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Shakespeare, le marrane du théâtre

De
244 pages
Dans la continuité de son travail de recherche sur " la condition post nazi ", ce dernier essai de Gérard Huber analyse ce qui se révèle lorsque l'on met en scène aujourd'hui Le Marchand de Venise. En s'appuyant sur la signification cachée des noms des personnages ( Shylock/ Shakespeare ), il montre l'existence d'un double marranisme (au XVI siècle est " marrane " tout juif converti de force au catholicisme et qui pratique en secret sa religion) chez Shakespeare qui sera déterminant dans l'évolution de sa pulsion théâtrale.
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Gérard Huber
Gérard Huber
SHAKESPEARE, LE MARRANE DU THÉÂTRE Essai surLeMarchand de Venise
Marchand de Venise Le
Essai sur
Préface de JeanFrançois REY Philosophe, professeur honoraire
Avantpropos de Jacques BAILLON Directeur du Centre national du théâtre
SHAKESPEARE, LE MARRANE DU THÉÂTRE
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Shakespeare, le marrane du théâtre
Essai surLe Marchand de Venise
Univers Théâtral Collection dirigée par Anne-Marie Green  On parle souvent de « crise de théâtre », pourtant le théâtre est un secteur culturel contemporain vivant qui provoque interrogation et réflexion. La collectionUnivers Théâtralest créée pour donner la parole à tous ceux qui produisent des études tant d’analyse que de synthèse concernant le domaine théâtral.  Ainsi la collectionUnivers Théâtralentend proposer un panorama de la recherche actuelle et promouvoir la diversité des approches et des méthodes. Les lecteurs pourront cerner au plus près les différents aspects qui construisent l’ensemble des faits théâtraux contemporains ou historiquement marqués. Dernières parutions François LASSERRE,Corneille, le destin d’un écrivain de théâtre, 2017.RABANEL,Epistémologie de l’art vivant. L’inversion au cœur du spectacle, 2017.Françoise QUILLET,Des formations pour la scène mondiale aujourd’hui, 2016. RABANEL,Génie du carnaval, Quand le savoir bascule, 2016. Stéphane LABARRIERE,Spectacle vivant à l’épreuve de l’itinérance, Magnétisme nomade et société de contrôle,2016. RABANEL,Le Feu sacré du théâtre, Manifeste du réinventisme,2016. Dorys CALVERT,Théâtre et Neuroscience des Emotions, 2016. RABANEL,Spectateurs sidérés, ou L’Allégorie du Goéland,2016. Hanan HASHEM,Emile Augier, Alexandre Dumas fils, et Victorien Sardou, Dramaturgie du savoir-vivre sous le Second Empire,2015. Elise VAN HAESEBROECK,Le théâtre de Claude Régy,l’érosd’une voix sans bouche,2015. Abdelmajid AZOUINE, Théâtre moderne et pratiques picturales, correspondances et confluences, 2015. Franck WAILLE et Christophe DAMOUR (dir.),François Delsarte, une recherche sans fin, 2015. François QUILLET,La scène mondiale aujourd’hui. Des formes en mouvement, 2015.
Gérard HUBER
Shakespeare, le marrane du théâtre
Essai surLe Marchand de Venise
Préface de Jean-François REYPhilosophe, professeur honoraire
Avant-propos de Jacques BAILLONDirecteur du Centre national du théâtre
Du même auteur Conclure dit-il : sur Lacan, Galilée, 1981 L’Égypte ancienne dans la psychanalyse, Maisonneuve et Larose, 1987 L’Énigme et le délire, Osiris, 1988 L’illusion métabiologique, PUF, 1994 Freud : le sujet de la loi, Michalon, 1999 L’homme dupliqué : clonage humain, effroi et séduction, L’Archipel, 2000 Akhenaton sur le divan : les origines égyptiennes de la psychanalyse, Jean-Cyrille Godefroy, 2001 Anatomie de la séparation : réponses à Jacques Derrida, De Boeck, 2002 Contre-expertise d’une mise en scène, Raphaël, 2003 Moïse et le retour des dieux, Safed, 2003 et L’Harmattan, 2011 Quand le travail rend fou : pour que ça change, avec Madeleine Karli et Christian Lujan, J. Attias, 2003 et L’Harmattan, 2011 Vienne 1938 : Finis Austriae, Safed, 2004 Guérir de l’antisémitisme : sortir de la condition post-nazie, Le Serpent à plumes, 2005 Mala : une femme juive héroïque dans le camp d’Auschwitz-Birkenau, Éditions du Rocher, 2006 Ce quelque chose de juif qui résiste, Le Bord de l’eau, 2008 Si c’était Freud : bibliographie psychanalytique, Le Bord de l’eau, 2009 La grande rupture, avec Alain Dupas, Robert Laffont, 2010 Abraham, Moïse et la stèle d’Israël : roman historique et philosophique, L’Harmattan, 2011 La Résistance comme alibi de la résistance à Israël, Le Bord de l’eau, 2011 Une vie après la vie : biographie d’Henry Bulawko, 1918-2011, Le Bord de l’eau, 2012 © L’HARMATTAN, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique - 75005 Paris www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09389-5 EAN : 9782343093895
SOMMAIRE
PRÉFACE.................................................................................................. 9 AVANT-PROPOS................................................................................... 13 INTRODUCTION Quand circulent des noms propres....................................................... 19 PREMIER MOMENT « Shylockespeare » .............................................................................. 27 DEUXIÈME MOMENT La « livre de chair » et le « bon coffret »............................................. 65 TROISIÈME MOMENT La « pulsion théâtrale » dansLe Marchand....................................... 119 QUATRIÈME MOMENT Les enjeux de la traduction ................................................................ 169 CINQUIÈME MOMENT Mettre en scèneLe Marchand de Veniseaujourd’hui ....................... 199 ANNEXE I Le déroulé de la représentation.......................................................... 217 BIBLIOGRAPHIE SÉLÉCTIVE .......................................................... 231 TABLE DES MATIÈRES ..................................................................... 237
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PRÉFACE
LA CONDITION MARRANE : UNE VOIX FAMILIERE
Gérard Huber aimait prendre des risques. Non qu’il fût téméraire ou doctrinaire dans ses affirmations. Le risque qu’il encourait était celui d’être mal compris. L’essai intituléShakespeare, le marrane du théâtre, est aujourd’hui orphelin de son auteur. Il n’aurait pas besoin d’être relayé par quiconque pour exister, si, justement, n’étant plus là pour l’argumenter, l’auteur de ce texte s’était exposé une fois encore à l’incrédulité, au soupçon, à la méconnaissance. Gérard était mon ami depuis très longtemps, même si la vie nous avait fait prendre un moment des chemins divergents. C’est avec émotion qu’en lisant le manuscrit, j’y ai retrouvé entière la passion de notre jeunesse : Freud, bien sûr, Sartre, Brecht et Shakespeare. Je réalisai aussi ce qui demeure des années de formation : une extrême attention au signifiant, une écoute du langage poétique et une passion jamais démentie pour le théâtre.
Qu’il range cette passion dans le dispositif des pulsions montre bien le souci de Gérard Huber pour la parole et sa mise en scène. Il y a une unité de sa pensée qui apparait désormais rétrospectivement. S’il avait déjà monté une pièce sur Vienne (Vienne 1938:Finis Austriae), relatant les dernières heures passées dans cette ville par Sigmund Freud, Gérard Huber a sans doute voulu, ici, que l’on associe ces deux noms propres : Freud et Shakespeare. Mais pourquoi l’avoir fait à partir d’une traduction nouvelle duMarchand de Venise?
Il est clair que tout autant qu’à la vie de Freud ou de Spinoza, Gérard Huber devait un jour s’attaquer à Shakespeare, « notre contemporain ». En effet, le fil conducteur de ce livre est le marranisme de Shakespeare, crypté jusque dans le nom de Shylock, associé aux stéréotypes antisémites et déformé par eux. Il s’agit donc d’une nouvelle explicitation des racines de l’antisémitisme qui a occupé et hanté les travaux antérieurs de l’auteur de Guérir de l’antisémitisme. Monter aujourd’hui le Marchand de Venise, aujourd’hui, c’est-à-dire après la Shoah, nécessite un éclaircissement : Shylock n’est pas le marchand de Venise, il ne voulait pas prélever une livre de chair sur Antonio, il plaisantait et sera victime de cette plaisanterie. Le point de départ de la démonstration est que Shylock est Shakespeare. Mais l’on ne peut établir cette équivalence que si l’on est convaincu que Shakespeare, marrane positif et transgressif, s’adresse à d’autres marranes, ou plutôt fait de son destinataire un marrane, le temps de la représentation, même s’il n’est pas juif, dans la mesure où, comme l’établit Gérard Huber, Shylock doit être vu comme un « personnage de transfert ». Loin de s’identifier à un archétype antisémite, Shylock devient donc le double de Shakespeare lui-même, deux fois marrane de la religion de ses parents : juive et catholique et la voie par laquelle nous
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