Sa vie entre luxe et humanitaire

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Jeune diplômée d'une prestigieuse école de mode et design, Lia est engagée comme styliste-créatrice dans une grande maison de haute couture ; le succès est au rendez-vous. Salim est le fondateur d'AIDE, importante organisation humanitaire très connue pour ses actions en cas de catastrophe naturelle, de guerre, d'épidémie, de famine et pour ses combats en faveur des droits de l'Homme. Charlotte SECK raconte avec émotion et tolérance une histoire où la rencontre entre le milieu de l'humanitaire et l'univers luxueux de la mode se révèle instructive et touchante.
Publié le : mardi 1 septembre 2009
Lecture(s) : 65
EAN13 : 9782296685482
Nombre de pages : 233
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Chapitre 1 Fashion Group

Lia monta sur la ligne 1 du métro parisien à la station Porte Maillot et descendit quelques minutes plus tard à l'arrêt Georges V. Elle marcha d’un pas décidé et nerveux en se disant qu'elle aurait pu attendre que son père la dépose. Ce jour était important pour elle, son premier vrai boulot, mais aussi la chance de sa vie. Elle avait passé trois années d'études à l'Atelier Chardon Savard de Paris en « Mode et Design », une année à l'Istituto Marangoni et voilà qu'elle avait un poste de designer, elle avait attendu cela depuis toujours. Elle sortit vers les Champs-Elysées, remonta l'avenue Montaigne et rentra dans les locaux de Fashion Group, une maison de haute couture très réputée dans le monde de la haute couture. Lia avait toujours espéré travailler dans cet endroit et cela était sa motivation pour bien poursuivre ses études. Elle avait passé plusieurs entretiens à la mi-novembre afin de montrer ses croquis au directeur artistique de FG qui n'était autre que le célèbre Enzo Barosso ; il habillait toute la crème du showbiz de Cannes à Hollywood et était très demandé dans les Fashion week de Paris à Milan en passant par New York et Tokyo.


Reste zen Lia, se dit-elle, tout se passera bien.

Elle entra dans le bureau qu'on lui avait indiqué, y trouva une ravissante jeune femme aux cheveux châtains et aux yeux verts qui semblait à première vue très occupée ; celle-ci leva la tête !!

dans sa direction lorsqu'elle se rendit compte de sa présence et sursauta. Elle était habillée d’une chemise noire mise dans une jupe verte en cuir façon taille haute de chez Fendi, et avait des chaussures Jil Sander. Lia trouva sa tenue parfaite, la simplicité de son sourire et sa beauté innocente lui inspirèrent confiance. • Bonjour, vous devez être mademoiselle N’diaye, je suis Béatrice. • Je vous en prie, appelez-moi Lia ! • D'accord à condition que vous m’appeliez Béa. Elles échangèrent un sourire timide.


Je vais vous mener à votre bureau.

Une pièce assez spacieuse : grandes fenêtres transparentes qui offraient une vue exceptionnelle sur Paris, fauteuil en cuir, immense table en verre, mannequins en bois ainsi que tout le matériel dont avait besoin un créateur de style. C’était tout simplement magnifique.
• •

Si vous avez besoin de quoi que ce soit pour vous installer, je suis là, se proposa Béa. Non ça ira, je vais m'en sortir, merci.

Surtout qu'elle n'avait pas grand-chose à installer à part une photo de sa famille. Le téléphone retentit, elle n'osa pas décrocher et Béa s'exécuta.


Oui, elle est là, je lui dis de venir, bye ! Lia, Enzo vous attend dans son bureau.

Elle se dirigea vers le bureau du fameux Enzo et pria pour que tout se passe bien. Il était déjà devant et l'attendait. Elle n'arrivait toujours pas à réaliser qu'elle travaillait avec lui ; ses créations étaient toujours plébiscitées, il était l'un des plus grands couturiers du monde. Il avait commencé sa carrière en tant que mannequin, mais au fil du temps, il passa derrière la !"

machine à coudre et ses premières créations avaient eu un succès incontesté. Maintenant il avait 45 ans et 25 ans de carrière.
• • •

Bonjour mademoiselle, entrez donc ! J'espère que votre bureau vous convient ? Oui tout me va bien merci. Je sais que c'est votre premier jour et que cela va vous sembler un peu précipité peut-être mais chez FG nous n’avons pas de temps à perdre, vos croquis m'ont beaucoup plu, vous avez du talent… Donc j'aurais une mission à vous confier : dans 3 mois se tient la Fashion week de Londres, j'aurais besoin de quatre croquis d’ici deux semaines : robes, jupes, pantalons, ça m'est égal. Faites à votre guise, je n'ai qu'une seule exigence : je veux du GLAMOUR !

Son cœur battait la chamade, mais elle releva la tête et lui répondit : « Très bien, les croquis vous seront remis à temps. Vous pouvez compter sur moi ! »


Excellent, renchérit Enzo, je vous verrai plus tard.

Elle sortit du bureau, paniquée. « Juste deux semaines, comment vais-je faire ? Mais j'ai du talent, si le grand Enzo Barosso trouve que j'ai du talent, c'est que ça doit être vrai », se dit-elle. En fermant la porte de son bureau elle se rendit compte qu'elle pensait à haute voix et que Béa était là.
• • • • •

Tout va bien Lia ? Oui, ça va, fit-elle gênée. J'espère qu'Enzo ne vous a pas fait peur ? Il a juste donné du travail important que je dois finir dans deux semaines, c'est pour la Fashion week de Londres. On peut se tutoyer, ce serait mieux non ? Ok ! Sérieusement, tu en as de la chance, à peine arrivée, tu fais des croquis pour une Fashion week. !#

• • • • • • • • • •

Je le prends plutôt comme un test. Sois à la hauteur alors ! Je ferai de mon mieux. C'est ta famille sur la photo ? Oui, mes parents et mon frère Abdou Karim, il a 16 ans. Et toi ? 23 ans depuis le 22 octobre. Tu es métisse africaine ? Mon père est du Sénégal et ma mère est de France, j'ai de la chance, j'ai deux pays, deux histoires et deux cultures. C'est vrai que pris comme ça, c'est une chance, je te laisse te mettre au travail, t'auras remarqué que ma curiosité n'a pas de limite.

Elles éclatèrent de rire. Il est vrai que sa famille comptait beaucoup pour elle, son père Mamadou N’diaye travaillait maintenant en temps que coordinateur économique à l'UNESCO, il avait quitté le Sénégal à dix-huit ans pour venir faire ses études en France, et avait rencontré sa mère Christine dans le campus de l'université. Lorsqu'ils décidèrent de se marier, ni la famille de Mamadou au Sénégal, ni celle de Christine n'étaient d'accord pour cette union, mais ils avaient réussi à les convaincre petit à petit et voilà qu'ils étaient unis depuis 27 ans. Son père avait fait de son mieux pour l'imprégner de la culture africaine, elle se sentait aussi française que sénégalaise, elle retournait tous les ans à Dakar avec toute sa famille pour voir ses grands-parents paternels. Elle adorait sa grand-mère Mame1 Lia dont elle portait le nom. Au Sénégal, la première ou l'une des filles du fils porte souvent le nom de la grand-mère, c’est une coutume très respectée. Mame Lia aimait tendrement son
1

Grand-mère ou Grand-père en langue wolof.

!$

homonyme, elle aimait la savoir à côté d'elle, lui raconter des anecdotes sur sa vie, lui apprendre les différentes traditions du Sénégal. La petite Lia l'écoutait avec attention et était contente de connaître tout ce qui ferait d’elle une vraie femme sénégalaise. Elle la couvrait d'or comme font toutes les grandsmères du pays qui en ont les moyens, malgré le fait que Christine trouvait que Lia était trop jeune à l'époque pour ça. Un jour, elle en parla à Mame Lia.




C'est dès maintenant que se prépare la boîte à bijoux en or qu'emportera Lia chez son mari, le jour de ses noces. Même si je ne suis plus là à ce jour, je tiens à ce qu’elle ait des biens qui la suivent, c'est la tradition, et j'espère que tu la respecteras Christine. Je la respecterai Mame Lia, répondit-elle.

Elle était sincère, elle avait du respect pour les croyances de son mari et de sa famille. Lia fixa le papier blanc, crayon à la main et commença à créer une image, mais elle la mit tout de suite de côté. « La meilleure des choses à faire c'est de dessiner plusieurs croquis et de n'en choisir que les plus représentatifs de Fashion Group », pensa-telle. Elle se mit au travail, elle était si concentrée qu'à l'heure du déjeuner, lorsque Béa lui proposa d'aller manger, elle répondit : « Non merci ! », se contentant d'un café et de petits gâteaux. Il était déjà 16h lorsqu'elle sentit la fatigue et surtout la faim. Béa lui conseilla de partir plus tôt parce qu'elle n'avait même pas pris le temps de faire une pause.
• • • • •

Tu as deux semaines, pas une journée. Relax ! Tu as raison, c'est la passion des premiers jours. Tu habites loin ? Non à quelques minutes, à Neuilly-sur-Seine. Et toi ? Dans le 7e. Bon à demain Lia, bonne soirée. !%



Merci.

Elle sortit et se dit qu'elle avait dû lui faire peur avec son air angoissé. Elle entra dans un petit restaurant japonais en face de Fashion Group ; l'endroit était accueillant, simple. Elle commanda des California roll, du riz thaï aux crevettes et du jus de coco. Le serveur revint et lui mit le plateau sur la table avec un grand sourire. Lia adorait la cuisine japonaise. Elle dévora le repas tellement elle avait le faim, elle pensa à son frère qui se moquait tout le temps d'elle parce qu'il la trouvait gourmande et ses amis lui disaient qu'elle avait de la chance de ne pas avoir à surveiller son poids. Elle se sentait bien dans sa peau et ne se préoccupait guère de ce genre de détail. Elle faisait environ 1,75 mètre pour 58 kilos, avait des cheveux frisés pas très longs comme la plupart des métisses, et des yeux de biche propres aux Africaines, elle était une belle N’diayéne1 comme lui disait son père. Elle remercia le serveur et s'apprêta à sortir quand quelqu'un la heurta devant la porte. Son sac tomba par terre et quelque chose qui ressemblait à du café l'aspergea ; elle entendit quelqu'un pousser un juron.
• •

Vous ne pouvez pas faire attention où vous mettez les pieds ?! Quoi ? Vous m'êtes complètement rentré dedans avec votre café.

Le serveur s'empressa de lui donner un mouchoir et de lui montrer les toilettes. Elle entendit l'homme dire d'un ton énervé : « Il ne manquait plus que ça pour que la journée soit parfaite ».

1

Surnom donné à tous ceux qui s’appellent N’diaye.

!&

Elle détailla son manteau porte-bonheur Prada et ses bottines en daim Pedro Garcia tachés de café puis secoua la tête désolée. Lorsqu'elle revint des toilettes, il était déjà parti.


Ouf, se dit-elle, je n'ai pas la force de me disputer, tant mieux qu'il ne soit plus là.

Elle rentra chez elle et fit part à ses parents de la journée stressante qu'elle venait de passer.




• • • •

Enzo doit sûrement avoir confiance en ton talent et comme moi aussi je sais que tu es la meilleure, je ne m'inquiète pas pour ma princesse. Laisse-moi te déposer demain matin, on en aura pour dix minutes, lui dit son père. Merci papa, répondit-elle, en ce qui concerne le Jap’, je ne sais pas si j'oserai y retourner, le pauvre serveur qui a probablement dû nettoyer la tache de café sur la moquette d'entrée. Il avait l'air énervé ? demanda son frère. Non il est resté poli. Ne t'inquiète pas chérie, affirma sa mère, je suis sûre qu'il sera content de te revoir. J'espère bien Yaye1.

Le lendemain, elle décida d'aller travailler avec plus de sérénité : « Cela sera plus efficace sans doute que le stress », pensa-t-elle. Elle rencontra Béa devant les locaux de FG et lui raconta l'épisode du restaurant.
• •

Eh bien cela nous donne une bonne raison d'y retourner et puis j'adore ce resto, fit celle-ci. Ok, on y retourne mais j’espère seulement que le serveur ne me jettera pas dehors… Je sens que j’ai bien fait d’avoir mis ces bottes Akiko Ogawa aujourd’hui,

1

Maman ou mère en langue wolof.

!'

elles me rendent plus audacieuse que d’habitude, dit Lia. Arrivée au bureau, elle fut présentée à ses collègues. Elle se rendit compte que comme elle, eux aussi considéraient que la vie était un éternel défilé de mode. Tous aussi accros aux dernières tendances qu'elle. L'ambiance était plutôt décontractée mais tout le monde avait l'air submergé de travail, néanmoins cela ne lui faisait pas peur, la mode était toute sa vie. À 15 ans, elle avait déjà une machine à coudre et faisait elle-même ses tenues. Elle avait toujours un style différent des filles de son âge et avait hâte de finir le lycée pour pouvoir se focaliser sur ce qui l'intéressait le plus. Lorsqu'elle allait au Sénégal, elle passait beaucoup de temps dans les ateliers de couture des petits tailleurs de quartier qui faisaient des habits traditionnels et un peu de prêt-à-porter. Elle était une sorte de stagiaire, elle n’était jamais payée mais avait acquis l'habilité qu’il lui fallait. Sa grand-mère savait à quel point cela lui tenait à cœur, elle achetait des tissus pour qu'elle lui fasse des ensembles. Lorsque l'heure du déjeuner arriva, elles allèrent au fameux restaurant. Lia remarqua que la moquette n'était pas celle d'hier ; très gênée, elle s'excusa avant et après sa commande. Le serveur lui assura que ce n'était pas grave et que, de toute manière, il était grand temps de la changer. Elle discutait avec Béa quand un homme élancé se présenta devant eux.


Excusez-moi de vous déranger.

Toutes les deux lui jetèrent un regard interrogateur.


Bonjour… Hier, j'ai fait tomber votre sac et je vous ai arrosée de café, j'ai été malpoli, je ne me suis même pas excusé, voilà je suis désolé.

Elle le regarda sans savoir quoi lui dire.

!(



Elle a survécu, vous savez, n'est-ce pas Lia, lança Béa pour rompre le silence. Oui, balbutia-t-elle, excuses… euh… acceptées. Ce n’était pas bien grave... c'était... juste du café... sur mes habits... Très bien, je tenais à le faire. Bon appétit !

• •

Il s'éclipsa aussi vite qu'il était venu, Lia et Béa se regardèrent et éclatèrent de rire.
• •



Il est bizarre non ? demanda Lia. Non, moi je le trouve très normal, plus que normal même. Peut-être qu'il était juste de mauvaise poil hier, et qu’aujourd’hui il tenait à faire savoir que d'habitude c'est un gentilhomme. Si tu le dis !

Elles retournèrent au travail. Lia était soulagée que l'incident d'hier se soit finalement arrangé, elle se concentra sur ses croquis, elle avait plusieurs idées différentes sur ce qui pouvait faire la différence sur les tendances du moment : le tribal chic, la combinaison, le pantalon large ou slim, le sarouel, le boyfriend jean, l’indétrônable petite robe noire, la robe longue, la veste XXL et la veste d’homme.

Le temps passa vite. Elle noua une amitié solide avec Béa, elle trouvait qu’elle était spontanée et adorable. Elles se voyaient même en dehors du travail et elle trouva en elle un réel soutien dans son milieu professionnel. Le jour où elle devait présenter les croquis à Enzo arriva. Elle l'avait peu vu après leur rencontre, il disait poliment bonjour mais n'avait pas fait allusion au déroulement de son travail. Elle frappa timidement à la porte du bureau du designer qui vint ouvrir.

!)



Entrez, je vous en prie, dit-il.

Elle s'exécuta et se rendit compte de la présence de trois autres personnes dans le bureau, elle dit un bonjour penaud et regarda en direction d'Enzo.
• •

Je vous présente Amira Féliz et ses assistantes. C'est un honneur. Voici mes croquis pour la Fashion week de Londres.

« Qui ne connaît pas Amira Féliz, la grande créatrice de chaussures et maroquinerie ? Mais qu'est-ce qu'elle fait là ? Et moi qu'est-ce que je fais dans la même pièce qu'elle ? », se demanda-t-elle intérieurement.


J'ai proposé à Madame Féliz, de chausser mes créations, et elle voulait voir ce que j'avais à lui proposer, lança Enzo.

Lia décela du stress dans sa voix et cela l'inquiéta un peu.
• •

Puisque vous êtes là montrez-nous ce que vous avez, dit Amira. J'ai quatre croquis. Je me suis inspirée de l’Afrique et des années 90.

Elle les étala sur la table, et tous se penchèrent dessus. A la vue de ceux-ci, Enzo la regarda d'un drôle d'air. Ils contenaient respectivement un ensemble composé d'une veste jaune pâle avec une fine ceinture rouge sur la taille, accompagnée d'un pantalon loose extra large vert herbe. Sur le croquis suivant il y avait une jupe crayon noire avec une chemise manches courtes bouffante de la même couleur sur laquelle on pouvait voir, sur le dos, la carte géographique du continent africain en blanc ; la tenue était accessoirisée d'une fine ceinture blanche. L'autre dressait le portrait d'une robe imprimée de fleurettes vertes et marron, dos nu, ornée de broderies sur la taille. Le dernier était "*

une longue robe de soirée en bustier noire très évasée assortie d'un large collier doré qui rappelait ceux des femmes massaï.
• • • • •

C'est exquis mon enfant, mais avez-vous les tissus ? demanda Amira. Bien sûr, répondit-elle en sortant les échantillons qu'elle avait. Enzo, répondit Amira, quand ces modèles prendront vie, je tiens absolument à les chausser. Vous ne voulez pas voir les autres croquis prévus pour la Fashion week ? Ce n'est pas nécessaire, cette petite m'a convaincue. Allons-y, fit-elle en s'adressant à ses assistantes.

A peine avait-elle franchi la porte qu'Enzo lui sauta au cou.


C'est merveilleux, elle veut travailler avec nous.

Voyant que Lia ne réagissait pas, il la pinça.


Cachez donc votre joie, vous venez d'épater la prestigieuse Amira Féliz !

Lia ne réalisait pas ce qui venait de se passer, cela dépassait ses rêves les plus fous.
• •

Je ne sais pas quoi dire, vous vouliez qu'elle voie les croquis d'une débutante ? Quand je lui ai proposé de travailler avec moi pour la Fashion week, elle m'a dit qu'elle avait eu la même proposition de la part de nos concurrents et qu'elle passerait voir mes croquis. Elle n’a pas prévenu, elle a débarqué à l'improviste et je n'ai même pas eu le temps de paniquer, voilà que vous frappiez à ma porte, j'avais l'intention de lui montrer les modèles qui étaient déjà prêts, cousus et bouclés mais vous êtes arrivée et vous connaissez la suite ! "!

• •

• • •

Donc tout ceci n'est que pur hasard ? demanda-t-elle surprise. Parfaitement, mais le hasard fait bien les choses, vous avez fait du bon travail, je suis ravi de vous annoncer que vous présenterez 4 des 40 tenues prévues pour la Fashion week de Londres et évidemment vous viendrez avec moi. Choisissez une personne pour vous aider à la préparation et pour faire partie de l'équipe qui nous suivra en Angleterre. C'est génial, s'écria-t-elle. Une dernière chose, ajouta Enzo, à partir de maintenant on se tutoie. D'accord ? Très bien !

Elle s'empressa d'annoncer la bonne nouvelle à Béa qui n'en crut pas ses oreilles.
• • • • •

Oh mon dieu Lia, tu te rends compte, dit-elle en sautant de joie. Ecoute Béa, il m'a dit que je devais choisir quelqu'un avec qui travailler avant et pendant la Fashion week et je pense que tu es la bonne personne. Tu es sérieuse ? Oui, on se chargera ensemble de mes modèles, on aidera aussi Enzo, et tu viendras avec nous à Londres. Merci, merci Lia, ton arrivée ici est définitivement une bénédiction pour moi.

Les mois suivants furent particulièrement chargés pour les deux jeunes femmes, elles étaient occupées entre les ateliers de couture, le choix des mannequins qu'elles devaient approuver et la préparation du voyage. Elles ne savaient plus où donner de la tête mais elles s'en sortirent bien. Le départ à Londres arriva très vite. Lia, Béa, Enzo et le reste de l'équipe descendirent à l'Hôtel Hilton de Londres. Le défilé était dans deux jours. Ils allèrent ""

tous à la salle où devait se passer le show pour les répétitions : ce n'était pas un podium comme à la plupart des défilés mais une grande salle blanche avec un grand tableau de peinture de couleurs vives sur chacun des quatre murs. Les sièges étaient posés au milieu de la salle et les mannequins devaient défiler autour. Les répétitions durèrent jusqu'à 17h l'après-midi. Le jour tant attendu arriva, Oscar de la Renta et Valentino devaient présenter leurs collections quelques heures avant eux et en coulisse tout le monde s’afférait. Plusieurs chaînes de télévision telles que TV Modda et World Fashion ainsi que les grands magazines de mode comme Vogue, Citizen K, Glamour et Elle étaient présents. Les 18 mannequins qui devaient défiler pour Fashion Group avaient commencé à se préparer avec l'équipe d’Enzo. Lia n'arrivait pas à y croire, elle avait croisé plusieurs grands couturiers, et lorsqu'Enzo la présentait elle devenait toute timide et ne savait pas trop quoi dire. Béa, Enzo et elle s'étaient munis d'un talkie-walkie pour communiquer. Enzo et elle s'occupaient des derniers ajustements sur les mannequins tandis que Béa s'assurait que tout allait bien en salle et devait tout leur signaler. Elle avait choisi les différentes musiques qu'on devait entendre pendant le show, la première était Glamorous de Fergie, et pour les créations de Béa, prévues pour la fin, Africa du chanteur sénégalais Ismaël Lô.


J'ai donné le signal pour la musique, le premier top dans 5-4-3-2-1, fit Béa.

Lia et l'assistante d'Enzo, Moli, lancèrent à Agyness Deyn : « Go! ». Lorsqu'ils arrivèrent aux quatre créations de Lia, elle eut les larmes aux yeux. Enzo et Moli la prirent dans leurs bras. Toute sa vie, elle avait attendu ce moment, elle avait l'impression que tout commençait à ce jour. Elle n'arrivait pas à croire que ses créations existaient à côté de celles du grand Enzo et des autres géants de la haute couture. "#

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