Oeuvres de P. Corneille par Pierre Corneille

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Oeuvres de P. Corneille par Pierre Corneille

Publié le : mercredi 8 décembre 2010
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Title: Oeuvres de P. Corneille
Author: Pierre Corneille
Editor: Ch. (Charles Joseph) Marty-Laveaux
Release Date: March 13, 2010 [EBook #31628]
Language: French
Character set encoding: ISO-8859-1
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Notes de transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée.
Les lettres l, d et s, en exposant après un chiffre romain signifient l s d respectivement livre, denier et sol, (ex:CXLIXVIIX). L'abréviation lt signifie livre tournois, (1 livre tournois = 20 sols tournois; 1 sol = 12 deniers tournois).
c L'abbréviation après un chiffre romain signifie que le chiffre doit être multiplié par cent.
Dans la note [730], il faut lire 1633 au lieu de 1533 dans ce bout de phrase : «Allons, je ne veux pas. (1533-57)».
Le mot «lairrez» dans la note 831 se trouve tel quel dans l'original.
Les vers sont en principe numérotés toutes les 5 lignes; les numéros omis dans l'original ont été également omis dans cette version. Les numéros des pages blanches n'ont pas été repris.
Œuvres
DE
P. CORNEILLE
NOUVELLE ÉDITION
REVUE SUR LES PLUS ANCIENNES IMPRESSIONS ET LES AUTOGRAPHES
ET AUGMENTÉE
de morceaux inédits, des variantes, de notices, de notes, d'un lexique des mots et locutions remarquables, d'un portrait, d'un fac-simile, etc.
PAR M. CH. MARTY-LAVEAUX
TOME PREMIER
PARIS
ie LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET C
BOULEVARD SAINT-GERMAIN
1862
LES
GRANDS ÉCRIVAINS
DE LA FRANCE
NOUVELLES ÉDITIONS
PUBLIÉES SOUS LA DIRECTION
DE M. AD. REGNIER
Membre de l'Institut
Œuvres
DE
P. CORNEILLE
TOME I
ie PARIS.—IMPRIMERIE DE CH. LAHURE ET C
Rue de Fleurus, 9
p. i
p. ii
p. iii
AVERTISSEMENT.
Notre premier soin a été de constituer le texte de cette édition avec exactitude et sincérité. Si ce devoir eût été généralement mieux rempli par nos devanciers, nous n'aurions sur ce point aucune observation à faire; mais comme en nous rapprochant de Corneille nous nous éloignons souvent de ceux qui ont publié ses œuvres, sans pouvoir en avertir en chaque circonstance, nous prions tout d'abord le lecteur qui voudrait s'assurer par lui-même de l'exactitude de notre travail, de remonter aux éditions données par notre poëte, et de ne considérer comme fautifs que les passages qui ne se trouveraient pas conformes à ces impressions anciennes, les seules qui fassent autorité: nous avons cherché à les suivre fidèlement, et si, par hasard, nous nous en écartions en quelque endroit, ce qui, nous l'espérons, n'arrivera que bien rarement, ce serait du moins contre notre volonté et par suite d'une erreur toute matérielle. Au contraire, la plupart de ceux qui nous ont précédé, alarmés des moindres singularités grammaticales, des hardiesses de style les plus légitimes, se sont hâtés de corriger, avec une sollicitude qu'ils croyaient respectueuse, les passages qui offusquaient leur goût.
Ce n'est pas seulement, comme on pourrait le croire, dans le courant du dix-huitième siècle qu'il en a été ainsi. La dernière édition des œuvres de Corneille, publiée par M. Lefèvre et recherchée à bon droit comme la plus complète, ne se distingue guère à cet égard des précédentes.
On lit dans unSonnet à M. de Campion sur ses hommes illustres:
J'ai quelque art d'arracher les grands noms du tombeau, De leur rendre un destin plus durable et plus beau, De faire qu'après moi l'avenir s'en souvienne: Le mien semble avoir droit à l'immortalité.
Cette tournure excellente a choqué les éditeurs, et, où il y avaitle mien, ils ont m i smon nom, détruisant ainsi, afin de faire disparaître une incorrection imaginaire, toute la vivacité de ce passage.
Les altérations de ce genre ne tombent pas seulement sur les ouvrages de second ordre: elles défigurent parfois de très-beaux morceaux des chefs-d'œuvre de Corneille.
A qui venge son père, il n'est rien d'impossible,
[1] dit Rodrigue au Comte . C'est ainsi que ce vers est imprimé dans toutes les éditions courantes, ainsi qu'il est dit au théâtre, ainsi qu'il est récité dans nos colléges; seulement, par un scrupule d'exactitude, M. Lefèvre fait remarquer que de 1637 à 1648 on lit:
A qui venge son père, il n'est rien impossible,
sans le motde. Qui s'aviserait de soupçonner après cela que cette dernière leçon (il n'est rien impossible) est la seule exacte, la seule qui se trouve dans toutes les impressions surveillées par Corneille, et encore dans celle de 1692, dont son frère a pris soin?
Ce n'est pas là un fait unique, isolé. On a souvent admis de la sorte, comme par pitié, en variante, la leçon authentique émanée de Corneille, tandis qu'on insérait dans le texte une correction inutile ou un rajeunissement maladroit. Une seule pièce nous fournira trois nouveaux exemples de ce singulier genre d'inexactitude.
Corneille a dit dansCinna:
Dequelques légionsqu'Auguste soitgardé,
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p. v p. vi
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Et plus loin:
Enfin:
Quelque soin qu'il se donne et quelque ordre qu'il tienne, [2] Qui méprise sa vie est maître de la sienne .
Le ravage des champs, le pillage des villes, Et les proscriptions, et les guerres civiles Sont les degrés sanglants dont Auguste a fait choix [3] Pour monter dans le trône et nous donner des lois .
On a fait contre vous dix entreprises vaines; Peut-être que l'onzième est prête d'éclater, Et que ce mouvement qui vous vient agiter [4] N'est qu'un avis secret que le ciel vous envoie .
«Qui méprisesaest maître de la sienne» a paru amphibologique aux vie éditeurs; ils ont mis: «Qui mépriselavie.»
«Monterdans le trône» les choquait; ils y ont substitué la phrase aujourd'hui consacrée: «montersurle trône.»
Ils ont pensé que l'agitation d'Auguste ne devait pas durer plus longtemps que le morceau dans lequel il l'exprime, et, par suite de ce raisonnement: «Qui vous vient agiter» est devenu «qui vous vientd'agiter.»
M. Lefèvre a reproduit ce texte sans paraître soupçonner qu'il eût subi la moindre altération. Toutefois, pour chacun de ces vers, il a admis comme variante la rédaction de Corneille, qui ne figurait à aucun titre dans les [5] impressions postérieures à 1692. C'est toujours un progrès .
En général, nous avons suivi, pour chaque ouvrage, la dernière édition donnée par l'auteur; mais on verra par les notes que nous l'avons toujours soumise à un contrôle sévère, à une attentive révision.
L eThéâtre de P. Corneille, de 1682, si important pour l'ensemble du texte, fourmille de fautes typographiques, contre lesquelles il faut se tenir continuellement en garde. Souvent un vers entier s'y trouve passé; parfois un mot y est estropié; plus fréquemment encore il est remplacé par un autre qui semble avoir un sens, et c'est certes là le cas le plus difficile et le plus délicat.
Dans cette édition de 1682, Médée, pour ne citer qu'un exemple, parle ainsi e er dans laIVscène du I acte:
Filles de l'Achéron, pestes, larves, furies, Fières sœurs, si jamais notre commerce étroit Sur vous et vossermentsme donna quelque droit Sortez de vos cachots avec les mêmes flammes, Et les mêmes tourments dont vous gênez les âmes.
Le sens n'a en lui-même rien d'absolument invraisemblable, et, si l'on n'avait que ce texte, il ne viendrait peut-être pas à l'esprit d'y introduire une correction; mais, quand on s'est convaincu que toutes les éditions antérieures portent serpentslieu de au serments, il est difficile de voir dans ce dernier mot autre chose qu'une faute d'impression; aussi n'hésitons-nous pas à le rejeter, en le mentionnant toutefois en note, afin que le lecteur soit toujours complètement renseigné sur la constitution du texte.
Les variantes n'ont pas été de notre part l'objet d'une moindre attention; nous n'avons pas cru qu'il nous fût permis de rien exclure, de rien sacrifier. Nous nous sommes appliqué à faciliter l'étude des éditions données par Corneille, et à fournir les moyens de suivre sans fatigue la pensée du poëte dans ses progrès et parfois dans ses défaillances, à travers toutes les rédactions successives qu'il a tour à tour adoptées.
Elles sont fort nombreuses: il y a pour les œuvres de la première moitié de sa
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carrière dramatique, trois états principaux et un grand nombre de retouches intermédiaires, que nous ne rappelons ici que fort sommairement, mais dont on se rendra compte d'une manière plus complète, en parcourant les variantes et la notice bibliographique. On trouve d'abord l'édition en pièce séparée, à laquelle les recueils publiés de 1644 à 1657 changent peu de chose, bien qu'il y ait déjà çà et là un certain nombre de vers à recueillir. En 1660, l'économie du recueil est entièrement modifiée: les dédicaces, avis au lecteur, arguments des premières impressions et les fragments d'historiens et de poëtes placés en tête de certaines tragédies, soit lors de leur publication, soit en 1644, disparaissent, et font place à d'autres préliminaires. L'édition est divisée en trois tomes; en tête de chacun se trouve, pour la première fois, un desDiscourssur le théâtre et la série consécutive de tous les examens des pièces contenues dans le volume. Ces examens forment ainsi comme des chapitres d'un même ouvrage; [6] et, en les séparant, les éditeurs les ont altérés en plus d'un endroit . Les impressions de 1663 et de 1664 ne contiennent encore que des variantes de détail; puis on arrive enfin à celles de 1668 et de 1682, qui diffèrent fort peu l'une de l'autre. La seconde, dont nous avons déjà parlé, est la dernière que l'auteur ait revue, et doit être incontestablement la base même du texte de [7] Corneille .
Malgré les objections spécieuses de quelques bons esprits et l'exemple du plus consciencieux éditeur de Corneille, M. Taschereau, qui a cru devoir publier seulement les variantes d'un grand intérêt historique ou littéraire, nous avons entrepris de reproduire dans tous leurs détails jusqu'aux moindres de [8] ces changements .
Corneille commence à écrire à une époque où la plus grande licence règne dans la comédie. Plus modeste, plus retenu que ses contemporains, il cède encore parfois à son insu à la contagion de l'exemple; mais à mesure que le théâtre, grâce à son influence, s'épure davantage, il s'applique à faire disparaître quelques scènes un peu libres, quelques expressions hasardées. Une édition où les divers textes de ses premières pièces sont tous réunis, permet donc d'apprécier d'un coup d'œil le progrès qui s'est accompli à cet égard en peu d'années.
Pour l'histoire de la langue, les variantes sont plus utiles encore. Elles nous font connaître l'instant précis de la disparition des termes surannés, des constructions tombées en désuétude, et nous montrent, contre toute attente, le grand Corneille, superstitieux observateur des règles de Vaugelas, s'appliquant sans cesse à modifier dans ses œuvres ce qui n'est pas conforme aux lois nouvelles introduites dans le langage.
Enfin, on comprend de reste, sans que nous insistions, combien ces études sont indispensables aux personnes qui veulent aborder sérieusement la critique et l'histoire de notre littérature; pour les avoir négligées, l'auteur d'un [9] article d'ailleurs fort estimable, intituléles Contemporains de Corneille, est tombé dans une bien étrange erreur: il compare à des fragments de diverses pièces jouées vers 1630, le commencement deMélite, non tel qu'il a été écrit d'abord, mais tel qu'il a été refait en 1660, et il s'écrie avec étonnement: «Voilà les premiers vers de Corneille; à l'exception d'un mot, il n'y a rien qui ait vieilli.»
Il ne suffisait pas d'avoir la volonté bien arrêtée de recueillir toutes les variantes, ni même de parvenir à se procurer les éditions où elles se trouvent, il fallait encore trouver la manière la plus expéditive et la plus sûre d'exécuter le travail. M. Ad. Regnier, qui dirige la collection desGrands écrivains de la France, avec une vigilance infatigable et une sûreté de goût des plus rares, a eu l'excellente idée de convoquer pour cette collation autant de lecteurs que nous avions de textes différents. Ce mode de révision, qui sera employé pour tous les auteurs auxquels il pourra utilement s'appliquer, nous paraît être le [10] moyen le plus sûr d'arriver à une exactitude presque absolue .
Après avoir dit jusqu'où nous avons poussé le scrupule à l'égard des variantes, il est presque inutile d'ajouter que nous avons fait tous nos efforts pour réunir et publier jusqu'aux plus minces productions sorties de la plume de Corneille. Cette tâche, aujourd'hui pénible, l'eût été beaucoup moins au siècle dernier,
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mais alors les éditeurs se regardaient comme des juges, chargés de procéder à un choix des plus sévères, et ils omettaient de propos délibéré ce qui ne leur semblait pas excellent. L'abbé Granet en convient avec une grande naïveté [11] dans la Préface desŒuvres diverses, et les efforts successifs de plusieurs générations d'éditeurs n'ont sans doute pas encore suffi à retrouver tous les opuscules qu'il avait alors sous la main et qu'il a négligés volontairement.
Des publications récentes fort curieuses, quelques recherches personnelles, d'obligeantes communications et surtout des hasards heureux nous ont permis d'augmenter cette édition de bon nombre de lettres et de pièces de vers de Corneille, et de quelques morceaux importants à la composition desquels il a pris une part difficile à déterminer, mais qui paraît incontestable.
Nous sommes parvenu à retrouver l'épitaphe latine du P. Goulu, que M. Taschereau a signalée le premier comme étant de Corneille, mais qui avait échappé à ses recherches.
Nous ajouterons aux poésies diverses un assez grand nombre de pièces:
Un quatrain qui figure, en 1631, en tête duLigdamon et Lidiasde Scudéry, et que M. Tricotel a recueilli, en 1859, dans leBulletin du bouquiniste;
Une épigramme publiée en 1632 dans lesMélanges poétiques, à la suite de Clitandre, et que personne cependant ne semble avoir connue;
Une pièce en l'honneur de la Vierge, composée en 1633 pour le Palinod de Rouen, et recueillie tout récemment par M. Édouard Fournier dans sesNotes sur la vie de Corneille, qui précèdent sa charmante comédie deCorneille à la butte Saint-Roch;
Un compliment adressé la même année (1633) à Mareschal sur sa tragi-comédie dela Sœur valeureuse, publié par lui en tête de sa pièce;
Un hommage poétique du même genre publié en 1635 par de la Pinelière, en tête de sonHippolyte, tous deux recueillis également par M. Édouard Fournier;
Un remercîment aux juges du Palinod, improvisé en 1640 par Corneille, au nom de Jacqueline Pascal, signalé en 1842 par M. Sainte-Beuve dans son Histoire de Port-Royal, et publié plus tard par M. Cousin, mais qui ne se trouve pas dans l'édition de M. Lefèvre;
Un sonnet qui a paru, en 1650, en tête de l'Ovide en belle humeur de d'Assoucy;
Un autre compliment du même genre, mais qui s'applique à un ouvrage bien différent, auTraité de la théologie des saintsP. Delidel, publié en 1668. du C'est encore M. Édouard Fournier qui a renouvelé le souvenir effacé de ces deux dernières petites pièces.
Nous ajouterons quatre belles lettres à celles qu'on connaît. La première traite d'affaires; elle a été signalée par M. Taschereau qui en a publié un curieux fragment; les trois autres, toutes littéraires, adressées à M. de Zuylichem, secrétaire des commandements du prince d'Orange, et à l'abbé de Pure, sont p. xiii entièrement inédites.
Dans l'édition de M. Lefèvre, les lettres sont, pour la plupart, rapprochées des ouvrages auxquels elles ont rapport; nous avons préféré les classer tout simplement d'après leurs dates. Nous y avons joint celles qui ont été adressées à Corneille par Balzac et Saint-Évremont, et de la sorte s'est trouvée constituée pour la première fois une véritable correspondance de Corneille, composée de plus de vingt lettres ou fragments de lettres.
«Nous regrettons beaucoup, disait M. Lefèvre, en 1854, de ne pouvoir augmenter notre édition de la traduction en vers que Corneille a faite des deux premiers livres de laThébaïdede Stace, mais les recherches de M. Floquet, de l'Académie de Rouen, de M. Aimé Martin, etc., etc., ainsi que les nôtres, n'ont eu aucun résultat.» Nous avons ajouté sans plus de succès nos investigations à celles de nos prédécesseurs. Nous avons pu seulement déterminer avec un
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peu plus d'exactitude la date de l'impression qui doit être fixée aux premiers mois de 1672, et nous avons soigneusement recueilli les trois vers conservés par Ménage. Reproduits par M. Taschereau dans sonHistoire de la vie de Corneille, connus de M. Lefèvre, qui en parle sans les citer, ils ne figurent néanmoins jusqu'ici dans aucune édition desŒuvresde notre poëte. Ce n'est pas toutefois, on le comprend, pour annoncer une addition de ce genre que nous parlons ici de ce poëme; mais il nous paraît utile d'attirer une fois de plus l'attention des bibliophiles et des amis de Corneille sur un fait si singulier. Il semble impossible en effet que cet ouvrage ait disparu pour toujours, et qu'à moins de deux cents ans de distance, et malgré les bienfaits de l'imprimerie, il en soit pour nous du père de notre théâtre comme de ces écrivains de l'antiquité dont certains livres ne nous sont connus que grâce aux fragments conservés par les grammairiens.
Le théâtre, comme on doit le penser, ne s'est guère accru; nous reproduirons cependant deux publications, peu importantes en elles-mêmes, mais fort [12] intéressantes pour l'histoire de la représentation des pièces de Corneille : le Dessein d'Andromèdele et Dessein de la Toison d'or. Ces desseins sont de véritables livrets très-semblables à ceux qui se vendent encore aujourd'hui dans les théâtres d'opéra. Nous sommes contraint d'ajouter qu'ils ne sont pas rédigés d'une manière beaucoup plus attachante. Notre poëte en est cependant bien l'auteur, car il dit en tête duDessein d'Andromède: «J'ai dressé ce discours seulement en attendant l'impression de la pièce.»
Nous avons cru pouvoir extraire dela Comédie des Tuileries, pour le faire figurer dans notre édition, un acte, le troisième, dont la rédaction paraît très-vraisemblablement avoir été confiée à notre poëte; néanmoins nous l'avons fait imprimer en petits caractères, afin que le lecteur pût toujours distinguer à première vue ce qui est incontestablement de Corneille de ce qui peut seulement lui être attribué.
Cette précaution était encore plus nécessaire à l'égard des pamphlets publiés en sa faveur dans la querelle duCid, et réunis par nous à la suite de laNotice relative à cet ouvrage. En effet, bien que Niceron les regarde comme de Corneille, et que Barbier lui en attribue au moins un, nous n'hésitons pas à déclarer qu'il n'en est point l'auteur; mais écrits par ses amis, et très-probablement sous son inspiration, ils renferment sur sa personne des particularités intéressantes; ils sont d'ailleurs peu nombreux, assez courts, fort rares: c'était plus qu'il n'en fallait pour nous décider à les publier.
L'histoire des ouvrages de Corneille sera exposée dans desNotices historiques, littéraires et bibliographiques placées en tête de chacun d'eux, conformément au plan général adopté pour toute la collection desGrands écrivains.
Ces notices, dont nous aurons soin d'exclure les théories et les appréciations littéraires, afin de réserver plus de place aux faits certains et aux pièces originales, seront complétées et reliées entre elles par uneVie de Corneille, où il sera plus question de lui que de ses ouvrages, et dans laquelle l'homme passera avant le poëte.
Un portrait de Corneille avec les armes de sa famille, un fac-simile de son écriture, la vue de la maison où il est né, la reproduction de quelques anciennes gravures propres à faire mieux comprendre certaines particularités contenues dans ses œuvres, en seront un complément agréable et presque nécessaire, bien que tout nouveau.
Les éclaircissements généraux donnés dans les notices nous permettront de p. xvi ne pas multiplier les notes et surtout de les rédiger avec une grande brièveté. La table de tous les noms de personnes et de lieux, et des principales matières contenues dans les œuvres de Corneille, dans les notices et dans les notes, facilitera d'ailleurs singulièrement les rapprochements et les recherches, et le Lexiqueterminera l'ouvrage contiendra la solution d'un grand nombre de qui problèmes relatifs à l'histoire du langage au dix-septième siècle. En accordant à ce dernier travail le prix du concours ouvert en 1858, l'Académie française
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m'a imposé le devoir de le rendre aussi digne qu'il serait en moi de cette honorable distinction. Une étude plus sérieuse et plus approfondie du texte de Corneille vient de m'en fournir les moyens; puissé-je en avoir profité autant que je l'ai dû et voulu faire!
NOTICE BIOGRAPHIQUE
SUR
[13] PIERRE CORNEILLE .
Ch.MARTY-LAVEAUX.
Corneille est issu d'une famille de robe dans laquelle le prénom de Pierre était réservé aux fils aînés bien avant qu'il l'eût porté.
Pierre Corneille, arrière-grand-père du poëte, ne remplissait sans doute point de fonctions publiques, car son nom n'est suivi d'aucune qualité dans les actes où il se lit. Son fils, Pierre Corneille, épousa en 1570 Barbe Houel, qui appartenait à une famille noble, et fut dotée par son oncle, Pierre Houel, sieur de Vandelot, vieux garçon, greffier criminel du Parlement et notaire secrétaire p. xviii de la maison et couronne de France. Pierre Houel fit admettre son neveu au greffe en qualité de commis; bientôt après, celui-ci traita d'une petite charge de conseiller référendaire à la chancellerie et se fit recevoir avocat. Ce Pierre Corneille eut pour fils, en 1572, Pierre Corneille, père du poëte, puis Antoine et François Corneille, ses deux oncles. Le 5 mai 1599, le père de Corneille obtint du Roi des provisions de maître particulier des eaux et forêts en la vicomté de Rouen, et fut reçu en cette qualité le 31 juillet de la même année. Il épousa, le [14] 9 juin 1602, Marthe Lepesant, fille de François Lepesant . Le 29 septembre 1602, un acte régulier de partage mit les jeunes époux en possession d'une maison située à Rouen, rue de la Pie, qui venait du père du marié, décédé en 1588, et dont la succession était demeurée depuis lors indivise.
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p. xx
Ce fut dans cette maison que naquit, le 6 juin 1606, l'enfant qui devait être le [15] grand Corneille . Trois jours plus tard, le 9, il était présenté au baptême dans la paroisse Saint-Sauveur par Pierre Lepesant, secrétaire du Roi, son oncle maternel, et Barbe Houel, son aïeule paternelle, et il recevait sur les fonts le [16] prénom de Pierre, que portaient son père et son parrain . Nous ne savons rien de particulier sur son enfance. M. Gosselin, dans un excellent travail, [17] auquel nous avons emprunté la plupart des faits qui précèdent , a conjecturé, non sans vraisemblance, qu'elle s'écoula en partie dans une maison de campagne des plus riantes que Pierre Corneille, le père, acheta le 7 juin 1608 à Petit-Couronne, lorsque son enfant venait d'atteindre la fin de sa seconde [18] année .
Corneille fit ses études avec succès au collége des Jésuites de Rouen. En 1620, il reçut en prix un exemplaire de l'ouvrage de Panciroli intitulé:Notitia utraque dignitatum, cum Orientis, tum Occidentis, ultra Arcadii Honoriique tempora(Lugduni, 1608): c'est un volume in-folio, relié en veau brun, doré sur tranche, et portant sur les plats les armes d'Alphonse Ornano, alors lieutenant général au gouvernement de Normandie, et qui, en cette qualité, avait fait les frais des prix distribués au collége. Ce livre appartenait à la bibliothèque de M. [19] Villenave , et M. Floquet, qui l'y a vu, fait remarquer que, suivant l'usage, «une notice détaillée et signée du principal indique dans quelle classe et à [20] quel titre cette récompense avait été décernée au jeune Corneille .» Par malheur nous ignorons ce qu'est devenu ce volume et nous n'avons pu voir nous-même ni reproduire le curieux renseignement qu'il renferme.
Suivant une tradition dont l'origine est demeurée inconnue, Corneille a
remporté un prix de rhétorique pour une traduction en vers français d'un [21] morceau dela Pharsale. Mais nous ne croyons pas que ce prix soit le volume que nous venons de décrire: il est, non pas impossible, mais peu probable, que notre poëte, né en 1606, ait fait sa rhétorique en 1620.
Le temps n'a pas fait disparaître entièrement les témoignages de la gratitude de Corneille envers ses maîtres. La bibliothèque de la Sorbonne possède un exemplaire de l'édition de 1664 de sonThéâtre, sur le titre duquel il a inscrit cet envoi:
Patribus Societatis Jesu Colendissimis præceptoribus suis Grati animi pignus D. D. Petrus Corneille.
Dii, majorum umbris tenuem et sine pondere terram, Qui præceptorem sancti voluere parentis [22] Esse loco.
Un monument plus durable et plus touchant des sentiments de respect dont il demeura toujours animé à l'égard de ceux qui avaient formé sa jeunesse, est la p. xxi pièce de vers qu'il adressa, à l'âge de soixante-deux ans, au P. Delidel, et qu'il [23] signa affectueusement: «Son très-obligé disciple
Ce furent peut-être ces reconnaissants souvenirs qui déterminèrent Corneille à mettre en vers français certains poëmes latins du P. de la Rue. Du reste il fit le même honneur à Santeul. Cela irritait fort Huet, qui s'écrie avec humeur dans s e sMémoires: «Il avait acquis une réputation considérable et méritée, et il régnait au théâtre, lorsque, oublieux de sa dignité, il s'abaissa à de petites compositions fort peu dignes de l'excellence de son génie. S'il paraissait quelque poëme ayant du succès dans les écoles, il se faisait l'interprète de [24] ceux qu'il eût à peine dû accepter pour interprètes de ses ouvrages
Au sortir du collége, Corneille étudia le droit, et, le 18 juin 1624, il fut reçu [25] avocat et prêta serment en cette qualité au parlement de Rouen . «Mais, dit un de ses contemporains, comme il avoit trop d'élévation d'esprit pour ce métier-là, et un génie trop différent de celui des affaires, il n'eut pas plus tôt plaidé une fois, qu'il y renonça. Il ne laissa pas de prendre la charge d'avocat général à la table de marbre du Palais, qui ne l'engageoit qu'à fort peu de [26] chose .» M. Gosselin a pris soin de nous faire connaître cette juridiction et le lieu où elle s'exerçait: «La table de marbre du Palais, à Rouen, créée par Louis XII en 1508, connaissait des eaux et forêts en appel, mais jugeait en première instance tout ce qui concernait la navigation.... Le lieu des séances n'était par lui-même guère capable d'imposer le moindre respect aux justiciables; il était situé dans la grande salle des procureurs, au bout, vers la rue Saint-Lô, et le p. xxii bureau de justice n'était autre qu'une grande table en marbre, derrière laquelle les juges étaient assis, ayant à leurs côtés et un peu au-dessus de leurs têtes, dans des niches existant encore aujourd'hui, au milieu la sainte Vierge, d'un côté Geffroy Hébert, évêque de Coutances, et de l'autre côté Antoine Boyer, [27] abbé de Saint-Ouen .» A sa charge d'avocat général à la table de marbre Corneille joignit, ainsi que son prédécesseur, celle d'avocat du Roi aux siéges généraux de l'Amirauté. M. Gosselin a prouvé récemment, dans une intéressante étude, que, malgré l'assertion, souvent reproduite, contenue dans l'article desNouvelles de la république des lettres, ces charges n'étaient point, [28] comme on l'a prétendu, de pures sinécures .
Pendant que Corneille étudiait au collége des Jésuites, il avait pris en amitié une petite fille, Marie Courant, dont il devint fort épris plus tard, et dont le bon [29] goût, les sages conseils eurent, si nous en croyons notre poëte , une grande influence sur son talent. Si, ce que nous ignorons, il aspira à sa main, sa prétention fut vaine: Marie Courant fit un beau mariage; au lieu de prendre le nom, bien modeste encore, de Corneille, elle épousa M. Thomas du Pont, [30] correcteur en la chambre des comptes de Normandie .
C'est encore M. Gosselin qui nous a fait connaître le nom de famille de Mme du
[31] Pont . Tant qu'on l'a ignoré, on était très-porté à la confondre avec Mlle Milet, dont Corneille fut amoureux plus tard, et en l'honneur de qui il composa un sonnet, dont il fut si content, qu'à en croire son frère, il fit sa comédie deMelite [32] (1629) tout exprès pour l'employer . Je penchais fort, je l'avoue, vers cette opinion; mais elle ne peut plus se soutenir aujourd'hui, et il faut admettre, ce qui du reste n'a rien d'invraisemblable, que l'ancienne passion, la sérieuse amitié de Corneille pour Marie Courant, a été traversée par une passagère p. xxiii amourette: tout se trouve ainsi concilié. M. Taschereau invoque, il est vrai, le [33] propre témoignage de Corneille, qui dit dans l'Excuse à Ariste:
.... Nul objet vainqueur N'a possédé depuis ma veine ni mon cœur.
Mais si Corneille, qui écrivait ceci en 1637, se plaisait alors à oublier les galanteries et les caprices de sa vie de jeune homme, dans lesMélanges poétiques, publiés cinq ans auparavant, en 1632, il tenait un tout autre langage:
et ailleurs:
J'ai fait autrefois de la bête; [34] J'avois des Philis à la tête ;
Plus inconstant que la lune, [35] Je ne veux jamais d'arrêt .
Ce sont là, dira-t-on, des exagérations de poëte; cela est possible; mais il peut bien y avoir aussi dans l'Excuse à Ariste exagération de constance et de fidélité.
Quelle qu'ait été du reste l'occasion qui a donné naissance àMélite, cette comédie eut un très-grand succès, malgré les critiques assez vives que lui attirèrent la simplicité du plan et le naturel du style. «Ceux du métier la [36] blâmoient de peu d'effets ,» ainsi que nous l'apprend l'auteur lui-même. Bientôt après, il composa dans un système très-différent, qui fut en ce temps un essai très-sérieux, la tragi-comédie deClitandre(1632), qu'il aimait à présenter [37] plus tard comme une espèce de bravade . La preuve de l'importance qu'il y attacha est dans l'empressement qu'il mit à la publier avantMélite.Clitandre est suivi deMélanges poétiques, contenant des pièces galantes, des vers de [38] ballet, et quelques traductions des épigrammes d'Owen . Avant cette époque, Corneille n'avait encore eu d'imprimé qu'un quatrain en l'honneur de [39] Scudéry , avec qui il s'était lié dès qu'il avait travaillé pour le théâtre, et dont, p. xxiv en retour, le nom figure le premier dans une série d'une vingtaine d'hommages poétiques placés en tête dela Veuve(1633), dus pour la plupart à des rimeurs aujourd'hui complètement inconnus, mais dont le patronage parut alors à Corneille utile et honorable.
La Veuvefut suivie dela Galerie du Palais(1633), dela Suivante(1634) et de la Place Royale (1634). Cette dernière comédie, que nous avons donnée comme ayant été jouée en 1635, suivant en cela l'opinion générale, est un peu plus ancienne, comme le prouve un opuscule de notre poëte, qui est d'une assez grande importance pour la chronologie de ses premières pièces.
Lorsque Louis XIII, la Reine et le Cardinal séjournèrent en 1633 aux eaux de Forges, les hauts dignitaires des environs s'empressèrent d'aller leur rendre hommage. Corneille fut invité par François de Harlay de Champvallon, archevêque de Rouen, à composer des vers en leur honneur. Il s'en excusa dans une pièce latine, où il se tire fort agréablement de ces éloges qu'il a l'air de n'oser aborder. Malgré sa feinte modestie, il n'hésite pas à énumérer en tête de son poëme ses succès de théâtre, et à déclarer que là il règne presque sans rival:
[40] Me pauci hic fecere parem, nullusque secundum .
Ces vers latins furent peut-être l'occasion qui le mit directement en rapport avec le Cardinal, auquel devaient du reste le recommander puissamment ses premiers essais dramatiques. Bientôt il fut placé par lui au nombre des poëtes
chargés de composer des pièces de théâtre sous sa direction. Nous avons indiqué la part qu'il prit, comme un des «cinq auteurs,» àla Comedie des Tuileries(1635), et nous avons raconté comment le défaut d'esprit de suite, ou plutôt de docilité, dont l'accusait Richelieu, le porta à renoncer à cette tâche de collaborateur et à quitter Paris en prétextant quelques affaires de famille qui l'appelaient à Rouen.
Lorsqu'il se remit au travail pour son propre compte, il aborda sérieusement le p. xxv genre tragique dansMedée (1635); mais quoique ce fût là à beaucoup d'égards une tentative heureuse, elle ne satisfit entièrement ni son auteur ni le public, et le génie inquiet et infatigable de Corneille se remit en quête de sa voie, certain déjà de la trouver. L'Espagne l'attira, soit qu'il eût de lui-même donné cette direction à ses études, soit, comme on l'a prétendu, qu'il eût suivi en cela les conseils de M. de Châlon, ancien secrétaire des commandements de la Reine mère, retiré à Rouen. Ce qu'on n'a pas assez remarqué, c'est qu'il préluda auCid parl'Illusion comique (1636). Les exagérations du capitan ne manquent sous sa plume ni de noblesse ni de dignité: il le fait en plus d'une circonstance plus réellement majestueux qu'il n'aurait fallu. Sa grande âme tournait malgré lui au sublime; elle y était entraînée invinciblement, et Matamore parle déjà parfois le langage de Rodrigue. Ce fut dans les derniers jours de 1636 que parut ce merveilleuxCid, sur lequel nous nous étendrons d'autant moins ici, que nous en avons plus longuement exposé l'histoire dans notre édition. Le savant M. Viguier, dont les amis des lettres déplorent la perte [41] récente, en a indiqué, dans un mémoire spécial, les origines espagnoles . Quant à nous, nous avons raconté, dans la longue notice consacrée à cet [42] ouvrage , tout ce que nous avons pu recueillir de relatif à ses premières représentations, à l'affluence qui s'y porta, au jeu des comédiens qui remplirent les principaux rôles; nous avons dit la colère des confrères de Corneille et en particulier de Scudéry, la complicité de Richelieu, dont cette pièce excitait la jalousie de poëte et les légitimes susceptibilités de ministre; nous avons exposé, dans tous ses détails, le long procès porté à cette occasion devant la juridiction littéraire de l'Académie française; nous avons reproduit les principales pièces de ce procès, et enfin le jugement lui-même. On peut [43] parcourir successivement l'Excuse à Ariste et leRondeau, quide Corneille ont servi de point de départ et de prétexte à toute la querelle; les vers placés [44] dans la dédicace dela Suivantedont on n'avait pas bien apprécié la et portée, faute de remarquer qu'ils n'avaient été publiés qu'aprèsle Cid; les [45] p. xxvi Observationsde Scudéry , les titres et l'analyse des pamphlets publiés contre [46] Corneille ; le texte complet de tous ceux auxquels on a prétendu qu'il avait [47] eu, au moins indirectement, quelque part ; enfinles Sentiments de [48] l'Académie.
[49] Au mois de janvier 1637, Pierre Corneille père reçut des lettres de noblesse , qu'il avait méritées, mais que, sans l'éclat jeté sur son nom par son fils, il n'eût [50] peut-être jamais obtenues, disions-nous dans notre notice surle Cid. Les découvertes intéressantes faites par M. Gosselin, depuis le moment où nous nous exprimions de la sorte, ont établi que nous avions raison plus encore que nous ne pouvions le supposer. Investi en 1599, comme nous l'avons dit, de sa charge de maître des eaux et forêts, Pierre Corneille père y avait trouvé maintes occasions de déployer sa fermeté et son courage. Plus d'une fois il avait eu à réprimer, les armes à la main, les vols de bois qui se commettaient dans les forêts, et les registres du Parlement attestent avec quels soins vigilants il s'appliquait à réprimer tout désordre et à maintenir ses agents dans le devoir. Par malheur, si Pierre Corneille, le père, était énergique et intègre, il avait un caractère âpre et absolu, qui lui attira beaucoup d'ennemis. Des [51] difficultés qu'il eut avec Amfrye, son verdier , amenèrent, à l'occasion d'un mur indûment élevé sur la limite de la propriété de Petit-Couronne, un très-long er procès, que Pierre Corneille perdit le 1 juin 1618. En 1620, sans attendre que son fils fût en âge de lui succéder, il donna sa démission. Il avait donc quitté ses fonctions depuis dix-sept ans, lorsque, au mois de janvier 1637, on lui accorda des lettres de noblesse pour le récompenser de la manière dont il s'en était acquitté. N'est-il pas évident par là que ses bons services étaient fort oubliés, et que les exploits de Rodrigue vinrent grandement en aide à la p. xxvii
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