Fenêtre avec esseulement

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Fenêtre avec esseulement est le premier recueil en français publié par Ara Alexandre Shishmanian, historien des religions et auteur de plusieurs études sur l'Inde védique. Ses poèmes les plus récents ont été sélectionnés et traduits du roumain par Dana Shishmanian.
Publié le : mardi 1 juillet 2014
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EAN13 : 9782336353883
Nombre de pages : 124
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Ara Alexandre SHISHMANIAN
FENÊTRE AVEC ESSEULEMENT
Accent tonique - Poésie
« Accent tonique » Collection dirigée par Nicole Barrière « Accent tonique » est une collection destinée à intensifier et donner force au ton des poètes pour les inscrire dans l’histoire. Dernières parutions AU VIF DU LIEU Jean-Marc GHITTI LE VOYAGE EN NORMANDIE Rosemay Nivard ENTRE ÉCLAIR ET PÉNOMBRE Maggy De Coster UN VENT DIGNE D’ÊTRE LU Sharif Al-Shafiey MA MUSE M’A DIT… Françoise Geier FANFARES À COUTEAUX TIRÉS. ESQUISSES AUTOUR D'AYLERChim Nwabueze TERRE FAE Dominique SutterFILIGRANES Marie-Lise CorneilleLA VEUVE D’UN BRIGAND Maisoon Saker JE VAIS AU NOIR SILENCIEUX Mounir Serhani PELERINS DU BONHEUR Marie Ketline Adodo
Fenêtre avec esseulement
Illustration de couverture : ©Christian Deudon,Trans-parent, huile sur toile, 2008. Ce volume bénéficie du soutien de l’association « Les Amis de I. P. Couliano » © L'HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03958-9EAN : 9782343039589
Ara Alexandre Shishmanian Fenêtre avec esseulementPoèmes sélectionnés et traduits du roumain par Dana Shishmanian 2014
Ouvrages du même auteur Volumes de poésie parus en Roumanie Priviri/ Regards (1997)Ochiul Orb/ L’oeil aveugle (1998)Tireziada/ La tirésiade(1999) Triptic/ Triptique (2001), regroupant les trois recueils précédents. Migrene/ Migraines, I-V (2003-2007)Absenţe/ Absences,I-IV (2008-2011)Neştiute/ Méconnues, I-II (2012, 2014) Études d’histoire des religions “Le Nombre et son Ombre. Cosmodicée et cosmogénie dans le Veda et dans la Gnose”,dansOrientalia Lovaniensia Periodica, Bruxelles, 1985-1986.“Le Nombre et son Ombre (Résumé)”, dansNeoplatonism and Gnosticism,New York, 1993. “L’Orientalisme au Carrefour. Réflexions en marge d’une "Nouvelle politique de l’Orientalisme",dansOrientalia Lovaniensia Periodica, Bruxelles, 1993. “Sémiologie et Ontologie. Quelques observations méthodologiques à partir d’une «spectroscopie» de l’Apocryphon de Jean”, dansOrientalia Lovaniensia Periodica, Bruxelles, 1994-1995. “Sergiu Al-George e il suo contributo all’indianistica romena contemporanea”, dansLa rinascenza orientale nel pensiero europeo. Pionieri lungo tre secoli, ed. Grazia Marchianò, Rome, 1996. “Dédoublement, chute et salut dans le Veda et dans la Gnose”,dansAscension et hypostases initiatiques de l’âme. Mystique et eschatologie à travers les traditions religieuses,Paris, 2006, éditions Les Amis de I. P. Couliano (Actes du Colloque international "Psychanodia”,Paris, 1993, INALCO ; éditeurs: A. A. Shishmanian, D. Shishmanian). “Les sept transgressions de Ioan Petru Culianu”, dansLes cahiers “Psychanodia”, I, Paris, 2011, éditions Les Amis de I. P. Couliano (éditeurs: A. A. Shishmanian, D. Shishmanian). Ce recueil représente une sélection de poèmes du volume original Neştiute I/ Méconnues I (éd. Ramuri, Craiova, Roumanie, 2012).
Sans
Un morceau de lâcheté noire – rien – aucune solution personne,personneest une solution le morceau de lâcheté noire est une solution anonyme, peut-être, est une solution non seulement absent – méconnu solitaire personne insoluble oui, au fond l’insoluble est une solution je me vois au-delà – au-delà de la fenêtre – au-delà du labyrinthe et des couloirs de métaphores je me vois monter dans la Jaguar, dans la Cadillac, dans la Rolls-Royce – dans James Joyce je nage en vitesse dans la rivière aberrante de la route je ne sais pas nager – je ne sais pas conduire une voiture je me vois mourir – je suis à pied – mon cortège funéraire est motorisé je suis seul dans le cortège – seul dans le corbillard je me lève du cercueil pour me donner la main – pour me perdre aucune solution –personneserait peut-être une solution – personneserait peut-être à faire ou rien méconnu de personne – méconnu de rien méconnu serait peut-être une solution temporaire une révolution serait peut-être une solution – temporaire la destruction – une utopie de plus, une réalité de moins Je me promène sur la bordure du miroir – sur la bordure de la fenêtre – sur la bordure du labyrinthe
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ou sur leur ordure aucune solution traditionnellement l’autre était la solution – l’attente – l’espérance – le calcul intervalle le coup de feu, oui, ça c’était une solution je suis le poète-révolver – le poète-néant – le poète sans solution indissoluble insoluble c’est la seule solution les balles sont la solution les balles gueulent – aveuglent les balles sont des syllabes oratoires les balles sont les pierres que Démosthène crache de sa bouche – les messages blanchis de syllabes – le mirage est une solution je me vois avec mes yeux enfoncés dans le visage de l’autre je me vois avec les yeux du miroir – autrement aveugle je me vois avec tous les éclats qui m’ont trompé je sors du mirage pour rentrer en moi-même non-moi en moi moi je suis une solution – moi plein de non-moi, je suis une solution vu que je suis une question mais pour qui – pour quoi – à quoi bon personnepeut-être est une solution – ourien
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Insomnie
Le papillon-insomnie est né cette nuit des miroirs est né de la fenêtre – du labyrinthe il était grand comme un moineau et il parlait en volant de ses ailes telles de grosses lèvres noires « un autre » c’était tout ce qu’il disait – ou « jamais » – ou « personne » ou d’autres syllabes définitives soyeuses comme son propre mutisme, cela faisait longtemps qu’il me veillait depuis les miroirs – ombre volante – et des miroirs il m’est apparu en me démontrant que le miroir est une fenêtre camouflée il était porté par des obscurités lumineuses comme s’il était conçu des arbres d’un vert funéraire comme si le sombre avait commencé à voler – des rumeurs passant par les murs ainsi qu’à travers l’air – tel un flocon égaré de la neige mystérieuse des disparitions c’était peut-être une énigme ignorée de toutes les dimensions un scintillement fébrile d’une extinction gigantesque les lèvres des ailes palpitaient en multipliant l’air de messages lus par personne je veux dire, lus uniquement parpersonnela femme antre-noir se tenait seule sur la rive et portait dans ses bras tels des nouveaux nés – bizarres ancres d’envol – des papillons beaucoup plus grands des papillons de la fin non seulement de l’interruption elle les envoûtait avec sa vulve endormante en leur racontant des mirages de naissances qu’ils traversaient en volant
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