitent l’engouement et la ténacité des écrivains eux-mêmes à construire ce champ, on observe dans « Recent orientations in Cameroon Anglophone Literature » de Bole Butake, le difficile éveil de la littérature de l’autre rive du Moungo. Dans ce « lent éveil », s’aperçoit cependant une dynamique en marche. « Ceux qui écrivent à partir du pays natal : une lecture de l’écriture réaliste de quelques romans publiés entre 2005 et 2011 » d’Alice Delphine TANG circonscrit l’analyse dans un espace temporaire donné, espace qui met en valeur ce qu’on peut appeler « les nouvelles écritures romanesques camerounaises ». Elle en décrypte à la fois les thématiques et les styles. Cette présentation panoramique présente des choix esthétiques qui tiennent en compte le politique et le social. L’auteure montre en effet la difficulté éprouvée par les écrivains locaux à se positionner dans le champ littéraire international par rapport à ceux de la Diaspora déjà inscrits dans ce champ universel.
Le chapitre consacrant l’étude de Nol Alembong, « African Literature and the Concept of Otherness : Building Bridges in the Postcolonial Era », revient certes sur l’éveil de la littérature de langue anglaise. Mais, en somme, son
1 Editions APEC, Yaoundé, 1966.
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propos insiste davantage sur la construction de ponts, de passerelles. Il ne s’agit pas seulement des ponts entre les deux rives du Moungo. La vision que propose ici Alembong apparaît plus universaliste que nationale. La construction des ponts ramène à une ambition de fédération internationale, celle qui commence par la fédération littéraire.
Après ces premiers chapitres qui permettent de jeter un nouveau regard sur le paysage et l’historique de la littéraire camerounaise, suit un ensemble « d’études de cas » autour des trois principaux genres littéraires classiques : le roman, le théâtre et la poésie.
C’est ainsi que Yvette Marie-Edmée ABOUGA s’interroge sur la « Rhétorique des préfaces politiques : cas des textes préfaciels deMain basse sur le Cameroun». À son tour, Patricia BISSA ENAMA,Mongo Beti  de revenant sur l’écriture du romancier camerounais, analyse la Poétique du RegarddansTrop de soleil tue l’amour,alors que Raphaël NGWE exploite la Poétique de la résistance chez le même auteur.La tradition, quant à elle, est revisitée parSylvieMarie Berthe ONDOA NDO dansde Gaston-Paul Effa. « Branle-bas de la république du sexe : esthétique de libération dansFemme nue femme noirede Calixte Beyala », de Stéphane AMOUGOU, ouvre la séquence sur l’écriture féminine que vient compléter « L’écriture du renversement comme reproduction imaginaire de la critique sociale dans Contours du jour qui vientde Léonora Miano » d’Élodie Carine TANG. Deux articles clôturent cette séquence sur l’étude romanesque, à savoir « Subversion du père, hérésie et déni de soi dansQuand saigne le palmierde Charly Gabriel Mbock » de Jean Bernard EVOUNG FOUDA, qui fait écho à l’article de Sylvie Marie Berthe ONDOA NDO, et « Fonctionnalité thématique et dynamique syntaxique dans l’écriture de Patrice Nganang à travers La Promesse des fleurs» de Germain EBA’A.
Deux articles s’intéressent au théâtre camerounais. Il s’agit tout d’abord de « The Writer And Cameroon Reunification : a historical reading of René Philombe’s Africapolis » de Manyaka Toko Djockoua qui permet de s’imprégner de la conception de la Réunification par René Philombe. On se rappelle que ce dernier a été un fervent militant pour ces retrouvailles entre frères séparés à l’intérieur du même pays. Quant à « La rhétorique délibérative dans le théâtre camerounais » de Pierrette BIDJOCKA FUMBA, cet article place le lecteur dans l’univers de l’argumentation et des outils qu’elle convoque.
Enfin, deux articles sur la poésie ferment cet semble de textes : « ’’The Soul of the Nation” : Reunification Discourse in Contemporary Anglophone Cameroon Poetry” d’Eunice NGONGKUM et « Des invariants rythmiques dans le texte poétique camerounais francophone » de Jean-MarcelESSIENE. Ces deux articles sur la poésie illustrent, mieux qu’un long discours, combien nos
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deux langues nationales, - langues de travail également -, sont complémentaires et renvoient à la recherche camerounaise sa véritable identité.
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PREMIERE PARTIE : HISTORIQUE ET ESSAIS
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